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Égypte : la promotion des petites entreprises rime avec croissance et emploi

14 janvier 2014

Un des jeunes employés de la société de Hossam Tammam coupant des feuilles d'étain.

LES POINTS MARQUANTS
  • Grâce à un prêt de 50 000 dollars, Hossam Tammam a pu développer sa petite entreprise et recruter 25 employés.
  • En Égypte, un projet de la Banque mondiale doté d’un budget de 300 millions de dollars permet à des petites et microentreprises de bénéficier de prêts.
  • L’accès à ces financements favorise l’essor des entreprises, avec à la clé la création de 111 000 emplois depuis le début du projet, en 2011.
MULTIMÉDIA

Une entreprise familiale

À 40 ans, Hossam Tammam déborde d'enthousiasme. Il est à la tête d’une petite fabrique de conserves qui porte le nom familial et dont l’essor récent fait la fierté de son père, Gamal.

Ils sont désormais plus de 25 employés à s’activer au rez-de-chaussée du bâtiment, de la découpe des feuilles de métal à la soudure en passant par l’estampillage du logo de l’entreprise. Mais Hossam voit encore plus grand et ambitionne de poursuivre une croissance rendue possible par l’accès à des financements. Son projet ? Étendre l’effervescence des ateliers aux deux étages encore vides de l’usine.

L’accès au crédit, clé de la croissance des petites entreprises

En partenariat avec le Fonds social pour le développement (SFD, la Banque mondiale a mis en place un programme d’amélioration de l’accès des petites et microentreprises aux financements. Cette opération, dotée de 300 millions de dollars, vise à étoffer le tissu économique dans une perspective durable. En encourageant l'investissement privé, en créant des emplois, en réduisant la pauvreté et en stimulant la croissance économique, ce programme doit permettre d’aider l’Égypte à relever les nombreux défis nés de la révolution de 2011.

Hossam a pu bénéficier de ce programme grâce à un prêt de 350 000 livres égyptiennes (50 000 dollars), consenti avec une assistance technique sur le renforcement de la transparence, le développement des compétences en marketing et innovation, ainsi que l'amélioration du cadre juridique et réglementaire dans le but de maximiser l'impact sur le développement et les résultats à long terme.

Ce prêt et services ont permis à Hossam de développer son activité et embaucher 25 employés. Son entreprise a grandi et, avec elle, ses rêves et ses ambitions aussi.

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Ce projet a joué un rôle essentiel après la révolution parce qu’il est parvenu à améliorer la situation dans les villages pauvres et les gouvernorats mal desservis. Close Quotes

Sahar Nasr
Économiste principale à la Banque mondiale et responsable de l’équipe du projet.

Atteindre ceux qui sont mal desservis

Alors que le projet a permis de dynamiser la croissance et de créer des opportunités d'emploi, il est aussi parvenu à atteindre des populations et des collectivités qui n’avaient pas accès jusque-là à des financements. Cet aspect était au cœur de la conception de l’opération et de ses deux volets. Le premier consiste en un dispositif de crédit destiné aux microentreprises et fonctionnant par l’intermédiaire de banques, d’organisations non gouvernementales et d’organismes de microfinancement tandis que le deuxième est destiné aux petites entreprises, les financements étant octroyés par des établissements bancaires uniquement.

« Ce projet a joué un rôle essentiel après la révolution parce qu’il est parvenu à améliorer la situation dans les villages pauvres et les gouvernorats mal desservis », indique Sahar Nasr, économiste principale à la Banque mondiale et responsable de l’équipe du projet.

Selon elle, « le projet contribue à faire reculer la pauvreté et à favoriser le partage de la prospérité en fournissant des emplois durables dans le secteur privé, dont les jeunes ont bénéficié tout particulièrement ».

Depuis sa création en 2011, l’opération a décaissé 240 millions de dollars, soit environ 80 % de la totalité de son budget. Les femmes et les jeunes entrepreneurs ont reçu respectivement 25 et 30 % des fonds. Au mois de décembre 2013, le projet avait conduit à la création de 111 000 emplois, dont plus de 21 000 dans le secteur des petites entreprises et plus de 89 000 dans celui des microentreprises.

Hossam, quant à lui, ne s’arrêtera probablement pas en si bon chemin : il n’aura de cesse que lorsque son entreprise familiale sera en mesure d’embaucher le nombre d’employés nécessaires pour faire tourner tous les étages de l’usine.