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DISCOURS ET TRANSCRIPTIONS

Œuvrer au développement de la région des Grands Lacs

Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique

Cérémonie de signature de l’accord de financement des projets Central African Backbone (cinquième phase du Programme régional de réseaux de télécommunications hauts débits en Afrique Centrale) et du Projet d’urgence relatif à la violence sexuelle et basée sur le genre et la santé des femmes dans la région de Grands Lacs

Kinshasa, République démocratique du Congo

25 juillet 2014

Tel que préparé pour l'allocution

Contacts médias

Excellence Monsieur le Ministre délégué aux finances,
Mesdames et messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations gouvernementales et non gouvernementales,
Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

Je suis très heureux de saisir l'opportunité que m'offre ma visite en  RDC pour participer à la signature de deux projets très symboliques du  partenariat  entre la Banque mondiale et la RDC. Les projets que nous signons cet après-midi sont, en effet, la concrétisation de l’initiative  globale pour les Pays des Grands Lacs lancée à la suite de la visite conjointe en mai 2013 dans la région, du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon.  

Pour rappel, cette initiative  avait  pour objectif  majeur d'appuyer l’accord de paix  des pays des  Grands Lacs signé en février 2013 par 11 pays.  Il se proposait d’aider les pays de la région à réduire la pauvreté et à promouvoir la prospérité partagée en ciblant certains des groupes les plus vulnérables, à accroître les échanges transfrontaliers et à financer des projets hydroélectriques.

Pour la Banque mondiale, il était  important de soutenir cet accord de paix car nous considérons que la sécurisation et le développement de la région des Grands Lacs sont essentiels aux efforts déployés par l'Afrique pour réduire l'extrême pauvreté et créer des opportunités économiques  pour des millions de personnes. 

La  cérémonie d’aujourd’hui atteste donc de notre détermination  à faire de la paix, le socle de nos interventions dans des secteurs aussi différents que les télécommunications et l’appui aux survivants de violences sexuelles basées sur le genre. 

Avec la mise en œuvre de la cinquième phase du Programme régional de réseaux de télécommunications hauts débits en Afrique Centrale (le projet CAB5), la RDC va relever un défi important. Comme vous le savez, les télécommunications sont aujourd’hui l’un des principaux moteurs du développement et de la croissance économique. La République démocratique du Congo ne  fait pas exception, et ceci, pour plusieurs raisons :

  • les revenus des opérateurs mobiles représentent à eux seuls 2% du PIB
  • l’impact économique total du secteur des télécoms en Afrique centrale représente 3.5% du PIB
  • une augmentation de 10% du taux de pénétration du mobile se traduira par une augmentation de 4.5% du PIB.

Grâce à ce projet de plus de 90 millions de dollars,  la Banque mondiale  accompagnera l’initiative du gouvernement de développer le très haut débit par le financement d’environ 3000 km de liens de fibre optique dans les régions de Kinshasa et du Bas-Congo mais aussi en construisant les réseaux optiques dans l’Est du pays pour relier Lubumbashi à Goma. Ainsi ce projet permettra non seulement au pays de disposer d’un réseau national de référence, mais aussi d’être interconnecté aux pays voisins : la Zambie, le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda mais aussi l’Angola et la République du Congo

À l’horizon 2017, de Kinshasa à Lubumbashi, de Goma à Kisangani, et dans l’ensemble des provinces de ce vaste pays, tous les habitants de la RDC bénéficieront  de services de communications fiables et abordables qui favoriseront les échanges non seulement entre les régions de la RDC, mais également entre la RDC et les pays voisins, notamment dans la région des Grands Lacs.

Combattre la violence basée sur le genre

Le deuxième projet dont nous signons également l’accord aujourd’hui  me tient particulièrement à cœur. Le Projet  d’urgence relatif à la violence sexuelle basée sur le genre et la santé des Femmes dans la Région de Grands Lacs est, en effet, le premier  en Afrique pour la Banque Mondiale à se focaliser sur des survivants de la violence sexuelle  et à leur proposer des services intégrés combinant à la fois  des soins de santé, un soutien psychologique, une aide juridique et un appui à l’autonomisation économique, ainsi que des actions pour prévenir la violence.

Il devenait crucial  pour la Banque mondiale de s'engager dans la lutte contre ce fléau de notre temps,  étant donné ses impacts majeurs sur le développement et le défi important qu’il constitue dans la résolution des questions de santé publique.  Ainsi et au-delà des dommages physiques et psychologiques pour les personnes concernées, la violence basée sur le genre comporte aussi des coûts sociaux et économiques importants. De même, il est notoire qu’un climat de peur empêche la participation à la vie économique, sociale et politique; Les survivantes sont souvent confrontées à la stigmatisation et le rejet par leurs conjoints, les familles et les communautés. Somme toute, l’ensemble de ces éléments affecte profondément la cohésion sociale et constitue un frein à la paix, au développement et à la réduction de la pauvreté.

La Banque Mondiale salue, au passage, les progrès importants réalisés par le gouvernement pour améliorer l'accès aux services de santé maternelle et reproductive. Nous croyons fermement que les réformes novatrices telles que le financement basé sur la performance mettra l'accent sur les résultats, améliora la redevabilité et renforcera les systèmes nationaux. En dépit des efforts jusqu’ici consentis, du chemin  reste encore à parcourir pour accélérer les progrès vers la réalisation des OMDs liés à la santé. 

Ce projet régional fournira un appui à la RDC, au Burundi et au Rwanda, ainsi qu’à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Sur le montant global de 107 millions du projet,  73 millions  sont destinés  à la RDC, notamment pour des actions ciblant des personnes vulnérables dans les deux Kivu ou en partenariat avec le gouvernement ; le projet permettra : (i) d’élargir la prestation de services intégrés au niveau communautaires et au niveau des formations sanitaires afin de limiter l’impact à court et moyen terme de la violence sexuelle lié au genre, et (ii) d’élargir l'utilisation d’un ensemble d'interventions de soins de santé destiné aux femmes pauvres et vulnérables.

L'espoir  est désormais   permis  car ce sont  plus de 30 000 survivants de violence sexuelle qui seront assistées, 280 000 femmes qui pourront bénéficier de visites prénatales et 337 000 accouchements qui seront assistés par du personnel de santé qualifié.  Ce sont là des chiffres encourageants mais hélas insuffisants car il nous faut continuer à travailler sans relâche pour améliorer le sort de nombreuses personnes vulnérables dont la santé, la sécurité et l’avenir ont été  tragiquement compromis.

Il nous reste donc de nombreux défis à relever. La mise en œuvre de ces deux ambitieux projets ne peut réussir que si nous continuons de travailler  étroitement ensemble, comme nous avons pu le faire jusqu’ici. C’est ici l’occasion pour moi  de saluer la  fructueuse collaboration qui unit depuis de nombreuses années, la Banque mondiale et la RDC et de réitérer notre engagement  à accompagner tous les efforts de développement. Nous avons en effet la ferme conviction que ce pays  a tous les atouts pour devenir la locomotive de l’Afrique.

Que vive la coopération entre  la  Banque mondiale et la RDC ! Je vous remercie.