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Transformer l’Afrique grâce à un partenariat renforçant les compétences scientifiques et techniques

30 juin 2014


World Bank Group

LES POINTS MARQUANTS
  • Un forum qui s’est tenu à Dakar du 10 au 12 juin a appelé au renforcement des investissements dans les sciences appliquées, l’ingénierie et les technologies en Afrique afin de stimuler le développement socioéconomique du continent
  • Accueilli par le gouvernement du Sénégal et la Banque mondiale, ce Forum a réuni 12 pays africains et des partenaires venus du Brésil, de Chine, d’Inde et de Corée
  • Les participants ont décidé d’instaurer un partenariat visant à étoffer les compétences en sciences appliquées, ingénierie et technologies en Afrique

DAKAR, 30 juin 2014 - Sachant que moins de 25 % des étudiants des universités du continent sont inscrits dans les filières de sciences appliquées, ingénierie et technologies, un certain nombre de pays africains déploient actuellement des efforts considérables en vue d’adapter aux besoins du marché l’offre d’enseignement et de formation dans ces disciplines.

Lors d’un Forum de haut niveau accueilli par le gouvernement du Sénégal et la Banque mondiale à Dakar du 10 au 12 juin, des ministres, des scientifiques, des universitaires et des représentants d’établissements de formation technique et professionnelle, mais aussi du secteur privé, sont convenus de collaborer étroitement au renforcement des compétences techniques et scientifiques en Afrique. Le président du Sénégal, M. Macky Sall, est intervenu lors de la session de clôture du Forum aux côtés notamment de son Premier ministre et du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

« Comme vous le savez, l’émergence de l’Afrique ne saurait se concevoir sans une maîtrise des sciences et de la technologie », a déclaré M. Sall aux participants à la réunion. « Le développement de l’Afrique et de sa population restera lettre morte tant que nous ne disposerons pas de ressources humaines de qualité dans les domaines que nous avons mentionnés. »

Des représentants d’établissements de formation du Brésil, de Chine, d’Inde et de Corée ont pris part au Forum et ont expliqué comment leur pays avait sorti des millions de personnes de la pauvreté en orientant plus de jeunes vers les sciences, l’ingénierie et les technologies, et en investissant davantage dans l’enseignement supérieur.

« Les établissements de recherche ne peuvent pas se financer eux-mêmes », explique Ying Cheng, directeur exécutif du Center for World-Class Universities de l’université Jiao Tong de Shanghai, en Chine. « Ils doivent bénéficier d’une aide de l’extérieur, que ce soit de l’État ou du secteur privé. Dans le cas des universités africaines, c’est l’État qui doit être la première source des fonds. »

Selon M. Cheng, le principal avantage des universités chinoises, c’est qu’elles peuvent compter sur un appui solide de la part des pouvoirs publics : « L’État chinois investit beaucoup dans l’enseignement supérieur et la recherche. »

Le Forum de Dakar s’inscrit dans le cadre du nouveau Partenariat pour le développement des compétences en sciences appliquées, ingénierie et technologies (PASET), initiative soutenue par la Banque mondiale afin d’aider à pourvoir localement les postes qualifiés dans les secteurs prioritaires et en forte croissance des économies africaines : technologies de l’information, bâtiment, industries extractives, secteur manufacturier et énergie, notamment. Le PASET axe ses efforts sur tout l’éventail des compétences depuis le deuxième cycle du secondaire/l’enseignement technique ou professionnel jusqu’à l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.

Douze pays africains ont participé au forum : Angola, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Malawi, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tanzanie et Zambie.

« Dans un monde où le capital humain est universellement considéré comme un facteur essentiel de croissance économique, nos politiques doivent donner un rôle central à la création, à la diffusion et au partage du savoir dans nos pays », affirme Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du Sénégal.

Plus de la moitié de la population de l’Afrique subsaharienne a moins de 25 ans. Au cours de la prochaine décennie, 11 millions de jeunes Africains entreront chaque année sur le marché du travail. Pour le développement économique du continent, il sera crucial de donner un emploi à cette jeunesse.

Cependant, afin d’être compétitifs sur le marché du travail, les jeunes devront être dotés des compétences répondant aux exigences d’un secteur privé qui se tourne de plus en plus vers les sciences, les technologies et l’innovation pour accroître sa productivité.

« De nombreux pays ont négligé l’enseignement et la formation techniques et professionnels, lesquels pâtissent de faibles taux d’inscription, sont de piètre qualité et affichent des résultats insuffisants sur le marché du travail, malgré une forte demande de compétences à ce niveau », indique Vera Songwe, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, Cabo Verde, la Mauritanie, la Guinée-Bissau et la Gambie. « L’enseignement supérieur reste trop souvent sourd aux besoins actuels du marché du travail. »

Les étudiants de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP-Thiès), établissement technique situé à 70 kilomètres de Dakar, qui ont participé au Forum via Livestream, ont fait observer l’importance de salles de classe bien conçues et d’un équipement moderne pour la motivation des jeunes Africains dans les filières scientifiques et techniques.

« Le monde d’aujourd’hui est régi par la science et la technologie, donc il est important, et même essentiel, pour quiconque souhaite participer au développement de son pays, d’accorder un intérêt particulier à la science, témoigne Cheikh Thiam, 23 ans, qui étudie l’ingénierie ferroviaire à l’ISEP-Thiès.

Lors de la dernière journée du Forum de Dakar, les participants ont approuvé un Appel à l’action décrivant comment les partenaires vont collaborer pour répondre aux besoins de compétences des pays d’Afrique subsaharienne. Les partenaires se sont engagés à :

  1. Aider les pays d’Afrique subsaharienne dans leur processus de création d’une main-d’œuvre qualifiée en se concentrant sur le continuum des compétences, allant des compétences fondamentales à celles acquises aux niveaux de l’enseignement secondaire, de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique ainsi que de l’innovation ;
  2. Cibler les compétences en sciences appliquées, ingénierie et technologies [Applied Sciences, Engineering and Technology (ASET)] pour qu’elles interviennent dans les secteurs prioritaires afin de maximiser le retour sur investissements, qu’ils soient étrangers ou nationaux, dans ces secteurs ;
  3. Promouvoir des partenariats stratégiques entre les gouvernements, les entreprises et les pays partenaires pour qu’ils investissent dans l'ASET ;
  4. Renforcer les mécanismes qui favorisent la collaboration institutionnelle des programmes au niveau régional et dans les domaines spécifiques de l’ASET ;
  5. Renforcer les politiques, systèmes, normes et mécanismes liés aux sciences appliquées, à l’ingénierie, à la technologie et à la qualification professionnelle afin d’assurer la qualité, contrôler les progrès accomplis et veiller à ce que l’accent soit mis sur les résultats ; et
  6. Faire de l'échange systématique des connaissances et expériences entre les pays d'Afrique subsaharienne et les pays partenaires un moyen de renforcer les capacités des ASET afin qu’il serve au développement des pays engagés dans le partenariat.

Le Forum de Dakar fait suite à un Forum de haut niveau qui s’est tenu à Kigali, au Rwanda, en mars 2014, durant lequel les participants ont appelé à adopter des objectifs ambitieux, et notamment à relever le pourcentage d’étudiants africains inscrits en sciences, en ingénierie, en technologies et en mathématiques dans le courant de la prochaine décennie. 





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