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MAI 2014

Tendances de l’évolution des prix alimentaires mondiaux

Figure 1. Indice des prix alimentaires mondiaux de la Banque mondiale
Source : Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale.
Note : L’indice des prix alimentaires estime le prix à l’exportation de différents produits vivriers dans le monde, exprimé en dollars nominaux (2010 = 100). La base de référence précédente (2005) a été actualisée.

Les cours des produits alimentaires sur les marchés internationaux ont augmenté de 4 % entre janvier et avril 2014, mettant fin à une tendance prolongée à la baisse amorcée en août 2012 (figure 1). La forte poussée enregistrée en février (+4 %) a été suivie par une progression moins soutenue en mars et un recul des prix en avril1. Résultat, les prix alimentaires mondiaux d’avril 2014 ne sont inférieurs que de 2 % à leur niveau d’avril 2013 mais restent proches de leur record absolu d’août 2012, à 16 % environ en deçà de ce pic historique (tableau 1).

Les céréales vendues sur les marchés internationaux et les produits classés dans la catégorie des « autres » denrées ont gagné 7 % entre janvier et avril 2014 tandis que les prix des matières grasses et des huiles a reflué de 1 % sur la même période.

Les cours internationaux du blé et du maïs ont nettement rebondi au dernier trimestre, à la différence des prix du riz, généralement en recul. Les prix du blé ont flambé de 18 % entre janvier et avril 2014 et il faut remonter aux mois qui ont précédé l’été de tous les records, en 2012, pour observer un tel phénomène ; ils sont par ailleurs supérieurs de 5 % à leur niveau d’avril 2013. Si le cours du maïs a également bondi sur la période, de 12 %, son niveau d’avril 2014 reste inférieur de 21 % environ à celui d’avril 2013. Le cours du riz a connu des évolutions différentes selon l’origine et la qualité du produit. La variété Thaï 5 % a cédé 12 % (tout comme les autres variétés de riz thaïlandais et vietnamien de qualité inférieure, non prises en compte dans le tableau 1)2. À l’inverse, les prix à l’exportation du riz de qualité supérieure3 ont augmenté, attisés par la sécheresse en Australie, l’un des principaux pays producteurs, et par un amenuisement de l’offre aux États-Unis4. Dans les produits de base hors céréales, le pétrole brut a atteint 104 dollars le baril au cours du trimestre qui s’est terminé en avril 2014 (moyenne des différents types de pétrole établie par la Banque mondiale), se situant à environ 3 % au-dessus de sa moyenne de janvier 2014. Les engrais ont poursuivi leur reflux, d’environ 7 % sur la période, se situant à 23 % en deçà de leur niveau d’avril 2013. Entre janvier et avril 2014, les cours du sucre se sont nettement renchéris (+ 13 %), comme les prix de l’huile de soja (+6 %) ; cette tendance s’explique dans les deux cas par des inquiétudes d’ordre météorologique (surtout au Brésil) et, en outre, pour l’huile de soja, par une demande soutenue5.

Tableau 1 : Évolution du prix de produits alimentaires essentiels
 Denrées alimentaires básicos esenciales Janvier-avril
2014 (%)
Avril 2013-avril 2014 (%) Août 2012-
avril 2014 (%)
Indices
  Denrées alimentaires 4 -2 -16
    Céréales -1 7 -16
    Matières grasses et huiles 7 -17 -26
    Autres 7 1 0
  Engrais -7 -23 -30
Prix
  Maïs 12 -21 -33
  Riz (thaï 5 %) -12 -29 -30
  Blé (dur rouge d’hiver américain) 18 5 -7
  Sucre (monde) 13 -1 -16
  Huile de soja 6 -9 -20
  Pétrole brut (moyenne) 3 6 0
Source : Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale.

