ARTICLE 19 décembre 2017

Le mouvement pour la promotion des droits des femmes dans les mines de la RDC prend de l’ampleur

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Les participants de la conférence à une séance de travail.

Manasse Kivule, Oeil Pro Photographie


LES POINTS MARQUANTS

  • Les femmes travaillant dans le secteur des mines en République démocratique du Congo viennent de participer à une conférence qui leur a permis d’élire leurs représentantes au sein d’un réseau national pour la défense de l’égalité des sexes.
  • Les délégations représentaient tous les acteurs du secteur minier, depuis les exploitations artisanales à petite échelle aux sites industriels en passant par des militants de la société civile, des responsables gouvernementaux et des universitaires.
  • Un plan d’action a été défini, qui prévoit notamment que le réseau renforce les capacités de ses membres, mobilise des ressources, tisse des liens et offre une assistance juridique.

Les femmes travaillant dans le secteur minier en République démocratique du Congo (RDC) viennent de se réunir à Lubumbashi afin d’élire l’équipe dirigeante du Réseau national des femmes dans les mines (RENAFEM) et de lancer un plan d’action national.

La conférence de Lubumbashi s’inscrit dans la lignée de la première conférence nationale sur les femmes dans le secteur minier, organisée à Bukavu en 2015, où les participants avaient acté le principe d’un réseau pour mieux défendre les intérêts des femmes dans ce secteur et les aider à faire valoir leurs droits.

Depuis deux ans, les délégués présents à la première conférence ont réalisé des enquêtes approfondies sur les besoins des femmes dans toutes les provinces minières du pays, dans le but de définir le champ d’intervention et le mandat du réseau. La deuxième conférence a permis de faire un bilan de ces travaux et de poser des jalons clairs pour déployer le plan d’action.

Alors qu’elles sont moins de 10 % dans les sites industriels miniers de la RDC et moins de 1 % à occuper des postes de décision, les femmes sont présentes à hauteur de 40 % environ dans les activités artisanales et à petite échelle, qui constituent le plus souvent l’essentiel de leurs revenus.  Leur contribution dans le secteur minier est cependant globalement méconnue et sous-évaluée.

D’après les recherches, les femmes bénéficient moins que les hommes des opportunités liées à ce secteur d’activité. Systématiquement moins payées pour assumer des tâches pourtant parmi les plus éprouvantes physiquement, elles sont aussi fréquemment victimes de mauvais traitements.

La conférence de Lubumbashi a été l’occasion d’échanger des expériences, de diffuser des bonnes pratiques et d’évoquer les difficultés rencontrées, mais aussi de plaider pour la constitution d’un réseau à même de porter la voix des femmes et d’attirer l’attention sur leur situation. Ensemble, les participants ont élu leur première équipe de direction, qui devra faire du RENAFEM un réseau officiel et ouvert à toutes les femmes travaillant dans le secteur des mines en RDC.

Composée de cinq membres élus démocratiquement par l’assemblée plénière, l’équipe dirigeante du RENAFEM a jusqu’en 2020, date de la prochaine conférence nationale, pour déployer le plan d’action.


« Notre équipe se réjouit de travailler avec toutes les femmes du Congo pour mettre fin aux inégalités dont elles sont victimes dans le secteur des mines. Nous devons aborder ces problèmes de front et personne n’est mieux placé pour cela que les femmes elles-mêmes. Un réseau dynamique et représentatif sera un tremplin idéal. »
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Annie Sinanduku-Mwenge
coordinatrice de l’équipe de direction

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Manasse Kivule, Oeil Pro Photographie


Au cours des deux prochaines années, l’équipe de direction aura cinq grands objectifs :

  • accomplir toutes les démarches juridiques requises pour enregistrer officiellement le RENAFEM ;
  • veiller à ce que le RENAFEM ait une représentativité nationale maximale et soit ouvert à toutes les femmes travaillant dans le secteur minier, quel que soit leur statut ;
  • nouer des partenariats avec les différents acteurs du secteur minier, y compris l’État, le secteur privé, les bailleurs de fonds, les universitaires et les organisations nationales et internationales de la société civile ;
  • engager un premier programme de travail pour renforcer les capacités, mobiliser des ressources, tisser des liens et offrir une assistance juridique aux membres du RENAFEM ;
  • organiser les élections prévues en 2020, lors de la prochaine conférence nationale, pour désigner les membres permanents du réseau.

Pour Rachel Perks, spécialiste senior du secteur des mines à la Banque mondiale, qui participe à la gestion du programme, « l’égalité hommes-femmes est au cœur du travail que nous menons dans le secteur des industries extractives et la Banque mondiale est pleinement mobilisée pour aider les femmes et le RENAFEM à obtenir des avancées sur cet aspect fondamental. »

Les conférences de Lubumbashi et de Bukavu ont été organisées par le gouvernement de RDC dans le cadre du Projet d’assistance technique à la gouvernance et à la croissance dans le secteur des mines (PROMINES), financé par un don de 50 millions de dollars de la Banque mondiale.


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