Yemen - Présentation

  • Le Yémen continue de faire face à une crise humanitaire, sociale et économique sans précédent, après plus de trois années d’escalade du conflit.

    Selon les estimations, le PIB du Yémen s’est contracté d’environ 50 % depuis 2014. Les secteurs de l’agriculture et de la pêche, qui employaient plus de 54 % de la main-d’œuvre rurale, ont considérablement pâti des pénuries d’intrants agricoles (aliments pour animaux ou autres produits de base). Les cas de malnutrition et d’insécurité alimentaire aiguë se sont exacerbés, en raison des combats pour le contrôle des installations portuaires stratégiques qui interdisent toute importation de produits essentiels (alimentation, carburant, aide internationale…). La production de pétrole et de gaz s’établit à environ 10 % de la capacité avant-guerre et les exportations sont suspendues. À cela s’ajoute l’effondrement du pouvoir d’achat de millions de Yéménites.

    La situation humanitaire est très préoccupante : plus de 3 millions d’habitants ont été forcés de fuir leur foyer, et 2 millions d’entre eux demeurent toujours déplacés . Quelque 22,2 millions de Yéménites (environ 75 % de la population) ont besoin d’une aide humanitaire, dont plus de la moitié (11,3 millions) nécessitent une aide d’urgence, soit un million d’habitants de plus qu’en juillet 2017. La famine gagne un tiers des 333 districts du pays, ce qui correspond à une hausse de 13 % depuis avril 2017. Sur l’ensemble du pays, près de 1,8 million d’enfants et 1,1 million de femmes enceintes ou allaitantes souffrent de malnutrition aiguë, dont 400 000 enfants de moins de cinq ans en situation de malnutrition aiguë sévère. Quelque 16 millions de personnes sont privées d’eau potable et d’équipements sanitaires, et 18 millions de Yéménites n’ont pas accès à des soins adaptés. Les établissements locaux chargés de la santé et de la nutrition de base peinent à assurer les services les plus élémentaires. Seule la moitié des centres de santé sont opérationnels, mais tous pâtissent du manque de médicaments, d’équipement et de personnel. Deux millions d’enfants au moins, soit près de 27 % des enfants en âge scolaire, ne sont pas scolarisés, et plus de 1 690 écoles sont dans l’incapacité de remplir leur mission. 

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • Pleinement consciente du lien qu’entretiennent aide humanitaire et développement, la Banque mondiale fournit une aide d’urgence de grande ampleur au Yémen pendant le conflit : dans le cadre d’une collaboration inédite avec les Nations Unies, l’IDA, son guichet pour les financements concessionnels, a financé 1,22 milliard de dollars d’interventions d’urgence, investissant dans les ressources humaines et institutionnelles tournées vers les services de base essentiels, dans le but de préparer le relèvement et la reconstruction du pays.

    Le portefeuille de l’IDA comporte cinq projets en cours : 1) le projet de riposte d’urgence aux crises qui reçoit un financement de 500 millions de dollars ; 2) le projet de santé et de nutrition d’urgence (483 millions de dollars) ; 3) le projet de prestations de services intégrées en milieu urbain (150 millions d’euros) ; et 4) le projet d’accès d’urgence à l’électricité (50 millions). À ces quatre opérations s’ajoute un projet de rétablissement de la capacité de production des petits agriculteurs, financé à hauteur de 36 millions de dollars par le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP), administré par la Banque mondiale.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • Pour répondre au risque de famine, la Banque mondiale s’est associée à l’UNICEF et à des entités privées pour mettre en œuvre un programme de transferts monétaires d’urgence de 200 millions de dollars, financé par le mécanisme de riposte aux crises (CRW) de l’IDA. Déployées dans les 333 districts du pays, ces allocations sont aujourd’hui parvenues à 1,5 million de familles défavorisées et vulnérables. Au terme de deux trimestres de versements, on dénombre 9 millions de bénéficiaires sur l’ensemble du pays. Parmi les bénéficiaires directs, 45 % sont des femmes ; 90 % ont par ailleurs destiné cet argent à l’achat de nourriture (comme l’a démontré un suivi après versement des allocations).

