Haïti Présentation

  • Haïti est un pays extrêmement vulnérable face aux catastrophes naturelles, auxquelles sont exposés plus de 90 % de sa population. Le 4 octobre 2016, le sud de l’île a été ravagé par l’ouragan Matthew, la catastrophe la plus dévastatrice depuis le séisme de 2010. Le coût des dommages a représenté 32 % du PIB. Dans la péninsule Sud d’Haïti, un tiers des hôpitaux ont été touchés, plus de 500 écoles ont été détruites et les pertes dans le secteur de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage ont eu des conséquences délétères durables sur les moyens de subsistance des populations concernées.

    Cependant, le pays a pris des mesures importantes pour se préparer à des catastrophes naturelles inévitables. Les récentes tempêtes Irma et Maria ont contourné l’île d’Hispaniola, mais les premières évaluations montrent que les autorités nationales étaient mieux préparées et avaient intégré les leçons du passage de l’ouragan Matthew.

    SITUATION POLITIQUE

    Le nouveau président d’Haïti, Jovenel Moïse, candidat du parti de l’ancien président Michel Martelly, a prêté serment le 7 février 2017. Le 21 mars 2017, le Parlement a approuvé la nomination du nouveau Premier ministre et la composition de son gouvernement. La communauté internationale continue d’aider le pays. Maintenant que les élections présidentielle et législatives sont passées et que de nouveaux maires élus sont entrés en fonction, Haïti et ses partenaires peuvent renforcer leurs liens, intensifier les réformes et faire avancer les programmes afin de permettre à l’ensemble de la population de bénéficier d’un développement plus durable.

    ÉCONOMIE

    Pour accélérer sa croissance et lutter contre la pauvreté, Haïti devra relever des défis de taille.

    Haïti reste le pays le plus pauvre du continent américain et l’un des plus déshérités du monde (son PIB par habitant ressortait à 846 dollars en 2014). D’après la dernière enquête auprès des ménages (2012), plus de 6 millions d’Haïtiens, sur une population totale de 10,4 millions (soit 59 %), vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 2,41 dollars par jour, et plus de 2,5 millions (24 %) sous le seuil de pauvreté extrême (1,23 dollar par jour). Haïti est aussi l’un des pays les plus inégalitaires de la planète, avec un coefficient de Gini de 0,59 en 2012.

    Le déficit budgétaire devrait se creuser fortement cette année. La croissance économique s’est tassée à 1 %. Les dépenses publiques ont été augmentées pour faire face aux besoins de reconstruction après le passage de l’ouragan Matthew. La mobilisation des ressources reste difficile, avec des recettes internes atteignant à peine 12,9 % du PIB. En outre, l’ouragan Matthew a amputé la production agricole de 5,1 % sur la première moitié de l’exercice budgétaire.

    Toutefois, la dépréciation de la monnaie haïtienne par rapport au dollar continue à ralentir. La banque centrale a maintenu sa politique monétaire visant à lisser les fluctuations de change et à contenir l’inflation.

    Dernière mise à jour: 02 oct. 2017

  • Le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec Haïti, validé par le Conseil des administrateurs en septembre 2015, est destiné à soutenir les efforts du pays pour offrir des opportunités économiques à l’ensemble de sa population et pour faire reculer la pauvreté. Ce cadre cherche à renforcer les institutions, les capacités du gouvernement et la gestion des finances publiques, dans un contexte de réduction rapide de l’aide internationale et des financements concessionnels. Il est axé sur trois priorités :

    • Créer davantage d’opportunités économiques en dehors de Port-au-Prince, en renforçant l’accès à l’énergie et en développant les énergies renouvelables, en facilitant l’accès aux financements et en favorisant la compétitivité et la productivité du secteur privé grâce à des infrastructures énergétiques et portuaires publiques et privées. 
    • Renforcer le capital humain et l’accès aux services en améliorant l’enseignement primaire et les soins de santé maternelle et infantile, tout en étendant l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les communes les plus touchées par le choléra et en mettant en place des mesures de prévention sanitaire et de traitement. 
    • Améliorer les capacités d’adaptation aux chocs climatiques en renforçant la capacité d’intervention lors de catastrophes et en protégeant un plus grand nombre d’Haïtiens grâce à des investissements dans des dispositifs de lutte contre les inondations et dans d’autres infrastructures climato-résilientes, y compris des systèmes de drainage, des ponts renforcés et des routes praticables par tous les temps.

