COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Asie de l'Est-Pacifique : une politique active est nécessaire pour éliminer les inégalités persistantes entre les sexes

18 juin 2012

Les inégalités entre hommes et femmes s’estompent dans l’éducation et la santé, mais d’importantes disparités subsistent en matière d’accès à la vie économique, d’expression et d’influence dans la société, selon la Banque mondiale

BANGKOK, le 18 juin 2012. Un nouveau rapport de la Banque mondiale montre que si l’égalité des sexes progresse dans toute la région Asie de l'Est et Pacifique, des disparités persistent dans de nombreux domaines importants. Selon ce rapport, intitulé Toward Gender Equality in East Asia and the Pacific, l’amélioration de l’accès des femmes aux emplois et aux débouchés économiques pourrait stimuler considérablement la productivité de la région.

« Éliminer les inégalités d’accès à la vie économique pourrait accroître de 7 à 18 % la productivité des travailleurs dans la région, ce qui a des retombées considérables en termes de croissance économique et de réduction de la pauvreté. L’émancipation économique des femmes n’est donc pas seulement une politique juste, c’est une politique de bon sens », observe Pamela Cox, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Asie de l'Est et Pacifique.

Le rapport, qui a reçu l’appui de l’AusAID, a été produit à Bangkok par une équipe de la Banque mondiale spécialisée dans la thématique du genre et du développement. Cette équipe d’experts, qui s’emploie à nourrir le dialogue sur ces questions avec les responsables politiques, la société civile et les leaders d’opinion, examine avec ces différents acteurs les moyens envisageables pour promouvoir l’égalité des sexes et améliorer ainsi l’efficacité des politiques de développement.

« La Banque mondiale est déterminée à aider les pays à faire tomber les obstacles auxquels se heurtent les femmes pour accéder aux opportunités économiques, qu’il s’agisse de renforcer leurs compétences par rapport à la demande du marché, d’améliorer leur accès à la terre et au capital ou de se faire entendre et d’accroître leur influence dans la société », déclare Annette Dixon, directrice des opérations de la Banque mondiale pour l’Asie du Sud-Est.

Selon l’étude, la promotion de l’égalité hommes-femmes au niveau économique, social et politique contribue à améliorer les résultats obtenus sur le plan du développement, notamment en accroissant la productivité, en amplifiant la croissance et en accélérant la réduction de la pauvreté. Bien que la participation des femmes à la population active soit élevée en général en Asie de l'Est et dans le Pacifique comparée à d’autres régions en développement, les progrès ne sont pas uniformes.

« La région Asie de l'Est et Pacifique est vaste et diverse, avec des différences très marquées dans les avancées économiques et sociales, et en particulier en matière d’égalité hommes-femmes. À certains égards, les femmes de la région sont mieux placées que jamais aujourd’hui pour prendre part au développement, y contribuer et en bénéficier, mais il reste beaucoup à faire », précise Andrew Mason, l’auteur principal du rapport.

Comme son nom l’indique, Toward Gender Equality in East Asia and the Pacific est un rapport régional et se penche à ce titre sur les problématiques qui intéressent plus particulièrement la région, à savoir les dimensions sexospécifiques d’un certain nombre de tendances régionales émergentes : intégration croissante dans l’économie mondialisée, essor de l’usage des technologies de l’information et de la communication, migrations, urbanisation et vieillissement rapide de la population — soit autant de tendances qui présentent à la fois potentiellement de nouvelles perspectives mais aussi de nouvelles difficultés pour la promotion de l’égalité hommes-femmes.

Le rapport fournit des données et observations nouvelles sur les rapports entre genre et développement, et étoffe ainsi considérablement la capacité des pays à formuler des politiques fondées sur les faits dans ce domaine.

En s’appuyant sur ce socle élargi de connaissances, le rapport cerne quatre champs d’action publique prioritaires dans les pays d’Asie de l'Est et du Pacifique :

  • Premièrement, promouvoir l’égalité des sexes dans le développement humain en remédiant aux disparités importantes qui persistent entre les hommes et les femmes dans le domaine de l’éducation et de la santé.  
  • Deuxièmement, réduire les disparités entre les sexes en matière d’opportunités économiques, la lutte contre ces inégalités se justifiant pour des motifs d’équité, mais souvent aussi d’efficacité.
  • Troisièmement, lutter contre les violences faites aux femmes et renforcer leur voix et leur influence dans la vie publique : en favorisant l’expression des femmes, on améliore la qualité des décisions prises en matière de développement et par là le développement dans son ensemble. 
  • Enfin, développer les opportunités et gérer les risques associés aux tendances régionales naissantes : le fait d’éclairer les prises de décision à la lumière de la problématique hommes-femmes conduira à de meilleurs résultats, aussi bien sur le plan de la parité que du développement.

Le rapport souligne en effet qu’à de nombreux égards, la croissance et le développement ne s’accompagnent pas nécessairement de l’avènement de l’égalité des sexes. C’est pourquoi une conception des politiques publiques attentive à cette problématique est indispensable pour que les pays parviennent à réaliser l’égalité des sexes tout en accélérant le développement.

« Les responsables politiques de la région doivent comprendre pourquoi leurs efforts en faveur de l’égalité des sexes rencontrent des succès mitigés et mettre en œuvre des mesures correctives lorsque les écarts persistent, note Andrew Mason. En définitive, l’égalité entre les hommes et les femmes constitue en soi un important objectif de développement, mais c’est aussi une politique de développement efficace. »

 

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2012/511/EAP