ARTICLE 18 décembre 2017

Accélérer l’essor des start-up numériques

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Arrivée des entrepreneurs à l'XL Africa à Cape Town, Afrique du Sud.

Jacque Maritz / Banque mondiale


En matière de start-up numériques, l’Afrique est encore loin d’avoir épuisé son potentiel. Dans les pays qui les ont aidées à voir le jour, ces jeunes pousses proposent déjà leurs services, sont rentables et créent des emplois. XL Africa entend d’accélérer leur croissance. Sur les plus de 900 entreprises ayant postulé au programme, seules 20 ont été retenues, originaires de huit pays.

À 29 ans, Chika Uwazie est la fondatrice dynamique et comblée d’une entreprise qui propose des solutions de gestion de la paie aux entreprises du Nigéria. Sa start-up fait partie des 20 premières jeunes pousses africaines (a) bénéficiant du soutien du programme InfoDev de la Banque mondiale à travers son plan d’accélération XL Africa (a).

XL Africa a été lancé en 2017 à titre pilote à l’échelle du continent africain dans le but de faire émerger de nouvelles start-up numériques à forte croissance capables de proposer des services, de rapporter de l’argent et de créer des emplois. Le programme les aide également à lever entre 250 000 et 1,5 million de dollars de capitaux.


« Pouvoir présenter notre concept à des investisseurs a été vraiment utile. Jamais autrement je n’aurais bénéficié d’une telle exposition. »
Chika Uwazie
Fondatrice de TalentBase

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L’édition XL Africa 2017 s’est conclue par un séjour de deux semaines au Cap (Afrique du Sud), pour permettre aux entrepreneurs, après une période d’accompagnement et de préparation, d’expliquer leurs projets à des investisseurs.

Jacque Maritz / Banque mondiale


Accès à des tuteurs et des investisseurs

L’édition XL Africa 2017 s’est conclue par un séjour de deux semaines dans la ville du Cap, en Afrique du Sud, pour permettre aux entrepreneurs, après une période d’accompagnement et de préparation intenses, d’expliquer leurs projets à des investisseurs. Originaires de huit pays différents, ces chefs d’entreprise opèrent dans le secteur des services, comme l’énergie solaire, l’événementiel, l’impression ou la collecte de données agricoles par le biais de drones.

Pour Chika Uwazie, « pouvoir présenter notre concept à des investisseurs a été vraiment utile. Jamais autrement je n’aurais bénéficié d’une telle exposition. C’est rare que l’on puisse rencontrer autant d’investisseurs prêts à soutenir des entreprises africaines. Ce dont nous avons effectivement besoin, ce sont de gens qui nous aident à ouvrir des portes, des tuteurs qui comprennent comment fonctionne le Nigéria. »

La jeune femme a également apprécié le temps passé avec ses pairs, la crème de la crème des start-up africaines, sélectionnées à l’issue d’un processus rigoureux parmi 900 autres dossiers de candidature.

L’entreprise qu’elle a créée, TalentBase (a), a pour ambition de « numériser la gestion de la paie partout en Afrique ». Une idée tout à fait naturelle pour l’entrepreneuse qui avait travaillé pendant dix ans dans les ressources humaines. Aujourd’hui, elle envisage d’étendre son activité au Ghana et au Kenya.

Un soutien continu aux start-up

Paul Noumba Um, directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Afrique australe qui était également présent au Cap, ne cache pas son enthousiasme : « Ces jeunes pousses sont déjà opérationnelles et contribuent à résoudre les problèmes de l’Afrique mais également à rendre les consommateurs et les entreprises plus efficaces. C’est tout à l’honneur du Groupe de la Banque mondiale d’avoir conçu une plateforme comme XL Africa, mais nous devons continuer à construire des écosystèmes nationaux et régionaux pour démultiplier ces expériences réussies », souligne-t-il.

À quelques pas de la salle où les jeunes entrepreneurs avaient présenté leurs projets, des décideurs, des bailleurs de fonds et des investisseurs ont pu discuter de pistes pour favoriser l’émergence de nouvelles start-up à forte croissance sur les traces des bénéficiaires du programme XL Africa.

Parminder Vir, directrice générale de la fondation Tony Elumelu (a), a insisté sur le rôle des gouvernements dans la mise en place d’un écosystème favorable à l’entrepreneuriat. Elle a également souligné la nécessité pour les investisseurs d’accompagner les start-up afin de mieux comprendre leur fonctionnement au quotidien. Outre que cela permettrait de créer des liens, un tel accompagnement serait un moyen d’instiller le sens des affaires dans les pratiques de ces créateurs. Elle a plaidé pour que les investisseurs « prennent des risques et parient sur les talents de l’Afrique ».

Hugues Vincent-Genod, du groupe Investisseurs & Partenaires, présent en Afrique de l’Ouest depuis 50 ans, a rappelé à quel point il était difficile de travailler avec des entrepreneurs qui ne sont pas encore prêts à bénéficier d’investissements. Il a souligné l’importance des capitaux d’amorçage et le rôle clé des bailleurs de fonds pour atténuer les risques lors d’opérations en faveur de start-up technologiques en début de parcours.


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