Iraq Présentation

  • La situation économique de l’Iraq se remet progressivement des graves tensions des trois dernières années. Après la défaite du groupe État islamique (EI) fin 2017, le gouvernement doit désormais reconstruire les infrastructures et rétablir l’accès aux services et aux emplois pour les habitants. À ces priorités majeures se superpose la nécessité de gérer les séquelles liées à des années de conflit et d’abandon, y compris dans le sud du pays où la situation était déjà éminemment difficile avant l’occupation de l’EI. La Banque mondiale chiffre à 88 milliards de dollars le coût de la reconstruction post-conflit. La conférence internationale sur la reconstruction de l’Iraq, qui s’est tenue au Koweït en février 2018, a débouché sur 30 milliards de dollars d’engagements, essentiellement sous forme de prêts et de garanties. Les efforts de reconstruction risquent cependant de pâtir de l’incertitude politique ravivée par les élections de mai 2018.

    En 2017, le rebond de la croissance économique a été plus faible qu’anticipé. Le gouvernement iraquien a respecté le niveau de production de pétrole fixé dans l’accord OPEP+. En 2018, le PIB devrait renouer avec une croissance positive, à 1,9 %, grâce à l’amélioration sensible des conditions sécuritaires, la remontée des cours du pétrole et des investissements publics et privés supérieurs aux attentes. La croissance hors pétrole devrait enregistrer un solide rebond en 2018, à 5,2 %, sous-tendue par la bonne tenue de l’agriculture, de l’industrie et des services. L’inflation, contenue autour de 0,1 % en 2017, a redémarré sous l’effet d’une demande en hausse, ressortant à 1,7 % en juillet 2018. Ce redressement de la demande intérieure conjugué à une augmentation des crédits à l’économie (même si le niveau de départ était faible) devrait encore attiser l’inflation qui pourrait s’établir à 2 % en moyenne sur l’année 2018.

    En 2018, le solde budgétaire global devrait afficher un excédent, à 1,2 % du PIB, à la faveur notamment du redressement des cours du pétrole. L’effondrement des prix en 2015-16, la hausse des dépenses sécuritaires et humanitaires et l’insuffisance des contrôles ont brusquement amputé les recettes budgétaires et rapidement aggravé le déficit des finances publiques. En 2017, la situation s’est améliorée grâce à la remontée des cours et aux mesures de maîtrise des dépenses de fonctionnement adoptées dans le cadre d’un programme du FMI et d’une série d’aides budgétaires de la Banque mondiale. Avec la hausse attendue des cours du pétrole, les autorités iraquiennes devraient disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour financer la reconstruction, à condition de poursuivre le processus d’assainissement budgétaire.

    La croissance et un solde budgétaire globalement positif devraient permettre de ramener le ratio dette publique/PIB à pratiquement 55 %, contre 67,3 % en 2016. En 2018, la hausse des cours du pétrole consolidera l’excédent courant, à 2,1 % du PIB, et les réserves de change passeront à huit mois d’importations, ce qui reconstituera les amortisseurs face aux éventuels chocs extérieurs.

    Le taux de pauvreté a grimpé de 18,9 % en 2012 à 22,5 % en 2014 (estimations). Les dernières statistiques sur le marché du travail laissent supposer une nouvelle détérioration du bien-être. En recul avant la crise, le taux de chômage a retrouvé son niveau de 2012. Pratiquement un quart de la population d’âge actif est sous-utilisée, se trouvant soit au chômage soit en situation de sous-emploi. Les déplacés ont été ballotés par de multiples chocs contraires, survenus à un moment où leurs capacités à faire face étaient particulièrement fragilisées : avec la destruction des biens, ils ont perdu une grande partie de leurs richesses ; le nombre de proches malades, blessés ou décédés a augmenté ; et ils ont perdu leur emploi ou leur entreprise. Les emplois étant rares, les déplacés adultes qui travaillent doivent subvenir aux besoins d’au moins six autres membres de leur famille.

    Prévisions

    Les perspectives de l’Iraq sont favorables et, globalement, la croissance du PIB devrait s’accélérer en 2019, à 6,2 %, à la faveur d’une hausse de la production de pétrole. Cette tendance devrait perdurer les années suivantes, mais marginalement, ramenant la croissance globale à 2,5 % du PIB jusqu’en 2023, faute de capacités du gouvernement à mobiliser des investissements dans le secteur pétrolier. La croissance devrait rester positive dans l’économie non pétrolière sur fond de hausse des investissements nécessaires à la reconstruction du réseau d’infrastructures, de la consommation et des investissements privés. Mais la transition entre un rebond immédiat lié au retour de la sécurité et la mise en place d’un portefeuille d’investissements de qualité et solidement financés sera déterminante pour la pérennité de la reprise de l’activité non pétrolière. Étant donné les incertitudes persistantes autour de la reconstruction, la possibilité que les résultats dépassent les prévisions de croissance ci-dessus dépendra de ce processus.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • La stratégie de la Banque mondiale vise à rétablir la confiance entre l’État et les citoyens grâce à une croissance solidaire tirée par le secteur privé et à un processus de relèvement durable.

    La Banque mondiale a procédé à l’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat avec l’Iraq, qui définit son programme d’activités dans ce pays pour les exercices 2018 à 2022. Ce programme repose sur les résultats de la précédente stratégie conçue conjointement par les diverses institutions du Groupe (BIRD, IDA, IFC et MIGA) pour la période 2013-16, ainsi que sur les recommandations d’un examen à mi-parcours réalisé en juillet 2015 pour faire le point sur les progrès accomplis et les enseignements à en tirer. Le nouveau cadre de partenariat repose également sur les conclusions et les priorités issues d’un diagnostic systématique de la situation du pays, et s’inscrit dans la stratégie régionale de la Banque pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Un nouveau cadre de partenariat pour les exercices 2019-23 est en cours d’élaboration, qui s’appuie sur les besoins actuels de l’Iraq, en particulier dans le contexte de la hausse des cours du pétrole et des efforts de reconstruction et de développement des zones libérées et du territoire tout entier. Le nouveau cadre prépare le terrain pour l’engagement de la Banque à moyen et long termes, en accompagnant et soutenant le cadre stratégique à moyen et long termes défini par le gouvernement iraquien, les plans nationaux de développement et sa Vision 2030.

    Depuis avril 2015, la Banque mondiale a recentré sa stratégie afin d’aider le gouvernement iraquien à faire face au double choc sur les finances publiques et sur la sécurité, tout en améliorant la prestation des services publics et l’inclusion des populations vulnérables, en particulier dans les zones libérées. À cette fin, la Banque mondiale a approuvé en juillet 2015 une aide de 350 millions de dollars au titre du Projet d’urgence à l’appui du développement, qui permettra de financer la reconstruction des infrastructures endommagées et le rétablissement des services publics dans les zones libérées dans deux gouvernorats. En décembre 2015 et décembre 2016, elle a approuvé deux opérations à l’appui des politiques de développement d’un montant respectif de 1,2 et 1,44 milliard de dollars, afin d’aider l’Iraq à surmonter sa crise budgétaire et à faire avancer les réformes dans trois domaines : la gestion des finances publiques, la mise en place d’un approvisionnement énergétique plus stable et plus durable, et l’amélioration de l’efficience et de la transparence des entreprises d’État. En décembre 2016 également, la Banque mondiale a alloué à l’Iraq 41,5 millions de dollars pour soutenir la modernisation des systèmes de gestion des finances publiques via l’automatisation du processus budgétaire, la réforme des marchés publics et l’amélioration des investissements publics au niveau fédéral et dans la région du Kurdistan. En septembre 2018, la Banque mondiale et l’Union européenne ont signé un accord d’administration pour la mise en œuvre, par la Banque, du nouveau projet de renforcement des institutions iraquiennes en charge du contrôle et de la responsabilité de la gestion des finances publiques.

    Quatre nouvelles opérations de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ont été approuvées par le Conseil des administrateurs : un financement supplémentaire en faveur du Projet d’urgence à l’appui du développement (400 millions de dollars) ; le Projet d’amélioration de l’alimentation en eau et du système d’égout à Bagdad (210 millions de dollars) ; le Fonds social pour le développement de l’Iraq (300 millions de dollars) et le Projet d’urgence pour la résilience et la stabilisation sociale en Iraq (200 millions de dollars).

    La Banque mondiale a de plus aidé le gouvernement iraquien à élaborer son Cadre pour la reconstruction et le développement, qui doit permettre de passer de l’aide d’urgence au relèvement et au développement pour les populations touchées par la crise. Ce cadre vise à résoudre les problèmes spécifiques qui se posent dans les zones libérées, tout en reconnaissant la nécessité de déployer, au niveau national, des réformes de plus grande ampleur dont bénéficiera l’ensemble du pays, y compris les gouvernorats indirectement affectés par le conflit. Il présente les défis à relever et les besoins de reconstruction, le plan de relèvement et de développement, ainsi que les dispositifs institutionnels et les mécanismes de mise en œuvre nécessaires. Il s’appuie sur les conclusions de l’évaluation des dégâts et des besoins de reconstruction, réalisée par le gouvernement avec le soutien de la Banque. Cette analyse, qui couvre 19 secteurs dans les sept gouvernorats touchés par le conflit, est sans précédent par sa couverture sectorielle et géographique. Les dégâts ont été chiffrés à 45,7 milliards de dollars et les besoins de reconstruction à 88,2 milliards.

    La Banque mondiale a également aidé le gouvernement iraquien à définir le nouvel Iraq dans un plan intitulé « Iraq Vision 2030 », qui en énonce les différents éléments et les réformes stratégiques nécessaires pour instaurer un nouveau contrat social en faveur de la paix et de la prospérité. Ce plan sera axé sur i) un nouveau cadre de gouvernance, qui vise à améliorer les services publics ; ii) la reconstitution du capital humain ; iii) la création d’emplois ; et iv) un cadre macroéconomique propice à une croissance sans exclus et durable.

    Société financière internationale (IFC)

    Ces dernières années, l’IFC a joué un rôle anticyclique déterminant en Iraq. Depuis cinq ans, son portefeuille d’engagements a considérablement augmenté et a franchi la barre de 1,5 milliard de dollars répartis entre différentes régions et différents secteurs, comme l’énergie, les télécommunications, les industries manufacturières, l’agro-industrie, la logistique et les services. Au cours de l’exercice 2016, l’IFC a investi 375 millions de dollars dans MGES Power afin de permettre à cet important investisseur privé en Iraq de contribuer au déploiement d’infrastructures vitales pour le pays. Sur l’exercice 2018, l’IFC a engagé 269 millions de dollars au profit de Zain Iraq, le premier opérateur mobile du pays, pour faciliter la remise en état de son réseau dans les zones libérées. Les autres projets à l’étude concernent des investissements dans les secteurs de la distribution, de la santé (hôpital), des ports, de la finance électronique et de l’énergie.

    En étroite collaboration avec les équipes de la Banque mondiale, l’IFC s’attache à appliquer les principes de maximisation des financements pour le développement dans des secteurs stratégiques. En plus des infrastructures et de l’énergie (hors extraction pétrolière et gazière), le transport et l’eau font partie des secteurs identifiés dans ce cadre, au même titre que le secteur financier, considéré comme critique.

    Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

    Au 23 mars 2018, le total des engagements de la MIGA en Iraq s’élevait à 8 millions de dollars. La première opération de la MIGA dans ce pays remonte à l’exercice 2011 et a consisté à appuyer un investissement turc dans un projet d’usine d’embouteillage d’eau à Bagdad. Sur l’exercice 2014, l’Agence a émis une garantie pour un projet de télécommunications dans la région autonome du Kurdistan, avant d’apporter son soutien, l’année suivante, à un projet de logistique portuaire à Umm Qasr. En tant que pays classé dans la catégorie des États fragiles et en situation de conflit, l’Iraq peut bénéficier d’opérations financées par le fonds fiduciaire multidonateurs que la MIGA a constitué pour prendre davantage de risques et assurer un plus grand nombre de projets d’investissement dans ce type de pays. La Banque a soutenu l’élaboration d’une stratégie de reconstruction reposant sur le principe de maximisation des financements pour le développement dans les zones libérées d’Iraq et, dans le sillage de la conférence de Koweït, très prometteuse, anticipe un renforcement des engagements de la MIGA et de l’IFC pendant la phase de reconstruction, afin d’attirer des investissements privés. Des équipes de la Banque, de l’IFC et de la MIGA travaillent en étroite concertation pour mettre en œuvre cette stratégie.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

  • Le portefeuille de la BIRD, qui s’élève actuellement à 1,86 milliard de dollars, a financé les résultats suivants :

    • Dans les zones libérées, la reconstruction de 19 ponts et la remise en état de 320 kilomètres de routes dans le but de restaurer l’accès aux services essentiels d’éducation et de santé, aux marchés, etc., bénéficient à environ 2 millions d’Iraquiens.
    • Environ 50 000 Iraquiens peuvent d’ores et déjà profiter des premières ambulances mises à leur disposition, sur les 39 véhicules prévus. Quant aux 14 dispensaires mobiles attendus pour la fin octobre 2018, ils devraient bénéficier à quatre fois plus de personnes.
    • Un demi-million d’Iraquiens ont retrouvé l’électricité grâce aux dizaines de nouveaux groupes électrogènes, transformateurs et autres équipements électriques fournis et installés.
    • Plus de 500 000 personnes bénéficient des 167 machines et équipements spéciaux destinés à réparer les infrastructures d’eau et d’assainissement endommagés et de services municipaux, en plus de 3 120 conteneurs à ordures destinés à permettre la gestion des déchets solides dans les villes ciblées.
    • Plusieurs milliers de travailleurs iraquiens bénéficient d’emplois temporaires liés aux chantiers de construction au titre du Projet d’urgence à l’appui du développement. Tout aussi important, de nombreux travailleurs acquièrent de nouvelles compétences qui pourront leur servir dans un futur emploi.

    Perspectives :

    En plus de l’aide additionnelle accordée aux secteurs précédemment évoqués dans les villes libérées et qui bénéficieront à 2 millions d’Iraquiens de plus, un certain nombre d’activités clés seront prochainement lancées :

    • Amélioration des services éducatifs destinés à 65 000 élèves, avec reconstruction de 35 établissements scolaires (qui suivront des plans modernes susceptibles de servir de prototypes aux futures écoles) et formation continue des enseignants.
    • Optimisation des pratiques d’irrigation et d’agriculture dans le but d’augmenter le revenu de quelque 35 000 personnes (en particulier dans les zones rurales et pauvres).
    • Remise en état de sept terminaux de transport public dans les villes principales du pays afin que les services soient plus sûrs et mieux organisés.
    • Grâce aux programmes de protection sociale, 1 200 000 personnes (dont 50 % vivent dans des ménages dirigés par des femmes) bénéficient d’un accès au logement.
    • Avec les programmes de travail contre rémunération, 10 000 000 de personnes (dont 3 000 000 de femmes) ont bénéficié de journées de travail.
    • 150 000 ménages bénéficient de ce type de programmes.
    • 75 000 ménages dirigés par des femmes reçoivent de l’argent dans le cadre de programmes de travail contre rémunération.
    • 12 000 personnes ont bénéficié d’un accès à la microfinance en appui à des projets rémunérateurs.
    • 150 000 personnes dans les zones libérées ont pu accéder à des services de soutien psychosocial.
    • 1 700 projets de services essentiels destinés à plus de 600 collectivités locales ont été organisés dans le cadre du Fonds social pour le développement.

    Dernière mise à jour: 11 oct. 2018

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FINANCEMENTS

Iraq: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA