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Les Assemblées annuelles au Pérou marquent un jalon important pour la participation de la société civile d’Amérique latine et des Caraïbes

28 octobre 2015


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CSO Townhall with WBG President and IMF Managing Director, October 7, 2015.


LES POINTS MARQUANTS
  • Le Forum de politique générale de la société civile a connu ces dix dernières années une évolution considérable.

Le Forum de politique générale de la société civile a connu ces dix dernières années une évolution considérable. Son essor reflète l’approfondissement et l’élargissement des relations du Groupe de la Banque mondiale avec l’ensemble de la société civile (organisations de défense des droits, think tanks, milieux universitaires, organisations humanitaires et de développement, etc.). Le Forum de la société civile fait aujourd’hui partie intégrante des Réunions de printemps et des Assemblées annuelles. Il offre aux OSC et aux autres partenaires un espace de participation et de débat pour discuter des politiques et des projets de la Banque et traiter des sujets d’actualité du développement.

La dernière édition des Assemblées annuelles, qui se déroulait à Lima, a accueilli près de 600 représentants (a) et dirigeants d’organisations de la société civile (OSC), dont un nombre sans précédent en provenance d’Amérique latine : 300 participants, dont 260 originaires du Pérou. Cette forte participation est le résultat d’un travail coordonné mené auprès des OSC de la région en amont des Assemblées.

Pour éviter que la participation de la société civile ne se borne aux États-Unis et à l’Europe, la Banque mondiale, en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI), a œuvré pour la présence d’environ soixante responsables d’OSC (a) de pays en développement clients des deux institutions, ce qui porte à 555 le nombre total (a) des OSC parrainées depuis 2003. L’équipe de liaison de la Banque avec la société civile travaille étroitement avec les départements régionaux et les pôles d’expertise mondiale afin d’identifier des responsables de la société civile, prometteurs et dynamiques, qui, en l’absence de ce soutien, n’auraient pas les moyens d’assister aux Assemblées annuelles. Beaucoup de dirigeants d’OSC participent activement au Forum mais aussi aux manifestations phares ou parallèles des Assemblées annuelles, au titre de d’intervenants et de porte-paroles. À Lima, notamment, la présence de la société civile à ces grandes manifestations s’est signalée par la participation de José Ugaz, président du conseil d’administration de Transparency International, à l’événement spécial Wikistage sur l’inclusion sociale (a) et à un débat sur la lutte contre les flux financiers illégaux ; de Juan Alberto Fuentes Knight, président d’Oxfam International, à une discussion de haut niveau sur le thème Inégalités, opportunités et prospérité ; de Ziad Abdel Samad, directeur général de l’Arab Network for Development invité à un débat sur la fragilité dans les pays à revenu intermédiaire axé sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ; et de Carlos Bedoya, directeur de Latindadd, qui s’est joint à un événement parallèle consacré à la fiscalité.

Le lieu d’accueil du Forum de la société civile, au sein du Museo de la Nacion, a placé les participants des OSC au cœur des Assemblées annuelles, ce qui leur a permis, au-delà du Forum, d’assister facilement aux événements phares et parallèles et de croiser les délégations des États membres et le personnel de la Banque mondiale. Pareillement, plusieurs dirigeants de l’institution ont eux-mêmes participé au Forum : Hartwig Schafer, vice-président en charge du département Politique opérationnelle et services aux pays ; Makhtar Diop, vice-président pour l'Afrique ; Caren Gown, directrice principale du pôle transversal Genre et égalité des sexes ; Laurence Carter, directeur principal du pôle transversal Partenariats public-privé ; et Maninder Gill, directeur au pôle d’expertise mondiale Développement social, urbain et rural et résilience. Un certain nombre de hauts fonctionnaires péruviens et sud-américains ont également participé au Forum.

Les thématiques inscrites au programme des Assemblées annuelles se reflétaient dans les questions débattues lors des 45 sessions du Forum de la société civile, proposées et organisées en majeure partie par les OSC, à savoir notamment les inégalités, le changement climatique, les flux financiers illégaux, les industries extractives et les politiques de sauvegarde.

 


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Le double objectif de la Banque mondiale de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée trouve un large écho auprès des OSC et ouvre de nouvelles perspectives de dialogue et de collaboration. Cependant, beaucoup d’OSC continuent de critiquer l’objectif de prospérité partagée, pour son manque d’ambition et les critères retenus pour la mesure de la croissance, qui compare les revenus des 1 % les plus riches par rapport à ceux des 40 % les plus modestes.

L’examen des politiques de sauvegarde demeure également un sujet sensible chez les OSC. Le rapprochement de la Banque mondiale avec la société civile ainsi que l’action militante des OSC a abouti, à la suite de consultations ou de propositions écrites, à l’incorporation de nombreuses observations et recommandations des OSC dans la deuxième mouture de l’avant-projet de Cadre environnemental et social. Un certain nombre de problèmes demeurent cependant d’actualité : inquiétudes autour de l’utilisation par la Banque mondiale d’intermédiaires financiers, financement par la Banque mondiale de projets hydroélectriques et de centrales thermiques au charbon, réinstallation des populations ou industries extractives.

Le Forum 2015 a également accueilli en nombre les représentants de populations autochtones ou marginalisées, ainsi que des personnes handicapées. Celles-ci ont fait preuve de vigueur et d’éloquence pour défendre l’inclusion et la création d’opportunités réelles, en sensibilisant leur auditoire au problème du handicap et en appelant à une plus grande mobilisation.

Ces sujets ont également ressurgi à l’occasion des deux temps forts du Forum, qui ont été une nouvelle fois les plus attendus et les plus suivis : la discussion ouverte avec les dirigeants de la Banque mondiale et du FMI et la table ronde organisée avec les administrateurs.

Plus de 400 représentants d’OSC ont participé à une discussion ouverte (a) avec le président de la Banque mondiale et la directrice générale du FMI. Jim Yong Kim et Christine Lagarde ont répondu à une vingtaine de questions réparties en trois grands thèmes : la réduction de la pauvreté, le développement social et l’inclusion sociale. La discussion était brillamment orchestrée par José Ugaz, président du conseil d’administration de Transparency International.

Dans ses propos liminaires — commencés en espagnol —, Jim Yong Kim est revenu sur le début de sa carrière, à Lima, au service de l’organisation Partners in Health, et sur l’impact de cette expérience alors qu’il se trouve aujourd’hui à la tête de la Banque mondiale. Lors de sa mission au Pérou, il avait pu constater l’effet néfaste de certaines recommandations de politique publique formulées par la Banque mondiale et le FMI, notamment au regard des réductions des dépenses dans le secteur social. Il a fait remarquer que la Banque avait effectué de remarquables progrès depuis et qu’elle s’attachait à appliquer des approches non dogmatiques, en cherchant partout dans le monde les meilleures innovations et solutions pour faire avancer son double objectif. Il a également mentionné que si le revenu des 40 % de personnes les plus défavorisées avait crû en de nombreux endroits de la région, l’Amérique latine faisait aujourd’hui face à des vents contraires, en raison des risques que font peser la hausse des taux d’intérêt et la fin du « supercycle » des matières premières. Il a par ailleurs affirmé que la Banque mondiale veillera à ce que les pays puissent développer une économie inclusive, investir dans la santé et l’éducation et éviter que les populations ne basculent à nouveau dans la pauvreté. La discussion s’est conclue par l’intervention d’Ibis Fernandez, membre d’une plateforme syndicale péruvienne, et d’organisateurs d’un forum alternatif national, qui ont pu exprimer leurs préoccupations sur la nécessité de garantir avant tout les droits de l’homme, les droits des populations autochtones et le droit au travail tout simplement.

La table ronde a quant à elle permis aux dirigeants d’OSC de dialoguer avec les représentants des services de 20 administrateurs du Groupe de la Banque mondiale (administrateurs, suppléants ou conseillers). Elle était coprésidée par Merza Hasan, doyen du Conseil des administrateurs de la Banque mondiale, et Danny Kaufman, président du National Resources Governance Institute. L’alliance CIVICUS et le Bank Information Centre ont décerné leur deuxième prix pour la transparence et l’ouverture au bureau de l’administrateur de la Banque mondiale pour les États-Unis, preuve de la vigueur de la collaboration entre les services des administrateurs et la société civile. Au cours de la discussion, diverses questions ont été abordées qui couvraient de larges aspects du travail de la Banque mondiale et enjeux de développement prioritaires, comme les stratégies adoptées par la Banque mondiale pour lutter contre la corruption ; les orientations prises pour l’inclusion et la protection des personnes handicapées ; la création d’un fonds d’allègement de la dette pour les pays touchés par des catastrophes naturelles ; et les initiatives pour prévenir les violations des droits de l’homme dans le secteur des industries minières et extractives.

Afin de favoriser toujours plus la collaboration entre le Groupe de la Banque mondiale et les OSC et de renforcer la place de ce Forum, l’équipe de liaison avec la société civile va continuer à œuvrer à sa visibilité, à une meilleure intégration aux Assemblées annuelles et à une participation plus large du personnel de la Banque mondiale en vue d’encourager des échanges plus nombreux. L’objectif du Forum est de créer un espace dynamique dans le cadre duquel les points de vue critique sont bienvenus et encouragés, tout en mettant en commun les meilleures pratiques et en stimulant de nouveaux partenariats. Étant donné la diversité des priorités, des axes de réflexion et des opinions qui prévaut parmi les OSC, l’élaboration d’un programme pour le plus grand nombre représente un défi que l’équipe de liaison de la Banque mondiale avec la société civile entend bien relever.

Dernière mise à jour: 28 oct. 2015

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