Jordanie Présentation

  • La Jordanie entreprend depuis une décennie de vastes réformes structurelles dans les domaines de l’éducation et de la santé, ainsi qu’en matière de privatisation et de libéralisation. Le gouvernement a introduit des systèmes de protection sociale et a réformé les subventions, de sorte à mettre en place un environnement favorable aux partenariats public-privé dans les infrastructures et a engagé des réformes fiscales. Ces efforts doivent cependant être poursuivis pour faire en sorte que les réformes visant à améliorer le climat de l’investissement et à faciliter l’activité économique conduisent effectivement à des résultats tangibles.

    La Jordanie est confrontée à la difficulté de redynamiser son économie dans une conjoncture extérieure tendue. Le pays subit de plein fouet les répercussions de l’instabilité régionale, notamment des crises en Syrie et en Iraq. En raison de ces crises, la Jordanie connaît un afflux de réfugiés sans précédent et subit une désorganisation des circuits commerciaux ainsi qu’une contraction des investissements et des recettes touristiques. Le pays continuera à subir les conséquences de la persistance des incertitudes entourant la situation régionale et de la baisse de l’aide extérieure.

    Le haut niveau du taux de chômage (18,4 % au premier trimestre 2018, contre 18,2 % un an auparavant), la forte dépendance vis-à-vis de l’aide et le recul des envois de fonds en provenance des pays du Golfe représentent un défi de taille pour la Jordanie. Les efforts budgétaires vont jusqu’à présent dans le sens de l’objectif de solde budgétaire global hors dons que s’est fixé le pays. Le déficit budgétaire (dons compris), qui avait été ramené à 2,2 % du PIB en 2017, devrait continuer à baisser. La dette publique s’établissait à 95,9 % du PIB fin 2017, soit une hausse de 0,8 % du PIB par rapport à 2016.

    À l’avenir, la Jordanie devra impérativement continuer à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique pour pouvoir remédier à ses fragilités macroéconomiques. Afin de réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs et relancer son économie, elle devra également continuer d’adopter de saines politiques économiques et mettre en œuvre rapidement les grandes réformes susceptibles de doper la croissance. Enfin, pour parvenir à installer une croissance génératrice d’emplois, elle devra mettre en place les conditions propices à une hausse des investissements privés et à une amélioration de la compétitivité.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • Le 14 juillet 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un nouveau cadre de partenariat avec la Jordanie (a) qui couvre les exercices 2017 à 2022. Celui-ci repose sur les conclusions d’un diagnostic systématique (a) de la situation du pays présenté aux Administrateurs au mois de février 2016.

    Ce nouveau cadre de partenariat a pour objectif fondamental d’aider la Jordanie à renouveler son contrat social et à promouvoir l’inclusion économique et sociale. Il soutient un programme ambitieux en faveur de la croissance, de l’emploi et de l’inclusion, tout en aidant le pays à faire face aux conséquences de la crise syrienne par le recours à des instruments de financement novateurs. Le Groupe de la Banque mondiale a ainsi mobilisé des ressources à des conditions concessionelles pour accompagner les efforts déployés par la Jordanie, par le biais d’une aide exceptionnelle de l’Association internationale de développement (IDA) de 100 millions de dollars et de la création du Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF).

    En septembre 2018, le portefeuille de la Banque mondiale en Jordanie comprend 12 projets en cours, représentant une valeur de 1,3 milliards de dollars, sous forme de dons, de financements concessionnels et de prêts à faible taux d’intérêt. Ces opérations concernent notamment les secteurs suivants : éducation, santé, environnement, protection sociale, jeunesse, accès aux financements, création d’emplois et environnement des affaires.

    Dans le cadre du « Pacte pour la Jordanie », la Banque a mis au point une opération de financement concessionnel axé sur les résultats d’un montant de 300 millions de dollars dont l’objectif est de favoriser les opportunités économiques à la fois pour la population jordanienne et pour les réfugiés syriens.

    En juin 2017, la Banque a lancé un projet d’urgence en faveur de la santé (50 millions de dollars), financé par le GCFF. Cette opération a pour objectif d’aider les autorités à assurer, dans les établissements de santé publique, la prestation des services de soins primaires et secondaires à la population jordanienne et aux réfugiés syriens privés d’assurance.

