DISCOURS ET TRANSCRIPTIONS

Seconde réunion tripartite CEDEAO/UEMOA/groupe de la Banque mondiale

10 février 2015


Colin Bruce Seconde réunion tripartite CEDEAO/UEMOA/groupe de la Banque mondiale Accra, Ghana

Tel que préparé pour l'allocution

Estimés Présidents de la CEDEAO et de l’UEMOA, distingués commissaires et directeurs, collègues du Groupe de la Banque mondiale (WBG) et institutions partenaires, mesdames et messieurs.

Au nom du GBM, je souhaiterais vous remercier pour la possibilité qui m’est offerte aujourd’hui de partager quelques réflexions sur quatre sujets : (a) les progrès réalisés depuis notre première réunion tripartite à Abidjan en juin 2013 et les leçons pour notre collaboration future ; (b) les contextes mondiaux et régionaux changeants auxquels nous devons répondre ; (c) les domaines prioritaires possibles dans la prochaine phase de notre partenariat, et (d) les prochaines étapes proposées.

Depuis notre rencontre en juin 2013, nous avons fait d’importants progrès dans la mise en œuvre de notre ambitieux plan d’action commun dans les six domaines prioritaires suivants : l’agriculture, l’éducation, le commerce et la facilitation des échanges, le transport, le climat d’investissement régional et le Sahel.

À juste titre, l’agriculture était N°1 sur notre liste parce que 60% de la population d’Afrique de l’Ouest et 80% des pauvres de l’Afrique de l’Ouest dépendent toujours de ce secteur pour leur subsistance. Le principal objectif de nos efforts a été d’accroître la productivité en améliorant la qualité et la disponibilité des intrants agricoles. L’accroissement de la productivité agricole aiderait à améliorer l’élasticité de la croissance de la pauvreté qui est uniquement de 0,7 pour l’Afrique, par rapport à 2,0 pour les pays en développement dans leur ensemble. Nous nous sommes donc concentrés sur les politiques en matière de semences, pesticides et engrais. En conséquence, tous les pays de la CEDEAO, à une exception près, ont publié des règles pour améliorer la qualité et la disponibilité des semences. Nous avons mis en place des plateformes électroniques avec des informations sur les semences certifiées et les technologies, et avons commencé à aider la CEDEAO à élaborer un plan d’action pour transformer les centres de spécialisation en centres régionaux d’excellence pour l’agriculture. Nous avons également finalisé la revue d’une étude – sur un Système de récépissés d’entrepôt et de bourse de marchandises et vous enverrons très prochainement deux autres études sur (a) la libéralisation des marchés pour la commercialisation des intrants en Afrique de l’Ouest et (b) Aliments de base régionaux. De plus, nous avons apporté une assistance technique pour la facilitation du commerce de viande et de bétail qui s’est terminée par une conférence à N’Djamena en décembre 2014.

L’accès aux études supérieures entraine des revenus plus élevés au niveau national, par exemple, de 30% au Cameroun et au Ghana, et 15% au Nigéria. C’est ce type de preuves que nous avons présentées au Conseil d’administration du GBM lorsqu’il a approuvé l’ambitieux projet des Centres d’excellence d’études supérieures d’Afrique (ACE) d’une valeur de 150 millions de dollars en avril 2014. Le projet va financer 19 centres universitaires d’enseignement supérieur au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Ghana, en Gambie, au Nigéria, au Sénégal et au Togo ; appuyer la spécialisation régionale des universités participantes en mathématiques, sciences, ingénierie et TIC ; et renforcer leur aptitude à fournir une formation de qualité et la recherche appliquée. Au cours des mois à venir, nous prévoyons d’ajouter la Côte d’Ivoire à la liste des pays bénéficiaires et sommes en train d’adapter et de transférer l’approche ACE à d’autres parties de l’Afrique.

Dans le secteur du commerce et de la facilitation des échanges, nous avons réalisé toutes les actions convenues avec l’UEMOA en décembre 2014, à savoir l’appui à la mise en œuvre de réglementations communes de la CEDEAO sur les semences, les engrais et les pesticides ; et le développement d’instruments pour une union douanière moderne et l’appui à la mise en œuvre de l’accord de Bali. Nous sommes heureux du travail réalisé ensemble pour préparer l’application du Tarif extérieur commun (TEC) de la CEDEAO qui a pris effet le 1er janvier 2015, et de l’appui technique fourni pour la négociation du partenariat économique (PE) avec l’Union européenne (UE).

Dans le secteur du transport, nous avons continué à accorder la priorité à l’axe Abidjan-Lagos qui supporte plus de 2/3 des activités liées au commerce, au transport et au transit en Afrique de l’Ouest et enregistre un trafic d’environ 47 millions de personnes chaque année. Notre appui s’est concentré sur l’accès régional de base et la mobilité des marchandises, par le biais de quatre composantes principales ; la facilitation des échanges, l’amélioration des infrastructures des axes routiers, la gestion et la coordination du projet, le contrôle de la performance des programmes de VIH/SIDA et des axes routiers. Nous sommes heureux qu’en décembre 2014, le nombre de kilomètres de routes réhabilités avait atteint 65 km et le temps d’immobilisation des marchandises dans les ports s’était réduit d’environ 18/21 jours à 12/13 jours.

En ce qui concerne le climat d’investissement, cinq pays africains figuraient parmi les dix pays ayant fait les meilleurs progrès dans le classement mondial Doing Business 2015 pour 2013/2014. Quatre d’entre eux : le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Sénégal sont des pays d’Afrique de l’Ouest. Dans l’ensemble, l’Afrique compte le nombre le plus important de réformes de la règlementation des affaires : 75 pays parmi 230 dans le monde entier. Et les réformes se poursuivent. En novembre 2014, les Présidents Ouédraogo et Soumaré ont lancé un nouveau projet financé par l’UE pour : (i) retirer les barrières régionales aux investissements transfrontaliers ; (ii) promouvoir des régimes durables d’incitation aux investissements ; et (iii) réduire les doutes des investisseurs en trouvant des solutions aux règles imprévisibles relatives aux prix de transfert

Le voyage historique entrepris en novembre 2013 par les responsables des Nations unies, du GBM, de la Commission de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement et de l’UE a marqué une étape importante dans la réalisation de notre engagement envers le Sahel. La visite a attiré l’attention à nouveau sur la paix et la sécurité nécessaires pour susciter la croissance économique et sortir les populations de la pauvreté. Au cours de la visite, le Président du GBM a promis 1, 5 milliard dans de nouveaux investissements régionaux au cours de deux prochaines années, soit environ quatre fois notre engagement au cours des périodes précédentes. Ce montant s’ajoutait à et complétait notre financement par l’intermédiaire de nos programmes pays. En décembre 2014, notre Conseil d’administration avait approuvé près de 800 millions de projets prioritaires dans des domaines tels que l’énergie transfrontalière, les filets de protection sociale, et les services de santé et les opportunités économiques pour les femmes et les enfants. Le MIGA a fourni 585 millions de dollars pour la garantie des risques politiques en mai 2014 en faveur du Projet d’électricité du gaz de Banda, tandis que l’UE a promis une aide additionnelle d’environ 7 milliards de dollars pendant 7 ans.

Ce progrès louable, sur plusieurs fronts, rend hommage à chacun d’entre vous : Présidents, commissaires, directeurs, responsables et spécialistes techniques. Sans votre volonté, votre engagement et votre enthousiasme à collaborer, rien de ceci n’aurait été possible ! J’aimerais également souligner l’efficacité du modèle de Directeur Pays Coordinateur qui existe dans cette sous-région où un Directeur pays dirige le programme et les autres Directeurs pays dirigent des secteurs particuliers.

Malgré ces nombreux développements positifs, notre parcours ensemble ne fait que commencer et il y a beaucoup de choses à apprendre de nos succès aussi bien que de nos failles. Ces failles comprennent : (a) l’absence de progrès significatifs dans le transport aérien ; (b) l’augmentation significative du temps d’immobilisation des marchandises dans un port important et du nombre de barrages routiers dans certaines zones ; et (c) la multiplication par presque deux du temps de traversée de quelques frontières sur l’axe Abidjan-Lagos. Ces faits constituent une preuve irréfutable et un sombre rappel que la modernisation des transports en Afrique de l’Ouest, de même que dans d’autres parties du monde, exige des réformes politiques et réglementaires et une application coordonnées, et pas seulement des investissements en briques et mortiers.

