publication 11 octobre 2017

Rapport de suivi de la situation économique (octobre 2017) - Crise des réfugiés dans la région MENA : relever le défi du développement

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© UNHCR/Shawn Baldwin


Après la reprise amorcée à la mi-2016, l’activité économique dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait rester modérée en 2017, en raison d’un ralentissement de la croissance dans les pays exportateurs de pétrole de la région. Les coupes de production continuent de tirer la croissance vers le bas dans la quasi-totalité des pays de ce sous-groupe. Les perspectives de croissance pour la région devraient néanmoins s’améliorer en 2018 et 2019, avec un taux supérieur à 3 %. Au sein de la région MENA, les exportateurs et importateurs de pétrole tireront tous profit d’une amélioration constante de la croissance mondiale, de l’augmentation des échanges avec l’Europe et l’Asie, d’une plus grande stabilité des marchés de produits de base – particulièrement du pétrole – et des réformes entreprises dans certains pays de la région. En tout état de cause, les taux de croissance généraux sont inférieurs de moitié à leur niveau d’avant le printemps arabe 2011, ce qui fait qu’il est difficile de s’attaquer au problème du chômage des jeunes et de répondre aux besoins du nombre important de personnes déplacées à travers la région par suite de conflits qui se prolongent.

Pays exportateurs de pétrole

Les pays exportateurs de pétrole de la région MENA devraient connaître une croissance plus vigoureuse en 2018 et 2019, leurs gouvernements s’adaptant progressivement à la « nouvelle norme » des bas prix pétroliers. En effet, pour neutraliser l’impact de la dégringolade des cours, la plupart des pays ont adopté de nouvelles mesures en matière de recettes. Ces mesures vont de l’augmentation de l’impôt sur les sociétés à Bahreïn et Oman à l’introduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en 2018 dans tous les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), en passant par des coupes budgétaires prenant entre autres la forme de réductions des subventions sur les carburants, l’eau et l’électricité ailleurs dans la région. Dans les pays du CCG, la croissance devrait monter à 2,7 % en 2019, contre 0,7 % en 2017 – on prévoit qu’elle variera entre 3,5 % au Koweït et 2,1 % en Arabie Saoudite.

Pays importateurs de pétrole 

L’économie égyptienne devrait rebondir à la faveur de la libéralisation du marché de change, de l’augmentation des exportations et de l’amélioration des résultats dans le secteur touristique, la croissance s’envolant à 5,3 % en 2019. Le Maroc connaîtra probablement une croissance plus rapide en 2017 qu’en 2016, en raison d’une forte reprise de la production agricole, bien que l’économie soit vulnérable à la sécheresse.

Perspectives à court terme

Plusieurs facteurs pèseront sur les perspectives de croissance à court terme dans la région, notamment les conflits en cours et la crise actuelle de réfugiés, les déficits budgétaires élevés, les bas prix pétroliers, les réductions de la production décidées par l’OPEP et l’impact économique des dissensions dans le Golfe.

Perspectives à long terme

La courbe d’évolution à long terme de la région se caractérise par une croissance volatile, qui progresse et régresse en même temps que les prix du pétrole, et par le niveau élevé des taux de chômage (30 % en moyenne pour les jeunes). Des réformes doivent être menées d’urgence pour s’affranchir de la dépendance à l’égard du pétrole et libérer le potentiel du secteur privé. Il est tout aussi essentiel de promouvoir le secteur privé et réformer le système éducatif pour accroître l’employabilité des jeunes, particulièrement des femmes.

Crise des réfugiés

Non seulement les conflits prolongés accroissent les risques pour les perspectives économiques de la région, mais ils mettent aussi en avant les défis de développement des réfugiés. Une action concertée est nécessaire pour résoudre ces défis. Le bien-être des réfugiés est un bien public mondial en ce qu’il favorise la stabilité mondiale. Au-delà de la nourriture et du logement, les réfugiés ont besoin d’éducation, de services de santé et d’emplois pour préserver leur dignité et leurs conditions de vie. Les pouvoirs publics et la communauté internationale devraient donc veiller à leur assurer des conditions de vie décentes et élaborer des politiques qui favorisent une transition des interventions humanitaires à l’aide au développement.

Parce que le bien-être des réfugiés constitue un bien public mondial, la communauté internationale doit redoubler d’efforts pour aider les pays d’accueil à faire face aux problèmes de développement qui s’y rapportent. La Banque mondiale a commencé à prêcher par l’exemple en augmentant ses interventions à l’appui du développement de la région. Elle dispose en outre du Mécanisme mondial de financement concessionnel qui devrait aider les pays d’accueil à accéder à des financements à des conditions de faveur afin de répondre à leurs besoins immédiats en matière de développement.

Prévisions économiques pour :

AlgérieDjiboutiEgypteIraqIranJordanieLibanLibyeMaroc,     PalestineTunisieYémen

Conseil de coopération du Golfe : Bahrain, Koweït, Oman, Qatar, Arabie SaouditeÉmirats arabes unis


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