Haïti Présentation

  • Haïti est un pays extrêmement vulnérable aux aléas naturels, auxquels est exposée plus de 90 % de sa population. La péninsule du sud continue à se reconstruire à la suite de l’ouragan Matthew, le coût des dommages a représenté 32 % du PIB.

    Cependant, le pays a pris des mesures importantes pour se préparer à des catastrophes naturelles inévitables. Les ouragans Irma et Maria ont contourné l’île d’Hispaniola, mais les premières évaluations montrent que les autorités nationales étaient mieux préparées et avaient intégré les leçons du passage de l’ouragan Matthew.

    Haïti demeure le pays le plus pauvre du continent américain : d’après la dernière enquête auprès des ménages (2012), plus de 6 millions d’Haïtiens, sur une population totale de 10,4 millions (soit 59 %), vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 2,41 dollars par jour, et plus de 2,5 millions (24 %) sous le seuil de pauvreté extrême (1,23 dollars par jour). Haïti est aussi l’un des pays les plus inégalitaires de la planète, avec un coefficient de Gini de 0,61 en 2012.

    La croissance économique devrait connaître une modeste accélération de 1.2% en 2016-2017 à 1.6% en 2017-2018, notamment sous l’impulsion du secteur agricole.  Toutefois, la gourde a continué à se déprécier par rapport au dollar américain et l’inflation demeure élevée.

    En 2017, face à la baisse des financements concessionnels du Venezuela et de l'aide des donateurs, le gouvernement a accepté d'éliminer les subventions aux carburants dans le cadre d'un programme de gestion efficace avec le FMI afin de préserver la viabilité budgétaire et la prestation des services publics. Cependant, la tentative du gouvernement de supprimer les subventions le 6 juillet 2018 a déclenché de violentes manifestations, incitant les autorités à mettre un terme à la réforme. La poursuite des subventions aura un impact sur l’équilibre budgétaire du pays et risque d’entraîner une réduction des dépenses sociales et de limiter la capacité du gouvernement à fournir des biens et des services publics.

    Dernière mise à jour: 20 sept. 2018

  • Le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec Haïti, validé par le Conseil des administrateurs en septembre 2015, est destiné à soutenir les efforts du pays pour offrir des opportunités économiques à l’ensemble de sa population et pour lutter contre la pauvreté. Ce cadre cherche à renforcer les institutions, les capacités du gouvernement et la gestion des finances publiques, dans un contexte de réduction rapide de l’aide internationale et des financements concessionnels. Il s’articule autour de trois axes prioritaires et un axe transversal autour de la gouvernance :

    • Promouvoir la croissance inclusive en créant davantage d’opportunités économiques notamment en dehors de Port-au-Prince en renforçant l’accès à l’énergie, en développant les énergies renouvelables, en facilitant l’accès aux financements et en favorisant la compétitivité et la productivité du secteur privé grâce à des infrastructures énergétiques et portuaires publiques et privées. 
    • Renforcer le capital humain et l’accès aux services en améliorant l’enseignement primaire et les soins de santé maternelle et infantile, tout en étendant l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les communes les plus touchées par le choléra et en mettant en place des mesures de prévention sanitaire et de traitement. 
    • Améliorer les capacités d’adaptation aux chocs climatiques en renforçant les capacités d’intervention lors de catastrophes et en protégeant un plus grand nombre d’Haïtiens grâce à des investissements dans des dispositifs de lutte contre les inondations et dans d’autres infrastructures climato-résilientes, y compris des systèmes de drainage, des ponts renforcés et des routes praticables par tous les temps.
    • Renforcer la gouvernance afin d'améliorer l'efficacité de l'État par le biais d’investissements visant à soutenir la transparence, la redevabilité, y compris la reddition de comptes dans le cadre de la gestion des finances publiques, à renforcer les institutions et la capacité du gouvernement à produire des données clés et à adopter des politiques basées sur des données fiables et enfin à augmenter la capacité du gouvernement à financer la fourniture des services de base.

    Le portefeuille de la Banque mondiale en Haïti comprend actuellement 16 projets actifs pour un montant total d'engagement de 728,67 millions de dollars américains. Le secteur qui reçoit le plus de ressources de la Banque en Haïti est celui du transport avec plus de 24% des investissements alloués. Près de 17% des investissements sont alloués aux secteurs social, urbain et résilience, 14% au secteur de l’énergie, 13% au secteur de la santé, 12% au secteur de l’agriculture et l’environnement et 12 % au secteur de l’eau et assainissement. Le reste des ressources investis sont dans les secteurs de l’éducation, de la gouvernance, du commerce et de la compétitivité.