    Grâce au projet de santé et de nutrition d’urgence, doté d’une enveloppe globale de 483 millions de dollars, 14,6 millions de Yéménites (tous districts et gouvernorats confondus) ont bénéficié de services essentiels de santé et de nutrition. Près de 60 000 femmes enceintes et allaitantes ainsi que leurs enfants reçoivent des transferts monétaires et des services de nutrition. Le volet d’intervention d’urgence contre le choléra, mis en place par l’IDA avec le concours de l’UNICEF et de l’OMS, a permis de traiter 664 000 patients sur le million de cas suspectés, réduisant le taux de mortalité de 2,3 % à 0,21 %. Dans les districts à haut risque, près de 0,7 million de personnes ont par ailleurs été vaccinées par voie orale et 1,43 million ont eu accès à des sources d’eau améliorées dans les zones touchées par l’épidémie. Les campagnes d’information menées porte à porte dans l’ensemble des gouvernorats du pays ont permis d’atteindre près de 16 millions d’habitants ; par ailleurs, 1,85 million de personnes ont eu accès à des services d’assainissement améliorés dans les zones touchées par la maladie. Le projet a également contribué à préserver les capacités essentielles du secteur de la santé, en finançant en partie ou en totalité 40 % des établissements de soins de santé primaires du secteur public et 30 % des hôpitaux publics.

    Afin de soutenir les moyens de subsistance de la population, la Banque s’est associée au PNUD et à des initiatives locales, comme le Fonds social pour le développement (SFD) et le Projet de travaux publics (PWP) pour mettre en place des programmes de travail contre rémunération communautaires. Dotés de 300 millions de dollars, ces programmes ont permis d’apporter à ce jour un complément de revenu et des moyens de subsistance à plus de 1,2 million de Yéménites dans le pays (soit plus de 4 millions de journées de travail), parmi lesquels des personnes déplacées et rentrées chez elles. En outre, plus d’un million d’habitants bénéficient d’infrastructures communautaires et de moyens de subsistance résultant de la construction et de la remise en état de routes rurales, de systèmes hydrauliques et de terrasses agricoles.

    Pour rétablir les services essentiels dans les villes touchées par le conflit, la Banque mondiale a établi un partenariat avec l’UNOPS et des institutions locales afin de mettre en œuvre un projet de prestations de services intégrées en milieu urbain. Cette initiative de 150 millions de dollars soutiendra à terme 1,4 million de Yéménites et produira 1,5 million de jours de travail, 400 kilomètres de routes et une capacité électrique estimée à 60 000 MW. Les premières villes bénéficiaires sont Aden, Hodeïda et Sanaa.

    Enfin, pour fournir une électricité indispensable aux services de base essentiels, un projet d’accès d’urgence à l’électricité de 50 millions de dollars financera des dispositifs solaires indépendants du réseau national et améliorera l’accès à l’électricité des institutions publiques et des ménages pauvres dans les zones rurales et les zones urbaines périphériques. Chargé de la mise en œuvre du programme, l’UNOPS s’appuiera avant tout sur le marché de l’énergie solaire, qui s’est développé malgré le conflit, ce qui contribuera à soutenir l’économie locale et la création d’emplois.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • Les besoins de financement pour le relèvement et la reconstruction, qui sont indispensables au soutien de l’action humanitaire, sont considérables et urgents. Aux côtés notamment de l’Arabie saoudite, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Union européenne et de l’Allemagne, la Banque mondiale s’attache actuellement à élaborer un programme de relèvement et de reconstruction rapides, destiné à créer un cycle d’investissement vertueux pour la reconstruction des infrastructures de base, l’amélioration des services publics clés, et la création d’emplois et de revenus. Ces efforts doivent s’inscrire dans un programme favorisant l’expression et la participation des communautés, une exploitation des ressources transparente, efficace et responsable, et le développement du secteur privé pour la création d’emplois en faveur des jeunes Yéménites. 

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

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