Niger - Vue d'ensemble

Le pays en bref

Le Niger est un vaste pays enclavé d’une superficie de 1,27 million de kilomètres carrés. Il compte actuellement 17 millions d’habitants et affiche l’un des taux de croissance démographique les plus élevés au monde (3,9 % par an). En proie à l’instabilité politique, le pays souffre par ailleurs d’une insécurité alimentaire chronique et de la récurrence de crises naturelles (sécheresses, inondations et invasions acridiennes).

Contexte politique

Relativement stable pendant une dizaine d’années, sous la présidence de Mamadou Tandja (1999-2010), la situation politique intérieure s’est dégradée lorsque ce dernier a tenté de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. La crise s’est soldée par un coup d’État en février 2010 et l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire, qui a fait adopter une nouvelle Constitution par référendum. Des élections locales, législatives et présidentielles, jugées plutôt équitables et transparentes, ont ouvert la voie au retour de la démocratie et instauré un gouvernement militaire de transition pendant 13 mois. La victoire du socialiste Mahamadou Issoufou aux élections présidentielles d’avril 2011 marque le retour à la stabilité politique. Un Conseil économique, social et culturel ainsi qu’une Haute cour de justice prévus par la Constitution ont été créés dans la foulée. Mais de nouvelles tensions sont apparues en août 2013 lorsque le président de l’Assemblée nationale Hama Amadou a quitté la coalition au pouvoir pour devenir le principal opposant au président Issoufou. Mis en cause dans une vaste affaire de trafic de bébés, qui a secoué toute la classe politique nigérienne, et privé de son immunité parlementaire, Hama Amadou a quitté le pays en août 2014.

En février 2015, le Parlement nigérien a approuvé à l’unanimité l’envoi de troupes dans le cadre d’une offensive régionale menée contre le groupe armé Boko Haram. Cette résolution autorise l’État à déployer 750 soldats au Nigéria pour rejoindre cette coalition régionale. Bien qu’il abrite des milliers de réfugiés ayant fui le conflit, le Niger a jusqu’à présent été en grande partie épargné par les violences, à l’exception de quelques attaques sporadiques menées sur son territoire au début de l’offensive militaire contre Boko Haram qu’il conduit conjointement avec le Tchad.

Situation économique

Malgré une conjoncture extérieure difficile, l’économie du Niger se porte bien. La hausse des recettes générées par la production de pétrole, estimée à 12 000 barils par jour a permis de compenser la baisse de la production d’uranium due au faible niveau des précipitations et à l’insécurité. La croissance économique s’est accélérée en 2014 pour atteindre 6,5 %, grâce au rebond de la production agricole et à d’importants projets d’investissement public. Elle est fortement tributaire des conditions climatiques, des investissements à grande échelle dans les industries extractives et de la situation sécuritaire.

La protection et les obligations de politique budgétaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dont le Niger est membre, minimisent les risques de perturbations macroéconomiques liées à une aggravation des déséquilibres des comptes extérieurs et des finances publiques. Même si ses risques de surendettement étaient modérés en 2014, le pays doit surveiller la viabilité de sa dette compte tenu de l’augmentation de la dette publique extérieure observée entre 2013 et 2014 (de 23 à 33 % du PIB) pour financer des projets dans les industries extractives, et baisser les prix de l’uranium et du pétrole. Ce ratio devrait grimper à 37 % en 2018, pour redescendre une fois les projets achevés. Étant donné ces risques, la qualité de la gestion de la dette et de l’investissement public continuera d’influer considérablement sur la viabilité de l’endettement et des finances de l’État.

Perspectives à moyen terme

Il n’est pas encore possible de dire quelles seront précisément les conséquences économiques et sociales de l’intervention militaire contre Boko Haram qui se déroule actuellement au Nigéria, à la frontière sud-est avec le Niger. Selon des estimations initiales, les répercussions budgétaires liées à la hausse des dépenses de défense et à l’accueil des réfugiés auraient un coût annuel chiffré à 1 % du PIB, et réduiraient d’autant les ressources disponibles pour financer des investissements de développement économique. Les perspectives à moyen et long terme auraient indubitablement tout à gagner d’un succès militaire rapide.