    Cette somme (728,67 millions de dollars US) inclut les 100 millions de dollars qui ont été mobilisés après l’ouragan Matthew dans le cadre du Mécanisme de riposte aux crises (CRW) de l’IDA pour soutenir, grâce à des financements additionnels, l’agriculture, la santé, l’eau et l’assainissement ainsi que le transport et la gestion des risques de catastrophes. Différents fonds fiduciaires d’un montant total de plus de 91 millions de dollars supplémentaires appuient la mise en œuvre de ces 16 projets.

    L’enveloppe allouée à Haïti dans le cadre de la 18e reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-18, qui couvre la période 2017-2020) s’élève à 260 millions de dollars (contre 120 millions de dollars au titre d’IDA-17). Cette allocation pourrait être renforcée par des fonds fiduciaires mondiaux.

    Appui au secteur privé

    Le climat de l’investissement en Haïti souffre d’un certain nombre de problèmes liés au climat des affaires, à la disponibilité des terres et aux droits de propriété, à l’accès aux infrastructures de base, aux services logistiques et financiers ainsi qu’aux compétences. Les ressources de l’IDA financent le tourisme dans la région du Nord, les réseaux de transport et l’infrastructure de marché dans les régions du Centre et de l’Artibonite, le développement des chaînes de valeur régionales dans chacun des 10 départements, et une assistance technique pour l’inclusion financière.

    En plus des activités de l’IDA, le Groupe de la Banque mondiale vient en aide au secteur privé haïtien par le biais de la Société financière internationale (IFC).

    La stratégie de l’IFC en Haïti est double :

    • Dans l’immédiat, créer des emplois, faciliter l’accès aux infrastructures de base et services financiers, et créer des sources de revenus en effectuant des investissements à effet catalyseur, malgré les obstacles qui subsistent ;
    • Contribuer au développement d’une économie durable et inclusive, grâce à des programmes de conseil permettant de résoudre les problèmes et de rendre l’environnement plus propice pour les investisseurs ainsi que pour les micros, petites et moyennes entreprises.

    Le portefeuille de l’IFC en Haïti s’élève à 117 millions de dollars, dont 51 millions mobilisés auprès d’autres partenaires. L’IFC appuie de nombreux grands projets du secteur privé haïtien dans l’énergie, l’eau, les transports, les activités manufacturières, les marchés financiers et l’hôtellerie. Ces investissements et les services-conseils d’IFC en Haïti ont permis de créer 8 000 emplois et d’en préserver 5 000 autres, de fournir de l’eau et une énergie propre à un coût abordable, mais aussi de renforcer la compétitivité de l’économie réelle.

    Par le biais de ses programmes de conseil auprès du secteur privé et des autorités nationales, l’IFC appuie l’accès aux financements, les partenariats public-privé, l’amélioration du climat d’investissement ainsi que des dispositifs qui renforcent la productivité des petites et moyennes entreprises. Ces programmes ont notamment soutenu la formation de quelque 3 000 entrepreneurs et cadres d’entreprises (dont 45 % de femmes), par l’intermédiaire de la Société financière haïtienne de développement (SOFIHDES), ou encore assuré 60 000 micro-entrepreneurs contre les catastrophes naturelles dans le cadre du projet MiCRO. 

    Dernière mise à jour: 20 sept. 2018

  • Le Groupe de la Banque mondiale a permis à Haïti de réaliser des progrès significatifs dans différents domaines : éducation, santé, eau et assainissement, énergie, agriculture, développement régional, gestion des risques de catastrophes, infrastructure, croissance du secteur privé, renforcement des capacités statistiques et gestion des finances publiques.

    Voici un aperçu des principaux résultats obtenus :

    Education

    • Plus de 480 000 exemptions de frais de scolarité ont été financés dans plus de 1 000 écoles ;
    • Plus de 3,500 enseignants ont pu être formés par le programme de Formation Initiale Accélérée et 220 enseignants ont été soutenus et rémunérés à travers les 61 écoles publiques à gestion communautaire
    • ]2 400 000 repas chauds et 2 400 000 collations ont été servies dans 61 écoles à plus de 20 500 élèves lors de l’année scolaire 2017-2018 ;
    • 91 écoles ou hangars semi-permanents ont été construits ou réhabilités après le passage de l’ouragan Matthew en octobre 2016 ;
    • Plus de 4 000 mobiliers scolaires et 18 000 kits scolaires fournis dans des écoles affectées par l’ouragan Matthew ;

    Santé

    • Traitement et éducation sanitaire, et formation à la prévention du choléra pour plus de quatre millions de personnes ;
    • Extension du réseau de surveillance épidémiologique et de transport d’échantillons de patients pour une couverture complète du pays ;
    • Rétablissement de la chaine de froid dans la région sud du pays après le passage du cyclone Matthew ;
    • Financement de la totalité des vaccins de routine, au niveau national pour les années 2016 et 2017 et de la campagne de vaccination exceptionnelle contre la diphtérie pour les années 2017 et 2018 ;
    • Augmentation de l’accès aux visites de soins prénataux (au moins quatre visites) pour plus de 39% des femmes vivant dans les départements du Nord-Est, Centre, Nord-Ouest et Sud ;
    • Formation liée au choléra de plus de 6 000 agents de santé et d’hygiène et autre personnel médical ;
    • Baisse à 0,99% du taux de létalité pour les cas de choléra hospitalisés, supérieur à 1% en 2015 ;

