COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Objectif 300 « villes vivables et sobres en carbone » : une nouvelle initiative de la Banque mondiale s’attaque aux défis de planification et de financement

25 septembre 2013

Les villes en expansion rapide des pays en développement constituent un élément clé de la lutte contre le changement climatique

New York, 25 septembre 2013. Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a annoncé aujourd'hui une initiative sans précédent visant à aider 300 des plus grandes villes des pays en développement au cours des quatre prochaines années à planifier un futur sobre en carbone et à obtenir les fonds nécessaires au financement de ces projets. Cette démarche peut potentiellement améliorer la vie de plus de 700 millions de personnes vivant dans les villes concernées et celle de milliards d'individus à l'échelle mondiale grâce à la réduction des émissions.

Les villes en expansion rapide des pays en développement sont confrontées à des défis majeurs alors qu’elles s’emploient à dessiner leur avenir : elles doivent fournir des services et des infrastructures à une population sans cesse croissante, et gérer les vulnérabilités découlant du changement climatique, le tout en préservant la santé publique et en assurant la croissance économique.

Et ces défis sont bien plus difficiles à relever qu'il n'y paraît. Une étude réalisée récemment par le personnel de la Banque mondiale a révélé que seulement 20 % environ des 150 plus grandes villes du monde disposent des outils d'analyse de base qu'exige la planification d'un développement à faible émission de carbone. Elle montre aussi que, parmi les 500 plus grandes villes des pays en développement, seul un faible pourcentage sont considérées comme solvables (environ 4 % sur les marchés financiers internationaux et 20 % sur les marchés locaux), ce qui rend l'accès aux financements particulièrement difficile.

Pour aider ces villes, la Banque mondiale a annoncé aujourd'hui le lancement de l'Initiative pour des villes vivables et sobres en carbone (Low-Carbon Livable Cities ou LC2), qui a pour objectif d'apporter un appui en matière de planification et de financement à 300 des plus grandes villes des pays en développement au cours des quatre prochaines années. Cette nouvelle initiative fournira un ensemble complet d'outils et d'activités adaptés aux besoins spécifiques des villes et à leur niveau d'avancement sur la voie d'un développement « climato-intelligent ».

« Le changement climatique est l'un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés à l'heure actuelle. Il ne s'agit pas uniquement d'un défi environnemental : le changement climatique constitue un problème économique susceptible d'empêcher des millions de personnes d'atteindre un jour la prospérité », a déclaré aujourd'hui à New York le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. « Les villes offrent des opportunités uniques en matière de lutte contre le changement climatique. La bonne nouvelle, c'est que les dirigeants des villes n'ont pas l'intention d'attendre des accords internationaux pour passer à l'action. De nombreuses villes des pays en développement désirent suivre une trajectoire de croissance intelligente face au climat, et c'est à ce niveau que notre nouvelle initiative intervient. »

L'initiative LC² porte sur deux domaines d'intervention : la planification et le financement.

La planification commence par la création d'un inventaire des gaz à effet de serre (GES) via l'introduction d'une nouvelle méthodologie. Élaborée en collaboration avec plusieurs partenaires (dont le réseau C40, l'ICLEI, le WRI, le PNUE et ONU-Habitat, notamment), cette méthodologie exhaustive sert à quantifier les émissions de GES liées à l'activité économique et à la consommation d'une ville. La Banque mondiale et ses partenaires mettent actuellement au point un programme d'accréditation visant à former les autorités municipales et les professionnels du secteur privé à cette nouvelle méthodologie.

À l'heure actuelle, les villes représentent déjà environ les deux tiers de la consommation totale d'énergie à l'échelle mondiale et environ 70 % des émissions de GES. Selon les estimations de la Banque mondiale, un développement sobre en carbone pourrait contribuer à réduire de 30 % les émissions mondiales de GES.

Pour aider les villes à accéder aux financements nécessaires, la Banque mondiale et ses partenaires ont conçu un programme d'évaluation de leur solvabilité. Celui-ci a pour objectif d'aider les responsables financiers des villes à réaliser des audits détaillés de leurs systèmes de gestion des recettes municipales et à engager les mesures préliminaires en vue d'obtenir une notation financière. Ce programme sera officiellement inauguré du 14 au 19 octobre à Nairobi (Kenya), et d'autres formations sont prévues en Corée, en Inde et en Colombie. Selon les estimations de la Banque mondiale, chaque dollar investi dans la solvabilité d'une ville d'un pays en développement est susceptible de mobiliser plus de 100 dollars de fonds privés pour le financement d'infrastructures sobres en carbone et résilientes aux effets du changement climatique.

L'appui apporté par la Banque dans ce domaine passe également par la mise en place de mécanismes novateurs, notamment des structures regroupant les possibilités de financement. En mettant en relation des villes désirant financer le même type d'investissement, l'initiative les aidera à accéder ensemble aux marchés et à profiter ainsi de meilleures conditions de financement. L'une des structures en cours de développement vise par exemple à financer un système d'éclairage public à LED dans plusieurs villes (International Lighting Efficiency Facility ou iLEF), pour un investissement cumulé supérieur à un milliard de dollars. Les économies générées par les gains d'efficacité énergétique obtenus couvriront à la fois le principal et les intérêts.

Dans l’ensemble des pays à revenu faible et intermédiaire, l’insuffisance des infrastructures se chiffre à plus de 1 000 milliards de dollars par an, les villes représentant 70 % de ces besoins de financement. L'initiative LC² fournit des outils permettant aux villes de tirer parti de l'aide publique au développement, qui représente actuellement environ 125 milliards de dollars, pour accéder à grande échelle à d'autres sources de financement. « En tant que banque de développement, nous réalisons le meilleur des investissements en aidant les villes à accéder aux fonds privés dont elles ont besoin pour financer leurs programmes de développement », a affirmé Jim Yong Kim.

En intégrant une dimension climatique aux programmes de développement des villes, les économies d'énergie générées libèreront des budgets pour d'autres investissements, les infrastructures résilientes résisteront aux forces de la nature et les citoyens respireront un air plus pur. « Pour les autorités municipales, trouver la voie d'un développement sobre en carbone est une question de compétitivité, de croissance et de santé publique », a indiqué Rachel Kyle, vice-présidente de la Banque mondiale pour le Développement durable.

 

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