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Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest : un grand coup de pouce à l’agriculture du Mali

10 novembre 2014


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Des nouvelles variétés de tomates introduites par le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) permettent aux producteurs maliens de maintenir leur rendement durant l’hivernage. 

Moussa Diarra/World Bank

LES POINTS MARQUANTS
  • Au Mali, plus de 175 000 agriculteurs ont pu améliorer leur productivité de 30 % en moyenne et leur revenue de 34 %
  • Avec l’appui du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), le Mali renforce ses systèmes semenciers ainsi que ses systèmes de recherche et de transfert de technologies afin d’appuyer la résilience des populations agricoles et pastorales
  • La deuxième phase du programme dotera les populations du nord du Mali, affectées par la crise, de kits d’intrants, de noyaux d’élevage, de motopompes et de plants de palmiers dattiers et de jujubiers greffés

Le désert Sahara, avec ses vastes terrains de sable et ses températures extrêmes, occupent plus de la moitié du territoire malien. Pourtant, malgré ces conditions hostiles, le pays ne connaît pas de ralentissement quant à sa production agricole. Au Mali, où même les moindres variations climatiques peuvent engendrer de l’insécurité alimentaire, la maîtrise de l’agriculture dans des conditions désertiques demeure essentielle.

C’est pourquoi depuis 2007, les agriculteurs Maliens travaillent plus efficacement, adoptant des nouvelles technologies afin d’augmenter les rendements de leurs cultures et d’accroitre leurs revenus. Avec l’appui du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), plus de 175 000 producteurs maliens ont revitalisé leur productivité à travers l’utilisation de nouvelles variétés de riz irrigué d’un potentiel de production de 8 à 10 tonnes à l’hectare, de nouvelles variétés de tomates résistantes aux nuisibles, d’un semoir adapté qui permet de réduire de 50 % les besoins en semences et de l’ensilage de maïs qui permet, quand consommé par le bétail, d’augmenter leur rendement de lait.



« Au regard de ces résultats obtenus grâce à l’engagement des chercheurs, des vulgarisateurs et des producteurs et productrices agricoles, je suis convaincu que la diffusion à grande échelle de ces technologies permettra à notre agriculture d’atteindre les 6 % de croissance souhaités  »

Moussa Mara

Premier ministre du Mali

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Le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) soutien le centre de recherche agricole de Niono afin de développer de nouvelles variétés de riz à haut rendement. 

© Moussa Diarra/World Bank

« Le rapport d’achèvement  de la première phase du PPAAO a montré que ces agriculteurs ont pu améliorer leur productivité de 30 % en moyenne et leur revenue de 34 %. La période de soudure, le temps entre deux récoltes, a été également raccourcie, ce qui est déjà un impact significatif », explique Abdoulaye Touré, responsable du projet PPAAO à la Banque mondiale.

Grâce au projet, le Mali renforce ses systèmes semenciers ainsi que ses systèmes de recherche et de transfert de technologies afin d’appuyer de manière globale la mise en œuvre du Programme national d’investissement agricole et de renforcer la résilience des populations agricoles et pastorales. Le Mali bénéficie également de technologies et d’approches novatrices développées dans les autres pays bénéficiaires du PPAAO, grâce à l’intégration et aux échanges sous régionaux qui constituent l’un des points forts du programme.

L’une de ces approches innovantes est l’introduction de nouvelles variétés de tomates d’hivernage. Selon Ibrahima Diakite, président de la Commission régionale des utilisateurs des résultats de la recherche agricole au Mali, « ces nouvelles variétés nous ont permis de maintenir notre rendement de production durant l’hivernage, alors que sur les marchés la tomate se raréfie et se vend à un prix très élevé ». La possibilité de produire toute l’année constitue ainsi un véritable avantage pour les agriculteurs maliens.

Les producteurs profitent également de formations, de voyages d’études, d’échanges d’expériences entres acteurs de l’espace CEDEAO, de la fourniture de prototypes de matériels lors de voyages d’échanges ainsi que du renforcement de leurs capacités techniques.

 

Démarré avec une phase pilote dans 3 pays (Mali, Sénégal et Ghana), le PPAAO est aujourd’hui mis en œuvre dans 13 des 15 pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Etant donné que la première phase du projet au Mali s’est achevée de manière satisfaisante, la Banque mondiale a approuvé le financement  d’une deuxième phase qui s’élève à 60 millions de dollars.

L'objectif du financement additionnel du PPAAO est de mettre à une échelle supérieure la production, la diffusion et l'adoption de technologies améliorées dans les domaines des produits agricoles prioritaires des pays participants. Pour le Mali en particulier, cette deuxième phase aidera à restaurer les capacités de production des populations du nord du Mali à travers des subventions ciblées, qui permettront de doter les populations affectées par la crise de kits d’intrants, de noyaux d’élevage, de motopompes et de plants de palmiers dattiers et de jujubiers  greffés.

Approuvée par le Conseil d’administration de la Banque mondiale en juin 2013, cette nouvelle phase n’a pas pu être lancée avant le 11 juillet 2014, compte tenu de la situation politico-institutionnelle que le pays a connue et ses effets.

 « Au regard de ces résultats obtenus grâce à l’engagement des chercheurs, des vulgarisateurs et des producteurs et productrices agricoles, je suis convaincu que la diffusion à grande échelle de ces  technologies permettra à notre agriculture d’atteindre les 6 % de croissance souhaités », s’est réjoui le Premier ministre du Mali, Moussa Mara, à l’occasion du lancement de la deuxième phase du programme à Bamako.

Le PPAAO constitue un programme majeur dans la stratégie d’appui de la Banque mondiale au Mali et dans sa stratégie d’appui à l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. De plus, « Il est parfaitement ancré dans le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et dans la politique agricole de la CEDEAO », a, pour sa part, dit le Directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Paul Noumba Um. 


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