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Renforcer la résilience des plus vulnérables face aux risques climatiques et aux catastrophes

05 janvier 2016

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Exposure to climate and disaster risk is increasing globally, especially for the poor.

Herman Lumanog / Dreamstime.com

LES POINTS MARQUANTS
  • Sur les dix dernières années, les catastrophes climatiques ont été près de deux fois plus nombreuses que dans les années 1980.
  • Avec plus de 400 partenaires, la Facilité mondiale pour la prévention des catastrophes et le relèvement (GFDRR) s’attache à faire de la gestion des risques de catastrophe et de la résilience une composante essentielle de l’agenda de développement post-2015.
  • La GFDRR soutient le renforcement de la capacité de résistance aux chocs climatiques et aux catastrophes naturelles dans plus de 89 pays, et a levé plus de 3 milliards de dollars auprès de la Banque mondiale en 2015.

Les catastrophes naturelles peuvent avoir des effets dévastateurs et continuent de toucher surtout les plus pauvres et les plus vulnérables. Le cyclone Pam, qui s’est abattu sur Vanuatu en mars, a causé des destructions sans précédent. Cette tempête de catégorie 5, la plus violente de tous les temps dans le Pacifique, a frappé 22 des 83 îles de l’archipel : elle a rayé de la carte des villages entiers, emporté les infrastructures et détruit des centaines d’hectares de cultures. Le ministre des Finances a qualifié ce cyclone, qui a touché plus des deux tiers de la population, d’événement « catastrophique, qui a réduit à néant des années de développement et d’investissements ».

Ce type de scénario est aujourd’hui amené à se reproduire plus fréquemment du fait de l’intensification des facteurs à l’origine des risques climatiques et de catastrophe. Le changement climatique menace d’aggraver les événements climatiques extrêmes tels que la sécheresse, les inondations, les tempêtes et les vagues de chaleur. L’urbanisation galopante et incontrôlée n’a jamais mis autant de personnes en danger : les villes gagnent plus d’un million d’habitants par semaine, et 90 % de cette croissance urbaine a lieu en Afrique et en Asie. Ces tendances continueront de faire augmenter le nombre et la gravité des catastrophes. Sur la dernière décennie, les catastrophes climatiques ont été près de deux fois plus nombreuses que dans les années 1980.

Mais il est possible de rendre des pays comme Vanuatu plus résilients. Par ses activités d’assistance technique, de renforcement des capacités et de partage du savoir, la Facilité mondiale pour la prévention des catastrophes et le relèvement (GFDRR) (a) aide les pays vulnérables à atténuer les risques de catastrophe et climatiques et à améliorer leur résilience. À Vanuatu, l’Initiative d’évaluation et de financement des risques de catastrophe dans le Pacifique (PCRAFI) (a), appuyée par la GFDRR, a décaissé 1,9 million de dollars dans les 10 jours qui ont suivi la tempête, afin de pallier aux besoins de relèvement immédiats.

Gérée par la Banque mondiale, la GFDRR est un partenariat mondial financé par 22 donateurs. Elle a pour mission d’aider les pays en développement à mieux comprendre et à atténuer leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles et à s’adapter au changement climatique.


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Au Népal, les élèves apprennent à faire face au risque de survenue d’un séisme. 

Photo : Jim Holmes pour AusAID via Creative Commons

Sur l’exercice 2015, la GFDRR a apporté près de 80 millions de dollars sous forme de dons (a), destinés à plus de 89 pays. Les pays vulnérables ont ainsi pu obtenir un important volume de fonds supplémentaires pour accroître leur résilience. À elle seule, la Banque mondiale a décaissé plus de 3 millions de dollars.

Sur le dernier exercice, le programme de plus en plus étendu de la GFDRR a produit les résultats suivants :

  • Évaluation des besoins post-catastrophe et de la poursuite des efforts de relèvement après les deux séismes de forte magnitude qui ont dévasté la vallée de Katmandou, au Népal, en avril et mai 2015. À la suite de cette évaluation, les donateurs se sont engagés à verser 4,4 milliards de dollars ; sur ce total, l’engagement de la Banque mondiale se chiffre à 500 millions de dollars.
  • Formation de plus de 11 000 personnes à la gestion des risques de catastrophe, notamment en Indonésie, où une initiative appuyée par la GFDRR et axée sur le renforcement des capacités a formé plus de 750 agents locaux dans 53 districts.
  • Amélioration de l’information disponible sur les risques au Malawi, grâce à la cartographie communautaire et à des plateformes open-source. Ces données ont été utilisées après la pire inondation que ce pays ait connue, en janvier 2015. La GFDRR a soutenu les efforts de relèvement, via, entre autres, une évaluation des besoins post-catastrophe et l’élaboration d’un cadre pour la reconstruction.  

 

La GFDRR s’emploie également à développer la gestion des risques de catastrophe par le biais d’initiatives thématiques innovantes. Son Programme pour des écoles plus sûres (GPSS) consiste à améliorer les pratiques de construction afin d’accroître la sécurité des élèves et des établissements scolaires. Au Népal, par exemple, il renforce la sécurité et la qualité des structures éducatives en appuyant la reconstruction après les séismes survenus en avril et mai 2015. Un autre programme, l’Initiative pour la résilience des petits États insulaires (SISRI), aide les pays très vulnérables à réduire les risques climatiques et de catastrophe pour leur population, leur économie et leurs écosystèmes.

L’année 2015 a été une année historique pour l’action mondiale sur la résilience, avec notamment l’adoption du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (SFDRR), qui guidera la GFDRR et la communauté mondiale dans leurs efforts de gestion de ces risques jusqu’en 2030. Au nombre des autres événements marquants de 2015 figurent l’Accord de Paris sur le climat et l’introduction des Objectifs de développement durable.

« 2015 a été une très grande année pour la communauté du développement », a commenté Francis Ghesquiere, directeur du Secrétariat du GFDRR. « Tandis que nous nous efforcerons d’aider les pays à concrétiser le Cadre de Sendai, l’Accord de Paris et d’autres ententes de ce type, les activités de la GFDRR joueront un rôle crucial dans l’amélioration de la résilience ».

En 2016, d’autres débats internationaux de premier plan auront lieu autour de l’« agenda » de la résilience, en particulier le Sommet humanitaire mondial et la conférence Habitat III. La GFDRR s’attachera à apporter ses connaissances pour l’élaboration de ces grands cadres d’action et contribuera à leur mise en œuvre, tout en veillant à ce que les besoins des populations et des pays les plus vulnérables aux risques de catastrophe et aux risques climatiques restent l’une des priorités pour le développement après 2015.