publication 06 septembre 2017

Le pari gagnant du Rwanda : stimuler l’économie grâce aux exportations non traditionnelles

Dernier numéro: 
  • Septembre 2017
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Dieudonné est à la tête d’une petite entreprise florissante d'exportation de piments.

Photo: Dieudonné Twahirwa


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Situation économique du Rwanda : soutenir la croissance grâce aux nouveaux produits d’exportation
Grâce à l’essor de nouveaux produits tels que le piment, les exportations rwandaises ont quadruplé en 10 ans.

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LES POINTS MARQUANTS

  • Le dernier rapport sur la situation économiques du Rwanda souligne le rôle clé des exportations non traditionnelles dans les performances du pays en 2016.
  • Certains produits agricoles, comme les piments et d’autres cultures horticoles, se sont hissés au deuxième rang des exportations non traditionnelles, derrière les minerais.
  • La poursuite de cette dynamique des exportations du Rwanda passe par l’identification et le démantèlement des barrières non tarifaires au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est.

KIGALI, 6 septembre 2017 — Lorsqu’en 2013, Dieudonné Twahirwa démissionne de son poste de cadre chez Pyrethrum, cet agronome de 29 ans n’envisage pas à court terme de se lancer dans l’exportation de piments. Après une formation à la création d’entreprise, il était plutôt en quête d’une activité stimulante, dynamique et rentable. Aujourd’hui, Dieudonné est à la tête d’une petite entreprise florissante de négoce agricole et recherche de nouveaux débouchés pour la développer.

Après à peine deux ans d’activité, Twahirwa’s Gashora Farm Ltd a déjà exporté 24 tonnes de piments frais vers le Royaume-Uni, pour une valeur de 17 000 dollars, 100 litres d’huile pimentée vers les États-Unis et la Suisse, pour 6 070 dollars, et devrait exporter ce mois-ci six tonnes de piments African Bird Eye vers la Belgique, valorisées à 30 000 dollars.

« Le marché étranger semble avoir un appétit insatiable pour toutes les variétés de piment, qui offrent des prix plus stables que le thé et le café, malgré une période de récolte plus courte », s’enthousiasme le chef d’entreprise qui, ayant réalisé que ses 6 hectares de superficie initiale ne suffiraient pas à alimenter ses clients, en exploite désormais 160 avec d’autres cultivateurs. Aujourd’hui, il récolte dix tonnes de piments séchés à chaque saison.

Pendant des décennies, le café et le thé ont dominé les exportations agricoles traditionnelles du Rwanda. Mais si ces produits restent des sources de revenu incontournables, elles représentent désormais moins de la moitié des recettes d’exportation depuis l’émergence de nouveaux produits comme les piments.

C’est l’un des grands constats du 10e rapport sur la situation économique du Rwanda, intitulé en anglais Sustaining Growth by Building on Emerging Export Opportunities et consacré notamment au levier de croissance que constituent ces nouveaux produits d’exportation.

 

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Camions traversant la frontière entre le Rwanda et la Tanzanie à Rusumo. Photo: Rogers Kayihura/Banque mondiale

 

Selon ce rapport, les exportations rwandaises ont quadruplé en dix ans, passant d’à peine 400 millions de dollars en 2007 à 1,6 milliard de dollars en 2016. Une progression qui s’est accompagnée de l’essor de nouveaux produits d’exportation, qui se sont imposés comme un moteur de croissance incontournable. Les produits agricoles se sont hissés au deuxième rang de ces exportations non traditionnelles, derrière les minerais.

« Malgré les difficultés rencontrées tout au long du processus, l’horticulture possède un réel potentiel. En plus d’une demande externe grandissante pour ces produits, le marché local se développe progressivement, surtout en milieu urbain », souligne Dieudonné Twahirwa qui envisage sérieusement de se diversifier.

Avec plus d’un million d’emplois, le secteur horticole pourrait, en se développant, améliorer les niveaux de vie dans tout le pays. Selon le Conseil national des exportations agricoles (NAEB), le tassement des recettes tirées de l’horticulture en 2014 et 2015, qui sont passées de 9 millions de dollars à 6,7 millions, s’explique essentiellement par une baisse des volumes pendant cette période. Bien conscientes du problème, les autorités s’efforcent de remédier à cette volatilité. En juin dernier, le NAEB a conclu un accord de coentreprise avec ProDev Bugesera, une entreprise locale, pour renforcer le potentiel des produits horticoles du pays à l’export. Le but est de développer une agriculture commerciale moderne dans les marais de Gashora et de soutenir la culture de légumes offrant de réelles perspectives en termes d’exportation.

Le rapport avance une série de recommandations pour étayer durablement la croissance des exportations : le Rwanda doit notamment maintenir un taux de change concurrentiel en évitant toute distorsion de la monnaie, donner la priorité à l’agriculture, véritable secteur stratégique pourvoyeur de produits de base pour une industrie agroalimentaire émergente, et poursuivre l’engagement sur le plan régional afin d’identifier et de démanteler les barrières non tarifaires au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est.

Pour en savoir plus sur cette question et les tendances économiques actuelles du pays, consulter la version intégrale de la dernière édition du Rapport sur la situation économique et ses conclusions.


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