    Le portefeuille de la Banque mondiale en Haïti se compose actuellement de 14 projets actifs, pour un montant net engagé de 786,20 millions de dollars. Cette somme inclut les 100 millions de dollars qui ont été mobilisés après l’ouragan Matthew dans le cadre du Mécanisme de riposte aux crises (CRW) de l’IDA pour soutenir, grâce à des financements additionnels, l’agriculture, la santé, l’eau et l’assainissement ainsi que les transports. Différents fonds fiduciaires ont permis de débloquer quelque 83,1 millions de dollars supplémentaires pour la mise en œuvre de ces 14 projets.

    L’enveloppe allouée à Haïti dans le cadre de la 18e reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-18, qui couvre la période 2017-2020) s’élève à 260 millions de dollars (contre 120 millions de dollars au titre d’IDA-17). Cette allocation pourrait être renforcée par des fonds fiduciaires mondiaux.

    Appui au secteur privÉ

    Le climat de l’investissement à Haïti souffre d’un certain nombre de problèmes liés à l’environnement d’affaires, à la disponibilité des terres et aux droits de propriété, à l’accès aux infrastructures de base, aux services logistiques et financiers ainsi qu’aux compétences. Les ressources de l’IDA financent le tourisme dans la région du Nord, les réseaux de transport et l’infrastructure de marché dans les régions du Centre et d’Artibonite, le développement des chaînes de valeur régionales dans chacun des 10 départements, et une assistance technique pour l’inclusion financière.

    En plus des activités de l’IDA, le Groupe de la Banque mondiale vient en aide au secteur privé haïtien par le biais de la Société financière internationale (IFC).

    La stratégie de l’IFC en Haïti est double :

    • Dans l’immédiat, créer des emplois, faciliter l’accès aux infrastructures de base et créer des sources de revenus en effectuant des investissements à effet catalyseur, malgré les obstacles qui subsistent ;
    • Contribuer au développement d’une économie durable et inclusive, grâce à des programmes de conseil permettant de résoudre les problèmes et de rendre l’environnement plus propice pour les investisseurs ainsi que pour les micro, petites et moyennes entreprises.

    Les engagements de l’IFC en Haïti ressortent actuellement à 123,57 millions de dollars, dont 69,59 millions pour son propre compte et 53,98 millions mobilisés auprès d’autres partenaires. L’IFC appuie de nombreux grands projets du secteur privé haïtien dans l’énergie, l’eau, les transports, les activités manufacturières, les marchés financiers et l’hôtellerie. Ces investissements ont permis de créer plus de 5 000 emplois et d’en préserver 5 000 autres, de fournir de l’eau et une énergie propres et d’un coût abordable, mais aussi de renforcer la compétitivité de l’économie réelle.

    Par le biais de ses programmes de conseil auprès du secteur privé et des autorités nationales, l’IFC appuie l’accès aux financements, les partenariats public-privé, l’amélioration du climat d’investissement ainsi que des dispositifs qui renforcent la productivité des petites et moyennes entreprises. Ces programmes ont notamment soutenu la formation de quelque 3 000 entrepreneurs et dirigeants d’entreprise (dont 45 % de femmes), par l’intermédiaire de la Société financière haïtienne de développement (SOFIHDES), ou encore assuré 60 000 micro-entrepreneurs contre les catastrophes naturelles dans le cadre du projet MiCRO. 

    Dernière mise à jour: 02 oct. 2017

  • Le Groupe de la Banque mondiale a permis à Haïti de réaliser des progrès significatifs dans différents domaines : gestion des risques de catastrophes, logement, électricité, infrastructure de transport, eau et assainissement, agriculture, éducation, santé, développement régional, croissance du secteur privé, renforcement des capacités statistiques et gestion des finances publiques.

    Voici un aperçu des principaux résultats obtenus :

    • Financement, au cours des quatre dernières années, de l’exemption des frais de scolarité pour 437 905 enfants défavorisés afin qu’ils puissent fréquenter l’école primaire ; distribution quotidienne de repas chauds de qualité à plus de 372 359 enfants scolarisés dans le primaire, et soutien financier permettant la réouverture de 2 824 établissements scolaires après le séisme de 2010.
    • Financement d’allocations logement afin d’aider plus de 50 000 personnes à quitter les camps d’hébergement temporaire et à se reloger dans des habitations plus sûres.
    • Amélioration des infrastructures publiques (rues et systèmes de drainage, éclairage urbain et stabilisation des sols, notamment) pour les quelque 200 000 habitants des zones touchées par le séisme.
    • Reconstruction ou réparation d’habitations pour plus de 12 000 personnes.
    • Traitement contre le choléra et formation à la prévention de cette maladie pour plus de 3 millions de personnes, et distribution de produits de traitement de l’eau et/ou de savon à près de 600 000 personnes.
    • Envoi de personnel et/ou de matériel à plus de 200 centres de traitement du choléra et postes de réhydratation orale, et formation de plus de 6 000 agents de santé et d’hygiène et autre personnel médical.
    • Amélioration de l’accès à l’eau potable pour 60 000 habitants dans le sud de l’île.
    • Financement de l’installation de réverbères à énergie solaire dont bénéficient 18 000 personnes.
    • Remise en état de la route reliant Port-au-Prince et Jacmel, qui permet à un demi-million de Haïtiens du Sud de pouvoir rejoindre la capitale.

