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Quand les petits exploitants se regroupent

14 mars 2017


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Ces membres d’un groupe de production Fadama dans le village d’Inyi, à Oduma, dans l’État d’Enugu au Nigéria, chantent les louanges du projet. 

Photo : Olufunke Modupe Olufon / Banque mondiale

L’augmentation de la production agricole est cruciale pour nourrir une population africaine en plein essor et améliorer les économies rurales. Au Nigéria, les petits exploitants se sont organisés en groupes pour accéder à des outils, des connaissances et des contacts commerciaux qui leur permettent d’accroître leur productivité et leurs revenus.

INYI, 14 mars 2017 – Dans de nombreuses régions d’Afrique, les chants de louange saisissent l’essence de l’individu ou de l’objet qui suscite ces appellations élogieuses. À Inyi, une communauté villageoise d’Oduma, dans l’État d’Enugu, au Nigéria, les habitants célèbrent ainsi le projet Fadama.

Réunies dans la salle communale, les femmes dansent et chantent à l’unisson : « Fadama! Ubiam eri mbombo ozo ». Ce qui veut dire : « Fadama ! La pauvreté a disparu ».


« Grâce au projet Fadama, nous avons les moyens de payer les frais de scolarité de nos enfants et leur permettre ainsi d’aller à l’école.  »

Regina Osundu

Rizicultrice et membre d’un groupe de productrices Fadama exclusivement féminin.

Un projet dans sa troisième phase

Depuis 1993, le Projet national de développement des Fadamas, financé par la Banque mondiale, aide les agriculteurs du Nigéria en contribuant à l’autonomisation des communautés et au renforcement du développement agricole sur l’ensemble du territoire. Entré dans sa troisième phase (a) avec un financement additionnel de 200 millions de dollars de l’IDA, le projet s’emploie à transformer les filières du manioc, du riz, du sorgho et de l’horticulture dans six États : Kogi, Niger, Kano, Lagos, Anambra et Enugu. L’augmentation de la productivité agricole est au cœur du projet, ainsi que le regroupement et la transformation des produits en vue de leur commercialisation. Ce qui permet aux petits exploitants d’abandonner l’agriculture de subsistance pour se transformer en véritables entrepreneurs.

La force de cette initiative réside dans le nombre : chaque exploitant est incité à organiser des associations communautaires et des groupes d’utilisateurs pour concevoir et mettre en œuvre ensemble des projets pilotés par la collectivité. Des outils et des équipements (moulins à riz, machines à emballer, brouettes, batteuses et pompes) sont fournis aux agriculteurs pour aider chaque groupe à produire et vendre ses récoltes.

Des animateurs de projet au niveau de l’État assurent des services de conseil et apportent les intrants indispensables pour accroître la production, comme les semences et les engrais. Ils contribuent à améliorer l’accès aux marchés et sensibilisent les agriculteurs aux pratiques permettant d’atténuer l’impact des chocs, comme l’assurance de leurs récoltes contre l’incendie et la maladie. Selon l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), le projet Fadama III a bénéficié directement et indirectement à 4,9 millions de ménages.

Autonomiser les groupes de producteurs

Les habitants d’Inyi, qui pratiquent essentiellement la riziculture, ont constitué six groupes de production de dix membres chacun. Dans deux cas, ils sont exclusivement composés de femmes. Selon Ignatius Onyeabor, un chef communautaire, les producteurs de riz ne bénéficiaient pas, avant le projet, d’aide organisée.

« Le projet Fadama nous est très utile parce que lorsqu’un groupe de dix agriculteurs élabore son plan d’activités, il n’apporte que la moitié des fonds, l’autre moitié étant couverte par le gouvernement. Avant que le premier groupe n’adhère au projet et constate que tout se passait bien, un grand nombre de femmes hésitaient à engager leur argent. Aujourd’hui, elles sont toutes équipées de brouettes », souligne-t-il.

Regina Osundu, membre de l’un des groupes exclusivement féminins, dit « ne pas pouvoir exprimer par des mots tous les bienfaits du projet Fadama. Il a transformé nos vies. Grâce au projet Fadama, nous avons les moyens de payer les frais de scolarité de nos enfants et leur permettre ainsi d’aller à l’école. »


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