Emploi et développement - Vue d'ensemble

  • L’accès à des emplois de qualité est la voie la plus sûre pour sortir de la pauvreté ; c’est une condition indispensable pour parvenir à mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. Les pays en développement font cependant face à une crise globale de l’emploi qui compromet les efforts déployés pour atteindre ce double objectif. Pour les plus pauvres et les plus vulnérables, avoir un emploi reste le meilleur moyen d’améliorer leur qualité de vie et de se hisser hors de la pauvreté. Une étude (a) montre que l’augmentation des salaires a contribué à hauteur de 30 à 50 % à la baisse du taux de pauvreté au cours de la dernière décennie. Toutefois, plus de deux milliards de personnes en âge de travailler ne font pas partie de la population active, dont une majorité de femmes. Et parmi celles qui en font partie, environ 200 millions n’ont pas d’emploi, dont 75 millions de moins de 25 ans. De plus, 600 millions d’emplois devront être créés dans le monde au cours de la prochaine décennie pour maintenir des taux d’emploi stables et suivre le rythme de la croissance démographique.

    Créer des emplois de qualité plus nombreux et plus inclusifs constitue donc un volet central du plan d’action pour le développement.

    Aujourd’hui, le monde en développement doit relever le défi de l’emploi à trois niveaux :

    1.     Créer quelque 60 millions d’emplois par an au cours des 15 prochaines années pour faire augmenter les taux d’emploi et absorber les jeunes de plus en plus nombreux qui entrent sur le marché du travail, surtout en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Cela implique dans une large mesure de réunir des conditions favorables à la création et à la croissance des entreprises du secteur privé.

    2.     Améliorer la productivité des emplois dans tous les secteurs. Il faudra pour cela donner la priorité aux emplois dans l’économie informelle, qui représentent la première source de revenus pour les pauvres, et, dans les pays à faible revenu, pour la majeure partie de la population. Cela implique notamment d’améliorer les technologies de production, d’investir dans les qualifications et d’étendre l’accès aux marchés. Parallèlement, cela nécessite également de ne pas remettre en cause les incitations à demeurer dans l’économie formelle, ni de nuire aux entreprises officielles en leur opposant une concurrence déloyale. Il est donc tout aussi important de faciliter le transfert des emplois des activités à faible productivité vers des activités où celle-ci est plus forte, du secteur informel vers le secteur formel, et des zones rurales vers les zones urbaines.

    3.     Connecter les gens aux emplois. Tous les actifs ne disposent pas des mêmes opportunités sur le marché du travail. C’est pourquoi il faut veiller à ce que ceux qui sont en capacité de travailler soient encouragés à le faire, mais aussi à ce qu’ils possèdent les compétences dont le marché du travail actuel a besoin. Il faut également faire en sorte qu’ils soient bien informés des différents emplois disponibles, et qu’ils puissent se rendre dans les régions où il y a du travail. 

    Les emplois n’ont pas tous la même capacité à favoriser une transformation. Certains peuvent davantage que d’autres faire sortir de la pauvreté, ou accroître le revenu des 40 % d’individus les plus pauvres. Et certains ont des effets bénéfiques de bien plus grande ampleur que d’autres. Par exemple, l’emploi féminin peut modifier le profil des dépenses et de l’investissement des ménages dans l’éducation et dans la santé de leurs enfants ; les emplois dans les villes encouragent la spécialisation et l’échange d’idées, ce qui rend d’autres emplois plus productifs ; et dans un contexte d’instabilité, les emplois pour les jeunes hommes peuvent contribuer à atténuer la violence et à rétablir la paix.

    En outre, avoir un emploi ne suffit pas. C’est la progression des revenus du travail, c’est-à-dire le fait d’avoir un emploi plus productif, qui fait la différence en permettant de sortir de la pauvreté. La moitié de la population mondiale de travailleurs (dont les deux tiers sont pauvres) est constituée d’agriculteurs et de travailleurs indépendants, qui sont surreprésentés dans les activités peu productives : ils cultivent un petit lopin de terre, vendent des légumes dans la rue, font de la couture ou occupent dans les zones urbaines divers emplois de services mal rémunérés et précaires.

    Dans tous les pays, la création d’emplois repose fondamentalement sur une croissance économique axée sur la productivité et tirée par le secteur privé. Pour créer davantage d’emplois de qualité et s’assurer que ce processus profite à tous, il est nécessaire d’intensifier les transformations structurelles, de combler le fossé géographique entre les travailleurs et les emplois, d’offrir du travail aux jeunes, et de favoriser l’émancipation économique des femmes.

