Jordanie Présentation

  • La Jordanie entreprend depuis dix ans de vastes réformes structurelles dans les domaines de l’éducation et de la santé, ainsi qu’en matière de privatisation et de libéralisation. Le gouvernement a introduit des systèmes de protection sociale et réformé les subventions, commencé à mettre en place un environnement favorable aux partenariats public-privé dans les infrastructures et engagé des réformes fiscales. Ces efforts doivent cependant être poursuivis, et les autorités s’emploient à identifier les mesures à prendre pour faire en sorte que l’amélioration du climat de l’investissement et la facilitation de l’activité économique conduisent à des résultats tangibles.

    Le pays subit de plein fouet les répercussions de l’instabilité régionale, notamment des crises en Syrie et en Iraq. En raison de ces crises, la Jordanie connaît un afflux de réfugiés sans précédent et subit une désorganisation des circuits commerciaux ainsi qu’une contraction des investissements et des recettes touristiques. Le grand nombre de réfugiés présents en Jordanie a des effets considérables sur l’économie du pays et son tissu social. Les autres principales difficultés auxquelles est confrontée la Jordanie résident dans son taux de chômage élevé, sa dépendance vis-à-vis de l’aide en provenance des pays du Golfe (dons et envois des travailleurs expatriés) et la forte pression qui s’exerce sur ses ressources naturelles.

    L’économie jordanienne demeure peu dynamique : la croissance, au ralenti pour la deuxième année consécutive, s’établit selon les estimations à 2 % en 2016, contre 2,4 % en 2015. Un ralentissement qui s’explique en grande partie par les répercussions de la situation géopolitique et qui conduit à une détérioration des indicateurs de l’emploi. Les prévisions indiquent cependant une légère reprise à l’horizon 2017-2019, avec une projection de croissance de 2,6 % en moyenne sur cette période, en tablant sur une amélioration des résultats dans le secteur du tourisme et des exportations, ainsi que sur les effets positifs des réformes menées en faveur du climat de l’investissement. Apres deux années de déflation, la Jordanie enregistre des signes de pressions inflationnistes, tandis que les politiques d’assainissement budgétaire et de resserrement monétaire devraient se poursuivre.

    Le 24 août 2016, le Conseil d’administration du FMI a octroyé à la Jordanie une ligne de crédit supplémentaire sur trois ans, au titre de sa facilité élargie de crédit (FEC), afin d’appuyer le programme de réforme économique et financière du pays. Ce programme vise à approfondir les efforts d’assainissement budgétaire afin de réduire la dette publique ainsi que des réformes structurelles générales afin de favoriser une croissance plus inclusive.

    À l’avenir, la Jordanie devra impérativement continuer à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique pour pouvoir remédier à ses fragilités macroéconomiques. Afin de réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs, elle devra également adopter de saines politiques économiques et engager des réformes susceptibles de doper la croissance. Enfin, pour parvenir à installer une croissance génératrice d’emplois, elle devra mettre en place les conditions propices à une hausse des investissements privés et à une amélioration de la compétitivité.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

  • Le 14 juillet 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un nouveau cadre de partenariat avec la Jordanie (a) qui couvre les exercices 2017 à 2022. Celui-ci repose sur les conclusions d’un diagnostic systématique (a) de la situation du pays présenté au Conseil au mois de février précédent.

    Ce nouveau cadre de partenariat a pour objectif fondamental d’aider la Jordanie à renouveler son contrat social et à promouvoir l’inclusion économique et sociale. Il soutient un programme ambitieux en faveur de la croissance, de l’emploi et de l’inclusion, tout en aidant le pays à faire face aux conséquences de la crise syrienne par le recours à des instruments de financement novateurs. Le Groupe de la Banque mondiale s’emploie en effet actuellement à mobiliser des ressources à des conditions de faveur pour accompagner les efforts déployés par la Jordanie, par le biais d’une aide exceptionnelle de l’Association internationale de développement (IDA) de 100 millions de dollars et de la création récente du Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF).

    En mars 2017, le portefeuille de la Banque mondiale en Jordanie comprend 11 projets en cours, représentant une valeur de 758 millions de dollars (en prêts et dons). Ces opérations concernent notamment les secteurs suivants : services municipaux, éducation, énergie, eau, environnement, services sociaux, accès aux financements et environnement des affaires.

