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Tous les jours, partout dans le monde, les gens ont besoin de manger. En République démocratique du Congo (RDC), cela signifie souvent préparer du fufu, un mélange de farines de manioc et de maïs que l'on cuit dans de l'eau bouillante au-dessus d'une source de chaleur. Et cette chaleur, dans la plupart des cas, provient du charbon de bois ou du bois de chauffe, tous deux extraits des forêts congolaises. Bien que l'on puisse voir ici et là des panneaux solaires sur les toits de chaume des petits villages et dans les cours des maisons modernes pour alimenter les ampoules et charger les téléphones, la cuisine nécessite une chaleur plus forte et plus régulière.
"Mon premier choix est le charbon de bois", dit Alpha Mweme, une jeune femme de la petite ville de Nioki dans la province de Mai Ndombe. Un sac de charbon de bois permet à sa famille de tenir un mois. "Si je ne peux pas me permettre d'acheter du charbon de bois, je cherche du bois de chauffe. Et si je n'ai pas de bois, je ne peux pas cuisiner".
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Dans la province de Mai-Ndombe, cette approche est défendue par le projet intégré REDD+, connu sous le nom de PIREDD/Mai-Ndombe, mis en œuvre par le ministère de l'Environnement et du Développement Durable depuis 2018, avec l’appui de la Banque mondiale et le financement de l’Initiative pour la forêt d'Afrique centrale (CAFI) et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Plutôt que d'opposer les gens aux arbres, ou le développement à l'environnement, ce projet de six ans cherche à s'attaquer à la pauvreté énergétique et aux faibles rendements agricoles qui sont à l'origine de la plupart des déforestations.
À ce jour, le projet a :
- facilité la conception de 480 plans d'utilisation des terres validés par les comités locaux de développement
- généré 4 325 hectares de plantations agroforestières combinant une série de cultures et d'arbres qui créent des revenus supplémentaires pour les communautés
- mis en défens près de 10,000 hectares de savane et 2 194 hectares de forêt pour lutter contre les incendies et favoriser la régénération naturelle, augmentant ainsi la végétation, la biodiversité et le stockage de carbone
- récompensé les communautés pour leurs efforts à hauteur de 1,7 millions de dollars. En paiements pour services environnementaux
À Konkia, une communauté rurale située à l'extérieur de Nioki, une nouvelle plantation d'acacias de 81 hectares s'étend à perte de vue. Combinant des avantages environnementaux et économiques, elle est emblématique de la philosophie du projet, centrée sur les besoins des populations.
La déforestation et la dégradation des forêts font également des ravages locaux, et méritent l’attention nationale que leur porte les autorités de la RDC. La disparition de la forêt est visible dans l'écoulement quotidien de bois transporté à dos et à vélo, provenant de la forêt en recul près d'Inongo. Elle est également tangible pour les chasseurs du village de Mombokonda, où vivent environ 750 personnes membres des Peuples Autochtones, à environ 12 km au nord de la capitale provinciale d'Inongo.
"Dans le passé, nous vivions juste à côté d'une forêt dense. Nous aurions déjà vu du gibier", commente Jacques Bokolo, secrétaire du comité local de développement, alors qu'un petit groupe de chasseurs et de chiens se frayent un chemin à travers les repousses, les lianes et les buissons pour vérifier les pièges à animaux. "Les animaux se réfugient de plus en plus dans les zones forestières marécageuses où les gens ne peuvent pas cultiver et où il y a moins de feu et moins de bruit."
"Je cultive du maïs, des haricots, du manioc, des aubergines, de l'amarante, des courges...", dit Nzako Ilanga en énumérant la liste des cultures sur brûlis qu'elle fait pousser dans la forêt près du même village. "Je vends une partie des récoltes pour faire face aux dépenses, mais c’est souvent insuffisant pour acheter des choses comme du savon et des vêtements. J'aide aussi les membres de ma famille lorsqu'ils sont en difficulté," explique cette mère de sept enfants, "ce qui fait que je me prive souvent d’alimentation."
[tweetquote:[tweetText=La forêt ne suffit plus aux Peuples Autochtones pris entre une ressource naturelle dégradée et une économie moderne qui demande toujours plus d’argent. ,tweetData=BM_Afrique,tweetHash=]]Mais elle continue de fournir des aliments et de l'énergie à des millions de Congolais. "La forêt est une ressource de première nécessité pour une majorité des personnes les plus pauvres en RDC", explique Pierre Guigon, spécialiste principal de l'environnement à la Banque mondiale. "Le modèle du PIREDD permet aux communautés d'améliorer leurs moyens de subsistance et de satisfaire une plus grande part de leurs besoins en énergie et en sécurité alimentaire grâce à l'agroforesterie dans les zones de savane. C'est un investissement simultanément dans la réduction de la pauvreté et dans une plus grande résilience et durabilité des ressources." A l’image de la savane productive et reboisée de Konkia, cette expérience donne l’espoir de jours meilleurs – pour les hommes comme pour les forêts.
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