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COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Transformer les économies arabes : des stratégies qui font de la connaissance et de l’innovation des moteurs de développement

04 juin 2013

RABAT, le 4 juin 2013 – Un nouveau rapport intitulé «Transformer les économies arabes : La voie de la connaissance et de l’innovation », une collaboration entre la Banque mondiale, le Centre pour l’intégration en Méditerranée (CMI), la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture (ISESCO), montre comment une économie fondée sur l’innovation et le savoir peut contribuer à accélérer la croissance économique et à accroître la compétitivité.  Le rapport, rendu public aujourd’hui à Rabat à l’occasion d’une conférence organisée avec l’ISESCO, souligne qu’il faut investir davantage dans un modèle économique basé sur la connaissance si l’on veut relever le défi du chômage dans les pays de la région.

« Nous espérons que ce rapport aidera les pays du monde arabe à envisager un nouveau modèle de développement ayant pour moteur le savoir et l’innovation », a déclaré Inger Andersen, Vice-Présidente de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Le rapport montre comment cette approche peut aider les pays arabes à diversifier leurs économies et à innover tout en créant des entreprises et des emplois. »

Selon le nouveau rapport, l’ampleur du changement dépendra dans une large mesure de la manière dont l’économie du savoir prendra racine dans la région. Pour créer des emplois, il faut investir davantage dans les secteurs du savoir et mettre davantage l’accent sur les moyens de créer des économies compétitives, productives et viables.

« Si des pays de petite taille comme la Finlande et Singapour, de moyenne taille comme la Malaisie et la République de Corée, et de grande taille comme le Brésil, la Chine et l’Inde sont capables de tirer parti du progrès technique, les pays du monde arabe peuvent en faire autant », estime Mats Karlsson, Directeur du CMI.  « Mais cela demandera de la patience et de la détermination, car il faut parfois attendre plusieurs années avant que les investissements dans le domaine du savoir ne portent leurs fruits.»

De nombreux pays arabes ont fait des progrès au cours de la dernière décennie, qu’il s’agisse de l’accès à l’éducation, des technologies de l’information et des communications (TIC) ou de la mise en place d’un environnement institutionnel plus favorable à une croissance tirée par le secteur privé. Le Maroc et la Tunisie se sont attachés à promouvoir l’innovation, notamment par la création de technopoles et zones industrielles qui ont attiré l’investissement étranger direct et développé les activités manufacturières.  La Jordanie a entrepris de transformer le système éducatif, du niveau préscolaire au secondaire, en formant les compétences nécessaires de façon à préparer les jeunes pour une économie du savoir. Le Royaume d’Arabie Saoudite a lancé un vaste programme de réforme de l’éducation et  investi dans la création de nouvelles universités afin de promouvoir les sciences et technologies.

Le rapport montre qu’un modèle économique fondé sur le savoir nécessite la mise en œuvre d’importantes réformes dans différents secteurs afin de créer des conditions favorables à l’innovation et à la croissance.  Cela nécessitera l’adoption d’un train de mesures pour créer des économies plus ouvertes et plus dynamiques, former une main-d’œuvre plus qualifiée, améliorer les capacités d’innovation et de recherche, et développer les TIC et leurs applications.

Le transfert des connaissances est un autre élément important de l’économie du savoir - indispensable pour organiser, créer et diffuser les connaissances, notamment par le biais de l’investissement étranger direct et des échanges internationaux de biens et services. Selon le rapport, la gestion des connaissances est un outil essentiel pour accroître la productivité, ce qui contribue, en retour, à une croissance économique durable et plus robuste. L’étude montre également que l’intégration régionale peut être un atout pour élaborer un modèle plus solide de développement économique fondé sur le savoir dans la région MENA, en aidant à accroître les échanges commerciaux et à améliorer le fonctionnement du marché du travail.

Parallèlement à des réformes structurelles, le rapport recommande que les gouvernements de la région créent les conditions nécessaires au développement des secteurs et sites les plus susceptibles de générer des activités et emplois nouveaux. La création de pôles de croissance dynamique aiderait à donner confiance dans le nouveau modèle économique et, partant, à promouvoir l’investissement, l’activité économique, le partage du savoir et l’innovation.

« La mise en oeuvre d’une stratégie de développement fondée sur le savoir et l’innovation exige une  vision d’ensemble, une étroite coordination au plus haut niveau de l’Ėtat et une approche participative pour mobiliser le soutien du public en faveur des réformes nécessaires », a déclaré Abdulaziz Othman Al-Twaijri, Directeur général de l’ISESCO. « Il faudra déployer des efforts stratégiques soutenus pour obtenir des résultats concrets et ancrer les nouvelles pratiques pour qu’elles s’inscrivent dans la durée. Le véritable défi, surtout pour le secteur privé, est de devenir plus compétitif et de trouver des créneaux porteurs dans l’économie mondiale. » 

Selon l’un des principaux auteurs du rapport, Anuja Utz, chef d’équipe du rapport auprès du CMI, l’approche préconisée tient compte du fait que les pays de la région MENA n’ont pas tous les mêmes problèmes et les mêmes possibilités. « Vu la diversité du monde arabe, l’étude ne recommande pas une solution toute faite », explique-t-elle. « Elle donne des exemples de bonnes pratiques dans différents pays et recommande des mesures concrètes pour guider les efforts, en laissant à chaque pays le soin de les adapter à sa situation particulière.»  

La publication du rapport "Transformer les économies arabes : La voie de la connaissance et de l’innovation” coïncide avec la Conférence internationale de haut niveau qui se tiendra au siège de l’ISESCO, à Rabat, les 4 et 5 juin 2013. Des représentants des gouvernements, du secteur privé et de la société civile examineront les mesures concrètes à prendre, dans leur contexte national ainsi que dans le monde arabe et le bassin méditerranéen, pour avancer sur la voie d’une économie de la connaissance.

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