    Ces dernières années, la Banque mondiale a soutenu les capacités et les performances de la Jordanie en matière de gouvernance, de gestion financière, d’efficacité du secteur public et de croissance tirée par le secteur privé par le biais de deux financements de soutien budgétaire à l’appui des politiques de développement axés sur les réformes, de 250 millions de dollars chacun. Elle appuie par ailleurs la viabilité financière et l’efficacité des secteurs de l’eau et de l’énergie par le biais de deux autres financements du même type et d’un montant individuel de 250 millions de dollars également. La Banque apporte également son soutien au pays face à la crise syrienne et à ses répercussions : l’afflux massif de réfugiés met à rude épreuve l’aptitude des autorités à assurer des services de base et a provoqué un regain de tensions sociales sur fond de concurrence face à l’emploi. Dans le cadre du « Pacte pour la Jordanie », la Banque a mis au point une opération de financement concessionnel axé sur les résultats d’un montant de 300 millions de dollars dont l’objectif est de favoriser les opportunités économiques à la fois pour la population jordanienne et pour les réfugiés syriens. Un don complémentaire ciblant l’amélioration des services et la résilience sociale, d’un montant de 65,9 millions de dollars, bénéficie de contributions du Royaume-Uni, du Canada, du Danemark, de la Suède, de la Suisse et du Fonds pour la construction de la paix et de l’État (SPF). Ce projet aide les municipalités à étoffer leurs capacités de services, tout en soutenant le développement économique local et en favorisant la cohésion sociale dans les communautés d’accueil.

  • Le premier prêt-programme à l’appui des politiques de développement pour la réforme des secteurs de l’énergie et de l’eau (a) visait à améliorer la viabilité financière et l’efficacité de ces secteurs en promouvant une production d’électricité durable et respectueuse de l’environnement grâce à la diversification des sources d’énergie et en optimisant la consommation d’eau. Les réformes financées par ce prêt ont contribué à assurer une répartition plus équitable des coûts, un fonctionnement plus durable des systèmes d’infrastructure et une gestion plus efficace des ressources.

    Le don accordé au titre du Projet d’urgence pour les services et la résilience sociale (a) a permis à 16 municipalités du nord de la Jordanie de faire face à la demande accrue de services de base liée à l’afflux massif de réfugiés syriens. Pendant ses deux premières années de mise en œuvre, le projet a financé, à hauteur de 40 millions de dollars, l’acquisition de biens et l’organisation de chantiers et la fourniture de services de base, comme la collecte des déchets ménagers, la réhabilitation des infrastructures de base et l’amélioration du réseau routier ou de l’éclairage public, ainsi que des initiatives visant à apaiser les tensions entre les habitants.

    Le Projet de développement des PME et micro-entreprises pour une croissance inclusive (a) a contribué à la création de plus de 2 000 emplois dans le secteur privé pour les catégories les plus défavorisées. Parmi les bénéficiaires, 62 % vivent en dehors d’Amman, où les taux de chômage et de pauvreté sont élevés. Le projet est également parvenu à faire progresser la condition féminine, les chefs d’entreprise femmes représentant 85 % des bénéficiaires. Quant aux jeunes, les plus durement touchés par le chômage, ils constituent plus de 45 % des personnes visées par le projet.

    Le deuxième Projet de réforme de l’éducation pour une économie du savoir a permis de développer des écoles maternelles de qualité et proposant une offre alternative radicalement innovante sur tout le territoire. Un système d’information a vu le jour afin de permettre au ministère de l’Éducation de publier des rapports de suivi et d’évaluation en ligne ; des établissements scolaires ont été bâtis et d’autres agrandis ; et les taux de scolarisation dans le primaire et le secondaire ont progressé de respectivement 96,9 à 98,1 % et de 60,4 à 76,9 %.

    Le Projet pour l’accès à la justice (financé par le Fonds japonais de développement social/JSDF et le Fonds pour la construction de la paix et de l’État/SPF) a amélioré les services juridiques aux communautés vulnérables, notamment les Jordaniens les plus défavorisés et les communautés de réfugiés venus d’Iraq, de Palestine et de Syrie. La mise en œuvre du projet est confiée au Justice Center for Legal Aid (JCLA), une organisation de la société civile jordanienne. Ce centre a offert des consultations juridiques à 4 500 personnes et organisé 1 600 réunions de sensibilisation et d’information, touchant plus de 40 000 bénéficiaires.

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FINANCEMENTS

Jordanie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA