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Améliorer l'accès aux infrastructures sociales de base et aux moyens de subsistance grâce au développement communautaire dans les zones urbaines

25 novembre 2013


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World Bank Group

Financé par l'IDA, le Projet national de développement communautaire participatif en milieu urbain (PRODEPUR) a contribué à améliorer l'accès aux infrastructures et services sociaux de base, et a permis de générer des possibilités d'activités rémunératrices pour les populations des zones urbaines défavorisées.

Défis

En 2008, les conditions de vie dans les zones urbaines défavorisées d'Haïti figurent parmi les plus difficiles  du continent américain. Alors que l’exode rural s’accélère, la forte cohésion sociale qui prime dans les campagnes s’étiole, faisant sauter les barrières qui dissuadent les jeunes migrants de sombrer dans la violence et les activités criminelles.

Aujourd’hui encore, les zones urbaines défavorisées d'Haïti restent confrontées à des problèmes majeurs : forte pression démographique, grande pauvreté dans les zones métropolitaines, et manque d'accès aux infrastructures et services de base, notamment en matière de santé et d'éducation. En plus du chômage élevé et de la pauvreté, la malnutrition est omniprésente. L'accès insuffisant à l’eau salubre et à l’assainissement ainsi que l'absence de collecte des déchets ménagers constituent des menaces pour la santé et l'environnement, particulièrement dans le contexte d'une épidémie de choléra. 

Par ailleurs, à cause du manque de planification, de capacités techniques et de cadre juridique et réglementaire clair, l'action des autorités locales dans les zones urbaines défavorisées souffre d'un manque de cohérence et de supervision des multiples initiatives de développement municipales. 

Solution

Dans ce contexte, le PRODEPUR, financé à hauteur de 15,7 millions de dollars par l'IDA, fournit une approche du développement selon laquelle les communautés et leurs institutions bénéficient d'un pouvoir de décision et de contrôle sur les ressources financières destinées aux investissements qui les concernent. Cette approche a démontré son efficacité dans d'autres régions d'Haïti dans le cadre du Projet national de développement communautaire (PRODEP).

Les sous-projets choisis et mis en œuvre par les communautés visent à combler les lacunes en matière de prestation de services et d'infrastructures : amélioration de l'accès à l'électricité et à l'eau, réhabilitation des routes, et amélioration des marchés et des moyens de subsistance. Par exemple, un élevage de plus de 6 000 poulets a été mis en place pour fournir un approvisionnement alimentaire durable tout en créant des emplois et en réduisant les coûts pour les résidents de Cité Soleil et Bel-Air, deux des quartiers les plus vulnérables et les plus violents de Port-au-Prince. Grâce à l'installation de plus de 100 réverbères solaires donnant  accès à l'électricité pour 120 000 habitants, les enfants peuvent désormais étudier la nuit, les commerces peuvent rester ouverts plus longtemps et les femmes peuvent se déplacer dans le quartier avec plus de sécurité.

Le PRODEPUR contribue également à renforcer la cohésion sociale dans un contexte de forte migration urbaine en favorisant l'action collective, la prise de responsabilités au niveau municipal et la participation des femmes, et en encourageant l'accès à l'information et la transparence dans la prise de décision. De plus, le projet renforce les capacités des organisations communautaires existantes qui ont fait la preuve de leur efficacité, contribuant ainsi à réduire la criminalité et la violence (notamment entre les gangs), tout en renforçant la confiance dans les solutions locales et la gouvernance. 

Résultats

  • Avec plus de 400 sous-projets réalisés, l'initiative PRODEPUR a contribué à améliorer les conditions de vie de plus de 270 000 personnes :
  • Accès à l'eau à plus de 38 000 personnes ; 
  • 120 000 personnes bénéficient d’électricité grâce à des lampadaires solaires; 
  • Amélioration de l'état des quartiers défavorisés par le biais de la construction de bâtiments publics, de la réhabilitation et du bétonnage des routes, des rues et des allées (8,12 km), ce qui a permis à la population d'accéder aux centres de santé, aux écoles, aux marchés et aux autres services situés dans les communautés voisines ;
  • Amélioration de la qualité de l'eau et de l'assainissement par le biais de la construction de latrines bénéficiant à environ 7 000 habitants, de la construction et de la réhabilitation de 10 km de canaux de drainage, et de la fourniture d'un système de traitement de l'eau ou de points de distribution pour 130 000 personnes ;
  • Amélioration de l'accès à l'éducation par le biais de la construction et de la réhabilitation de sept écoles et de 20 classes communautaires, du paiement des frais de scolarité des élèves issus de familles pauvres, et de la fourniture de livres à 3 850 garçons et filles ;
  • Création de plus de 100 initiatives génératrices de revenus : boutique communautaire, élevage de poulets et production d'œufs à Cité Soleil, pâtisserie et services de traiteur, atelier de transformation de fruits, et autres activités fournissant une formation professionnelle aux femmes et favorisant l'entrepreneuriat.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

La Banque a contribué au projet à hauteur de 15,7 millions de dollars sous la forme d'un don de l'IDA.

Perspectives

Dans le contexte d'un État fragile et aux capacités limitées, la Banque mondiale, le Gouvernement haïtien et d'autres partenaires de premier plan prévoient de réaliser une évaluation des résultats obtenus par les initiatives de développement communautaire ainsi qu'une analyse de la marche à suivre pour améliorer les infrastructures et la prestation de services au niveau municipal.

Bénéficiaires

Le projet s'est traduit par une amélioration de l'accès aux infrastructures et services sociaux de base, tout en fournissant un accès à des possibilités d'activités rémunératrices à plus de 270 000 personnes vivant dans des zones urbaines défavorisées de Port-au-Prince (Cité Soleil, Bel Air et Delmas) ainsi que dans d'autres quartiers de Cap-Haïtien, St Marc et Gonaïves (pour un total de 21 zones urbaines).


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120 000
personnes bénéficient d’électricité grâce à des lampadaires solaires.


CARTE DU PROJET