    Eau et assainissement

    • Extension d’un meilleur accès à l’eau potable à 270 000 personnes dans le cadre des interventions d’urgence ;
    • Construction, réhabilitation et extension de systèmes d’approvisionnement en eau potable à Anse-à-Pitres (Sud-Est), La Gonave (Ouest), et plusieurs sites dans les départements du Sud et du Centre ;
    • Appui au renforcement institutionnel et en gestion de projet à la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA) ;

    Energie

    • Extension de l’accès à l’électricité pour plus de 184 000 personnes ;
    • Extension de l’accès à l’électricité pour plus de 500 écoles de zones rurales ;
    • Appui du gouvernement pour la mise en place de la cellule « Energie » en vue de mieux contrôler les actions des entreprises du secteur ;
    • Réhabilitation de l’infrastructure électrique et rétablissement de l’accès à l’électricité pour plus de 200 000 personnes dans les villes des Cayes et de Jérémie après le passage de l’ouragan Matthew ;

    Agriculture

    • Subventions et installation de champs écoles paysans en faveur de 6 000 exploitants agricoles dont plus de 45% de femmes ;
    • Environ 12 000 personnes dont 50% de femmes faisant partie de plus de 60 organisations paysannes ont bénéficié dans les départements du Nord, du Nord-Est et du Sud du programme de renforcement technique et financier des organisations de producteurs ruraux ;
    • Vaccination de près de 2 millions de bovins contre le charbon ;
    • Identification et enregistrement de près de 250 000 bovins ayant reçu des soins vétérinaires et dotés de carnets de vaccination dans une base de données informatique, permettant la lutte contre le vol de bétail ;
    • Plus de 20 000 agriculteurs enregistrés dans le registre national des agriculteurs ;

    Développement régional

    • Près de 35 000 habitants de la région du Nord bénéficie du projet de Préservation du patrimoine et d’Appui aux services touristiques à travers une amélioration des infrastructures, des opportunités économiques et une aide pour l’organisation d’événements culturels ;
    • Rénovation en cours du Parc national historique qui inclut la Citadelle Henri, le Palais Sans Souci, la Chapelle Sans Souci et les bâtiments des Ramiers ;

    Gestion des risques et catastrophes

    • Couverture à 100% du territoire national par un modèle numérique de terrain basé sur le LIDAR et photographie aérienne de haute résolution et un model haute résolution d’inondation disponible en ligne sur la plateforme « haitidata.org » ;
    • Etude diagnostic de la gestion des risques au niveau des institutions et ministères sectoriels clés ;
    • Appui à la mise en place et renforcement des capacités de plus 140 Comité Communaux de Protection dans la planification et la gestion des urgences ;

    Infrastructures

    • Réhabilitation de 8km de route reliant le centre-ville historique du Cap-Haïtien et Labadie ;
    • Construction du pont Ladigue après le passage de l’ouragan Matthew pour faciliter la connexion entre les départements de l’Ouest, des Nippes, du Sud, et de la Grand’Anse en redonnant accès à plus de 2 millions Haïtiens ;
    • Remise en état de la route reliant Port-au-Prince à Jacmel, permettant ainsi à un demi-million d’Haïtiens vivant dans le sud du pays de rester connecter avec la capitale ;
    • Construction et réhabilitation de 10 petits ponts et dalots
    • Protection et réhabilitation des routes et ponts résilients avec notamment la reconstruction des Ponts Chalon, Fauch, Dolin Maniche et Boucan Carré ;
    • Stabilisation des axes routiers Marigot-Jacmel et Port-Salut-Les Anglais ;

    Assistance technique

    En plus des investissements dans les différents secteurs sous forme de projets, la Banque mondiale offre également un paquet d’assistance technique pour :

    • Effectuer des diagnostics approfondis dans certains secteurs ou autour de certaines problématiques, contribuant à une base analytique solide pour le développement de politiques nationales ;
    • Renforcer la capacité technique et institutionnelle des ministères et des institutions gouvernementales ;
    • Appuyer la mise en œuvre des projets et identifier de nouveaux secteurs d’intervention en fonction des défis.

    Dernière mise à jour: 20 sept. 2018

Api


FINANCEMENTS

Haïti: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

HAITI +509 2812 2200
7, Rue Ogé, Pétion Ville
pcharles@worldbank.org
Washington +1 202 458 2656
1818 H Street NW, Washington, DC 20433
cchapoy@worldbank.org