    Dans les États fragiles et en situation de conflit, en particulier, le Groupe de la Banque mondiale continue d’appuyer la création d’emplois par le biais d’un vaste éventail d’approches opérationnelles, en mettant l’accent sur la croissance générée par le secteur privé et en s’assurant que les incitations des interventions à court terme ne nuisent pas au développement à long terme.

    Mis à jour le 15 sept. 2016

  • Pour résoudre le problème de l’emploi, le Groupe de la Banque mondiale soutient une approche globale et intégrée qui vise à exploiter les ressources des différents secteurs concernés et à mobiliser l’ensemble des connaissances mondiales sur le sujet.

    Les stratégies en faveur de l’emploi répondent à des objectifs sociaux précis, en fonction du contexte régional et sectoriel. Cela implique des interventions coordonnées à trois niveaux :

    1.     Se concentrer sur les fondamentaux : stabilité macroéconomique, environnement propice à l’activité des entreprises, investissements dans le capital humain et État de droit constituent des conditions nécessaires à l’investissement, à la création d’emplois et au transfert des ressources des secteurs où la productivité est faible vers ceux où elle est élevée.

    2.     Disposer d’institutions qui protègent les travailleurs et les aident à s’orienter vers l’emploi : il s’agit de s’assurer que les travailleurs sont en capacité de gérer les risques associés à l’emploi et qu’ils disposent de conditions de travail adéquates, d’accompagner l’insertion professionnelle des inactifs ou des chômeurs et de faciliter la progression d’un emploi mal rémunéré à un emploi qui l’est mieux.

    3.     Agir au-delà des politiques de l’emploi pour inclure des interventions sectorielles/régionales qui encouragent l’investissement privé et la création d’emplois : bien souvent, les barrières à l’investissement et à la création d’emplois se situent à l’échelle locale et sont spécifiques au secteur. Lever ces barrières exige une concertation entre différents acteurs et ministères (Finances, Commerce, Industrie, Agriculture, entre autres).

    Si l’on veut relever le défi de l’emploi, il est indispensable de mesurer et évaluer l’efficacité des interventions existantes et des nouvelles approches expérimentées. Le Groupe de la Banque mondiale s’efforce de combler les lacunes dans ce domaine :

    • en évaluant les données et les connaissances actuelles pour en tirer des enseignements ; 
    • en mettant en évidence les principaux déficits de données sur l’élaboration des politiques et la gestion des programmes, afin d’améliorer les résultats ;  
    • en élaborant une stratégie d’évaluation qui expose comment le Groupe de la Banque mondiale et ses partenaires de développement peuvent optimiser leur action pour contribuer à des effets positifs sur l’emploi.

    Le Groupe de la Banque mondiale effectue également des diagnostics poussés sur la situation de l’emploi dans 15 pays, dont cinq États fragiles ou en situation de conflit ; ces travaux consistent à analyser l’offre et la demande sur le marché du travail afin de dresser un bilan complet des opportunités et des difficultés associées à la création d’emplois. De plus, des études approfondies sont en cours dans des domaines prioritaires : s’attaquer au problème de l’informalité, aider les femmes à s’émanciper par le biais du travail, soutenir la création d’emplois dans les zones fragiles et en situation de conflit, offrir des emplois aux jeunes, identifier les sources de croissance générée par le secteur privé, et mieux appréhender le fossé géographique entre les personnes et les emplois. Les conclusions de ces études fourniront des informations utiles pour définir des stratégies de création d’emplois au niveau national.

     

    Mis à jour le 15 sept. 2016

     

  • La Banque mondiale a appuyé un certain nombre de projets liés à la création d’emplois dans différents pays :

    Un projet mené dans les Îles Salomon (a) a permis l’embauche de plus de 12 000 jeunes issus de communautés vulnérables et généré plus de 664 000 journées de travail.

    En Éthiopie, plus de 3 000 femmes ont bénéficié d’une ligne de crédit destinée tout spécialement aux entrepreneuses, avec le soutien de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale dédié aux pays les plus pauvres.

    Au Nigéria (a), des projets de construction de routes ont donné un emploi à plus de 16 000 jeunes, dont près de 50 % de femmes.

    En Chine (a), un projet a permis à 522 628 jeunes majoritairement issus des zones rurales de bénéficier d’une formation, et fourni un travail à plus de 4,2 millions de chômeurs, en ouvrant des perspectives d’emploi aux travailleurs migrants ruraux.

     

    Mis à jour le 15 sept. 2016

     




Bienvenue