Iraq Présentation

  • Les perspectives macroéconomiques de l’Iraq devraient s’améliorer avec le recul de l’insécurité, la hausse des cours du pétrole et la reprise progressive des investissements pour la reconstruction du pays. Depuis que l’ensemble des zones occupées par le groupe État islamique (EI) ont été libérées en décembre 2017, le gouvernement iraquien met en place un vaste programme de reconstruction, qui combine des mesures de stabilisation immédiates et des objectifs à long terme. La guerre contre l’EI et la baisse persistante du prix des hydrocarbures ont provoqué un recul de 21,6 % de l’économie non pétrolière depuis 2014, et ont conduit à une nette détérioration du solde budgétaire et du compte courant. En 2017, la remontée des cours du pétrole et l’amélioration de la situation sécuritaire ont contribué à la stabilité économique et au retour de la croissance dans le secteur non pétrolier.

    Le climat d’insécurité et les combats ont entraîné la destruction d’un grand nombre d’infrastructures et d’actifs dans les zones contrôlées par l’EI, ainsi qu’un détournement des ressources au détriment des investissements productifs. Cette situation a fortement pesé sur la consommation du secteur privé et sur la confiance des investisseurs, et aggravé la pauvreté, la vulnérabilité et le chômage. Le taux de pauvreté a grimpé de 19,8 % en 2012 à 22,5 % (estimation) en 2014. Le taux de chômage est deux fois plus élevé dans les gouvernorats les plus touchés par l’insurrection de l’EI que dans le reste du pays (respectivement 21,6 % et 11,2 %).

    L’expansion de la production et des exportations de pétrole a permis à la croissance globale du produit intérieur brut (PIB) de rester positive sur la période 2015-2016. Néanmoins, cette croissance s’est contractée de 0,8 % en 2017 sous l’effet, d’une part, de la baisse de 3,5 % de la production de pétrole à la suite de l’accord OPEP+ et, d’autre part, de la poursuite du recul de cette production dans les zones reprises par le gouvernement iraquien. Fin 2017, les pertes cumulées imputables au conflit représentaient 72 % du PIB de 2013 et 142 % du PIB non pétrolier de 2013. L’amélioration de la sécurité et les premiers efforts de reconstruction ont toutefois contribué à maintenir la croissance de ce secteur à 4,4 % en 2017. Étant donné l’indexation du cours de change et la faiblesse de la demande, l’inflation est restée modérée, autour de 0,1 % en 2017. 

    On estime que le déficit budgétaire a été ramené à 2,2 % du PIB en 2017 du fait du renchérissement du pétrole et des mesures destinées à limiter la hausse des dépenses courantes. En août 2017, le gouvernement a aussi lancé un emprunt public, pour un milliard de dollars. Il s’agit de la première émission obligataire indépendante depuis 2006. Le recours massif à l’emprunt et l’émission de garanties ont porté le ratio dette publique/PIB à 64,4 % en 2016, contre 32 % en 2014. D’après les estimations, l’assainissement des finances publiques et le renchérissement du pétrole ont permis de ramener la dette publique totale à 58 % du PIB en 2017. La même année, le gouvernement a avancé dans la réduction de l’important volume de garanties de la dette et dans l’amélioration de leur gestion. En outre, il donne la priorité aux dépenses de reconstruction dans les zones libérées de l’emprise de l’EI, ainsi qu’à l’accroissement de la production d’électricité.

    En 2017, le compte courant est redevenu excédentaire (0,7 % du PIB) d’après les estimations. L’accumulation de réserves substantielles sur la période 2010-2013 a atténué l’effet de l’ajustement budgétaire qui est nécessaire pour maintenir la viabilité de la position extérieure du pays. Les réserves de change ont financé la majeure partie du déficit de la balance des paiements, qui a ainsi été ramené à 48,1 milliards de dollars fin 2017 (7 mois d’importations), contre 77,8 milliards fin 2013 (10 mois d’importations).

    Dernière mise à jour: 18 avr. 2018

  • Rétablir la confiance entre l’État et les citoyens grâce à une croissance solidaire tirée par le secteur privé et à un processus de relèvement durable.

    Le Groupe de la Banque mondiale a procédé à l’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat avec l’Iraq, qui définit son programme d’activités dans ce pays pour les exercices 2018 à 2022.

    Ce programme repose sur les résultats de la précédente stratégie conçue conjointement par les diverses institutions du Groupe (BIRD, IDA, IFC et MIGA) pour la période 2013-2016, ainsi que sur les recommandations d’un examen à mi-parcours réalisé en juillet 2015 pour faire le point sur les progrès accomplis et les enseignements à en tirer.

