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Améliorer l’accès à l’eau et promouvoir l’assainissement dans les zones rurales haïtiennes

25 novembre 2013

Un don de l’Association internationale de développement (IDA) a cofinancé la construction de points de distribution d’eau potable et l’installation de latrines dans des écoles, dont bénéficient respectivement 50 000 habitants et 7 000 élèves et enseignants des zones rurales d’Haïti. Ce financement a également permis de mettre en place des opérateurs professionnels et des comités d’eau et d’assainissement dans neuf communes, et de leur offrir une formation pratique sur les aspects suivants : mobilisation des populations locales, résolution des litiges, facturation et comptabilité, relèvement et réparation des compteurs, désinfection par le chlore et plomberie.
50 000

bénéficiaires de la construction et réhabilitation de 12 systèmes de distribution d’eau potable.

CARTE DU PROJET

Défis

Au cours de la dernière décennie, bien que davantage d’Haïtiens aient accès à l’eau potable, des inégalités demeurent entre villes et campagnes auxquelles il faut remédier. Dans les zones rurales du pays, moins de la moitié de la population a accès à l’eau potable et seuls 26 % des habitants bénéficient d’installations d’assainissement améliorées.

Les rares ressources en eau disponibles à l’extérieur de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince,  étaient principalement destinées à l’alimentation des villes moyennes. Les services de distribution d’eau en milieu rural du ministère de la Santé manquaient de fonds pour fonctionner et étaient inactifs. Aucun organisme n’était par ailleurs responsable des questions d’assainissement. Sans présence institutionnelle dans les zones rurales, il était difficile d’établir des priorités en termes d’investissement pour toucher les habitants qui en avaient le plus besoin. Les infrastructures n’étaient pas entretenues correctement par les collectivités locales et beaucoup de systèmes de distribution d’eau en milieu rural étaient administrés par des comités d’eau souvent constitués de bénévoles élus par la collectivité et non rémunérés. La plupart de ces comités étaient dans l’incapacité de collecter des fonds suffisants pour l’exploitation et l’entretien régulier du système.

L’épidémie de choléra d’octobre 2010 a par ailleurs compliqué l’équation : en l’absence d’eau potable et d’assainissement dans les zones rurales du pays, la population était plus vulnérable, ce qui a favorisé la propagation de la maladie.

Solution

La Banque mondiale s’est associée au Fonds d’édification de l’État et de consolidation de la paix (SPF) et à la Direction Nationale de l’Eau potable et de l’Assainissement (DINEPA) pour lever les obstacles à l’élargissement de l’accès à l’approvisionnement en eau et aux services d’assainissement dans les communautés rurales du département du Sud. Le projet a instauré un modèle de gestion professionnel, avec le concours d’opérateurs locaux, choisis et mandatés par les collectivités pour l’exploitation, l’entretien et la gestion des réseaux d’adduction en eau. En outre, le projet a encouragé le recouvrement des coûts, le comptage et l’utilisation de kiosques à eau, ainsi que le recours à des systèmes de conduites à dépression pour minimiser les éventuels problèmes techniques. Dans les cas où le pompage était nécessaire et rentable, le projet a fortement privilégié les énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire.

Les collectivités ont été sélectionnées en fonction de leur disposition à payer pour les services d’eau, sur la base d’une approche participative leur offrant un éventail de choix — notamment pour les niveaux de service (raccord à domicile ou kiosque à eau) et de tarification voulus. 

Conformément aux objectifs de la stratégie nationale en matière d’assainissement, la Banque mondiale a voulu sensibiliser la population aux questions d’hygiène et d’assainissement et organiser des activités de formation, en s’appuyant principalement sur des mesures incitatives afin d’encourager les Haïtiens à construire et entretenir leurs propres toilettes.

Résultats

Voici les principales réalisations en matière d’approvisionnement en eau :

  • Construction et réhabilitation de 12 systèmes de distribution d’eau potable au bénéfice de quelque 50 000 usagers. Ces dispositifs sont désormais équipés d’un dispositif de chloration et chaque opérateur dispose d’un kit pour tester la qualité de l’eau ;
  • Établissement d’un nouveau modèle de gestion professionnelle au service de 44 000 usagers dans neuf communautés. Les comités d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement (CAEPA) et les opérateurs professionnels ont reçu une formation portant sur la mobilisation des populations locales, la résolution des litiges, la facturation et la comptabilité, le relèvement et la réparation des compteurs, la désinfection par le chlore et la plomberie ;
  • Raccordement de 1210 foyers au réseau d’eau et construction ou réfection de 54 kiosques à eau et 34 fontaines publiques ;
  • Installation de 8 points de captage munis de pompes manuelles, couvrant les besoins de 4 000 personnes ;
  • Après l’épidémie de choléra, les agents des CAEPA, les opérateurs professionnels et les plombiers ont reçu une formation spécifique sur les mesures à adopter en cas de choléra et de maladies transmises par l’eau.

Voici les principales réalisations en matière d’assainissement :

  • Travaux d’assainissement dans 13 écoles publiques et un centre de santé, pour plus de 7 000 élèves et enseignants. 
  • Au nombre de ces travaux figurent la construction/réhabilitation de 24 latrines et 26 urinoirs et l’installation de 27 lavabos
  • Formation de 14 maçons à la construction de latrines dans les communautés participantes ;
  • Campagnes de promotion en faveur de l’hygiène et de l’assainissement relayées par deux stations de radio locales et organisation dans les écoles et les centres de santé d’ateliers de formation sur ces mêmes sujets, dans le but d’accroître l’acquisition et l’utilisation de latrines dans les maisons ;
  • 35 % des foyers sondés dans les communautés bénéficiaires ont indiqué avoir construit des latrines avec leurs propres moyens, au cours des cinq dernières années.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

La Banque mondiale a soutenu le programme de la DINEPA pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement des zones rurales par un don de l’IDA de cinq millions de dollars, la contribution du Fonds d’édification de l’État et de consolidation de la paix (SPF) s’élevant également à cinq millions de dollars. La Banque interaméricaine de développement (BID) a veillé à l’adoption et à la généralisation du modèle de gestion par des opérateurs professionnels. La Banque mondiale et la BID ont ainsi pu coordonner leurs investissements et mettre en commun les leçons tirées de ce projet.

Perspectives

À la suite du succès de la mise en œuvre du modèle de gestion professionnelle dans le département du Sud, la Banque mondiale examine la possibilité de l’étendre à l’échelle nationale, en renouvelant son soutien à la DINEPA.

Bénéficiaires

Fin novembre 2013, quelque 50 000 personnes bénéficiaient de services d’approvisionnement en eau améliorés grâce au projet, qui a également permis la construction de latrines dans les écoles au bénéfice de 7 000 écoliers et enseignants.