COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Qu’en est-il des prix pétroliers ?

27 juillet 2016


La faiblesse probablement durable des prix pétroliers entraîne des changements dans les économies du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord

WASHINGTON, 28 juillet 2016 — Avec le marché du pétrole qui entre dans une nouvelle norme de prix bas, les prix du baril devraient se stabiliser autour d’une fourchette comprise entre 53 et 60 dollars d'ici à 2020, tandis que l’offre et la demande devraient s’équilibrer. Ces phénomènes auront d’importantes conséquences sur les économies du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA).

Telles sont les prévisions contenues dans la dernière édition du Bulletin trimestriel d’information économique de la région MENA, publié par la Banque mondiale sous le titre Whither Oil Prices? (Quid des prix pétroliers ?). Les auteurs de l’étude constatent que les producteurs de pétrole de la région MENA sont confrontés depuis plusieurs années à la faiblesse des cours pétroliers. et de déficits budgétaires croissants. Plusieurs pays — Libye, Iraq, Syrie et Yémen — doivent en outre faire face aux conséquences dévastatrices de la guerre civile et des déplacements forcés de populations qui exacerbent les pressions exercées sur des budgets déjà soumis à rude épreuve.

Selon le rapport, les soldes budgétaires des pays exportateurs de pétrole de la région sont passés d’un excédent de 128 milliards de dollars en 2013 à un déficit de 264 milliards de dollars en 2016. l’an dernier et devrait en perdre encore 100 milliards cette année. En 2015, tandis que celles de l’Algérie baissaient de 28 milliards de dollars et celles de l’Iraq de 27 milliards de dollars.

«  et prennent des mesures audacieuses pour remplacer l’ancien contrat social, en vertu duquel l’État fournissait aux citoyens des subventions sur les combustibles et l’alimentation ainsi que des emplois dans le secteur public, par un nouveau contrat selon lequel l’État s’attache à promouvoir la création d’emplois dans le secteur privé et à donner aux citoyens les moyens de prendre leurs propres décisions en matière de consommation », déclare Shanta Devarajan, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Dans l’ensemble de la région, les gouvernements adoptent des mesures longtemps jugées impensables, comme les prélèvements fiscaux, la suppression des subventions sur les combustibles et la réduction de l’emploi et des salaires dans le secteur public. Les pays exportateurs de pétrole coupent presque tous les subventions en faveur des combustibles, de l’électricité, du gaz et de l’eau. Nombre d’entre eux compriment les dépenses publiques et certains, comme l’Algérie, ont gelé les embauches dans le secteur public. Des pays importateurs de pétrole tels que le Maroc, l’Égypte et la Jordanie, qui ont commencé à réformer leur système de subventions en 2014, renoncent désormais à la fixité des prix des combustibles sur le marché intérieur au profit de prix alignés sur les cours mondiaux. Le Maroc et plusieurs pays du CCG ont pris des mesures pour améliorer le rendement énergétique, réduisant du même coup leurs émissions de carbone. Si ces réformes sont poursuivies, elles amélioreront l’efficience économique générale des pays de la région MENA dans les années à venir.

« En raison des changements de comportement radicaux des acteurs du marché,  », prédit Lili Mottaghi, économiste pour la région MENA à la Banque mondiale et principal auteur du rapport. « En absence d’une reprise soutenue de la demande, l’offre restera excédentaire sur le marché et la faiblesse des cours pétroliers persistera sans doute au moins jusqu’à la fin de 2020 ».

Une nouvelle normalité s’est donc installée sur le marché pétrolier en raison de l’évolution du rôle des intervenants. En outre, l’Arabie Saoudite semble avoir renoncé à son rôle de producteur d’appoint chargé d’absorber les fluctuations de l’offre et de la demande mondiales. Avec plus de 4 000 puits inactifs et un temps de réaction d’environ quatre à six mois pour augmenter ou réduire la production — contre plusieurs années pour les producteurs conventionnels —, l’industrie américaine des schistes bitumineux commence à faire figure de producteur marginal déterminant de facto les cours sur le marché du pétrole.   

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