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Plus d’électricité pour cinq millions de ménages égyptiens

10 décembre 2015


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La centrale électrique de Gizeh-Nord est maintenant connectée au réseau national du pays.

Cairo Electricity Production Company

LES POINTS MARQUANTS
  • Plus de cinq millions de foyers alimentés en électricité, grâce au projet de Gizeh-Nord, qui portera la capacité totale de la centrale à 2 250 mégawatts.
  • Création d’environ 3 000 emplois dans le cadre du projet de centrale de Gizeh-Nord, dont 75 pour cent pendant sa construction.
  • Contribution de la centrale thermique à la relance économique des populations voisines.

La Banque mondiale apporte son soutien à l’Égypte pour satisfaire une demande grandissante d’électricité et renforcer sa capacité de production. Un approvisionnement fiable et durable en électricité est le pilier de la croissance économique du pays, de la création d’emplois, de la prestation de services sociaux et de la sécurité publique.

Jusqu’à présent, les investissements égyptiens ne suffisaient pas pour faire face à la progression rapide de la demande – 6 % par an – sous l’effet de la croissance démographique, du développement d’industries gourmandes en énergie et de l’utilisation accrue d’appareils électriques domestiques, notamment de climatiseurs.

Usines, petites entreprises et consommateurs profiteront tous de cette amélioration de la capacité et de la fiabilité de l’alimentation électrique. Comme le remarque Mohsen, propriétaire d’un atelier de menuiserie dans le vieux quartier de Gamaleya, au Caire, renommé pour ses artisans menuisiers, « Tous les ateliers du quartier ont besoin d’une bonne fourniture d’électricité, sinon il faudra fermer boutique et nos ouvriers devront rester chez eux. »

« Comme beaucoup de foyers égyptiens, nous ne pouvons pas nous passer d’électricité », s’exclame Samiha, mère de quatre enfants. « L’an dernier, les examens scolaires ont eu lieu en été. Heureusement, nous avions du courant, et nos enfants ont pu travailler. Sans électricité, pas d’éducation pour nos gosses. »

Ces dernières années, le Groupe de la Banque mondiale a aidé le gouvernement égyptien à surmonter ses principaux obstacles, notamment un déficit de production d’électricité. Après s’être imposé comme partenaire important du développement du secteur énergétique égyptien, le Groupe a ainsi pu financer des projets de production liés à des énergies renouvelables et des technologies conventionnelles, et franchir une nouvelle étape dans la production éolienne et solaire.

Le projet de centrale électrique de Gizeh-Nord, récemment raccordée au réseau national, est un bon exemple de l’aide financière qu’apporte la Banque mondiale à la production d’électricité par des moyens à la fois fiables, efficaces et durables. D’une capacité totale de 2 250 MW, il desservira plus de cinq millions de foyers. La centrale à cycle combiné alimentée au gaz fait appel à la technologie la plus efficace de production thermique ; elle permettra d’accroître de 8 % la capacité disponible de l’Égypte et de renforcer ainsi la fiabilité et l’efficacité globale de l’offre nationale d’électricité.

Des dispositions particulières ont été prises en matière de gestion de l’environnement, notamment la mise en place d’un système de surveillance de la qualité de l’air équipé d’un dispositif d’observation météorologique. Les résultats de cette surveillance sont enregistrés et examinés, conformément à la loi égyptienne sur l’environnement.


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Asad Alam Directeur de pays pour l'Egypte, le Yémen et Djibouti (deuxième à droite) avec les représentants de Caire Électricité Production Company (CEPC) et les responsables de communautés voisines.


« Cette centrale permettra à l’Égypte de bénéficier d’un approvisionnement fiable en électricité, condition essentielle de la croissance économique inclusive du pays, de la création d’emplois et de la réalisation du programme national de développement social. Elle utilisera principalement du gaz naturel comme combustible, d’où un meilleur rendement et une réduction des émissions polluantes, » a déclaré Asad Alam, Directeur-pays pour l’Égypte, le Yémen et Djibouti auprès de la Banque mondiale.

Après avoir octroyé un prêt de 600 millions de dollars en 2010, le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale a approuvé en 2012 un prêt additionnel de 240 millions, destiné à financer le projet de centrale de Gizeh-Nord. La Banque européenne d’investissement (BEI) et le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) ont contribué au financement de la centrale, propriété de la Cairo Electricity Production Company (CEPC) qui en assure l’exploitation. La CEPC est elle-même une filiale de l’entreprise nationale d’électricité Egyptian Electricity Holding Company (EEHC).

Information des populations locales et retombées positives

La construction du projet, situé sur un terrain de 70 feddans (29 hectares) au nord de Gizeh, sur le canal d’El Beheiry, a pris quatre ans. Environ 3 000 emplois ont été créés, dont 75 % au cours de la construction, le reste concernant l’exploitation et la maintenance de la centrale. Plus d’un millier d’ouvriers de villages voisins ont été embauchés ; tous ont acquis de nouvelles compétences.

« Je pense avoir eu beaucoup de chance », observe Khaled Karam, jeune chimiste qui habite dans le village voisin d’Al Qatta et travaille sur le projet. « Non seulement j’ai trouvé un emploi correspondant à ma formation et mon domaine de spécialisation, mais j’ai eu la chance d’en trouver un à proximité. Fini le temps où je devais perdre plus de trois heures pour aller travailler au Caire ! »

Soucieux d’informer au mieux les populations locales et de s’engager auprès d’elles, la CEPC a formé un comité de facilitation sociale composé de responsables locaux, de femmes et de représentants d’associations locales de développement communautaire. Elle a aussi mis en place des mécanismes de responsabilisation sociale permettant aux parties prenantes locales de d’exprimer leurs soucis et de porter plainte auprès d’un dispositif simple, à l’écoute des spécificités locales.

« Nous sommes fiers de mener à bien ce projet national, qui profite au pays tout entier. De plus, toute la région a bénéficié d’un regain de dynamisme économique : des appartements ont été loués, de nouveaux marchés ont été créés, etc. » affirme Sheikh Abdelaziz Abood, responsable local d’Abu Ghaleb et membre du comité de facilitation sociale. « Ce projet contribue aussi à consolider l’infrastructure de nos centres jeunesse, de nos écoles et de nos associations de développement communautaire, » ajoute-t-il.