L’énergie demeure une priorité majeure, mais nous devons poursuivre nos efforts dans les secteurs où notre partenariat peut ajouter de la valeur, peut-être en poursuivant les politiques, réglementations et interconnexions qui facilitent les échanges dans le domaine de l’énergie. Nous partageons l’intérêt sans cesse renouvelé pour les lignes de chemins de fer sur le continent, mais ce point nécessite des analyses beaucoup plus techniques, des ressources financières et une volonté politique établie pour faire des choix difficiles. De ce fait, nous devons être pragmatiques, accorder la priorité à ce qui est faisable et rester ouverts à d’autres possibilités au fur et à mesure que et lorsque les conditions d’avancement seront en place.

En ce qui concerne le Sahel, nous devons adhérer au leadership du Groupe des cinq états frontaliers et nous tenir prêts à appuyer leurs priorités de développement.

Nous n’avions pas prévu la crise liées à l’Ebola et la réponse à tous les niveaux a été plus lente qu’elle n’aurait dû l’être, aussi bien par le GBM que par le reste de la communauté internationale. La crise a également révélé d’importantes faiblesses dans les systèmes régionaux de prévention et de surveillance des maladies infectieuses. Nous sommes fermement engagés à travailler avec vous et avec le reste de la communauté travaillant pour le développement pour prévenir et attaquer de manière plus efficace de telles menaces à l’avenir. À cet effet, nous aidons actuellement le gouvernement nigérian à contenir la réapparition récente de l’influenza aviaire.

Depuis que nous nous sommes rencontrés en Juin 2013, le monde et la sous-région ont continué à changer et nous devrions prendre l’opportunité de notre rencontre d'aujourd'hui pour décider de la manière dont les priorités de notre collaboration devraient être traduites en réponse.

Depuis plusieurs années, les prix flottants des matières premières (et les entrées de capitaux)  ont générés de puissants dynamisme qui ont contribué à soutenir la croissance dans la sous-région et à travers l'Afrique. Ces vents de poupe se sont maintenant transformés en vents contraires : Les prix du pétrole ont chuté de plus de 50 % au cours des quatre derniers mois, reflétant à la fois des facteurs d'offre et de demande. Les prix de nombreux métaux et minéraux ont  chuté à un rythme plus modéré, mais sur une plus longue période.

L'épidémie de la maladie du Virus d'Ebola qui a commencé dans une zone forestière de la Guinée en Décembre 2013 s’est propagée rapidement au Libéria et en Sierra Leone. Depuis lors, plus de 22.000 cas probables, présumés ou confirmés, et plus 8.800 décès, ont été rapportés dans les trois pays. En plus, de la perte énorme en vies humaines, des souffrances et de l'anxiété, les dernières estimations indiquent que les trois pays pourraient perdre près de 1,6 milliard de dollars - ou 12 % de leur PIB combiné – dans leurs prévisions de croissance en 2015.

Dans toute l'Afrique, les conflits conventionnels ou à grande échelle et les guerres civiles ont été en reculé en échelle et en intensité. Cependant, dans certaines régions comme l'Afrique du Centre-Ouest, une nouvelle forme de menaces émerge - trafic de drogue, piraterie maritime, insurgés armés comme Boko Haram au Nigéria, les Touaregs et les soulèvements arabes au Mali. Poussées par l'exclusion, l'idéologie et de l'extrémisme, certaines de ces menaces ne terrorisent pas seulement les communautés, les villages, les femmes et les filles, mais elles mettent également en cause l'autorité et l'existence des Etats-nations tels que nous les connaissons. Pendant ce temps, l'instabilité a augmenté en Libye ce qui a accru la fourniture d'armes illégales, aggravé la situation des rapatriés et donné un nouvel élan à la migration des groupes vulnérables à travers les frontières. En substance, la région est confrontée à un certain nombre de chocs de sécurité endogènes et exogènes. Compte tenu de ce qui est en jeu, la défaite n’est pas une option.