    Par ailleurs, un programme d’appui à la réforme de l’éducation (200 millions de dollars), également financé par le GCFF, a été approuvé par les administrateurs de la Banque en décembre 2017. Cette opération, qui relève d’un financement conditionné aux résultats, a pour objectif d’étendre l’accès à l’éducation de la petite enfance et d’améliorer les conditions d’enseignement, d’apprentissage et d’évaluation des enfants jordaniens et réfugiés syriens.

    Plus récemment, en juin 2018, les Administrateurs de la Banque ont approuvé un financement à l’appui des politiques de développement en faveur de l’emploi et d’une croissance équitable. Ce financement d’un montant de 500 millions de dollars comprend un don du GCFF de 111 millions et a pour objectif d’aider la Jordanie à promouvoir une croissance économique inclusive, créer plus d’emplois et étendre le programme d’allocations monétaires du Fonds d’aide national (National Aid Fund) à 85 000 ménages supplémentaires.

  • Amélioration des services municipaux

    Le don accordé au projet d’urgence pour les services et la résilience sociale (a) a permis à 16 municipalités du nord de la Jordanie de faire face à la demande accrue de services de base liée à l’afflux massif de réfugiés syriens. Le projet a financé, à hauteur de 40 millions de dollars, l’acquisition de biens, l’organisation de chantiers et la fourniture de services de base, comme la collecte des déchets ménagers, la réhabilitation des infrastructures de base et l’amélioration du réseau routier ou de l’éclairage public, ainsi que des initiatives visant à apaiser les tensions entre les habitants. Il a bénéficié à plus de 2 millions de Jordaniens et près de 250 000 réfugiés syriens, dont au moins 45 % de femmes.

    Réforme de l’éducation

    Le deuxième projet de réforme de l’éducation pour une économie du savoir a permis de développer des écoles maternelles de qualité et de proposer une offre alternative de soin des enfants radicalement innovante sur tout le territoire. Un système d’information a vu le jour afin de permettre au ministère de l’Éducation de publier des rapports de suivi et d’évaluation en ligne ; des établissements scolaires ont été bâtis et d’autres agrandis ; et les taux de scolarisation dans le primaire et le secondaire ont progressé de respectivement 96,9 à 98,1 % et de 60,4 à 76,9 %.

    Des emplois pour les femmes et les jeunes

    Le projet de développement des PME et micro-entreprises pour une croissance inclusive (a) a contribué à la création de plus de 2 000 emplois dans le secteur privé pour les catégories les plus défavorisées. Parmi les bénéficiaires, 62 % vivent en dehors d’Amman, où les taux de chômage et de pauvreté sont élevés. Le projet est également parvenu à faire progresser la condition féminine, les chefs d’entreprise femmes représentant 85 % des bénéficiaires. Quant aux jeunes, les plus durement touchés par le chômage, ils constituent plus de 45 % des personnes visées par le projet.

    Accès à une assistance juridique

    Le projet pour l’accès à la justice (a) (financé par le Fonds japonais de développement social/JSDF et le Fonds pour la construction de la paix et de l’État/SPF) a amélioré l’accès des  communautés vulnérables aux services juridiques, notamment les Jordaniens les plus défavorisés et les communautés de réfugiés venus d’Iraq, de Palestine et de Syrie. La mise en œuvre du projet a été confiée au Justice Center for Legal Aid (JCLA), une organisation de la société civile jordanienne. Ce centre a offert des consultations juridiques à 4 500 personnes et organisé 1 600 réunions de sensibilisation et d’information, touchant plus de 40 000 bénéficiaires.

    Écosystèmes et création de revenus

    Le projet sur les écosystèmes et les moyens de subsistance a développé les équipements et l’offre touristiques le long d’un axe de 200 kilomètres entre les réserves naturelles d’Al Azraq et de Shaumari et celle de Burqu’. Ce parcours a permis de développer les activités génératrices de revenus pour les habitants du district d’Ar Ruwaished et des localités environnantes, dans la région désertique de la Badia, au nord-est de la Jordanie, tout en contribuant à la protection de la biodiversité locale.

    Préservation de l’accès aux services essentiels

    Dès le début de la crise syrienne, la Banque mondiale a réagi rapidement pour aider la Jordanie à faire face à l’afflux massif de réfugiés. Un projet de 150 millions de dollars a été lancé en 2013 pour préserver l’accès aux services de santé essentiels et répondre aux besoins des ménages les plus touchés par l’arrivée des réfugiés. Cette opération a fourni des subventions sur le pain et les combustibles à 2,5 millions de Jordaniens bénéficiaires de programmes de filets de sécurité.

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FINANCEMENTS

Jordanie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA