Iraq Présentation

  • L’économie iraquienne se heurte à de graves difficultés. La baisse des cours du pétrole en 2015 et 2016 et l’insurrection menée par le groupe État islamique (EI) ont contribué à une nette dégradation de l’activité économique et conduit à une détérioration rapide du déficit du budget et du compte courant. Si les risques macroéconomiques demeurent élevés en raison de l’exposition du pays à la volatilité du marché pétrolier, les perspectives apparaissent plus favorables à moyen terme.

    Le double choc qui touche l’Iraq de plein fouet a gravement amputé la croissance, détourné les ressources au détriment d’investissements productifs et entraîné une hausse de la pauvreté, de la précarité et du chômage. La consommation et les investissements privés ne décollent pas en raison de l’instabilité de la situation sécuritaire et politique et d’un environnement peu propice aux affaires. Les secteurs non pétroliers se sont contractés de près de 14 % en 2015 après une baisse de 5 % en 2014. Globalement, la croissance s’est établie à 2,9 % en 2015 (contre 0,1 % en 2014), grâce à une augmentation de la production de pétrole de 19 % qui s’explique par le fait que la grande majorité des champs pétroliers du pays sont hors de portée de l’EI. L’économie devrait rebondir en 2016, avec un taux de croissance de 11 %, grâce à la poursuite de la hausse de la production pétrolière et en dépit d’une nouvelle contraction du PIB non pétrolier de 8,1 %, imputable au faible niveau de la demande, lui-même lié à la poursuite de l’assainissement budgétaire, ainsi qu’à la persistance de l’insécurité. Les subventions des prix à la consommation (pour l’électricité, l’alimentation et le carburant) devraient maintenir le taux d’inflation à un niveau peu élevé en 2016 (0,4 %), même si celui-ci est probablement sous-estimé dans les zones occupées par l’EI.

    Les chocs ont également détérioré le solde budgétaire et la balance extérieure en 2015 et 2016. En dépit des efforts déployés par le gouvernement pour prioriser les dépenses, la baisse des revenus pétroliers, conjuguée aux fortes dépenses de secours humanitaire et de sécurité, ont rapidement conduit à un creusement du déficit budgétaire à 13,5 % du PIB en 2015. Le compte courant, qui affichait un excédent de 2,7 % du PIB en 2014, a plongé dans le rouge en 2015, avec un déficit qui s’élève à 6,1 % du PIB. En raison de la persistance de faibles prix pétroliers en 2016, les estimations prévoient un déficit budgétaire de 12 % pour 2016. Compte tenu de la baisse des recettes d'exportation et d’importants besoins d’importations pour développer les infrastructures pétrolières, le déficit du compte courant devrait se creuser pour atteindre 7 % du PIB en 2016. En raison des graves difficultés auxquelles est confronté l’Iraq et de ses besoins de financements considérables, le FMI a approuvé en juillet 2016 un accord de confirmation de trois ans portant sur un montant de 5,34 milliards de dollars. Parallèlement, la Banque mondiale a lancé une série de trois financements à l’appui des politiques de développement sur trois ans : le premier (d’un montant de 1,2 milliard de dollars) a été approuvé en décembre 2015, le deuxième (d’un montant de 1,44 milliard de dollars, dont des garanties des gouvernements britannique et canadien de 443 millions de dollars au total) a été approuvé en décembre 2016, et le troisième est programmé pour décembre 2017. Le 20 juillet 2016, une conférence des donateurs co-organisée par le gouvernement des États-Unis a abouti à une annonce de contributions de 2,1 milliards de dollars pour 2016-2018, en vue de sécuriser une aide financière pour faire face à la crise humanitaire que traverse le pays.

    L’Iraq continue d’être confronté à de graves problèmes de sécurité. Les pertes en vies humaines restent élevées : le pays déplorait 16 360 victimes en 2016. L’insécurité généralisée qui règne en Iraq depuis 2014 est à l’origine d’une crise humanitaire majeure, avec 10 millions d’habitants dépendants de l’aide et 3 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Le niveau de vie s’est détérioré et une proportion significative de la population est passée sous le seuil de pauvreté ou risque d’y plonger. Selon les estimations des autorités iraquiennes, le taux de pauvreté national s’établissait à 22,5 % en 2014 ; dans les gouvernorats touchés par l’insurrection de l’EI, les taux de pauvreté auraient doublé pour atteindre 41,2 % sous l’effet direct de la crise économique, sociale et sécuritaire.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

  • L’examen des progrès et des enseignements (a) réalisé sur la stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec l’Iraq pour la période 2013-2016 est venu actualiser ses axes prioritaires. La stratégie vise à présent la fourniture des services publics de base, notamment dans les zones où l’insécurité a reculé, afin de réduire la pauvreté et la défiance des populations à l’encontre des institutions de l’État. Elle entend également s’atteler aux difficultés budgétaires auxquelles est confronté le pays et promouvoir l’investissement du secteur privé.

    En mars 2017, le portefeuille de la Banque mondiale pour l’Iraq comprend quatre opérations pour une enveloppe nette de 2,19 milliard de dollars. Il comporte un projet d’amélioration des liaisons routières entre le nord et le sud du pays, une opération d’urgence pour le développement ayant pour objectif de réparer des infrastructures essentielles et de restaurer les services publics dans les municipalités reprises à l’EI, et un projet de gestion des finances publiques pour automatiser le processus budgétaire, soutenir les réformes de passation des marchés et améliorer la gestion de l’investissement public. En décembre 2016, la Banque a approuvé une opération de financement à l’appui des politiques de développement de 1,44 milliard de dollars, afin d’aider l’Iraq à surmonter sa crise budgétaire et à poursuivre les réformes dans les domaines suivants : 1) améliorer la gestion des finances publiques et rationaliser les dépenses ; 2) assurer un approvisionnement énergétique plus stable et durable, et accroître la maîtrise de l’énergie et 3) favoriser une transparence et une efficacité accrues dans les entreprises publiques. Une partie du financement s’est fait à l’aide de garanties apportées par le Canada et le Royaune-Uni.

    Le Groupe de la Banque mondiale a achevé son diagnostic systématique de la situation du pays en février 2017, en vue d’élaborer sa prochaine stratégie de partenariat avec l’Iraq, qui couvrira les exercices 2018 à 2023 et dont la finalisation est prévue pour le mois de septembre prochain.

    Société financière internationale (IFC)

    IFC a joué un rôle anticyclique déterminant en Iraq ces dernières années. Sur la période 2011-2016, son portefeuille annuel s’est élevé à un peu plus de 1 milliard de dollars au total. Au cours de l’exercice 2015, IFC a engagé environ 8 millions de dollars dans une participation dans Ecocem, afin de créer un centre d’enfouissement et des équipements de gestion des déchets ménagers pouvant alimenter les cimenteries ; elle a par ailleurs apporté 18 millions de dollars au total à une entreprise agroalimentaire pour promouvoir la création d’emplois dans le secteur non pétrolier et garantir la sécurité alimentaire.

    Sur l’exercice 2016, en dépit de la difficulté du contexte, IFC a investi : 1) 375 millions de dollars dans MGES Power, afin de permettre à cet important investisseur privé du secteur de l’électricité de contribuer au déploiement d’infrastructures vitales pour le pays ; 2) 25 millions de dollars pour l’expansion de la cimenterie de Karbala entreprise par Lafarge. Les autres projets à l’étude concernent notamment des investissements dans les secteurs de la santé, des télécommunications, des industries manufacturières et des services.

    Depuis cinq ans, le portefeuille d’engagements d’IFC en Iraq a considérablement augmenté, pour atteindre actuellement quelque 448 millions de dollars répartis entre onze entreprises et dans les secteurs de l’énergie, des télécoms, des industries manufacturières, de l’agroindustrie, de la logistique et des services. Grâce à une gestion proactive des opérations, le portefeuille d’IFC continue de bien résister et ne compte aucun prêt improductif dans la catégorie des services d’investissement.

    Son programme de services-conseil se focalise sur le renforcement des capacités (banques pour les PME, production laitière...), la gouvernance des entreprises, la formation en gestion des PME, les partenariats public-privé et les réformes du climat de l’investissement. En collaboration avec une ONG locale, IFC a notamment dispensé des formations en gestion (dans le cadre de son programme Business Edge) destinées aux personnes déplacées et aux réfugiés. Des retards dans la mise en œuvre de ce programme sont néanmoins à déplorer, à cause de la complexité de la situation intérieure.

    Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

    L’Iraq est membre de la MIGA depuis 2008. En mars 2017, le total des engagements de la MIGA en Iraq s’élève à 8 millions de dollars. La première opération de la MIGA dans ce pays remonte à l’exercice 2011, en soutien à un investissement turc dans un projet d’usine d’embouteillage d’eau à Bagdad. Au cours de l’exercice 2014, l’Agence a émis une garantie pour un projet de télécommunications dans la région autonome du Kurdistan, avant d’apporter son soutien l’année suivante à un projet de logistique portuaire à Umm Qasr. L’Iraq, dans la mesure où il se trouve dans la catégorie des États fragiles et en situation de conflit, est admis à bénéficier des opérations financées par un fonds fiduciaire multidonateurs mis en place par la MIGA pour lui permettre de prendre plus de risques et d’assurer un plus grand nombre de projets d’investissement dans ce type de pays.

    Dernière mise à jour: 01 avr. 2017

    • Des chantiers sont en cours pour réparer les ponts, les routes et les réseaux d’électricité, d’adduction d’eau et de gestion des eaux usées mais aussi pour améliorer les services de santé dans les sept municipalités reprises à l’EI par les forces gouvernementales. Le projet a déjà contribué à la réparation de cinq ponts et de 65 kilomètres de routes, à l’acquisition de transformateurs, postes et câbles électriques, à la fourniture de 60 compacteurs de déchets ménagers et de 2 200 bacs à poubelles, ainsi qu’à la livraison de 120 camions-citernes, chargeurs et autres équipements similaires ; plusieurs sous-projets d’adduction d’eau et de gestion des eaux usées feront prochainement l’objet d’une adjudication. En outre, la maintenance de 280 kilomètres de l’Expressway No. 1, dans le sud du pays, est actuellement assurée par des entreprises internationales sélectionnées.

    • La Banque mondiale a prodigué au gouvernement iraquien des conseils stratégiques sur les questions de politique et de gestion budgétaires et a apporté son soutien à la nouvelle caisse de retraite des agents de l’État. Le déploiement d’un système informatisé pour le dispositif de filet de protection sociale à Bagdad et dans les autres gouvernorats permet le traitement des paiements aux bénéficiaires en utilisant une base de données centrale, ce qui a entraîné plus de 30 millions de dollars d’économie sur le budget du dispositif. En outre, grâce à un financement du Japon, la Banque fournit actuellement un appui à la cellule de réforme économique du cabinet du Premier ministre.

    • Les conseils sur l’établissement du premier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives pour l’Iraq ont conduit à apurer 41,25 milliards de dollars de revenus pétroliers. Des travaux analytiques sont en cours pour la mise au point d’une stratégie de réduction de la pauvreté, l’élaboration d’une vision nationale à l’horizon 2030 et l’amélioration des services statistiques au niveau du gouvernement fédéral et du gouvernement régional du Kurdistan. En outre, les activités d’assistance technique portent sur la gestion des finances publiques, l’énergie, les indicateurs pour la pratique des affaires, le système de paiement de la banque centrale, le renforcement des capacités de lutte contre le blanchiment d’argent et les filets de protection sociale. Enfin, la Banque a apporté son soutien au gouvernement régional du Kurdistan pour l’élaboration d’une feuille de route préconisant des réformes à court, moyen et long terme dans dix secteurs.
Api


FINANCEMENTS

Iraq: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA