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Préserver la biodiversité vitale des zones humides

19 janvier 2017


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© Odilia Renata Hebga/Banque mondiale

LES POINTS MARQUANTS
  • Avec deux millions de kilomètres carrés de forêts tropicales, le Gabon est le 2e poumon vert de la planète après l’Amazonie.
  • La préservation de son patrimoine naturel et de sa biodiversité est donc une priorité.
  • Bien qu’elles fournissent des services écosystémiques indispensables (qualité de l’air, eau potable, pollinisation etc.) les zones humides sont souvent négligées.

LIBREVILLE, le 19 janvier 2016—Le Gabon fait partie de l’écosystème du bassin du Congo qui est la deuxième plus grande forêt tropicale humide de la planète après l’Amazonie.

Les zones humides constituent la première source d’eau pour la consommation humaine, la production d’énergie et l’agriculture. Au Gabon, des milliers de personnes dépendent de ces zones humides pour vivre. Notamment pour la pêche, principale activité de subsistance.

Joachim Nzeguema en est convaincu. Pour ce pêcheur de 50 ans qui vit dans le village de Mvamzaman, situé le long des rives du fleuve Ogooué, les zones humides sont une source de richesses et de revenus pour les villageois, et il faut absolument les inciter à se tourner vers une pêche responsable et durable, pour les préserver. « La crise  économique a fait qu’un bon nombre de personnes se sont tournées vers la pêche. Certains sont des pêcheurs occasionnels, d’autres de circonstance. À cause de cela, beaucoup ne respectent pas la règlementation en matière de technique de pêche ou de repos biologique des poissons », déplore-t-il. « Ça fait fuir les poissons ou entraîne la disparition de certaines espèces. »

Les conséquences d’une pêche sauvage et anarchique peuvent être désastreuses pour la faune, la flore et les populations de ces zones. Les mailles extrêmement fines des filets non règlementaires par exemple, capturent sans distinction tous types de poissons et crustacés, quelle que soit leur taille et leur maturité. Et à cause de leur durée de vie très courte, ces filets sont la plupart du temps abandonnés sur les rivages, favorisant le risque de pêche fantôme et dégradant davantage l’environnement.

Jean-Claude Oguelivelda, pêcheur de 62 ans du village Nenguetogolo se rappelle du bon temps, «  En 20 ans, nous avons vu le nombre de poissons diminuer de façon considérable. Des espèces que nous avions en abondance ont désormais disparu de nos lacs et fleuves. L’exemple le plus flagrant est celui du requin scie, qui fait partie des animaux que l’on pouvait apercevoir dans nos fleuves. Certaines espèces aquatiques, telles que le crocodile nain, le faux-gavial, l’hippopotame ou encore le chevrotain aquatique sont maintenant des espèces en danger et protégées. »

La prévention des zones humides critiques est devenue une priorité pour le Gabon qui est membre de la Convention internationale relative aux zones humidesd’importance Internationale, dite convention de Ramsar. Neuf sites naturels gabonais, représentant 2,8 millions d’ha et abritant une grande variété d’écosystèmes aquatiques, ont ainsi été inscrits sur la Liste de Ramsar.  

Le Projet de gestion durable des zones écosystèmes humides et critiques financé par la Banque mondiale, entend améliorer la protection de la biodiversité dans les zones humides forestières figurant sur la liste Ramsar, en développant les connaissances et l’expertise de l’Agence nationale des parcs nationaux et en mettant en place des mesures de conservation pour gérer et préserver durablement ces écosystèmes. Il couvrira trois des neuf sites Ramsar, soit 75% de la superficie totale des sites recensés au Gabon.

Les villages de Joachim et Jean-Claude, se trouvent dans cette zone, dans la région du Bas-Ogooué (superficie 862 700 ha). Leurs communautés vont pouvoir participer à des activités de sensibilisation destinées à améliorer leurs pratiques culturales et leurs techniques de pêche afin d’augmenter leur productivité et leur sécurité alimentaire tout en préservant l’écosystème des zones humides.






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