    Le nouveau cadre de partenariat repose également sur les conclusions et les priorités issues d’un diagnostic systématique de la situation du pays effectué en 2017, et s’inscrit dans la stratégie régionale de la Banque pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

    Il répond aux besoins actuels de l’Iraq, en particulier dans le contexte de la double crise à laquelle le pays est confronté (baisse du cours du pétrole et effort de reconstruction), tout en préparant le terrain pour l’engagement de la Banque à moyen et long terme. Il vient en effet accompagner et soutenir le cadre stratégique à moyen et long terme défini par le gouvernement iraquien, ainsi que les plans nationaux de développement.

    Depuis avril 2015, la Banque mondiale a recentré sa stratégie afin d’aider le gouvernement iraquien à faire face au double choc sur les finances publiques et sur la sécurité, tout en améliorant la prestation des services publics et l’inclusion des populations vulnérables, en particulier dans les zones libérées. À cette fin, la Banque mondiale a approuvé en juillet 2015 une aide de 350 millions de dollars au titre du Projet d’urgence à l’appui du développement, qui permettra de financer la reconstruction de l’infrastructure endommagée et le rétablissement des services publics dans les zones libérées dans deux gouvernorats.

    En décembre 2015 et décembre 2016, elle a approuvé deux opérations à l’appui des politiques de développement d’un montant respectif de 1,2 et 1,44 milliard de dollars, afin d’aider l’Iraq à surmonter sa crise budgétaire et à faire avancer les réformes dans trois domaines : la gestion des finances publiques, la mise en place d’un approvisionnement énergétique plus stable et plus durable, et l’amélioration de l’efficience et de la transparence des entreprises d’État.

    En décembre 2016 également, la Banque mondiale a alloué à l’Iraq 41,5 millions de dollars pour soutenir la modernisation des systèmes de gestion des finances publiques via l’automatisation du processus budgétaire, la réforme des marchés publics et l’amélioration des investissements publics au niveau fédéral et dans la région du Kurdistan.

    Quatre nouvelles opérations de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ont été approuvées par le Conseil des administrateurs : un financement supplémentaire en faveur du Projet d’urgence à l’appui du développement (400 millions de dollars) ; le Projet d’amélioration de l’alimentation en eau et du système d’égout à Bagdad (210 millions de dollars) ; le Fonds social pour le développement de l’Iraq (300 millions de dollars) et le Projet d’urgence pour la résilience et la stabilisation sociale en Iraq (200 millions de dollars).

    La Banque mondiale a aidé le gouvernement iraquien à élaborer son Cadre pour la reconstruction et le développement, qui doit permettre de passer de l’aide d’urgence au relèvement et au développement pour les populations touchées par la crise. Ce cadre vise à résoudre les problèmes spécifiques qui se posent dans les zones libérées, tout en reconnaissant la nécessité de déployer, au niveau national, des réformes de plus grande ampleur dont bénéficiera l’ensemble du pays, y compris les gouvernorats indirectement affectés par le conflit. Il présente les défis à relever et les besoins de reconstruction, le plan de relèvement et de développement, ainsi que les dispositifs institutionnels et les mécanismes de mise en œuvre nécessaires.

    La Banque mondiale aide aussi le gouvernement iraquien à définir le nouvel Iraq dans un plan intitulé « Iraq Vision 2030 », qui en énonce les différents éléments et les réformes stratégiques nécessaires pour instaurer un nouveau contrat social en faveur de la paix et de la prospérité. Ce plan sera axé sur i) un nouveau cadre de gouvernance, qui vise à améliorer les services publics ; ii) la reconstitution du capital humain ; iii) la création d’emplois et iv) un cadre macroéconomique propice à une croissance sans exclus et durable.

    À la demande du gouvernement, la Banque a recouru à une nouvelle méthode mixte pour évaluer les dégâts et les besoins de reconstruction, chiffrés respectivement à 45,7 et 88,2 milliards de dollars. Cette analyse, qui couvre 19 secteurs dans les sept gouvernorats touchés par le conflit, est sans précédent par sa couverture sectorielle et géographique.

    Elle a servi de document de base pour la Conférence internationale sur la reconstruction de l’Iraq, qui s’est tenue au Koweït et qui a débouché sur plus de 30 milliards de dollars d’engagements. Ses résultats ont été directement inclus dans le Cadre pour la reconstruction et le développement établi par le gouvernement iraquien. Avec l’évaluation des dégâts et des besoins, ce cadre servira de principal document d’analyse pour appuyer les efforts de relèvement et de développement du pays, de façon intégrée, cohérente et respectueuse des priorités définies.

    Société financière internationale (IFC)

    Ces dernières années, l’IFC a joué un rôle anticyclique déterminant en Iraq. Sur la période 2011-2016, son portefeuille annuel s’est élevé à un peu plus de 1,1 milliard de dollars (y compris les 386 millions de dollars levés auprès d’autres bailleurs de fonds et de la MIGA).

    Au cours de l’exercice 2016, dans le cadre de l’approche programmatique du Groupe de la Banque mondiale dans le secteur de l’électricité, l’IFC a investi 375 millions de dollars dans MGES Power afin de permettre à cet important investisseur privé de contribuer au déploiement d’infrastructures vitales pour le pays.

    Les autres projets à l’étude sur les exercices 2018-2019 concernent notamment des investissements dans les secteurs de la distribution, de la santé (hôpital), des ports et des télécommunications. Depuis cinq ans, le portefeuille d’engagements de l’IFC en Iraq a considérablement augmenté, pour atteindre actuellement quelque 260 millions de dollars répartis entre différents secteurs : énergie, télécommunications, industries manufacturières, agro-industrie, logistique et services.

    En étroite collaboration avec les équipes de la Banque mondiale, l’IFC s’attache à appliquer les principes de maximisation des financements pour le développement dans des secteurs stratégiques. Concernant l’infrastructure, les secteurs identifiés sont l’énergie (hors extraction pétrolière et gazière), le transport et l’eau.

    La Banque mondiale axera ses efforts sur les réformes de la politique publique dans le secteur des énergies renouvelables (développement du solaire notamment), l’extraction et le transport du gaz naturel (gazoduc) et les raffineries, où l’IFC accompagnera des producteurs indépendants d’énergie d’origine thermique.

    Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

    Au 23 mars 2018, le total des engagements de la MIGA en Iraq s’élevait à 8 millions de dollars. La première opération de la MIGA dans ce pays remonte à l’exercice 2011 et a consisté à appuyer un investissement turc dans un projet d’usine d’embouteillage d’eau à Bagdad. Sur l’exercice 2014, l’Agence a émis une garantie pour un projet de télécommunications dans la région autonome du Kurdistan, avant d’apporter son soutien, l’année suivante, à un projet de logistique portuaire à Umm Qasr.

    En tant que pays classé dans la catégorie des États fragiles et en situation de conflit, l’Iraq peut bénéficier d’opérations financées par le fonds fiduciaire multidonateurs que la MIGA a constitué pour prendre davantage de risques et assurer un plus grand nombre de projets d’investissement dans ce type de pays.

    Dernière mise à jour: 18 avr. 2018

  • Le portefeuille de la BIRD s’élève actuellement à 1,65 milliard de dollars.

    • Remise en état et réouverture au trafic de sept ponts et de 320 kilomètres de routes dans les zones libérées. Plus de 1,5 million de personnes ont ainsi pu accéder à d’autres parties de leur ville et retrouver leurs proches, et accéder aux marchés et aux services.  
    • Mise à disposition de 39 ambulances et de 14 dispensaires mobiles dans les gouvernorats touchés.
    • Fourniture, livraison et distribution de 167 machines et équipements spéciaux pour la maintenance des services d’eau, des services d’assainissement et des services municipaux dans les villes ciblées, ainsi que de 3 120 conteneurs à ordures pour le système de gestion des déchets solides. Plus de 500 000 personnes en ont bénéficié.

    Perspectives d’avenir

    • Des préparatifs ont été réalisés afin d’améliorer les services éducatifs destinés à 65 000 élèves, avec remise en état de 35 établissements scolaires et formation continue des enseignants. Les pratiques d’irrigation et d’agriculture devraient s’améliorer et bénéficier à 35 000 personnes (en particulier dans les zones rurales et pauvres). Sept terminaux de transport public seront remis en état dans les principales villes, afin que les services y soient plus sûrs et mieux organisés. Dans le centre historique de Mosul, le patrimoine culturel sera restauré avec l’aide de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), et des milliers de travailleurs seront formés aux techniques de restauration. Le travail en coopération avec les autorités infranationales permettra également de renforcer les capacités pour améliorer la prestation de services et mieux répondre aux besoins de la population.
    • 1 200 000 personnes (dont 600 000 femmes) bénéficient de programmes de protection sociale.
    • 10 000 000 journées de travail (dont 3 000 000 pour les femmes) sont créées par les programmes de travail contre rémunération.
    • 150 000 ménages bénéficient de programmes de travail contre rémunération.
    • 75 000 ménages dirigés par des femmes bénéficient de programmes de travail contre rémunération.

    Dernière mise à jour: 18 avr. 2018

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FINANCEMENTS

Iraq: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA