Niger - Vue d'ensemble

Le pays en bref

Le Niger est un vaste pays enclavé d’une superficie de 1,27 million de kilomètres carrés. Il compte actuellement 19,8 millions d’habitants et affiche l’un des taux de croissance démographique les plus élevés au monde (3,9 % par an). En proie à l’instabilité politique, le pays souffre par ailleurs d’une insécurité alimentaire chronique et de la récurrence de crises naturelles (sécheresses, inondations et invasions acridiennes).

Contexte politique

La victoire du socialiste Mahamadou Issoufou aux élections présidentielles d’avril 2011 marque le retour à la stabilité politique. Un Conseil économique, social et culturel ainsi qu’une Haute cour de justice prévus par la Constitution ont été créés dans la foulée. Mais de nouvelles tensions sont apparues en août 2013 lorsque le président de l’Assemblée nationale Hama Amadou a quitté la coalition au pouvoir pour devenir le principal opposant au président Issoufou. Mis en cause dans une vaste affaire de trafic de bébés, qui a secoué toute la classe politique nigérienne, et privé de son immunité parlementaire, Hama Amadou a été incarcéré en novembre 2015.

Les dernières élections présidentielles et législatives se sont déroulées le 21 février 2016. Le président sortant Mahamadou Issoufou a remporté les élections avec 48% des voix contre son opposant Hama Amadou, qui a fait campagne par procuration depuis la prison où il était incarcéré et a récolté 17 % des suffrages. Étant donné qu’aucun des deux candidats n’a recueilli 50 % des voix, un second tour a été organisé le 20 mars 2016 à l’issue duquel le président sortant Issoufou a été réélu avec  92% des voix. Cette élection a été marquée par un fort taux d’abstentionnisme suite au boycott des sympathisants d’Hama Amadou. L’opposition en conteste toujours les résultats.

En février 2015, le Parlement nigérien a approuvé à l’unanimité l’envoi de troupes dans le cadre d’une offensive régionale menée contre le groupe armé Boko Haram. Cette résolution autorise l’État à déployer 750 soldats au Nigéria pour rejoindre cette coalition régionale. En guise de représailles, Boko Haram a mené des attaques répétées contre le Niger faisant des centaines de victimes et de blessés et obligeant des milliers de personnes à fuir leur foyer pour se réfugier dans des régions plus sûres. Le gouvernement  a déclaré l’état d’urgence dans le sud-est du pays.  

Situation économique

Malgré une conjoncture extérieure difficile, l’économie du Niger se porte bien. La hausse des recettes générées par la production de pétrole, estimée à 18 000 barils par jour a permis de compenser la baisse de la production d’uranium due au faible niveau des précipitations et à l’insécurité. La croissance économique s’est accélérée en 2014 pour atteindre 6,5 %, grâce au rebond de la production agricole et à d’importants projets d’investissement public. Elle est fortement tributaire des conditions climatiques, des investissements à grande échelle dans les industries extractives et de la situation sécuritaire.

En 2015, la croissance du PIB a baissé à 4,4 % contre  6,9 % en  2014. Ce ralentissement tient principalement à une contraction de 3,5 % du secteur agricole.  Comme les prix dépendent essentiellement de l’approvisionnement en denrées alimentaires, l’inflation annuelle des prix à la consommation  a légèrement rebondi à 1 % en 2015, mais demeure toujours en dessous des critères de convergence de l’Union économique et monétaire des États d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) fixés à 3 %. La croissance devrait repartir en 2016 pour atteindre 5 %, tirée essentiellement par les secteurs miniers et agricole. L’inflation moyenne restera contenue si les tendances actuelles se maintiennent. Le Niger est toutefois confronté à d’importants risques macro-économiques du fait de menaces sécuritaires à ses frontières avec le Mali, la Lybie et le Nigeria ainsi que de l’effondrement des cours des matières premières

La protection et les obligations de politique budgétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dont le Niger est membre, minimisent les risques de perturbations macroéconomiques liées à une aggravation des déséquilibres des comptes extérieurs et des finances publiques. Même si ses risques de surendettement étaient modérés en 2014, le pays doit surveiller la viabilité de sa dette compte tenu de l’augmentation de la dette publique extérieure observée entre 2014 et 2016 (passée de 27 % en 2014, à 33 % en 2015 et à 35 % en 2016) pour financer des projets dans les industries extractives, et baisser les prix de l’uranium et du pétrole. Ce ratio devrait grimper à 37 % en 2018, pour redescendre une fois les projets achevés. Étant donné ces risques, la qualité de la gestion de la dette et de l’investissement public continuera d’influer considérablement sur la viabilité de l’endettement et des finances de l’État. Globalement, le déficit budgétaire s’est amélioré, passant de 8,3 % du PIB en 2014 à 7,3 % en 2015 et devrait atteindre 7,5 % en 2016.

Perspectives à moyen terme

Il n’est pas encore possible de dire quelles seront précisément les conséquences économiques et sociales de l’intervention militaire contre Boko Haram qui se déroule actuellement au Nigéria, à la frontière sud-est avec le Niger. Selon des estimations initiales, les répercussions budgétaires liées à la hausse des dépenses de défense et à l’accueil des réfugiés auraient un coût annuel chiffré à 1 % du PIB, et réduiraient d’autant les ressources disponibles pour financer des investissements de développement économique. Les perspectives à moyen et long terme auraient indubitablement tout à gagner d’un succès militaire rapide.

Une plus forte dépendance aux recettes du secteur des industries extractives risque d’accroître la vulnérabilité du budget, et en particulier de l’investissement public, à l’évolution des prix et de la production. De plus, la hausse des recettes pourrait alimenter une augmentation de la demande de biens et  services non marchands, ce qui aurait un impact sur la compétitivité des prix. La mise en place de mécanismes de stabilisation et l’amélioration de la gestion des investissements envisagées dans le cadre de la nouvelle série d’opérations en faveur de politiques de développement portées par la Banque mondiale devrait permettre de contrer efficacement tous ces risques.

Situation sociale

Les violents affrontements entre Boko Haram et l’armée nigériane ont conduit plus de 115 000 personnes à fuir le Nigéria pour se réfugier au Niger. Les camps de réfugiés se concentrent à Diffa, une région en proie à l’insécurité alimentaire et actuellement le théâtre d’une crise humanitaire sans précédent. Cette situation a conduit le gouvernement nigérien à présenter un plan d’urgence de 40 millions de dollars et à solliciter l’aide des partenaires de développement pour l’aider à faire face aux besoins humanitaires immédiats (jusqu’en mars 2015). Le Groupe de la Banque mondiale met actuellement au point une opération destinée à alléger le poids économique de cette crise humanitaire en faisant appel aux ressources non engagées de son portefeuille de projets en cours au Niger.

Avec un taux de pauvreté de 48.9 % et un revenu par habitant de 420 dollars, le Niger est l’une des nations les plus pauvres du monde. En 2015, il se situait au bas du classement de l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement, occupant le 188rang sur 188 pays.

Dernière mise à jour: 13 avr. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Niger

L’Association internationale de développement (IDA) a soutenu les efforts du Niger pour améliorer sa gestion économique, la performance du secteur public, la croissance, les infrastructures ainsi que les services de base dans le secteur de l’énergie, de l’eau, de l’éducation élémentaire et de la santé.

L’actuelle stratégie de partenariat-pays (a), présentée au Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale en avril 2013, entend se concentrer davantage sur la résolution des conflits et la promotion de l’égalité hommes-femmes afin de promouvoir une société plus solidaire. Trois grands objectifs stratégiques sous-tendent ce texte : aider le Niger à installer une croissance durable ; réduire sa vulnérabilité ; et renforcer les capacités des services publics. La stratégie pour le Niger est parfaitement alignée sur le Plan de développement économique et social 2012-2015 du gouvernement et sur la stratégie de la Banque mondiale en Afrique.

Le Groupe de la Banque mondiale conduit actuellement un examen des progrès et des enseignements de cette stratégie qui a été présenté au Conseil en juin 2015. Cet examen a pour objectif d’évaluer la mise en œuvre de la stratégie pour le Niger qui couvre les exercices 2013 à 2016 et de l’adapter à l’évolution de la situation du pays.

Dernière mise à jour: 13 avr. 2016

En avril 2015, le portefeuille de la Banque mondiale au Niger comprenait 17 projets en cours pour une enveloppe globale de 1,4 milliard de dollars. La répartition sectorielle de ces engagements est la suivante : agriculture et environnement (18 %) ; infrastructure (transport et énergie, 22 %) ; eau, assainissement et protection contre les inondations (22 %) ; protection sociale, santé et éducation (33 %) ; appui budgétaire, gouvernance et gestion des finances publiques (5 %).

Le Niger bénéficie en outre de cinq opérations régionales : le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest, le Programme de développement des ressources en eau et de gestion durable des écosystèmes dans le bassin du Niger, le premier volet de la seconde phase du Pôle de croissance de Kandadji, le Projet relatif à l’autonomisation des femmes et au dividende démographique au Sahel et le Projet paludisme et maladies tropicales négligées au Sahel. Ces cinq opérations réunies représentent un total de 423 millions de dollars.

Agriculture et adaptation au changement climatique

En réponse à la crise d’août 2014 qui a frappé le secteur de l’élevage, trois projets de l’IDA lancés à la demande des autorités nigériennes ont permis d’apporter une réponse vitale et rapide.

La 3e phase du Projet d’action communautaire a permis d’assurer :

  • la livraison de 1 394 tonnes de fourrage dans 29 districts, pour une enveloppe globale de 461 millions de FCFA, à travers des sous-projets soumis par les districts ruraux touchés ;
  • la construction d’entrepôts dans lesdits districts ;
  • la préparation d’un rapport final sur le soutien à la réponse pastorale d’urgence.

Le Projet d’action communautaire pour la résilience au climat a permis d’organiser :

  • la livraison de 1 076 tonnes de fourrage à 5 380 bénéficiaires dans 11 districts touchés ;
  • un programme de transferts monétaires, lancé en août 2014, pour aider les éleveurs ayant perdu leurs troupeaux. Dans les 11 districts couverts, ce sont 106 millions de FCFA qui ont été distribués à 1 320 ménages, soit une allocation de 80 000 FCFA par famille.

Le Projet de promotion des exportations agropastorales a permis de :

  • financer plus de 3 824 sous-projets dans les chaînes de production de l’oignon, du niébé et du cuir et des peaux, pour une enveloppe globale de 16 millions de dollars ;
  • structurer des chaînes de produits agricoles avec, à la clé, la création de 62 collèges agricoles régionaux réunissant plus de 2 000 acteurs ;
  • créer 13 sous-projets pour protéger les sites de production d’oignon et sécuriser plus de 1 340 hectares de cultures;
  • atteindre 14 seuils de recharge des eaux souterraines, pour sécuriser 2 228 hectares de plantation.

Filets de protection sociale

Le Projet de filets de sécurité sociale au Niger veut introduire et maintenir un système efficace de protection sociale qui élargira l’accès aux programmes de transferts monétaires et d’argent contre travail en faveur des populations pauvres et victimes d’insécurité alimentaire. Plusieurs résultats ont déjà été obtenus :

  • dans les 5 régions visées (Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéry et Zinder), 42 949 personnes ont bénéficié de transferts monétaires, pour une enveloppe globale de 6,7 millions de dollars ;
  • 502 groupes communautaires des zones ciblées ont été constitués et enregistrés, dont 82 se sont lancés dans des activités rémunératrices ;
  • 26 777 bénéficiaires du programme « argent contre travail » ont reçu au total 3,6 millions de dollars pour mettre en place des microprojets.

Dernière mise à jour: 13 avr. 2016

La communauté des partenaires de développement du Niger est composée de bailleurs traditionnels et non traditionnels. Le Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (CAD/OCDE) assure la coordination globale, à travers le Groupe d’aide au développement (DAG). Coprésidé par le Groupe de la Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour le développement, celui-ci se réunit tous les mois. La Commission mixte de concertation État-bailleurs, rattachée au cabinet du Premier ministre, se réunit jusqu’à quatre fois par an, en fonction des urgences (comme en février 2014, pour l’insécurité alimentaire, ou en juin 2013 au moment des inondations).

Dernière mise à jour: 13 avr. 2016


FINANCEMENTS

Niger: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA