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Avec la compétition MaliAppChallenge, la Banque mondiale encourage les jeunes entrepreneurs maliens à récolter les dividendes du numérique

12 mai 2016


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L'application « Mini Compta », développée par deux entrepreneurs, Sany Abdougafarau et Amonce Dembélé, a remporté le premier prix du MaliAppChallenge.

© Michel Rogy/World Bank

LES POINTS MARQUANTS
  • Aujourd’hui au Mali, quatre millions de personnes utilisent leurs téléphones portables pour effectuer des paiements.
  • Les réseaux de télécommunications mobiles constituent une plateforme technologique permettant d’apporter des solutions nouvelles à certains problèmes de développement.
  • Le MaliAppchallenge, organisé par la Banque mondiale, soutient les jeunes entrepreneurs qui développent des services numériques à la portée de la population malienne.

BAMAKO, le 12 mai, 2016—Si L'Afrique est au cœur de la révolution numérique, l'impact des technologies numériques sur le développement n'est pas encore à la hauteur des attentes. Tel est l'un des messages clés du Rapport mondial sur le développement 2016 de la Banque mondiale présenté le 9 mai à Bamako, la capitale malienne, lors d'un atelier sous régional. Dans la région du Sahel, le Mali figure cependant en tête du peloton avec un taux de pénétration mobile de 119 % contre 41 % pour le Niger. Quatre millions de Maliens ont aujourd'hui recours au paiement mobile, vecteur d'inclusion financière.

La première grande compétition d’applications au Mali, le MaliAppChallenge, a permis de mettre en évidence le rôle capital que peuvent jouer les jeunes entrepreneurs pour imaginer et développer des services concrets auxquels les populations peuvent accéder à travers les réseaux de télécommunications mobiles. Lors de la présentation des huit projets finalistes, le 9 mai dernier, c'est l'application « Mini Compta », développée par deux entrepreneurs maliens, Sany Abdougafarau et Amonce Dembélé, qui a remporté le premier prix.

Objectif de cette « app »? Permettre aux dizaines de milliers d’entrepreneurs et autres chefs de petites d'entreprise de tenir une comptabilité minimaliste sur smartphone adaptée à la législation de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) et d’améliorer la maîtrise de leurs flux financiers. Le prix reçu par les vainqueurs est un ensemble d’appuis concrets par les acteurs de l’écosystème numérique malien qui va leur permettre de finaliser leur projet : stages au sein du Groupe Malien d’Informatique (GMI), accès à l’espace co-working d'Impact Hub Bamako et à la plateforme e-learning du Centre d’Etudes et de Formation en Informatique et Business (CEFIB) et tablettes numériques offertes par Orange Mali.

Pour Amonce Dembélé, « l'idée de simplifier la tenue de la comptabilité me tenait à cœur depuis un certain temps déjà. Le MaliAppChallenge, organisé par la Banque mondiale, était une excellente opportunité pour moi de faire découvrir mon projet, de constituer une équipe et de trouver des soutiens ! Je suis heureux que nous ayons remporté le premier prix, cela va nous motiver davantage à optimiser notre application et le proposer sur les meilleures plateformes de téléchargement ».

Le MaliAppChallenge a été lancé mi-mars 2016 et 40 candidats organisés en dix équipes ont été invités à prendre part à la compétition. Pendant un mois, les équipes de jeunes ont travaillé à développer leur prototype. Ils ont bénéficié d’une préparation accélérée sur les techniques de codage d’applications mobiles, de préparation de plan d’affaires et de présentation de leurs projets devant un jury, le tout grâce  à l’appui des partenaires maliens Impact Hub Bamako et Createam. Le 9 mai 2016, les huit propositions finalistes ont été présentées officiellement : elles ont trait à la santé, à l’éducation, à l’agriculture, aux services à la personne, à la culture, et aux applications de gestion pour les très petites entreprises.

Ceci montre bien que les réseaux de télécommunications mobiles constituent une plateforme technologique permettant d’apporter des solutions nouvelles à certains problèmes de développement et d’avoir un impact sur la réduction de la pauvreté. « La révolution numérique ne sera révolutionnaire que si elle profite à tous », a cependant souligné Paul Noumba Um, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Mali. « Le groupe de la Banque mondiale est au côté des pays de Sahel pour que les dividendes du numériques s’y concrétisent rapidement », a-t-il ajouté.


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