Nous devons également être conscients de la réalité qu'en 2015, les citoyens d'au moins une douzaine de pays africains, dont quatre en Afrique de l'Ouest, se rendront aux urnes pour élire leurs dirigeants politiques nationaux. Certains des sondages devraient être très disputés et mouvementés, tandis que d'autres sont prévus pour apporter un peu de changements. Nous espérons, bien sûr, qu’aucun ne sera marqué par la violence à quelque niveau que ce soit.

Ces évolutions ne sont pas toutes d'égale importance, mais mises ensemble, elles représentent des risques supplémentaires graves pour la sous-région. La CEDEAO et l'UEMOA ont des rôles importants à jouer pour aider à atténuer et, dans certains cas, à éliminer ces risques. Dans le même temps, il y a des opportunités, en particulier pour les pays importateurs de pétrole, que nous espérons, la CEDEAO et l'UEMOA vont les aider à saisir.

Alors que de vastes réformes sectorielles doivent se poursuivre et s’appuyer sur les progrès déjà réalisés, nous devrions explorer quelques priorités qui pourraient diversifier et transformer considérablement la sous-région, et réduire les principales menaces. Pour lancer les discussions, nous aimerions proposer les cinq priorités suivantes : (i) Approfondir nos efforts conjoints dans l'agriculture ; (ii) Appuyer la mise en œuvre du TEC ; (iii) Aider à établir une Autorité de transport Abidjan-Lagos effectif et rendre le marché du transport aérien plus efficace ; (iv) Soutenir les efforts de la région pour totalement éradiquer le virus Ebola et prévenir la propagation d'autres maladies infectieuses ; et (v) Mettre en place les conditions transfrontalières pour les communautés pour créer des opportunités économiques mutuellement bénéfiques et prévenir les conflits. Cela ne signifie pas l'arrêt d'autres activités mais plutôt concentrer nos efforts conjoints sur moins de thèmes principaux au cours de la prochaine année.

Une priorité devrait être d'accélérer les réformes qui simulent une croissance économique plus diversifiée, inclusive et durable en exploitant la possibilité d’investissements privés. Il y a quelques solutions de facilité déjà adoptées par les réformes politiques mais maintenant l'accent doit être orienté sur une à la mise en œuvre rigoureuse. Cela s’applique particulièrement aux les réformes politiques de semences, de pesticides et des engrais. L'accès aux engrais adéquats et aux semences modernes pourrait facilement augmenter les rendements des produits alimentaires de base par deux ou trois fois dans la région. LA CEDEAO et l'UEMOA devraient continuer à travailler avec les Etats membres sur d'autres mesures comme l'élimination de jure et de facto des obstacles au commerce intra-régional.  Cela devrait être associé à un effort pour aider les pays à développer des dispositifs de protection sociaux nationaux qui réduisent les pressions des interdictions d'exportation et d'autres mesures inefficaces visant à améliorer la sécurité alimentaire. Puisque tous les pays peuvent ne pas être prêt à progresser en   même temps et au même rythme, la CEDEAO et l'UEMOA devraient également envisager d'avancer des réformes fondées sur le principe de la géométrie variable.

Nous allons fournir un appui technique pour la mise en œuvre du TEC et de l'APE - sans doute les plus importants développements en politique commerciale de plus d'une décennie. Il n’y a, pour l'instant, pas de consensus sur les questions essentielles comme : (i) la perte de recettes résultant de l'APE et si ces pertes ont été suffisamment prises en compte dans l’indemnité compensatoire accompagnant l'APE ; et (ii) l'impact à la fois du TEC et de l'APE sur les industries nationales, l'emploi, les consommateurs et la pauvreté.