    Faits saillants du programme de l’IFC :

    • Apport d’une aide financière à l’opérateur de la Compagnie de développement industriel (Codevi) : l’un des plus gros employeurs du secteur privé en Haïti, ce fabricant de vêtements emploie près de 7 000 travailleurs et devrait en embaucher 2 000 de plus dans les trois ans à venir. À Ouanaminthe, ville du nord du pays où est située la Codevi, les emplois indirects liés à ses activités font vivre quelque 30 000 personnes.
    • E-Power a augmenté sa capacité de production de 35 % dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Cette compagnie fournit de l’électricité à 1,59 million de clients.
    • Teleco, l’opérateur téléphonique national, perdait un million de dollars par mois et desservait à peine 20 000 clients. NATCOM, un partenariat public -privé appuyé par l’IFC, compte aujourd’hui quelque 1,7 million d’abonnés.
    • Près de 3 000 entrepreneurs et dirigeants d’entreprise ont reçu une formation à la gestion par l’intermédiaire de la SOFIHDES, partenaire de l’IFC.
    • Le partenariat IFC/MiCRO/Fonkoze assure quelque 60 000 micro-entrepreneurs à faibles revenus contre les risques de catastrophes naturelles et les risques climatiques.

    Le Fonds de reconstruction d’Haïti (FRH)

    À la demande des autorités haïtiennes et en partenariat avec la Banque interaméricaine de développement, les Nations Unies et 19 bailleurs de fonds, la Banque mondiale a créé, en mars 2010, le Fonds de reconstruction d’Haïti (FRH). Le FRH est devenu la principale source de financement flexible pour la reconstruction. La Banque mondiale administre le Fonds, en assure le secrétariat et supervise certaines des activités qu’il finance. 

    Les contributions au FRH totalisent 411 millions de dollars, dont 401,4 millions avaient été reçus en juin 2016. Depuis sa mise en place, en juin 2010, le Fonds a alloué 351 millions de dollars à 29 projets visant à remédier aux conséquences du tremblement de terre : gestion des débris, réinstallation et relogement des personnes déplacées, remise en état des infrastructures et des espaces publics, gestion des risques de catastrophe, appui au budget et à des domaines du développement à moyen et long terme (éducation, énergie, croissance du secteur privé). Les activités financées par le FRH ont permis au pays d’obtenir les résultats suivants :

    • Enlèvement de plus de 900 000 mètres cubes de débris dans les zones urbaines ;
    • Réparation et reconstruction de près de 2 600 habitations ;
    • Aide à la fermeture de plus de 50 camps d’hébergement temporaire et offre de solutions de logement à plus de 24 000 ménages déplacés ;
    • Distribution de nourriture dans 252 écoles et à plus de 93 000 élèves par jour pour l’année scolaire en cours ;
    • Plantation de plus de 500 000 végétaux dans la zone tampon du parc national naturel Macaya par des spécialistes de l’agroforesterie ;
    • Création d’environ 4 500 emplois dans le cadre de projets de remise en état des routes et de reconstruction des habitations ;
    • Mise en place de 12 centres de ressources communautaires afin de faciliter la planification, la coordination et le partage d’informations sur l’aménagement du territoire et la reconstruction ;
    • Distribution de plus de 14 000 kits de fournitures scolaires, 24 000 uniformes scolaires et 76 000 manuels scolaires dans tout le pays ;
    • Formation de plus de 900 enseignants.

    Dernière mise à jour: 02 oct. 2017

Api


FINANCEMENTS

Haïti: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

HAITI +509 2812 2200
7, Rue Ogé, Pétion Ville
bedmond@worldbank.org
Washington +1 202 458 2656
1818 H Street NW, Washington, DC 20433
cchapoy@worldbank.org