Une plus forte dépendance aux recettes du secteur des industries extractives risque d’accroître la vulnérabilité du budget, et en particulier de l’investissement public, à l’évolution des prix et de la production. De plus, la hausse des recettes pourrait alimenter une augmentation de la demande de biens et  services non marchands, ce qui aurait un impact sur la compétitivité des prix. La mise en place de mécanismes de stabilisation et l’amélioration de la gestion des investissements envisagées dans le cadre de la nouvelle série d’opérations en faveur de politiques de développement portées par la Banque mondiale devrait permettre de contrer efficacement tous ces risques.

Situation sociale

Les violents affrontements entre Boko Haram et l’armée nigériane ont conduit plus de 115 000 personnes à fuir le Nigéria pour se réfugier au Niger. Les camps de réfugiés se concentrent à Diffa, une région en proie à l’insécurité alimentaire et actuellement le théâtre d’une crise humanitaire sans précédent. Cette situation a conduit le gouvernement nigérien à présenter un plan d’urgence de 40 millions de dollars et à solliciter l’aide des partenaires de développement pour l’aider à faire face aux besoins humanitaires immédiats (jusqu’en mars 2015). Le Groupe de la Banque mondiale met actuellement au point une opération destinée à alléger le poids économique de cette crise humanitaire en faisant appel aux ressources non engagées de son portefeuille de projets en cours au Niger.

Avec un taux de pauvreté de 46,3 % et un revenu par habitant de 360 dollars, le Niger est l’une des nations les plus pauvres du monde. En 2014, il se situait au bas du classement de l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement, occupant le 187rang sur 187 pays. En 20 ans, les indicateurs sociaux du Niger, toujours faibles, ont cependant nettement progressé. La prévalence du VIH/sida se maintient à 0,7 %, l’un des plus faibles taux d’Afrique subsaharienne. La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) fait partie des priorités du gouvernement, même si la plupart d’entre eux restent inatteignables.

 

Dernière mise à jour: 01 juin 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Niger

L’Association internationale de développement (IDA) a soutenu les efforts du Niger pour améliorer sa gestion économique, la performance du secteur public, la croissance, les infrastructures ainsi que les services de base dans le secteur de l’énergie, de l’eau, de l’éducation élémentaire et de la santé.

L’actuelle stratégie de partenariat-pays, présentée au Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale en avril 2013, entend se concentrer davantage sur la résolution des conflits et la promotion de l’égalité hommes-femmes afin de promouvoir une société plus solidaire. Trois grands objectifs stratégiques sous-tendent ce texte : aider le Niger à installer une croissance durable ; réduire sa vulnérabilité ; et renforcer les capacités des services publics. La stratégie pour le Niger est parfaitement alignée sur le Plan de développement économique et social 2012-2015 du gouvernement et sur la stratégie de la Banque mondiale en Afrique.

Le Groupe de la Banque mondiale conduit actuellement un examen des progrès et des enseignements de cette stratégie qui sera présenté au Conseil en mai 2015. Cet examen a pour objectif d’évaluer la mise en œuvre de la stratégie pour le Niger qui couvre les exercices 2013 à 2016 et de l’adapter à l’évolution de la situation du pays.

 

Dernière mise à jour: 01 juin 2015

En avril 2015, le portefeuille de la Banque mondiale au Niger comprenait 13 projets en cours pour une enveloppe globale de 800 millions de dollars. La répartition sectorielle de ces engagements est la suivante : agriculture et environnement (27 %) ; infrastructure (transport et énergie, 18 %) ; eau, assainissement et protection contre les inondations (20 %) ; protection sociale, santé et éducation (20 %) ; appui budgétaire, gouvernance et gestion des finances publiques (15 %).

Le Niger bénéficie en outre de quatre opérations régionales : le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest, le Programme de développement des ressources en eau et de gestion durable des écosystèmes dans le bassin du Niger, le premier volet de la seconde phase du Pôle de croissance de Kandadji, et le Projet relatif à l’autonomisation des femmes et au dividende démographique au Sahel, qui a été récemment approuvé. Ces quatre opérations réunies représentent un total de 358 millions de dollars. Enfin, la Banque mondiale a déboursé 70 millions de dollars en août 2014 dans le cadre de son opération à l’appui des politiques de développement visant à soutenir des réformes sectorielles majeures, et prépare actuellement une nouvelle opération qui sera décaissée d’ici la fin de l’exercice 2015.

