Laboratoire d’innovation sur le genre et l'égalité des sexes dans la région MENA (MNAGIL)

Le Laboratoire d’innovation sur le genre et l'égalité des sexes dans la région MENA (MNAGIL) est une nouvelle initiative qui vise à résorber durablement les écarts hommes-femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et qui préconise, à cette fin, d’agir autrement. La région MENA est en effet confrontée à des disparités qui concernent les opportunités d’emploi et les rémunérations, mais aussi la mobilité, l’accessibilité et l’utilisation des services numériques, ou encore l’acquisition de compétences « comportementales » comme la prise de décision et les qualités de leader — sans oublier la collecte de données sexospécifiques et le manque de connaissances sur les points de vue des hommes et des femmes concernant l'égalité des sexes. Les femmes ne représentent actuellement que 21 % de la population active et elles contribuent à seulement 18 % du PIB régional (a). Le traditionnel fossé entre les hommes et les femmes s’est étendu au reste de l'économie, et notamment au secteur des nouvelles technologies, où la population féminine est à la traîne en matière d’accessibilité et d’utilisation des services numériques En outre, les guerres et les conflits qui sévissent dans la région ont encore aggravé le problème en exposant les filles et les femmes aux violences sexuelles et sexistes, à l’exploitation, à la pauvreté et aux mariages précoces ou forcés.

Or, les disparités persistantes qui pénalisent les femmes et leur accès limité aux opportunités économiques ont de graves conséquences sur la situation macroéconomique et budgétaire des pays de la région. C’est pourquoi il est indispensable d’y mettre fin pour dynamiser la croissance régionale. Faute d’action, il faudra 157 ans pour parvenir à la parité hommes-femmes dans la région MENA, comme le souligne le Forum économique mondial dans son Global Gender Gap Report.

La région MENA a besoin des femmes pour dynamiser sa croissance. En réduisant les inégalités entre les hommes et les femmes, elle pourra accroître sa production et s’engager, à long terme, sur une trajectoire de croissance plus forte, durable et inclusive. Alors que l’on ne dispose pas d'études suffisantes pour s’attaquer efficacement au fossé entre les sexes, il apparait nécessaire de mettre en place des interventions rigoureuses et reposant sur des données probantes afin de concevoir des politiques publiques qui servent l’égalité hommes-femmes et d'évaluer l’efficacité de ces interventions. L’accumulation de données permettra de formuler des politiques qui tiennent mieux compte des enjeux de genre et d’aider ainsi les femmes de la région MENA à exprimer pleinement leur potentiel économique.

Objectif

L’autonomisation des femmes est un puissant instrument de développement pour la région MENA : c’est sur cette conviction que reposent les activités du Laboratoire d’innovation sur le genre et l'égalité des sexes. L’objectif est de produire des données rigoureuses sur les politiques et interventions qui parviennent effectivement à combler les disparités hommes-femmes et d’aider les responsables publics et les professionnels du développement à s’attaquer avec rigueur à ces obstacles. Le Laboratoire conçoit, met en place et supervise des évaluations d’impact afin de produire des connaissances et d'expérimenter des interventions innovantes qui permettront de mettre en évidence les mesures qui parviennent effectivement à résorber les inégalités entre les sexes dans la région. Le Laboratoire organise également des ateliers d’évaluation d’impact et autres activités de renforcement des capacités pour faire en sorte que les chercheurs et professionnels du terrain puissent contribuer aux résultats et mieux les interpréter. Enfin, il exploite les données disponibles pour promouvoir, dans l’ensemble de la région MENA, l’adoption de politiques de genre qui ont fait leurs preuves.

Dans ce domaine, la région est confrontée à un sérieux défi :

  • les responsables publics ne s’appuient pas sur les travaux de recherche et les pratiques fondées sur des données probantes pour élaborer leurs politiques ;
  • les chercheurs ne savent pas comment collaborer avec les responsables publics.

Le nouveau Laboratoire d’innovation sur le genre et l'égalité des sexes dans la région MENA de la Banque mondiale vise précisément à combler ces fossés.

Pôle de recherche, il sert de plate-forme régionale pour la réalisation d'études rigoureuses et d’interventions novatrices qui viendront éclairer la conception et la mise en œuvre de politiques et de programmes favorisant l’égalité des sexes dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Le Laboratoire réalise des évaluations d’impact (a) en recourant à des essais randomisés contrôlés afin de discerner ce qui marche et ce qui ne marche pas, et pourquoi, et de comprendre comment favoriser l’autonomisation des femmes dans la région MENA.

Il s’associera aussi à des responsables publics de la région et des professionnels du monde entier pour améliorer en permanence les interventions destinées à éliminer les nombreuses disparités entre hommes-femmes dans la région, en particulier dans les situations de conflit et parmi les populations réfugiées et déplacées.

Stratégie

Le Laboratoire d’innovation sur le genre et l'égalité des sexes dans la région MENA a mis en place trois piliers stratégiques (les « 3 A ») pour accompagner les projets de la Banque mondiale, les programmes gouvernementaux et les partenariats, en les aidant à œuvrer en faveur de l’amélioration des opportunités économiques des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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  • Faire Avancer les femmes dans la vie active : il s'agit ici de renforcer l’offre de formation à un métier et au numérique pour les femmes afin d’accroître leur mobilité et leurs choix professionnels. Le faible taux d'activité des femmes dans la région MENA est le signe d’un manque d’investissements criant dans l’éducation des femmes et dans le développement de leurs compétences, mais aussi en matière de santé et de nutrition. De même, il est capital de promouvoir l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) chez les filles et les femmes et de les doter de compétences numériques ; de leur permettre de tirer parti des nouvelles technologies et des meilleures pratiques pour améliorer leur productivité ; et de favoriser leur insertion en soutenant leur accès à des emplois de début de carrière.
  • Accélérer l'accès des femmes aux financements : l’enjeu ici est de soutenir l’autonomie des femmes en facilitant leur accès aux services financiers, bancaires et de crédit ainsi qu’aux paiements numériques. Selon une étude récente de l’IFC (a), les micro-entreprises féminines de la région MENA souffre d’un manque de financements qui se chiffre à 16 milliards de dollars, ce qui correspond au deuxième déficit le plus élevé du monde (29 %) après l’Asie de l’Est. La région présente également de fortes disparités hommes-femmes en ce qui concerne la possession d’un compte bancaire. Les données ventilées par sexe, notamment en ce qui concerne la mobilité et les déplacements dans la région MENA, sont relativement limitées, et particulièrement insuffisantes s’agissant du comportement des femmes en matière de moyens de transport.
  • Renforcer la capacité d’Agir et la voix des femmes : il faut s’attacher à promouvoir et faire appliquer les lois et réglementations en faveur de l'égalité des chances en veillant à ce qu’elles correspondent aux besoins des femmes, tout en brisant les barrières culturelles qui les empêchent de participer à la vie économique. Selon l’édition 2018 du rapport de la Banque mondiale sur les Femmes, l’Entreprise et le Droit, plus de la moitié des pays de la région MENA interdisent aux femmes de travailler dans certains secteurs. En outre, dans 65 % des pays, il est considéré comme déplacé ou moralement répréhensible qu’une femme travaille en dehors du foyer familial. Dans un nombre encore plus grand de pays, les femmes ne jouissent pas des mêmes droits de succession (foncière et autre) que les hommes et ne peuvent pas ouvrir un compte en banque sans l’autorisation d’un parent masculin.

Pays concernés

Les travaux du Laboratoire d’innovation sur le genre et l'égalité des sexes dans la région MENA porteront sur les pays suivants : Algérie, Iran, Iraq, Syrie, Libye, Yémen, Égypte, Tunisie, Maroc, Cisjordanie et Gaza, Liban, Jordanie, Djibouti et États du Conseil de coopération du Golfe.

Produits

Afin de répondre aux besoins de publics externes et internes variés, le Laboratoire produira et publiera les conclusions de ces travaux d'évaluation d’impact sous diverses formes : notes d’orientation, documents de travail, notes de synthèse et séries de données.

Il apportera un soutien technique à la conception, la mise en œuvre et l’analyse d’évaluations d’impact rigoureuses et organisera des activités de partage des connaissances en vue d'intégrer les enseignements disponibles dans la conception des projets et des politiques. L’objectif est de partager les données issues de mesures et de programmes efficaces dans d’autres pays avec les équipes de projet et les responsables publics. Enfin, le Laboratoire s’attache à renforcer les capacités d'évaluation et d’exploitation des résultats des équipes opérationnelles et des parties prenantes locales dans le cadre d’ateliers et d’une collaboration sur les évaluations d’impact et autres travaux analytiques.

Partenaires

Le Laboratoire d’innovation sur le genre et l'égalité des sexes dans la région MENA travaille en collaboration avec différents services de la Banque mondiale, des organismes d’aide et des bailleurs de fonds, des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des entreprises du secteur privé et des chercheurs universitaires. Il est financé par l’initiative UFGE (Umbrella Facility for Gender Equality) (a) du Groupe de la Banque mondiale.

Rendez-vous le 15 mai 2019 pour notre premier appel à propositions.

Repères théoriques et méthodologiques pour l'évaluation d’impact

Handbook on Impact Evaluation: Quantitative Methods and Practices (a)

Blog Development Impact (a)

Impact Evaluation in Practice: Second Edition (a)

Bases de données sur les évaluations d’impact

enGENDER Impact (a)

DIME (a)

GIL-Afrique (a)



CONTACTS
Lili Mottaghi
Économiste senior
Bureau de l’économiste en chef pour la Région MENA
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