L'analyse du GBM pour le Nigéria et les premiers résultats pour le Ghana et le Sénégal a montré que l'APE bénéficierait à  la plupart des entreprises de fabrication en diminuant les coûts des intrants et des biens d'équipement. La plupart des entreprises pour lesquelles un impact négatif pourrait se matérialiser font actuellement des profits supérieurs à la moyenne, et l'effet de l'APE serait de les réduire sensiblement. Cependant, les premiers résultats sur la réforme du TEC semblent également indiquer que les impacts de la protection supplémentaire du TEC (sur essentiellement les produits de consommation de base) toucheront davantage les  plus pauvres que les autres couches de la population. Les impacts varient aussi considérablement selon les pays. Les ministres ont demandé à ce que la mise en œuvre du TEC et de l'APE progresse, le GBM devrait fournir une assistance continue sous la forme d'analyse et de dialogue régionales spécifique à chaque pays. Nous le ferons.

Améliorer la performance du système de transport dans la sous-région stimulerait la compétitivité, la productivité et aiderait à maximiser les avantages du TEC et de l'APE. Nous saluons la décision officielle prise au mois de mars dernier lors du 44ème Sommet 44e des Chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO à Yamoussoukro de créer l'autorité du corridor CEDEAO Abidjan-Lagos afin de construire et gérer l'autoroute à six voies, et mettre en place une autorité de gestion du corridor avec statut supranational. Nous saluons également l'engagement des signataires à contribuer à hauteur de 50 millions de dollars pour les activités préparatoires au titre du projet. Il existe une expérience mondiale considérable dans la structuration et la gestion effective des autorités de corridor, et nous croyons fermement qu'un tel organe aussi efficace peut transformer de manière significative Afrique de l'Ouest. Nous sommes prêts à partager l’expérience internationale, mobiliser des ressources financières et apporter un soutien institutionnel complémentaire, une politique et des réformes réglementaires pour aider à réaliser cet impact transformationnel.

Nous sommes encouragés par la décision prise par les Chefs d'Etat lors du Sommet de l'Union Africaine, il y a deux semaines pour créer un Marché Unique du Transport Aérien Africain pour les compagnies aériennes africaines au 1er Janvier 2017. Nous nous félicitons de la décision prise par l'Egypte, l'Ethiopie, le Kenya, le Nigéria et l’Afrique du Sud d'ouvrir immédiatement et sans conditions leurs marchés de transport aérien respectifs. Ce sont des pas dans la bonne direction, mais il y a davantage à faire. Les 24 millions de passagers par an du marché aérien de l'Afrique de l'Ouest est déséquilibré et caractérisé par de faibles volumes intra-régionaux. Plus de 60 % du trafic des 24 millions de passagers de l'Afrique de l'Ouest a lieu au Nigéria ; seuls trois autres pays ont une demande totale de plus de 1 million de passagers par an (Ghana, Cap-Vert et Sénégal). Le flux du trafic intérieur représente près de la moitié de la demande totale dont 88 % du Nigéria. Les droits de trafic avec les pays ouest-africains sont encore gérées et régies par des accords bilatéraux de services qui sont souvent trop contraignants et protecteurs des transporteurs nationaux. En conséquence, le transport aérien en Afrique de l'Ouest est sensiblement plus cher que dans d'autres parties du monde, moins fiable et impose de lourdes charges sur les passagers et sur l'économie dans son ensemble.

La libéralisation de l'espace aérien aidera, et ce qui est à notre portée est l'application multilatérale de la Décision de Yamoussoukro. Il y a aussi une nécessité d'un accord régional sur le niveau maximum de taxes et redevances d'infrastructure de transport aérien pour favoriser une plus forte demande et la solvabilité financière des compagnies aériennes. Nous demandons à la CEDEAO et à l'UEMOA de saisir l'occasion de diriger la sous-région dans une initiative qui serait de développer des services de transport aérien qui sont au moins comparables à ceux de l'Afrique de l’Est et Australe. Nous sommes prêts à vous aider à préparer un Document de Politique sur les transports aériens de l'Afrique de l'Ouest en fournissant un soutien technique pour : (i) l'analyse comparative du système ; (ii) la consultation des intervenants de l'industrie ; et (iii) l'examen des redevances de l'aviation ; en vue de présenter une proposition concrète aux Chefs d'Etat et de Gouvernement lors de leur prochain sommet.

