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Journée mondiale des toilettes : une journée pour redire l’importance d’assurer à tous l’accès à des sanitaires d’ici 2030

17 novembre 2016

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LES POINTS MARQUANTS
  • Alors que 2,4 milliards de personnes vivent actuellement privées d’installations sanitaires, les Objectifs de développement durable prévoient l’accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement et d’hygiène d’ici 2030.
  • Pour aider les pays à atteindre cette cible, le Groupe de la Banque mondiale concentre son action autour de cinq axes prioritaires.
  • Son action récente dans les pays atteste des solutions mises en œuvre pour se rapprocher de l’objectif visant à garantir à tous l’accès à des installations sanitaires d’ici 2030.

Le 19 novembre, c’est la Journée mondiale des toilettes : une journée instaurée pour mobiliser et sensibiliser la communauté internationale à un aspect du développement souvent négligé et tabou mais qui constitue un défi mondial.

Parce qu’elles n’ont pas de toilettes, 2,4 milliards de personnes peinent aujourd’hui à rester en bonne santé, à assurer la survie de leurs enfants et à cheminer vers un avenir meilleur.

Soixante-dix pourcent des personnes privées d'accès à des installations sanitaires améliorées vivent dans des régions rurales, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Par ailleurs, . L’urbanisation, qui croît à un rythme toujours plus rapide, est un frein important au développement durable, un constat aggravé par la mise en évidence de l’impact délétère sur la santé d’un assainissement insuffisant au sein de zones urbaines densément peuplées.

Cette situation a de sérieuses répercussions sur la santé publique et des effets à long terme sur le capital humain. D’après un article (a) publié récemment, .

pour atteindre cet objectif, il aurait fallu dénombrer près de 700 millions de bénéficiaires de plus (a).

La cible 6.2, qui figure parmi les Objectifs de développement durable (ODD) lancés en 2015, prévoit « d’assurer l’accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats et mettre fin à la défécation en plein air, en accordant une attention particulière aux besoins des femmes et des filles et des personnes en situation vulnérable ».

Soucieux de renforcer les initiatives en faveur de l’assainissement pour tous à l’horizon 2030, le Groupe de la Banque mondiale concentre son action autour de cinq axes prioritaires.

Viabilité – Prendre en compte les multiples facettes de la viabilité (sociale, environnementale, financière et économique) dans un souci de pérenniser les résultats obtenus. Même si l’accès aux services d’assainissement a progressé durant la période des OMD, beaucoup de pays peinent à maintenir ces services, souvent à cause d’institutions défaillantes et d’une planification insuffisante des ressources. Par ailleurs, le manque d’assainissement contamine les nappes phréatiques peu profondes, ce qui pollue les réserves en eau de nombreuses communautés pauvres.

Inclusion – Promouvoir des approches plus inclusives pour faire en sorte d’étendre l’accès à des équipements sanitaires aux populations les plus pauvres, les plus reculées et les plus marginalisées, ainsi qu’aux habitants des zones péri-urbaines à forte expansion. Le défi lié à l’assainissement en milieu urbain est une question particulièrement délicate : il nécessite une plus grande acceptation de solutions avec et sans réseau d’égouts, ce qui suppose la création de nouveaux mécanismes institutionnels, qui assurent le lien entre municipalités, opérateurs et prestataires. Cela passe également par une évolution des comportements des ménages et l’élaboration de nouveaux paradigmes financiers afin de canaliser les capitaux et les subventions de fonctionnement.

Institutions – Consolider les modèles de gestion pilotée par les communautés dans les zones rurales, en fournissant un appui solide, institutionnalisé, technique et administratif aux organisations de proximité chargées de l’assainissement et de l’approvisionnement en eau des zones rurales ; chez les prestataires de services en milieu urbain, améliorer la gouvernance et les dispositifs incitatifs afin de susciter une responsabilisation et une efficacité accrues, et de mieux servir la clientèle ; face à une urbanisation rapide, redoubler d’efforts pour mettre au point de nouveaux modèles institutionnels capables de s’adapter à des environnements qui évoluent rapidement ; et travailler plus étroitement avec de petits prestataires, comme des vidangeurs de fosses septiques, afin de multiplier la capacité publique.

Financement – Panacher davantage les sources de financement afin d’accélérer l’expansion des équipements sanitaires, à savoir : encourager, dans la mesure du possible, un plus grand nombre de financements à taux réduits ; accroître dans le même temps la performance des prestataires de services, en leur facilitant l’accès au financement commercial ; promouvoir la microfinance, en particulier dans les zones rurales, afin que les ménages puissent investir dans des toilettes par l’emprunt ; instaurer des mécanismes incitatifs pour l’utilisation de solutions d’un bon rapport coût-efficacité ; et enfin, améliorer le ciblage de ressources publiques restreintes, pour servir au mieux les communautés.

