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Instaurer un nouveau cadre pour la prévention des risques de catastrophes

12 mars 2015

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Des habitants de Tacloban, aux Philippines, participent au relèvement après le passage du cyclone Haiyan (Yolanda).

Dominic Chavez/Banque mondiale

LES POINTS MARQUANTS
  • Représentants des pouvoirs publics et experts du monde entier se réunissent cette semaine au Japon pour valider un cadre post-2015 sur la réduction des risques de catastrophes à l’échelle planétaire. La menace des catastrophes naturelles a fait irruption dans l’actualité à la veille même des débats, avec le passage du cyclone Pam sur plusieurs archipels du Pacifique.
  • Plusieurs nouvelles publications du Groupe de la Banque mondiale et de la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) permettront de mieux cerner les défis en jeu et les solutions pour aller de l’avant. Lors de la conférence de Sendai, le personnel du Groupe partagera son savoir-faire dans différents domaines, tels que la reconstruction en mieux après une catastrophe et le renforcement de la résilience des petits États insulaires.

L’année dernière, des pluies torrentielles et des glissements de terrain dans les Balkans ont touché plus d’un million de personnes, faisant reculer le PIB de la Bosnie-Herzégovine d’environ 15 %. Avec le réchauffement planétaire, il faut s’attendre à voir augmenter la fréquence et l’intensité des tempêtes de cette ampleur ainsi que des épisodes de sécheresse. 

C’est dans ce contexte que plus de 9 000 personnes se réunissent cette semaine à Sendai, au Japon, pour la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes (a). Il s’agit de lancer un nouveau cadre international pour guider la mise en œuvre des efforts de gestion des risques naturels à l’échelle du globe. Comme l’a tragiquement rappelé le cyclone Pam qui a frappé plusieurs îles du Pacifique à la veille même de la conférence, l’importance de la prévention des risques naturels se fait de plus en plus évidente à chaque fois que survient une catastrophe.

« Les catastrophes devenant plus courantes et plus fréquentes sous l’effet des dérèglements du climat, la ‘prévention du pire’ doit occuper une place centrale dans le développement », explique le président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim. « Il faut augmenter les financements pour que les individus, leurs communautés et leurs pays deviennent plus résilients aux conséquences du changement climatique et des catastrophes. Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre que les catastrophes surviennent. »

Un nouveau cadre d’action

Il s’agit aujourd’hui d’adopter une nouvelle structure qui succèdera au Cadre d’action de Hyogo (2005-2015). Cet outil, qui s’est révélé efficace pour motiver et commencer à suivre les progrès des pays en matière de résilience aux chocs naturels, a permis d’importantes avancées sur la dernière décennie. Mais beaucoup reste à faire, et tout particulièrement dans les pays en développement, où les villes s’étendent rapidement et investissent dans la construction d’infrastructures, de logements, d’écoles... Durant les deux prochaines décennies, on devrait ainsi construire davantage que tout au long des six derniers siècles ! Afin d’éviter tout risque pour les populations, il est crucial de veiller à ce que cette infrastructure soit à la fois planifiée et édifiée de manière résiliente.

Le projet de nouveau cadre reconnaît la nécessité d’empêcher l’apparition de nouveaux risques tout en limitant les risques existants. L’enjeu est de capitaliser sur les points forts du Cadre de Hyogo, de remédier aux lacunes identifiées et de favoriser l’intégration systématique de la gestion des risques de catastrophes dans les politiques nationales de développement durable et de lutte contre la pauvreté.

Il importe aussi de réduire le risque accumulé. On ne peut pas rendre toutes les habitations ou toutes les écoles plus résilientes, mais des millions de vies pourraient être sauvées grâce à de meilleurs systèmes d’alerte précoce et d’intervention, ainsi qu’en améliorant et en consolidant l’infrastructure de drainage. 



« Les catastrophes devenant plus courantes et plus fréquentes sous l’effet des dérèglements du climat, la ‘prévention du pire’ doit occuper une place centrale dans le développement. »

Jim Yong Kim

Président du Groupe de la Banque mondiale


De nouvelles ressources pour la réduction des risques de catastrophes

Avec un portefeuille de plus en plus vaste au profit de la gestion des risques de catastrophes (5,3 milliards de dollars au total pour l’exercice budgétaire 2014), le Groupe de la Banque mondiale considère que la résilience et la prévention du risque sont essentielles pour atténuer la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. 

Le Groupe de la Banque mondiale et la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) participeront à plusieurs sessions de la conférence de Sendai (a) : tables rondes ministérielles, sessions de travail multilatérales et forums publics. Ces sessions seront axées sur les aspects critiques de la gestion des risques de catastrophes : reconstruire en mieux après une catastrophe, accroître la résilience des petits États insulaires et, dans le cadre d’une session dédiée au Dialogue sur la résilience (a), faire avancer les objectifs de résilience post-2015. En outre, la conférence lancera un « Challenge Fund » (a) destiné à accompagner des projets d’identification des risques de catastrophes, avec le soutien de la GFDRR et du ministère britannique du développement international (DfID).

Le Groupe de la Banque mondiale et la GFDRR diffuseront plusieurs nouvelles publications (a) : un rapport infographique intitulé Investing in Resilience (a) ; une note d’orientation, Unlocking the ‘Triple Dividend’ of Resilience (a), qui présente les arguments en faveur d’une gestion des risques de catastrophes ; un guide d’élaboration de cadres de relèvement après une catastrophe, Guide to Developing Disaster Recovery Frameworks (a) ; quatre nouveaux rapports sur des aspects spécifiques de la gestion des risques de catastrophes, sur lesquels se fondent les Bilans mondiaux sur la réduction des risques de catastrophes (GAR) (a), produits en partenariat avec le Bureau des Nations Unies pour la prévention des risques de catastrophes (UNISDR) ; deux nouveaux rapports sur le développement de proximité et un nouvel ensemble de documents décrivant les réalisations d’initiatives de gestion des risques (GFDRR Stories of Impact) (a).

C’est une année phare pour les accords internationaux : aux nouveaux Objectifs de développement durable (a) s’ajoutent la Conférence mondiale sur le changement climatique, qui se tiendra à Paris, et les discussions sur le financement du développement (a) qui se dérouleront à Addis Abeba. La Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes pourrait donc donner le ton de ces débats, en veillant à ce qu’ils intègrent la thématique de la résilience afin que nous puissions collectivement, en tant que communauté internationale, et au niveau des pays, définir des politiques et des actions débouchant sur des solutions durables et résilientes face aux problèmes de plus en plus préoccupants que constituent le changement climatique et les catastrophes.

« Le Cadre d’action de Hyogo a joué un rôle crucial en concentrant l’attention et les efforts internationaux sur la réduction des risques de catastrophes », indique Rachel Kyte, vice-présidente et envoyée spéciale de la Banque mondiale pour le changement climatique. « Cette année offre une opportunité unique de passer à la vitesse supérieure, tout d’abord à Sendai, puis à Addis Abeba et à Paris. Par ces négociations clés sur le développement et le climat, nous pouvons faire en sorte que la résilience soit pleinement prise en compte dans le cadre de développement de l’après-2015. »