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Monde arabe : rompre le cycle des prestations médiocres pour assurer la stabilité à long terme

16 avril 2015


Un nouveau rapport de la Banque mondiale en faveur de l'obligation de rendre des comptes dans les prestations publiques : des exemples de réussite au niveau local comme source d'information et d'inspiration pour les réformes.

Washington, le 15 avril 2015­Les prestations de services publics essentiels dans la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord ne permettent pas de satisfaire les besoins des populations et continuent d'être la cause de beaucoup d'insatisfaction. C'est ce qu'explique un nouveau rapport de la Banque mondiale publié aujourd'hui. Sous le titre Confiance, Voix au chapitre et Mesures incitatives, Tirer des leçons du succès dans la prestation de services au niveau local au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le rapport met en évidence la relation corrosive qui existe entre le manque d'obligation pour les prestataires de services de rendre des comptes et l'insuffisance de canaux par lesquels les populations peuvent faire remonter leurs observations ; une situation qui contribue à perpétuer la médiocrité des prestations.

Le rapport propose aussi des solutions envisageables. Axé sur la santé et l'éducation, notamment sur un certain nombre de centres de santé et d'écoles, et en tenant compte des contextes institutionnels et communautaires dans lesquels se trouvent ces établissements, le rapport examine comment ils s'y sont pris pour fournir des prestations de qualité malgré des obstacles considérables. Les exemples de réussite proviennent de la Jordanie, du Maroc et des Territoires palestiniens, chacun d'eux présentant des environnements dotés de très peu de ressources. Ces exemples montrent à quel point il est important de disposer du pouvoir de décision au niveau local et de bénéficier de l'engagement communautaire pour établir les liens formels et informels de responsabilité qui permettent d'obtenir de meilleurs résultats.

« Bien trop souvent, les jeunes en particulier, voient leurs espoirs déçus par des écoles qui ne les préparent pas pour le marché du travail », affirme M. Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Le problème, ce n'est pas le manque de ressources mais plutôt la mauvaise motivation : les fonctionnaires ne sont pas évalués en fonction de leurs aptitudes à satisfaire les besoins du citoyen. Il est indispensable de rompre le cycle des mauvais résultats pour rétablir les relations entre le citoyen et l'administration publique et permettre ainsi à la jeunesse de la région de réaliser son plein potentiel. »

L'école secondaire pour filles de Kufor Quodun est l'un des exemples sur lequel s'appesantit le rapport. Les notes obtenues au test administré dans le cadre de l’Étude sur les tendances internationales en sciences et mathématiques (TIMSS) classe cette école située dans un petit village non loin de la ville de Jenin parmi les écoles des Territoires palestiniens ayant obtenu les meilleurs résultats. En recherchant les raisons du succès de l'établissement, le rapport met en évidence comme facteurs l'engagement des parents et de la communauté, ainsi que la capacité de la  directrice de l'école à créer et maintenir un cadre de travail motivant et encourageant pour les enseignants. En dépit de réductions budgétaires et de bien d'autres restrictions dans le système éducatif centralisé des Territoires palestiniens, la directrice a trouvé les moyens de récompenser son personnel enseignant et de maintenir l'engagement de celui-ci par rapport aux normes élevées que s'est fixé l'établissement.

« L'amélioration des services ne se fera pas simplement avec la mise en application de réformes générales et par des investissements », déclare Mme Hana Brixi, responsable en chef à la Banque mondiale chargée des questions de prestation de services publics et principal auteur du rapport. « Il faudra aussi compter avec l'obligation pour les fonctionnaires publics et les prestataires de services de rendre des comptes au citoyen et avec la promotion de la confiance du citoyen dans les institutions publiques et son engagement à leur égard pour réussir. Nos études de cas mettent en lumière l'impact des solutions formulées pour correspondre au contexte local : des dirigeants, des chefs d'établissements scolaires et un personnel de santé motivés, ainsi que les populations au niveau local, peuvent unir leurs forces pour faire fonctionner les services. »

Les enseignements tirés des études de cas sont présentés comme guide et comme source d'inspiration pour les responsables des politiques publiques, les fonctionnaires et les citoyens, en particulier sur ce qui peut être réalisé au moyen des réformes. Bien que tout le monde subisse les conséquences des prestations médiocres, les pauvres et les personnes marginalisées paient le plus lourd tribut. Comme le montre le rapport, l'un des facteurs qui exacerbe davantage la baisse de la qualité des prestations, c'est que les citoyens se détournent des services publics et trouvent des moyens privés, souvent plutôt de nature informelle, pour satisfaire leurs besoins. Les pauvres n'ont pas les moyens de s'offrir une telle option. Il est donc indispensable de donner aux citoyens la possibilité d'agir et de demander des comptes aux prestataires de services et autres fonctionnaires publics pour pouvoir rompre le cycle de la marginalisation sociale et de jeter les bases d'une prospérité partagée.



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