COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Les pénuries d’eau freinent la production d’énergie dans le monde

20 janvier 2014


« Thirsty Energy » : une nouvelle initiative vient aider les pays à atténuer les effets des pénuries d’eau sur la sécurité énergétique

ABOU DHABI, 20 janvier 2014. À l’occasion du Sommet mondial des énergies du futur et du Sommet mondial de l’eau qui se tiennent à Abou Dhabi, la Banque mondiale inaugure une nouvelle initiative destinée à aider les pays en développement à mieux planifier et gérer l’expansion des capacités énergétiques liée à l’essor de la demande, selon une approche de collaboration avec la gestion des ressources en eau.

La production d’énergie, qui exige beaucoup d'eau, doit faire face aux difficultés d’approvisionnement que l’on constate à travers le monde, tant en termes de ressources disponibles que d’accès.

Pour la seule année écoulée, les pénuries d'eau ont causé la fermeture de centrales thermiques en Inde, fait chuter la production énergétique des centrales aux États-Unis et menacé les capacités de production hydroélectrique de nombreux pays, dont le Sri Lanka, la Chine et le Brésil.

Un problème qui, selon les projections, ne peut que s'aggraver : d'ici 2035, la consommation énergétique mondiale augmentera de 35 %, ce qui déterminera une hausse de la consommation d'eau de 85 %, d’après l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

« L’eau et l’énergie sont deux secteurs inextricablement liés, souligne Rachel Kyte, vice-présidente et envoyée spéciale du Groupe de la Banque mondiale pour le changement climatique. Alors que ces deux ressources font l’objet d’une hausse de la demande mondiale et que l’on est en outre confronté aux difficultés que pose le changement climatique, la pénurie d'eau menace la viabilité à long terme des projets énergétiques, avec de graves conséquences pour le développement ».

Pour le secteur de l'énergie, le défi réside en particulier dans la concurrence qui s’exerce sur la demande d’eau. Cette demande augmentera à mesure que la population mondiale s'approchera des 9 milliards d'habitants, ce qui exigera un accroissement de 50 % de la production agricole et de 15 % des prélèvements sur les ressources en eau, déjà mises à rude épreuve. Sachant qu’en 2030 les deux tiers de la population mondiale vivront en ville — soit cinq milliards de personnes —, les agglomérations des pays en développement seront soumises à de considérables tensions pour répondre à la demande de nourriture, d'énergie et d'eau. À l’heure actuelle, quelque 780 millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et 2,5 milliards, soit plus d'un tiers de la population mondiale, n'ont pas accès aux services élémentaires d'assainissement.                                  

Afin d’aider les gouvernements à se préparer aux incertitudes de l’avenir, la Banque mondiale a mis en place une nouvelle initiative mondiale baptisée Thirsty Energy et consistant à :

·         identifier les synergies entre les plans de développement énergétique et l’utilisation des ressources hydriques, et déterminer les arbitrages à trouver ;

·         expérimenter des modes de planification intersectorielle pour garantir la viabilité des investissements dans les secteurs de l’énergie et de l’eau ;

·         élaborer des outils d'évaluation et des cadres de gestion pour aider les gouvernements à coordonner les processus décisionnels.

Avec le secteur de l'énergie comme point de départ, des travaux ont déjà été engagés en Afrique du Sud, et des discussions entamées au Bangladesh, au Maroc et au Brésil, ces pays ayant en commun de devoir déjà faire face à ce double défi de l’eau et de l’énergie, et d’être donc en demande d’approches intégrées.

Le défaut d’anticipation des contraintes hydriques dans les investissements énergétiques a pour conséquence une hausse des coûts et des risques. De fait, l’approvisionnement en eau est considéré comme un risque important pour la plupart des compagnies d’énergie et d’électricité, qui sont nombreuses à faire état de retombées négatives sur leur activité.

Le problème est trop vaste pour être résolu de manière isolée, tant sur le plan des secteurs que des partenaires concernés.

« Les pénuries d'eau touchant le secteur énergétique peuvent être surmontées, mais toutes les parties prenantes, publiques et privées, doivent unir leurs forces pour mettre au point des outils novateurs et intégrer le facteur eau dans l’évaluation de la viabilité des projets, affirme Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l'AIE, en soulignant que « l’'absence d'une planification intégrée n’est pas viable ».

Les solutions existent, mais les pays doivent continuer d'innover et d'adopter des politiques et des technologies pour s'adapter à la complexité de la situation. Ces solutions reposent notamment sur la mise au point et l'adoption de nouvelles technologies et l'amélioration des modes d’exploitation afin de réduire la consommation d'eau et les impacts sur la qualité de l'eau. Elles passent aussi par une solide intégration de la planification entre les deux secteurs en jeu.

« Sans eau, nous ne pouvons pas atteindre nos objectifs énergétiques mondiaux, à savoir donner aux pauvres accès à l’électricité, promouvoir la maîtrise de l’énergie et développer les énergies renouvelables. L’interdépendance de l’eau et de l’énergie est fondamentale pour la mise en place de systèmes énergétiques propres, efficients autant que résilients. C'est maintenant qu'il faut agir », insiste Mme Kyte.

                                                                                                    

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2014/297/SDN

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