Amérique latine et Caraïbes

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Après une décennie de croissance économique dynamique et inclusive, la région Amérique latine et Caraïbes est entrée dans sa cinquième année de ralentissement économique et sa deuxième année consécutive de contraction du PIB. La dégradation de la situation extérieure conjuguée aux difficultés intérieures a abaissé à -0,7 % la croissance régionale anticipée pour 2015, et l’activité économique devrait chuter à -1,3 % en 2016.

Ces projections masquent d’importantes disparités à l’intérieur de la région. Les économies sud-américaines, qui ont été les plus durement touchées par la chute des cours des produits de base et le ralentissement en Chine, devraient se contracter de 2,6 % en 2016. Au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes en revanche, la croissance certes modeste devrait atteindre 2,7 % en 2016 grâce à une moindre dépendance de ces pays à l’égard des produits de base, et à leurs liens plus étroits avec l’économie des États-Unis.

La croissance morose qui pourrait bien s’installer menace les gains sociaux durement acquis par la région. La part de la population n’ayant pas plus de 2,50 dollars par jour pour vivre, le seuil de pauvreté extrême dans la région, est tombée de 24,5 % en 2003 à 11 % en 2013. Au total, 76 millions de personnes sont sorties de la pauvreté. Malgré ces progrès, en 2014, 39 % de la population restait exposée au risque de basculer dans la pauvreté, et l’élargissement de la classe moyenne s’est ralenti.

L’aide de la Banque mondiale

La Banque a approuvé une enveloppe de 8,2 milliards de dollars et 31 opérations pour la région durant l’exercice écoulé, dont 8 milliards de dollars de prêts de la BIRD et 183 millions de dollars d’engagements de l’IDA.

Signe de l’évolution du rôle de la Banque en Amérique latine et aux Caraïbes ces dernières décennies, les pays de la région se tournent de plus en plus vers l’institution pour des services autres que des prêts directs, notamment des assurances contre les risques, des swaps sur produits de base et le financement de l’adaptation au changement climatique. Le Mécanisme d’assurance contre les risques liés aux catastrophes aux Caraïbes, dont la Banque a appuyé la création en 2007, en constitue un exemple. Ce mécanisme permet aujourd’hui à plus de 20 pays d’Amérique centrale et des Caraïbes de mutualiser leurs risques, d’accéder à des assurances abordables contre les risques de catastrophe, et de mieux gérer ces risques.

La Banque reste aussi une source essentielle d’idées, de bonnes pratiques et de pouvoir de rassemblement. Deux études fournissent des informations et des recommandations sur certains grands enjeux du développement. La première, intitulée Out of School and Out of Work: Risk and Opportunities for Latin America’s Ninis, porte sur les jeunes d’Amérique latine sortis du système scolaire et sans emploi. La seconde, Indigenous Latin America in the Twenty-First Century: The First Decade, dresse le bilan de la première décennie du XXIe siècle pour les populations autochtones d’Amérique latine. Par ailleurs, des conférences comme celle qui s’est déroulée en Uruguay en avril sur le thème « Gouvernance, croissance et équité » attestent de la capacité de la Banque à rassembler des dirigeants autour des problématiques régionales qui gagnent progressivement en importance.

Stimuler la reprise économique

Pour ouvrir la voie à la reprise économique, la région doit accroître la productivité, renforcer l’environnement des affaires et exposer les entreprises à une plus grande concurrence intérieure et étrangère. À cette fin, la Banque accompagne les mesures prises par la Colombie pour développer et exploiter les compétences professionnelles et faire évoluer la réglementation afin de favoriser l’innovation. Elle prête son assistance au Pérou pour favoriser la productivité en relevant le niveau de qualité de l’enseignement public et améliorer l’environnement des affaires grâce à la réduction des coûts de fonctionnement des entreprises ainsi que leurs coûts d’entrée et de sortie du marché.

Construire des infrastructures durables

Construire de meilleures infrastructures plus durables pour raffermir la croissance dans la région suppose de mobiliser des investissements tant publics que privés. La Banque a joué un rôle catalyseur à cet égard en apportant des prêts et une assistance technique afin de concevoir des infrastructures de haute qualité avec une empreinte carbone réduite. À Lima (Pérou) et à Quito (Équateur), la Banque œuvre à la mise au point de systèmes de métro qui permettront de diminuer les émissions de carbone et de supprimer les encombrements. Dans les Caraïbes, elle modernise les réseaux de distribution et aide les entreprises à rénover leurs locaux afin de faire des économies d’énergie et d’utiliser des sources d’énergie renouvelables.

Investir dans les populations pauvres et vulnérables

Protéger les populations pauvres et vulnérables contre les effets du ralentissement économique et renforcer leur capital humain afin qu’ils puissent bénéficier aussi de la croissance constituent deux des grandes priorités dans la région. Au Costa Rica, la Banque agit pour améliorer la qualité et l’accessibilité des soins de santé pour les pauvres. En Haïti, elle travaille avec ses partenaires du programme Éducation pour tous dans le but d’élargir l’accès à des établissements scolaires et à un enseignement de qualité à 73 000 enfants défavorisés, et de fournir des repas tous les jours à 132 000 élèves durant cette année scolaire. Au Mexique, elle intervient pour élargir l’éventail de services sociaux accessibles aux bénéficiaires du programme de transferts monétaires conditionnels Prospera.

Renforcer la résilience et faire face aux crises

La résilience étant un thème transversal que l’on retrouve dans bon nombre de ses opérations, la Banque aide les pays à la renforcer pour faire face à des chocs imprévus, tels que les catastrophes naturelles et les crises de santé publique. En Bolivie, la Banque accompagne l’élaboration d’un système global destiné à mieux gérer les risques liés aux catastrophes. En février 2016, elle a offert 150 millions de dollars afin d’aider la région à lutter contre le virus Zika. À la suite d’un violent séisme survenu en Équateur en avril, qui a fait des centaines de morts et plusieurs milliers de blessés, la Banque a immédiatement débloqué des fonds disponibles au titre du Projet de relèvement d’urgence et d’atténuation des risques récemment approuvé pour un montant de 150 millions de dollars ; ces fonds ont permis de payer des médicaments, des hôpitaux mobiles et d’autres services de base.

Plus d’informations : Page d’accueil de la Région Amérique latine et Caraïbes de la Banque mondiale (a) »

Mettre à profit le pouvoir de rassemblement de la Banque pour accroître la transparence et la redevabilité

La transparence, la redevabilité et la tolérance zéro envers la corruption constituent des préoccupations majeures pour les habitants de l’Amérique latine et des Caraïbes. Avec l’élargissement de la classe moyenne de la région ces dix dernières années, la population a commencé à attendre et réclamer des services publics de meilleure qualité et à demander davantage de comptes aux administrations publiques. Alors que la croissance économique s’essouffle et que les ressources se font plus rares, il est impératif d’optimiser les dépenses publiques et d’assurer la transparence et la confiance pour garantir aux contribuables que leur argent est employé à bon escient.

Ces questions ont été au centre d’une conférence régionale à haut niveau organisée en avril par la Banque à Montevideo (Uruguay). La conférence ayant pour thème « Cuentas Claras : Conjuguer croissance et équité dans la gouvernance en Amérique latine et aux Caraïbes », a attiré quelque 300 participants qui ont échangé des idées sur le besoin de transparence dans les dépenses publiques, la primauté du droit, la justice en tant que bien public, le rôle de la passation des marchés publics dans l’amélioration des services publics, et d’autres thèmes. Soulignant l’importance croissante de la gouvernance parmi les axes de travail dans la région, cet événement a accueilli une douzaine de hauts responsables gouvernementaux, dont les ministres des Finances argentin, paraguayen et uruguayen. La conférence a également attiré des universitaires et des journalistes de la région, et près de 12 000 personnes supplémentaires ont participé à la conférence en direct en ligne.

La conférence Cuentas Claras est la démonstration du rôle déterminant que la Banque peut jouer en rassemblant des hauts responsables politiques afin de trouver des solutions aux problèmes les plus urgents à résoudre pour permettre à la région d’atteindre ses objectifs de développement.

ENGAGEMENTS ET DÉCAISSEMENTS RÉGIONAUX POUR LES EXERCICES 14-16

  ENGAGEMENTS (MILLIONS DE DOLLARS) DÉCAISSEMENTS (MILLIONS DE DOLLARS)
  Ex. 14 Ex. 15 Ex. 16 Ex. 14 Ex. 15 Ex. 16
BIRD   4 609   5 709   8 035   5 662
  5 726   5 236
IDA   460   315   183   306   383   303
Note : Portefeuille de projets en cours d’exécution au 30 juin 2016 : 28,8 milliards de dollars.

 


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INDICATEUR

2011 2012 2013 2014 2015

Population totale (millions)

537 543 550 556 562

Croissance démographique (% annuel)

1,2 1,2 1,2 1,1 1,1
RNB par habitant (méthode de l’Atlas, dollars courants)  8 385 9 150 9 342 9 286 8 331
Croissance du PIB par habitant (% annuel) 3,1 2,0 1,7 -0,2 -2,2
Population disposant de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre (millions) 35 34 - - -
Espérance de vie à la naissance, femmes (années) 77 77 78 78 -
Espérance de vie à la naissance, hommes (années) 71 71 71 71 -
Taux d’alphabétisation des jeunes, filles (% de la population âgée de 15 à 24 ans) 98 98 98 98 -
Taux d’alphabétisation des jeunes, garçons (% de la population âgée de 15 à 24 ans) 97 97 97 97 -
Émissions de dioxyde de carbone (mégatonnes) 1 399 - - - -
SUIVI DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD)
ODD 1.1 Extrême pauvreté (% de la population disposant de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre, PPA 2011) 5,9 5,6 - - -
ODD 2.2 Prévalence du retard de croissance, taille pour âge (% des enfants âgés de moins de 5 ans) - - - 11 -
ODD 3.1 Taux de mortalité maternelle (estimation modélisée, pour 100 000 naissances vivantes) 81 79 75 72 70
ODD 3.2 Taux de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans (pour 1 000 naissances vivantes) 21 20 20 19 19
ODD 4.1 Taux d’achèvement des études primaires (% du groupe d’âge concerné) 99 100 101 - -
ODD 5 Taux des femmes par rapport aux hommes (estimation modélisée de l’OIT, %) 68 68 68 68 -
ODD 5.5 Pourcentage de sièges occupés par des femmes dans les parlements nationaux (% du total) 23 25 26 28 29
ODD 6.1 Accès à l’eau potable (% de la population bénéficiant de l’accès) 93 93 94 94 94
ODD 6.2 Accès à des installations sanitaires de base (% de la population bénéficiant de l’accès) 80 80 81 81 81
ODD 7.1 Accès à l’électricité (% de la population) - 96 - - -
ODD 7.2 Consommation d’énergie renouvelable (% de la consommation énergétique finale totale) 31 30 - - -
ODD 17.8 Personnes utilisant Internet (% de la population) 38 42 45 47 53

Note : OIT = Organisation internationale du travail ; PPA = parité de pouvoir d’achat ; - = indisponible. Consulter le site donnees.banquemondiale.org pour les données actualisées.
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