Résilience – Promouvoir l’élaboration d’une stratégie claire pour orienter les politiques de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène ; structurer les investissements et recommander des solutions aux pays clients, dans le souci de combler, à l’échelle de la planète, le déficit de connaissances sur les modalités de mise en place de services d’approvisionnement en eau et d’assainissement adaptés aux conséquences du changement climatique.

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En République démocratique populaire du Lao (a), grâce à l’approche d’« assainissement total piloté par les communautés »), qui s’est appuyée sur des instruments de marketing de l’assainissement, l’accès à des installations sanitaires a bondi de 32 % dans 266 villages, une cadence huit fois plus rapide que la moyenne annuelle de 2,6 % observée entre 2014 et 2016. Grâce à ce soutien, 113 villages ont pu éradiquer la pratique de la défécation en plein air (soit près de 40 000 bénéficiaires).

En Haïti, la Direction nationale de l’eau et l’assainissement (DINEPA) a lancé une feuille de route pour sensibiliser et inciter les ménages à construire ou améliorer leurs propres latrines. Dans ce cadre, la DINEPA n’accorde aucune subvention directe aux ménages pour l’achat de toilettes ; en revanche, elle met à leur disposition des services de conseil pour la construction de latrines.

En Inde (a), un prêt d’un montant de 1,5 milliard de dollars soutient la mission Swachh Bharat (a) du gouvernement indien. Cette initiative nationale entend garantir aux populations rurales un accès à un assainissement amélioré, afin de mettre fin d’ici à 2019 aux pratiques de défécation à l’air libre dans le pays. Le programme comporte un volet incitatif pour la construction de latrines et de toilettes, reposant essentiellement sur le changement des comportements et la stimulation de la demande.

En Égypte (a), un programme de développement de services d’assainissement durables dans les zones rurales d’un montant de 550 millions de dollars s’emploie à généraliser l’accès aux services d’assainissement des populations pauvres des petites villes, tout en s’attaquant à la pollution du Nil résultant du non-traitement des eaux d’égout. Ce projet a pour ambition d’autonomiser les prestations de services locales et de relier les populations des zones rurales et des petites villes aux réseaux d’assainissement opérationnels dans les gouvernorats de Dakahleya et d’AchCharqiya, dans le delta, et celui de Beheira, en Basse-Égypte.

Au Mozambique, des solutions d’assainissement inclusives ont été recensées à la demande du conseil municipal de Maputo pour en faire bénéficier les foyers non reliés au réseau d’égouts municipal dont la capacité est restreinte. Ce projet pilote a conduit à une demande de financement portant sur des projets d’assainissement en milieu urbain qui favorisent des solutions locales durables. Des projets similaires, menés à grande échelle, sont également en cours ou en préparation dans d’autres pays (Ghana, Bangladesh, Bénin, Tanzanie, Indonésie et Éthiopie…).

Au Bangladesh, dans le cadre d’une initiative plus large d’assistance technique, le Programme pour l’eau et l’assainissement (a) travaille avec des institutions de microfinance de premier plan afin de mettre au point des prêts spécialisés dans l’assainissement. Ces dispositifs viendraient en aide aux nombreux foyers des zones rurales du Bangladesh qui ne disposent pas de liquidités suffisantes pour moderniser ou améliorer leurs équipements sanitaires, mais qui peuvent prendre en charge le coût de ces opérations, à la condition de répartir le montant de ces dépenses sur la durée. Après des premiers résultats convaincants, l’initiative a gagné en envergure, grâce à un don de 3 millions de dollars du GPOBA (a).

En collaboration avec des organisations de la société civile comme Global Citizen (a), les Nations Unies et d’autres partenaires de la communauté du développement, le Groupe de la Banque mondiale soutient les efforts entrepris pour alerter les dirigeants politiques sur l’enjeu prioritaire que constitue l’assainissement pour la réalisation des Objectifs de développement durable. À l’occasion de la Journée mondiale des toilettes, plus de 100 000 personnes vont se réunir sur le site de MMRDA Grounds à Mumbai pour le premier Global Citizen Festival organisé en Inde, avec, entre autres stars mondiales et indiennes à l’affiche, Jay Z, Coldplay et Aamir Khan, célèbre acteur de Bollywood. Le but de cette manifestation de grande ampleur ? Inciter au changement social sur des questions aussi cruciales que l’assainissement, l’eau potable, l’éducation et l’égalité hommes-femmes. Pour connaître les derniers développements des campagnes en faveur de l’assainissement, suivez le compte@WorldBankWater et le hashtag #WorldToiletDay.