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ARTICLE 19 juin 2019

Pour des infrastructures plus résilientes : investir dans des réseaux vitaux

World Bank Group


LES POINTS MARQUANTS

  • La résilience des infrastructures concerne en réalité les individus. Dans les pays en développement, tout particulièrement, les perturbations des services d’infrastructure sont une source de problèmes quotidiens qui affectent le bien-être des populations, leurs perspectives économiques et leur qualité de vie.
  • La réalisation d’infrastructures plus résilientes dans ces pays est rentable, avec un bénéfice net évalué à 4 200 milliards de dollars sur la durée de vie des nouvelles infrastructures.
  • Pour ceux qui investissent dans les infrastructures — pouvoirs publics, banques de développement ou secteur privé —, le message est clair : il ne faut pas tant dépenser plus que dépenser mieux.

Elles sont à la base du fonctionnement des écoles et des hôpitaux, des entreprises et des industries, et la clé de l'accès aux emplois et de l'amélioration du niveau de vie. Dans les pays en développement, cependant, les perturbations qui affectent le fonctionnement des infrastructures sont une source de problèmes quotidiens qui ont pour conséquences de réduire les possibilités d’emploi de la population, d’entraver son accès à la santé et à l'éducation, et de freiner la croissance économique.

Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les catastrophes naturelles causent des dommages directs aux réseaux de production d’électricité et de transport estimés à environ 18 milliards de dollars par an, ce qui ampute d’autant le budget déjà limité des compagnies concernées. Mais c’est principalement à travers ses répercussions sur les populations et les communautés que l’impact des catastrophes naturelles sur les infrastructures est le plus lourd. Pour les entreprises, ces perturbations entraînent par exemple l'impossibilité de faire fonctionner les usines ou d’utiliser l’internet pour enregistrer des commandes et traiter les paiements ; les ménages, quant à eux, auront du mal à cuisiner faute d’alimentation en eau, à se déplacer pour aller travailler, à envoyer leurs enfants à l'école ou à se rendre à l'hôpital.

pour l’ensemble des pays à revenu faible et intermédiaire. Ce chiffre n’inclut pas, de surcroît, le poids des conséquences indirectes, comme les effets des dysfonctionnements des infrastructures sur les femmes, en particulier, qui sont chargées d’assurer l'approvisionnement en eau du foyer, ou encore sur les petites entreprises, qui ne peuvent pas grandir et innover parce qu’elles doivent investir en priorité dans des groupes électrogènes.


« Quand on parle d’infrastructures résilientes, on ne parle pas uniquement des routes, des ponts ou des centrales électriques. On parle aussi des individus, des ménages et des communautés, pour qui ces infrastructures sont absolument vitales pour jouir d’une meilleure santé, d’une meilleure instruction et d’un meilleur niveau de vie. Investir dans des infrastructures résilientes, c’est ouvrir des opportunités économiques à la population. Ce rapport propose aux pays des pistes d’action qui permettront d’assurer un avenir plus sûr, plus inclusif et plus prospère pour tous.  »
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David Malpass
Président du Groupe de la Banque mondiale

Un investissement rentable

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale et de la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) (a), , avec un rendement de quatre dollars par dollar investi.

En quoi consistent ces améliorations ? Il peut s’agir de creuser des fondations plus profondes, d’utiliser des matériaux de substitution, d’édifier des digues contre les inondations, de renforcer les pylônes électriques et les antennes-relais de téléphonie mobile, d'améliorer la conception des routes ou encore de construire des usines de traitement des eaux plus solides.

Mais, au-delà de chacun de ces actifs, il est nécessaire de bâtir des systèmes plus résilients. On peut notamment changer la donne en créant des redondances dans les réseaux afin d’assurer la continuité des services. Une localité accessible par plusieurs routes et alimentée en électricité par plusieurs lignes de transmission aura moins de risque de se retrouver isolée ou sans courant en cas de forte tempête.

Cependant, comme il est impossible de se prémunir totalement contre ces perturbations, il est également essentiel de veiller à ce que les ménages et les entreprises s’y préparent pour mieux les gérer : chaque foyer devra par exemple prévoir des fournitures de secours, tandis qu’il faudra mettre en place, au niveau de la collectivité, des chaînes d’approvisionnement solides et adaptables.

Dépenser mieux

. Mais il ne s’agit pas seulement de dépenser plus : il faut aussi dépenser mieux. Le coût des investissements dans la réglementation et dans la planification dès les premières étapes de la conception d’un projet d’infrastructure, puis dans l’entretien est à mettre en regard des dépenses souvent plus importantes qu’il faut engager pour réparer les dégâts après une catastrophe naturelle. Mais les pays à faible revenu ont en général du mal à financer ce type d’investissements précoces. C’est pourquoi la communauté internationale et l’aide au développement doivent traiter ces actions comme une priorité.

Le rapport livre cinq recommandations claires et concrètes pour engranger ce bénéfice de 4 200 milliards de dollars :

  1. Commencer par les fondamentaux. Il faut remédier d’urgence aux problèmes de gestion et de gouvernance des réseaux d’infrastructure, car un actif mal entretenu n’a aucune chance de résister à une catastrophe naturelle.
  2. Renforcer les institutions pour favoriser la résilience. Les défis de l’économie politique doivent également être pris en compte, avec identification des actifs et des systèmes critiques, pour pouvoir acheminer directement les ressources en cas de besoin.
  3. Inclure la résilience dans les règlements et les mesures d’incitation. Les incitations financières peuvent permettre de garantir que tous les coûts sociaux des perturbations au niveau des infrastructures sont bien pris en compte et d’inciter les prestataires de services à aller au-delà des normes obligatoires.
  4. Améliorer le processus décisionnel. Il est nécessaire de pouvoir accéder à des données, des instruments et des compétences de meilleure qualité pour renforcer la résilience : la production de modèles numériques d’élévation pour les zones urbaines, peu onéreuse, permettrait par exemple d’organiser au mieux des centaines de milliards de dollars d’investissement par an.
  5. Fournir des financements. La mise à disposition des financements adaptés en temps voulu est un facteur clé. Le montant des ressources nécessaires pour renforcer les organismes de réglementation et prendre en compte les risques naturels dès les premières étapes de la conception d’un projet d’infrastructure est relativement faible par rapport aux milliards qu’il faudra débourser pour réparer les dégâts après une catastrophe naturelle.

Il n’y a pas de temps à perdre. Face à l'évolution rapide du climat et alors que des investissements d’infrastructure massifs sont actuellement réalisés dans beaucoup de pays, le coût de l’inaction se chiffrerait à 1 000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. En revanche, en agissant maintenant, c’est-à-dire en développant des infrastructures plus résilientes, nous pouvons apporter des services essentiels à ceux qui en ont le plus besoin.



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