Agriculture et adaptation au changement climatique

En réponse à la crise d’août 2014 qui a frappé le secteur de l’élevage, trois projets de l’IDA lancés à la demande des autorités nigériennes ont permis d’apporter une réponse vitale et rapide.

La 3e phase du Projet d’action communautaire a permis d’assurer :

  • la livraison de 1 394 tonnes de fourrage dans 29 districts, pour une enveloppe globale de 460 943 017 FCFA, à travers des sous-projets soumis par les districts ruraux touchés ;
  • la construction d’entrepôts dans lesdits districts ;
  • la préparation d’un rapport final sur le soutien à la réponse pastorale d’urgence.

Le Projet d’action communautaire pour la résilience au climat a permis d’organiser :

  • la livraison de 1 076 tonnes de fourrage à 5 380 bénéficiaires dans 11 districts touchés ;
  • un programme de transferts monétaires, lancé en août 2014, pour aider les éleveurs ayant perdu leurs troupeaux. Dans les 11 districts couverts, ce sont 105 600 000 FCFA qui ont été distribués à 1 320 ménages, soit une allocation de 80 000 FCFA par famille.

Le Projet de promotion des exportations agropastorales a permis de :

  • financer plus de 3 824 sous-projets dans les chaînes de production de l’oignon, du niébé et du cuir et des peaux, pour une enveloppe globale de 16 millions de dollars ;
  • structurer des chaînes de produits agricoles avec, à la clé, la création de 62 collèges agricoles régionaux réunissant plus de 2 000 acteurs ;
  • créer 13 sous-projets pour protéger les sites de production d’oignon et sécuriser plus de 1 340 hectares de cultures;
  • atteindre 14 seuils de recharge des eaux souterraines, pour sécuriser 2 228 hectares de plantation.

Eau et assainissement

Le Projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu urbain cherche à aider les autorités nigériennes à améliorer et pérenniser l’accès à ces services dans un certain nombre de zones urbaines. En décembre 2014, 444 250 personnes supplémentaires (soit 89 % de la cible fixée pour la fin du projet) ont été raccordées à l’eau courante grâce à un programme de branchements sociaux et de bornes-fontaines lancé en septembre 2012. Le projet soutient également une réforme des politiques avec, pour résultats :

  • le maintien de l’équilibre financier du secteur de l’eau ;
  • une amélioration du taux d’accès à l’eau, grâce à la performance opérationnelle du secteur, une hausse du taux de recouvrement auprès des usagers privés et une baisse des volumes d’eau non mesurés au compteur.

Filets de protection sociale

Le Projet de filets de sécurité sociale au Niger veut introduire et maintenir un système efficace de protection sociale qui élargira l’accès aux programmes de transferts monétaires et d’argent contre travail en faveur des populations pauvres et victimes d’insécurité alimentaire. Plusieurs résultats ont déjà été obtenus :

  • dans les 5 régions visées (Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéry et Zinder), 42 949 personnes ont bénéficié de transferts monétaires, pour une enveloppe globale de 6 747 700 dollars ;
  • 502 groupes communautaires des zones ciblées ont été constitués et enregistrés, dont 82 se sont lancés dans des activités rémunératrices ;
  • 26 777 bénéficiaires du programme « argent contre travail » ont reçu au total 3,6 millions de dollars pour mettre en place des microprojets.

 

Dernière mise à jour: 01 juin 2015

La communauté des partenaires de développement du Niger est composée de bailleurs traditionnels et non traditionnels. Le Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (CAD/OCDE) assure la coordination globale, à travers le Groupe d’aide au développement (DAG). Coprésidé par le Groupe de la Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour le développement, celui-ci se réunit tous les mois. La Commission mixte de concertation État-bailleurs, rattachée au cabinet du Premier ministre, se réunit jusqu’à quatre fois par an, en fonction des urgences (comme en février 2014, pour l’insécurité alimentaire, ou en juin 2013 au moment des inondations).

 

Dernière mise à jour: 01 juin 2015


FINANCEMENTS

Niger: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA