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Bassin du Congo : Les pays pourraient presque doubler leur superficie cultivée sans empiéter sur les forêts

14 mai 2013

KINSHASA, le 14 mai 2013 – Il est encore temps d’agir pour éviter une accélération de la déforestation dans le bassin du Congo qui pourrait compromettre le capital naturel et la croissance à long terme de la région, selon une étude de la Banque mondiale sur les Dynamiques de la déforestation dans le bassin du Congo . Cette étude définit une série de recommandations qui sont débattues à Kinshasa, le 15 et 16 mai 2013, lors d’une conférence régionale organisée par la Banque mondiale et la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC).

Les pays du bassin du Congo ont jusqu’à présent réussi à limiter les pressions sur leur forêts, toutefois les taux de déforestation et dégradation forestières ont presque doublé au cours de la décennie passée -- et risquent d’augmenter à l’avenir. L’étude constate notamment que les pays du bassin du Congo sont confrontés à un double défi : la nécessité de développer leurs économies afin de réduire la pauvreté mais aussi de limiter l’impact négatif de la croissance sur les ressources naturelles de la région. Il est donc essentiel d’agir maintenant, les pays pouvant choisir la voie du développement durable dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, du transport, et de l’exploitation minière et forestière, et éviter ainsi une phase de déforestation grave.

Par exemple, l’étude souligne que le bassin du Congo pourrait presque doubler sa superficie cultivée pour alimenter une demande croissante sans empiéter sur les zones de forêt. Les décideurs doivent donc chercher à orienter les nouvelles activités agricoles principalement vers les terres dégradées et non boisées.

L’étude, menée par l’équipe de la Banque mondiale chargée de l’environnement dans la Région Afrique, avec la participation de la COMIFAC et des six pays du bassin du Congo (Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Guinée équatoriale, Gabon) a permis de simuler l’impact que pourrait avoir le développement de certains secteurs économiques (agriculture, transport, mines, énergie, exploitation forestière) sur l’avenir des forêts du bassin à l’horizon 2030. « En réconciliant le développement de leurs économies et la préservation de leur capital forestier, ces pays pourraient éviter la diminution brutale de la couverture forestière habituellement observée avec le développement, et contribuer à amoindrir les effets de serre associés à la déforestation», explique Jamal Saghir, directeur chargé du développement durable pour la Région Afrique de la Banque mondiale.

« Nous avons les moyens d’agir d’une façon ciblée. Il est encore temps de faire le choix d’un développement durable, » estime Mr. Raymond Mbitikon, secrétaire exécutif de la COMIFAC.

La déforestation et la dégradation des forêts dans le bassin du Congo sont actuellement largement associées à l’expansion des activités de subsistance (agriculture et énergie) et sont concentrées autour des zones densément peuplées. Mais la situation est susceptible de changer rapidement, notamment avec l’émergence de nouvelles pressions sur les forêts, alimentées par la croissance démographique et la demande mondiale en matières premières. L'agriculture industrielle pour la production de biocarburant, par exemple, et la construction de nouvelles infrastructures exercent une pression de plus en plus visible sur les forêts. D’où l’urgence d’une réflexion transversale qui prend en compte la multiplicité des pressions à venir au niveau régional.

« Le bassin du Congo dispose d’un potentiel de croissance énorme ; il détient également une richesse forestière unique. Nous avons voulu sonner l’alarme et lancer la réflexion sur les modalités d’une croissance respectueuse du capital forestier», indique Carole Mégevand, auteur principale de l’étude : « Faisons les bons choix aujourd'hui pour soutenir la croissance durable de demain».