Une sous-région plus connectée a aussi besoin d’avoir une meilleure capacité à faire face aux maladies infectieuses, tout en soutenant les trois pays directement touchés  dans leur rétablissement après Ebola. Je félicite et encourage les efforts déployés par la CEDEAO et ses États membres à partager leurs expériences et, en particulier, d'apprendre de ces pays qui ont rapidement jugulé la maladie. Jusqu'à présent, le Groupe de la Banque mondiale a mobilisé près de 1 milliard de dollars pour le financement des pays les plus durement touchés par la crise d'Ébola. Ce montant est composé de 518 millions de dollars de l'Association Internationale de Développement (AID) pour la riposte à l'épidémie, et au moins 450 millions de dollars de la Société Financière Internationale pour permettre le commerce, l'investissement et l'emploi en Guinée, au Libéria et en Sierra Léone. L'IDA a également créé le fonds multi-bailleurs pour le secours d’urgence à l’automne dernier, appelé le Fonds d'Affectation Spéciale pour le Rétablissement et la Reconstruction après Ebola (ERRTF). L’ERRTF complète d'autres instruments financiers de la Banque comme par exemple ceux pour le retour des enfants à l'école ; l’établissement de systèmes de paiement plus sécurisés et précis pour les travailleurs de la santé ; l’aide aux agriculteurs pour l’acquisition de semences pour la plantation ; et la fourniture des ressources pour l’amélioration des routes rurales. Nous sommes maintenant prêts à investir jusqu'à 300 millions de dollars dans la construction de systèmes de santé régionaux, y compris le renforcement des réseaux de laboratoires pour le diagnostic précoce et des installations de traitement.

Enfin, une sous-région plus connectée doit être une sous-région plus sécurisée pour bénéficier pleinement de l'intégration régionale. Nous devrions utiliser une diplomatie efficace pour tisser des coalitions solides entre les communautés politiques, de sécurité et de développement pour aider à changer la dynamique actuelle dans la sous-région vers plus de paix, de stabilité et de prospérité partagée. Lors du récent Sommet de l'UA, les dirigeants africains ont convenu d'envoyer 7.500 soldats pour combattre l'insurrection Boko Haram dans le nord-est du Nigéria, avec le soutien de la communauté internationale, y compris les Nations Unies. Depuis mai 2013, le Groupe de la Banque mondiale a combiné ses efforts avec ceux des Nations Unies et d'autres partenaires impliqués dans la diplomatie du développement pour répondre aux pilotes régionaux de certains des conflits les plus difficiles en Afrique, à la pauvreté, à l'extrémisme et aux menaces locales et mondiales qu'ils génèrent. L'initiative du Sahel mentionné précédemment était la deuxième des trois entreprises jusqu'à présent. Nous sommes prêts à explorer les possibilités d'une quatrième initiative régionale autour de l'Afrique Centre-Ouest s’il y a un engagement politique aux niveaux régional et national pour le faire.

Nous espérons que la discussion de ce jour sera fructueuse et permettra d’identifier quelques priorités de transformation, des programmes de travail, un calendrier et la division des responsabilités. Ce faisant, nous souhaitons nous appuyer sur le modèle utilisé depuis juin 2013 avec des ajustements mineurs qui reflètent les leçons tirées de notre expérience commune.

Nous espérons discuter des points-clé de nos délibérations avec le Président Mahatma, Président de la CEDEAO, et lui proposer quelques sujets de discussion pour la prochaine réunion des Chefs d’État de la CEDEAO.

Nos directeurs, responsables et experts techniques sont prêts à partager leurs responsabilités avec leurs partenaires pour travailler sur les objectifs selon un calendrier fixé de commun accord.

Nous aimerions proposer que pendant nos assemblées de printemps (la semaine du 12 avril 2015), nous rencontrions M. Diop, Vice-président régional, pour faire le bilan du progrès et susciter un nouveau dynamisme. Nous espérons également que M. Diop sera invité à participer au prochain sommet des Chefs d’État de la CEDEAO pour aider à faire avancer l’agenda sur lequel nous nous sommes entendus.


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À Accra
Kafu Kofi Tsikata
Téléphone : +233-30-221-4145
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À Abuja
Obadiah Tohomdet
Téléphone : +234-703-583-0641
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À Washington
Aby Toure
Téléphone : +1-202-473-8302
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