COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Les échanges commerciaux, un gage de croissance et d’intégration: Les pays du Maghreb s’engagent à augmenter les échanges régionaux

14 juin 2012




Rabat, le 14 juin 2012- Les cinq pays du Maghreb ont approuvé un plan global permettant de dynamiser les échanges commerciaux régionaux actuellement en recul, au moyen d’investissements dans les infrastructures de base, d’harmonisation des procédures douanières et d’expansion transfrontalière des services logistiques et de transport. L’accord, conclu à la fin d’un atelier ministériel sur la facilitation des échanges commerciaux tenu à Rabat (Maroc), constitue une formule visant une plus grande intégration économique avec en perspective des gains en matière de productivité pour les producteurs locaux ainsi que la création d’un marché régional de plus de 90 millions de consommateurs.

“Tous les pays du Maghreb se trouvent confrontés aux défis d’une démographie galopante et d’un chômage élevé, surtout parmi les jeunes, en même temps qu’à des taux de croissance et d’investissements directs étrangers assez bas” déclare Jonathan Walters, Directeur régional pour les Programmes and Partenariats à la Banque mondiale, l’un des organismes partenaires de cet l’atelier avec le Ministère de l’Equipement et des Transports du Maroc et l’Union du Maghreb Arabe. “Limiter les barrières aux échanges commerciaux constituerait une approche efficace et conjointe envers ces défis, ce qui permettrait de constituer le fondement d’une croissance future en rendant cette région plus compétitive et plus attractive pour les investisseurs tant locaux qu’étrangers. »

Cet atelier représente la phase finale d’un processus de deux ans portant sur des recherches et des consultations approfondies, y compris deux conférences tenues l’année dernière et accueillies par l’Algérie et la Tunisie amenant à la publication du nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé « Etude régionale sur la facilitation du commerce et les infrastructures pour les pays du Maghreb ». Le rapport, préparé en coordination avec les cinq pays maghrébins (Algérie, Libye, Mauritanie, Maroc et Tunisie) et en collaboration avec les Secrétariat de l’Union du Maghreb Arabe, identifie les barrières spécifiques concernant les échanges commerciaux et propose un plan détaillé permettant de les surmonter. L’atelier ministériel le plus récent avait pour objectif de revoir le plan proposé, de prendre des décisions sur un plan d’action conjoint et de tirer les leçons à partir des expériences d’autres régions ayant mis en œuvre avec réussite des projets similaires portant sur la facilitation des échanges commerciaux et l’approfondissement de l’intégration économique.

“A la conclusion de cet important processus, et au fur et à mesure que nous évoluons du diagnostic vers des solutions, nous sommes heureux d’avoir l’occasion de réunir nos ministres confrères du Maghreb avec les représentants de la communauté globale de développement et des experts internationaux en matière d’échanges commerciaux.” déclare Abdelaziz Rabbah, Ministre marocain de l’Equipement et des transports,Les leçons tirées de l’expérience internationale sont claires, et indiquent que pour réussir à réaliser le potentiel immense en matière d’échanges commerciaux, nous devons forger un consensus sur la facilitation des échanges par des mesures telles que la coopération douanière, l’intégration de services logistiques et des infrastructures de transport.”

Les échanges commerciaux entre les pays du Maghreb comptaient pour moins de 3 % du total des échanges de la région en 2008. En revanche, les échanges à l’intérieur de l’Union Européenne au cours de la même période, comptaient pour 63,6 % du total des échanges de cette région, pour 24,6 % au sein de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-est et pour 15% au sein du Marché commun d’Amérique Latine. Ces bas niveaux d’échanges à l’intérieur du Maghreb persistent malgré l’existence de plusieurs cadres institutionnels pour l’intégration régionale, tels que l’Union du Maghreb Arabe et la Zone de Libre-Echange Arabe. Une étude effectuée en 2006 par la Banque mondiale a estimé que les pertes dues à la faible intégration des échanges commerciaux étaient égales à 2 ou 3 % du produit interne brut annuel du Maghreb.

Une méthode servant à comparer les effets d’un certain nombre de contraintes sur les échanges commerciaux a été mise au point pour ce rapport et a révélé qu’en raison d’un faible réseau d’infrastructures routières et d’une série de barrières non tarifaires, les coûts intra-Maghreb des produits agricoles et industriels étaient pratiquement trois fois plus élevés que ceux en vigueur au sein de l’Union Européenne. Les coûts pour les échanges avec l’UE étaient de manière uniforme plus bas que pour ceux associés aux échanges régionaux, étant donné que les pays du Maghreb ont consacré d’importants investissements permettant d’assurer la facilitation d’accès au grand marché au nord. Ces investissements ont eu des impacts positifs, notamment pour le Maroc et la Tunisie qui sont désormais intégrés aux chaînes logistiques européennes, cependant, ils ne peuvent se substituer aux actions concertées visant à surmonter les multiples obstacles aux échanges régionaux.

Le plan d’action appelle au renforcement des capacités institutionnelles à travers le Maghreb, par le biais d’un partage de connaissances et d’expertises entre les pays, ainsi qu’à la réalisation d’investissements dans les infrastructures de base permettant de créer des corridors d’échange régis par des accords internationaux sur les douanes et les régulations afin de faciliter les traversées transfrontalières. Ces efforts permettraient le développement d’une autre source importante de croissance économique et viendraient compléter plutôt que de concurrencer les échanges actuels avec l’Union Européenne, en permettant au Maghreb de mettre en place ses propres chaînes logistiques et à ses exports d’accroître leur valeur ajoutée. Comme il a été démontré par les pays d’Amérique Centrale, qui réalisent 17% du total de leurs échanges au sein de leur zone, l’intégration économique constitue un complément aux échanges avec les grands marchés de proximité comme dans le cas des Etats-Unis et du Mexique.         

 “Les pays du Maghreb sont liés par une langue et des traditions partagées” déclare Habib Ben Yahia, Secrétaire Général de l’Union du Maghreb Arabe.Nos peuples sont particulièrement mobiles et ont librement traversé les frontières à travers notre histoire. Cependant, l’intégration économique est toujours restée un pas en arrière. Un engagement quant aux échanges commerciaux régionaux pourrait constituer la réponse à cet objectif attendu depuis si longtemps.”

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RESSOURCES

COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2012/JUNE 14/MNA

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