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La nouvelle édition du Little Green Data Book dresse un état des lieux sans appel de la pollution

16 juin 2015


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Tran Thi Hoa / Banque mondiale

LES POINTS MARQUANTS
  • La dernière édition du Little Green Data Book de la Banque mondiale introduit deux nouveaux indicateurs basés sur une méthodologie de pointe pour mesurer l'exposition à la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé.
  • La mauvaise qualité de l'air est l'une des principales causes de mortalité dans le monde : elle fait chaque année plus de 7 millions de victimes, dont 90 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Ce fléau a un coût économique : les invalidités et décès dus à la pollution atmosphérique auraient engendré 161 milliards de dollars de pertes de productivité en 2010.

Dans de nombreuses régions du monde, l'exposition à la pollution atmosphérique augmente à une vitesse alarmante, à tel point qu'elle est devenue la principale menace environnementale pour la santé publique. La dernière édition du Little Green Data Book 2015 (a), une compilation de données sur l’environnement publiée chaque année par la Banque mondiale, documente l'incidence de la pollution atmosphérique dans plus de 200 pays, sur le plan de l'exposition des populations et du coût économique. Cet ouvrage fournit deux nouveaux indicateurs permettant de mesurer la pollution de l’air ambiant dans les zones urbaines et rurales : l'exposition annuelle moyenne à la pollution aux particules fines (PM2,5) et le pourcentage de la population totale dont l'exposition à cette pollution dépasse la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 10 μg/m3.

L'édition de cette année contient trois changements importants dans la manière dont la pollution atmosphérique est mesurée :

  • Tous les indicateurs de pollution atmosphérique font désormais référence à l'exposition aux particules de diamètre inférieur à 2,5 microns (PM2,5), alors que les versions précédentes mesuraient l'exposition aux particules de diamètre inférieur à 10 microns (PM10). Sous-ensemble des PM10, les PM2,5 sont des particules ultrafines qui peuvent pénétrer en profondeur dans les voies respiratoires et avoir de graves effets sur la santé.
  • Les années précédentes, les estimations de la qualité de l'air ambiant se limitaient à l'exposition à la pollution extérieure dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitants. Aujourd'hui, elles portent sur toutes les zones urbaines et rurales. 
  • Cette année, les estimations du coût économique de la pollution atmosphérique (découlant des effets de celle-ci sur la santé) couvrent également l'exposition à la pollution de l'air à l'intérieur des bâtiments, comme l'indique la mesure de l'utilisation domestique de combustibles solides. 

Les données sur la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé sont issues de l'édition 2010 de l'étude Global Burden of Disease, fruit de travaux scientifiques internationaux menés à l'Université de Washington par l'Institut américain de mesure et d’évaluation sanitaires (IHME). Des résultats actualisés seront publiés prochainement dans l'édition 2013 de cette étude.



« Les dernières données sur la pollution montrent que ce problème est plus pressant que jamais. La pollution atmosphérique menace la santé des plus vulnérables : les pauvres et les enfants. »

Paula Caballero

Directrice principale du pôle Environnement et ressources naturelles

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Source: World Development Indicators 2015


Un fléau invisible mais mortel

Près de 84 % de la population mondiale vit dans des zones où la pollution atmosphérique dépasse les recommandations de l'OMS sur la qualité de l'air. Depuis 1990, l'exposition moyenne s'est aggravée dans la région Asie de l'Est/Pacifique et en Asie du Sud, tandis qu'elle est restée stable en Afrique subsaharienne. En revanche, les conditions se sont nettement améliorées dans la région Europe/Asie centrale, et plus modestement dans la région Amérique latine/Caraïbes et au Moyen-Orient/Afrique du Nord. À l'échelle mondiale, l'exposition aux PM2,5 pondérée par le nombre d'habitants a augmenté de 10 % entre 1990 et 2010.

« Les dernières données sur la pollution montrent que ce problème est plus pressant que jamais. La pollution atmosphérique menace la santé des plus vulnérables : les pauvres et les enfants. La disponibilité de données de qualité devrait contribuer à mettre la pollution au cœur des questions de santé publique et d'économie », explique Paula Caballero, directrice principale du pôle Environnement et ressources naturelles de la Banque mondiale.

Bien que la pollution atmosphérique soit un fléau mondial, ce sont les pays en développement qui en souffrent le plus. Figurant parmi les premières causes de mortalité dans le monde, les maladies dues à la pollution de l'air ambiant et de l'air domestique font chaque année plus de 7 millions de victimes selon l'OMS. Et plus de de 90 % de ces décès concernent des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Démontrer l'impact économique de la pollution

La Banque mondiale s'efforce à présent d’évaluer l’impact économique de la pollution. En effet, en plus de son bilan humain désastreux, la pollution présente un immense coût économique et menace le développement durable. L’édition 2015 du Little Green Data Book propose une version mise à jour du « ratio ajusté de l’épargne nette », qui permet de monétiser les effets de la pollution atmosphérique sur la santé (invalidités et décès) sous la forme de pertes de productivité pour la population en âge de travailler.

Cet indicateur chiffre les pertes de productivité dues aux invalidités et décès découlant de la pollution atmosphérique à plus de 161 milliards de dollars au total en 2010, dont 89 milliards dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

La nouvelle méthodologie employée, qui reflète les travaux de recherche les plus récents en la matière, présente l’avantage d’être plus compatible avec les normes de comptabilité nationale. Ses estimations contribueront aussi à démontrer que les pays ont tout intérêt à investir dans la gestion de la qualité de l'air.

« En dehors d'évaluer l'impact physique de la pollution sur la santé, il est nécessaire de mieux évaluer ses conséquences économiques. La valorisation de ces coûts aide les pays à élaborer un programme d'action visant à réduire la pollution atmosphérique d'une manière pertinente sur le plan économique et financier », souligne Carter Brandon, économiste en chef du pôle Environnement et ressources naturelles. 

La Banque mondiale réaffirme son engagement

Réaffirmant son engagement dans la lutte contre la pollution atmosphérique, la Banque mondiale a lancé en avril 2015 un nouveau programme de gestion de la pollution et santé environnementale (a). Les objectifs de ce programme sont les suivants : 1) aider les pays à réduire la pollution ; 2) produire de nouvelles connaissances sur les conséquences de la pollution ; et 3) sensibiliser le public à ces questions. Ce programme est appuyé par un fonds fiduciaire multidonateurs géré par la Banque.

La Banque fournit une assistance aux pays les plus touchés par la pollution. Entre 2009 et 2014, la Banque mondiale (BIRD/IDA) a engagé environ 5 milliards de dollars dans des projets liés à la gestion de la pollution et à la santé environnementale qui ont permis d'obtenir les résultats suivants : réduction de la pollution à Oulan-Bator (Mongolie), sécurisation de l'élimination des polluants organiques persistants dans cinq pays africains, et diminution de la pollution dans les fleuves chinois.


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