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Kore Fanmi: Améliorer la couverture sociale de 15 000 familles vulnérables

20 juin 2013

LES POINTS MARQUANTS
  • 15 000 familles vulnérables bénéficient d’un accès amélioré à des services de bases dans les départements du Centre.
  • Une nouvelle méthodologie est centrée sur des Agents Communautaires Polyvalents.
  • La coordination entre le Gouvernement Haïtien, les agences internationales et les organisations non gouvernementales permet une provision de prestations sociales coordonnée et décentralisée.

Fatiguée mais le sourire aux lèvres, ses enfants autour d’elle, Mme Christophe regarde sa fille de 15 jours téter, tout en conversant avec Collin, un Agent Communautaire Polyvalent qui la visite régulièrement.

Il s’informe de la santé du bébé, insiste qu’elle fasse une visite de suivi médical puisqu’elle n’a pas accouché à l’hôpital. Il vérifie qu’elle se souvient comment traiter l’eau avant de lui demander quels sont les avantages du lait maternel.

Sans hésiter Mme Christophe répond : «  Le lait de maman est la richesse du bébé et c’est ce qu’on doit lui donner pour qu’il se développe ».  Collin acquiesce vivement et se met à lui expliquer la meilleure position pour allaiter au milieu d’un fou rire général.

Collin fait partie des Agents Communautaires Polyvalents  qui couvrent environ 15 000 familles dans trois communes du département du Centre (Boucan Carré, Saut d’Eau et Thomassique).

Améliorer l’accès aux services de base

L’Initiative Agent Communautaire Polyvalent – ou KORE FANMI- est un programme pilote du Gouvernement Haïtien, mis en œuvre par le Fonds d’Assistance Economique et Sociales (FAES).

Il a été mis en place avec le financement de la Banque mondiale, et en partenariat avec certaines agences des Nations Unies comme Unicef .
Dans le cadre d’une stratégie nationale de protection sociale, ce programme vise à harmoniser et améliorer la provision de services de base pour les familles pauvres et vulnérables, comme l’accès à l’éducation, aux vaccins, ou encore à des latrines.

Le but est de passer d’un système national fragmenté et inégal à une couverture systématique centrée autour des droits et des besoins des familles, d’après le site du programme.

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Chaque agent est responsable d’une centaine de familles pour lesquelles il doit développer un plan pendant une période donnée. Close Quotes

Dr. Germanite Phanord

Dr Germanite Phanord, responsable du projet au niveau du FAES explique : « C’est un programme  de protection sociale où on teste un modèle pour voir si on peut transformer les agents sectoriels en agents polyvalents. Cet agent peut identifier les différents problèmes de la famille sur le plan éducationnel, santé, agriculture etc. Chaque agent est responsable  d’une centaine de familles pour lesquelles il doit développer un plan pendant une période donnée. Le plan est centré sur 28 objectifs de vie comme par exemple. «La famille doit utiliser des latrines». Chaque famille a un nombre d’objectifs à atteindre en fonction de ses propres problèmes».

Engagé pour être utile à sa communauté

Les familles sont  classées en fonction de leur degré de vulnérabilité et les activités, les médicaments ou la nourriture fournis y sont adaptés. Les agents communautaires facilitent l’accès de ces familles à un ensemble de services sociaux et leurs donnent les informations importantes pour améliorer leurs conditions de vie. 

Aidés par une équipe communale de superviseurs, incluant des travailleurs sociaux et des infirmières, les agents communautaires bénéficient aussi du système d’information central qui regroupe toutes les activités du programme et permet de suivre l’évolution des familles.

Collin s’est engagé parce qu’il voulait être utile à la communauté et la voir changer. Le travail n’est pas simple. Il  s’occupe de 105 familles, effectue, entre autres, 32 visites domiciliaires par mois, 10 réunions de voisinage, une réunion communautaire.

Depuis son arrivée, il voit que les comportements changent petit à petit : « Beaucoup de gens utilisent maintenant le planning familial. Beaucoup ne voulaient pas boire de l’eau traitée. Nous nous sommes assis avec eux et maintenant ils boivent l’eau traitée.» En faisant des plaidoiries  auprès des écoles et de gens plus fortunés, ils ont réussi à placer environ 35 enfants à l’école cette année.  «Le plus dur  ajoute-il, ce sont les familles en grande nécessité que nous ne pouvons pas aider».

Soutien à la santé maternelle et infantile

Kore Fanmi a aussi pour but d’améliorer l’administration publique, et de travailler avec les agences internationales et les organisations non gouvernementales à fin d’adopter une stratégie opérationnelle commune pour la provision coordonnée et décentralisée des services de base.

Grâce à cette coordination entre les organisations, Collin peut référer en cas de besoin une famille vulnérable qu’il supervise aux  programmes pertinents médicaux, alimentaires ou  sociaux des diverses organisations présentes sur le terrain.

En ligne avec les objectifs du Gouvernement, la Banque Mondiale a récemment approuvé un Projet d’amélioration de la santé maternelle et infantile grâce à des services sociaux intégrés d’un montant de US$ 70 millions de dollars  augmentera l’accès et l’utilisation des services de santé maternelle et infantile, de nutrition et des services sociaux dans au moins trois départements : Ouest, Nord-Est et Plateau Central.  Le projet, qui est cofinancé par un don de  US$ 20 millions de dollars du Fonds fiduciaire multi-bailleurs pour l’innovation en matière de résultats sanitaires, profitera à 1,8 million de personnes, notamment les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans et les familles vulnérables.  Les agents communautaires de Kore Fanmi sont partie prenante de ce programme.