Ce renchérissement des prix s’explique essentiellement par des conditions météorologiques de plus en plus préoccupantes et par la demande d’importations, sans oublier sans doute mais dans une moindre mesure les incertitudes liées à la situation en Ukraine6. Ces hausses interviennent malgré une campagne exceptionnelle en 2013 et le maintien de prévisions tablant sur des récoltes record et un raffermissement des stocks en 20147. Les anticipations de production restent fortes pour le blé en 2014, même si les résultats devraient être légèrement en deçà du pic absolu de 2013. Les perspectives pour la campagne du blé d’hiver dans l’hémisphère Nord, qui couvre l’essentiel de la production mondiale, sont globalement favorables8. En Chine et en Inde, le relèvement récent du prix minimum garanti et les politiques d’achats publics ont contribué, en plus de conditions propices, à l’extension des zones cultivées9. Le niveau des stocks en Chine, au Canada et en Russie justifie, outre des récoltes exceptionnelles, les anticipations d’un net raffermissement des stocks mondiaux de blé10. Malgré ces bonnes nouvelles, la sécheresse prolongée dans les plaines du Sud des États-Unis et, avant cela, les épisodes de froid et de sécheresse enregistrés dans les Grandes Plaines, suscitent une inquiétude croissante11. Des intempéries ponctuelles ont aussi été signalées dans les pays de la mer Noire, dans l’Union européenne et au Canada12. Le redressement de la demande d’importations en provenance de Chine, qui a plus que doublé en 201313, et d’autres grands pays importateurs d’Asie, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient14 contribue par ailleurs à aggraver les tensions sur les marchés internationaux du blé.

Les perspectives pour le maïs, qui a connu des records de production l’an passé, restent également plutôt favorables, malgré une récente détérioration. L’Argentine, l’Afrique du Sud et le Mexique15 font état de conditions propices alors qu’au Brésil, où mars et début avril ont été bons, la situation s’est dégradée vers la fin du mois d’avril, sous l’effet d’une sécheresse persistante dans les zones de production du Sud du pays. La réduction des emblavures (liée à une baisse des prix et à la substitution d’autres cultures)16 vient également pénaliser la production du Brésil, l’un des plus grands exportateurs de maïs au monde. Les intempéries récentes ont quelque peu retardé la plantation de maïs aux États-Unis même si l’on s’attend toujours à un vif rebond de la production dans ce pays, après des résultats en baisse l’an dernier17. L’utilisation du maïs pour produire de l’éthanol regagne du terrain, traduisant une reprise de la production de ce biocarburant aux États-Unis (qui devrait dépasser la barre des 7 % en 2014), mettant fin au recul enregistré en 201318. Le net raffermissement de la demande d’exportations en provenance essentiellement des États-Unis, mais aussi d’Ukraine et de Russie, conjugué à une hausse des importations de la Chine, de l’Union européenne, de l’Égypte, de l’Iran et de l’Algérie, rejaillit sur les cours internationaux du maïs19. Cette reprise des transactions correspond en partie au regain d’utilisation du maïs comme fourrage mais aussi à la constitution de stocks en Chine, aux États-Unis, au Canada et en Ukraine20. À l’échelle mondiale, les stocks de clôture devraient augmenter de 17 %, pour atteindre un niveau inédit depuis 10 ans21.

La production de riz devrait à nouveau frôler des sommets, même si la hausse sera moins soutenue que ces dernières années. Les stocks mondiaux pour la fin de la campagne 2013/2014 devraient eux aussi se situer à un niveau exceptionnel22. Le ralentissement du rythme de production s’explique par des facteurs économiques (comme la conversion vers des cultures plus rentables aux États-Unis), des mesures politiques (suspension du programme de soutien des prix en Thaïlande) et les intempéries (Australie, États-Unis et Chine)23. La baisse de production attendue en Australie et aux États-Unis (pour la variété Japonica) et les aléas climatiques récents (vague de froid) en Indonésie, au Viet Nam et en Thaïlande attisent les tensions sur les cours internationaux24, de même que le redressement du taux de change au Pakistan et en Inde après la dévaluation de la roupie indienne décidée en début d’année. En Thaïlande, l’abandon du programme de soutien des prix en février et l’écoulement des stocks publics ont également eu des conséquences au-delà des surfaces ensemencées et de la production, avec une baisse des prix intérieurs et une hausse des exportations. En Inde, les politiques gouvernementales pourraient avoir un effet inverse sur les exportations (sans toutefois menacer la place du pays comme premier exportateur mondial de riz). La demande en provenance des pays asiatiques gros importateurs de riz devrait repartir, à l’inverse du « faible intérêt des acheteurs » observé en 201325. Cela concerne aussi la Chine, où le gouvernement a relevé le prix minimum d’achat du prix, ce qui favorise les importations de riz meilleur marché26.

Les pressions à la baisse sur les prix du riz évoquées dans le numéro de février 2014 du Food Price Watch se sont globalement relâchées. Les inquiétudes persistantes concernant le mauvais temps aux États-Unis, en Australie et en Amérique latine pourraient avoir un impact supérieur dans les mois à venir, quand la campagne battra son plein27. Selon certaines sources, le phénomène El Niño pourrait se manifester à la fin de l’année, même si la concrétisation de cette prévision et les impacts attendus restent aujourd’hui éminemment hypothétiques28. Les tensions géopolitiques en Ukraine n’ont pas encore eu d’effets sur les exportations mais pourraient bien, si elles devaient s’aggraver, perturber la production à venir et, partant, les échanges. Enfin, l’écoulement des stocks publics de riz en Thaïlande pourrait engendrer un effet supplémentaire à court terme sur les prix à l’exportation.

Tendances des prix intérieurs

Les prix des céréales sur les marchés intérieurs sont restés globalement stables entre janvier et avril 2014. En Afrique de l’Ouest, le niveau des prix n’a guère évolué ou alors à la baisse, grâce à une augmentation de l’offre dans les pays côtiers et au renforcement des échanges régionaux, qui ont compensé une production en berne dans certains pays du Sahel29. En Afrique australe, le prix du maïs s’est stabilisé ou a reculé au gré des variations saisonnières, porté par une anticipation de récoltes favorable30. En Afrique de l’Est, les prix du maïs sont eux aussi calés sur les variations saisonnières, avec une augmentation récente liée à l’amenuisement des stocks constitués lors des précédentes campagnes. L’insécurité a aggravé ces effets saisonniers en Somalie, au Soudan du Sud et au Soudan. En Amérique centrale, les prix des haricots ont flambé, attisés par une récolte décevante en 2013. Les prix du maïs ont eux aussi connu une hausse saisonnière31. En Amérique du Sud, les prix du blé ont reflué (grâce à une production record en Argentine, premier exportateur de la région) même s’ils restent élevés. Toujours en Amérique du Sud, les tendances pour le maïs sont plus mitigées32. En Asie de l’Est et du Sud, les prix du riz sont restés stables, les pressions à la baisse liées à des facteurs saisonniers et à un bon reliquat des récoltes précédentes étant compensées par des pressions à la hausse découlant d’une reprise des achats publics et de récoltes décevantes dans certaines régions33. En Asie centrale, les prix du blé sont globalement restés stables, l’offre étant satisfaisante grâce à de bonnes campagnes et aux importations34.

Entre janvier et avril 2014, les plus fortes augmentations pour le prix du blé (tableau 2) sont intervenues en Ukraine (37 %, moyenne nationale), sous l’effet d’une dépréciation monétaire et d’une hausse de la demande d’exportations35 ; sur les marchés observés en Éthiopie (24 %), du fait de variations saisonnières ; ainsi qu’au Soudan (19 %) et au Kirghizistan (15 %), à cause d’une dépréciation de la monnaie et d’un renchérissement des coûts de transport36. De fortes baisses de prix, liées à une augmentation de l’offre, ont été enregistrées sur les marchés observés en Argentine (38 %)37 et, dans une moindre mesure, sur les marchés du Pakistan (8 %), de Bolivie (6 %), du Tadjikistan (2 %), grâce à l’arrivée des dernières récoltes38. Les prix intérieurs du maïs ont connu leur plus forte augmentation en Ukraine (73 %, moyenne nationale), du fait d’un retard de plantation et d’un renchérissement des coûts, et sur les marchés observés en Ouganda (62 %), sous l’effet de variations saisonnières qui ont accru la demande d’exportations, et d’achats institutionnels39. L’augmentation des prix a atteint 47 % en Somalie, où l’offre, insuffisante, a été perturbée par des problèmes de sécurité40 ; 34 % en Russie (moyenne nationale) ; et 31 % en Tanzanie en raison d’une hausse de la demande sur fond de production décevante41. Les baisses les plus marquées ont été enregistrées sur les marchés du Mozambique (41 %), grâce à de bonnes anticipations pour les récoltes à venir, et en Bolivie (26 %) avec l’arrivée sur les marchés des nouvelles récoltes42. Entre janvier et avril 2014, les prix du riz ont progressé de 13 % au Nicaragua (moyenne nationale), sous l’effet de facteurs saisonniers et d’une modification récente du taux de TVA43. Les prix ont gagné 11 % sur certains marchés au Myanmar, du fait des moins bonnes récoltes enregistrées récemment et d’inondations localisées44, et 10 % sur les marchés observés en Somalie. Les plus fortes baisses de prix ont été enregistrées à Madagascar (12 %, moyenne nationale), où l’offre s’est améliorée, et dans les capitales de la Thaïlande et du Cambodge (11 %), grâce respectivement à la poursuite de l’écoulement des stocks publics et à une offre suffisamment abondante45.

Tableau 2. Principales variations de prix sur les marchés intérieurs
Variations trimestrielles : janvier-avril 2014
Blé %
de variation
Maïs %
de variation
Ukraine, moyenne nationale, blé, classe 3 (à l’achat, EXW, traité), (hryvnia/tonne) 37 Ukraine, moyenne nationale, maïs (à l’achat, EXW, traité), prix de gros (hryvnia/tonne) 73
Éthiopie, Jimma, blé (blanc), prix de gros (birr éthiopien/local) 24 Ouganda, Kampala, maïs, prix de gros (USD/tonne) 62
Soudan, Kadugli, blé, prix de gros (livre soudanaise/local) 19 Somalie, Belet Weyne, maïs (blanc), prix de détail (shilling de Somalie/kg) 47
Kirghizistan, Osh, blé (farine, catégorie 1), prix de détail (som/kg) 15 Fédération de Russie, moyenne nationale, maïs (EXW), prix de gros (rouble russe/tonne) 33
Fédération de Russie, moyenne nationale, blé (moulu, catégorie 3, EXW), prix de gros (rouble russe/tonne) 11 République-unie de Tanzanie, Dar-es-Salaam, maïs, prix de gros (USD/tonne) 31
 Moldova, Chisinau, blé, prix de détail (leu moldave/kg) 9 Colombie, Bogotá, maïs (jaune), prix de gros (peso colombien/kg) -6
Tadjikistan, moyenne nationale, blé (farine catégorie 1), prix de détail (somoni/kg) -2 Rwanda, Kigali, maïs, prix de gros (USD/tonne) -9
Bolivie, La Paz, blé (farine, importé, Argentine), prix de gros (boliviano/local) -6 Togo, Lomé, maïs (blanc), prix de détail (franc CFA/kg) -9
Pakistan, Karachi, blé (farine), prix de détail (roupie du Pakistan/kg) -8 Bolivie, Cochabamba, maïs (dur jaune, cubano), prix de gros (boliviano/local) -26
Argentine, Buenos Aires, blé (farine), prix de gros (USD/kg) -38 Mozambique, Gorongosa, maïs (blanc), prix de détail (metical/kg) -41
Riz %
de variation
Sorgho %
de variation
Nicaragua, moyenne nationale, riz (qualité 2e choix), prix de détail (cordoba oro/kg) 13 Somalie, Galkayo, sorgho (rouge), prix de détail (shilling de Somalie/kg) 40
Myanmar, Rangoon, riz (emata Manawthukha FQ), prix de gros (kyat/kg) 11 Soudan, Al-Damazin, sorgho (feterita), prix de gros (livre soudanaise/local) 31
Somalie, Buale, riz (importé), prix de détail (shilling de Somalie/kg) 10 Tchad, N’Djamena, sorgho, prix de détail (franc CFA/kg) 21
Pérou, Lima, riz (concassé, corriente), prix de gros (nuevo sol/kg) 8 Mali, Bamako, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) 7
Guatemala, Guatemala City, riz (qualité 2e choix), prix de gros (USD/kg) 6 Niger, Agadez, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) -11
Haïti, Port-au-Prince, riz (local), prix de détail (gourde/local) 5 Togo, Korbongou, sorgho, prix de détail (franc CFA/kg) -15
Bangladesh, Dhaka, riz (grossier), prix de gros (taka/kg) -4 Éthiopie, Addis-Abeba, sorgho (blanc), prix de gros (USD/kg) -43
Mexique, Guadalajara, riz (sinaloa), prix de gros (peso mexicain/kg) -7    
Cambodge, Phnom Penh, riz (mélange), prix de gros (riel/kg) -11    
Thaïlande, Bangkok, riz (5 % de brisures), prix de gros (baht/tonne) -11    
Madagascar, moyenne nationale, riz (local), prix de détail (ariary/kg) -12    
Variations annuelles : avril 2013-avril 2014 2014
Blé %
de variation
Maïs %
de variation
Argentina - Buenos Aires - Blé (harina) - al por mayor (US$/kg) 168 Malawi - Lilongwe - Maïs - al detalle (kwacha/kg) 89
Sudán - Dongola - Blé - al por mayor (libra sudanesa/local) 92 Bolivia - La Paz - Maïs (duro amarillo, cubano) - al por mayor (boliviano/local) 54
Belarús - promedio nacional - Blé (harina) - al detalle (rublo bielorruso/kg) 54 Afrique du Sud - Randfontein - Maïs (blanco) - al por mayor (rand/t) 47
Etiopía - Debre Marcos - Blé (blanco) - al por mayor (birr etíope/local) 50 Somalia - Hargeisa - Maïs (blanco) - al detalle (chelín somalí/kg) 36
Bolivia - La Paz - Blé (harina, importada, Argentina) - al por mayor (boliviano/local) 39 Zambia - promedio nacional - Maïs (blanco) - al detalle (kwacha/local) 28
Afganistán - Kabul - Blé (harina) - al detalle (afganí/kg) -16 Tanzanía - Dar es Salaam - Maïs - al por mayor (US$/t) -22
Ucrania - promedio nacional - Blé (grado 3, oferta, EXW, para procesamiento) (hryvnia/t) -19 Togo - Cinkassé - Maïs (blanco) - al detalle (franco CFA/kg) -25
República de Moldova - Chisinau - Blé - al detalle (leu moldavo/kg) -26 Haití - Puerto Príncipe - Maïs (harina, local) - al detalle (gourde/local) -33
Federación de Rusia - promedio nacional - Blé (oferta EXW) - al por mayor - (rublo ruso/kg) -30 República de Moldova - Chisinau - Maïs - al detalle (leu moldavo/kg) -34
    Federación de Rusia - promedio nacional - Maïs (oferta EXW) - al por mayor ( rublo ruso/kg) -38
    Ucrania - promedio nacional - Maïs (oferta, EXW, para procesamiento) (hryvnia/t) -38
Riz %
de variation
Sorgho %
de variation
Pérou, Lima, riz (concassé, corriente), prix de gros (nuevo sol/kg) 34 Somalie, Baidoa, sorgho (rouge), prix de détail (shilling de Somalie/kg) 80
Bolivie, Cochabamba, riz (grano de oro), prix de gros (boliviano/local) 33 Soudan, El Gedarif, sorgho (feterita), prix de gros (livre soudanaise/local) 71
Philippines, Grand Manille, riz (blanc régulier usiné), prix de détail (peso philippin/kg) 27 Éthiopie, Addis-Abeba, sorgho (rouge), prix de gros (USD/kg) 10
Nicaragua, moyenne nationale, riz (qualité 2e choix), prix de détail (cordoba oro/kg) 21 Burkina Faso, Ouagadougou, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) -6
Philippines, moyenne nationale, riz (bien usiné), prix de détail (peso philippin/kg) 18 Niger, Niamey, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) -17
Bangladesh, Dhaka, riz (grossier), prix de gros (taka/kg) 12 El Salvador, San Salvador, sorgho (maicillo), prix de gros (USD/local) -19
Pakistan, Karachi, riz (IRRI), prix de détail (roupie du Pakistan/kg) 12 Togo, Korbongou, sorgho, prix de détail (franc CFA/kg) -42
Cambodge, Phnom Penh, riz (mélange), prix de gros (riel/kg) -11    
Niger, Niamey, riz (importé), prix de gros (franc CFA/local) -12    
Somalie, Bossaso, riz (importé), prix de détail (shilling de Somalie/kg) -13    
Costa Rica, moyenne nationale, riz (2e choix), prix de détail (USD/kg) -22    
Thaïlande, Bangkok, riz (25 % de brisures), prix de gros (baht/tonne) -28    
Source : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et Système mondial d’information et d’alerte rapide (GIEWS). Note : Les monnaies sont celles indiquées par la FAO.

Les fluctuations des prix intérieurs entre avril 2013 et avril 2014 affichent des variations annuelles contrastées selon les denrées et les pays. En avril 2014, les prix du blé étaient supérieurs de 72 % à leur niveau de 2013 au Soudan (Kadugli), à cause de la dépréciation monétaire et du renchérissement des importations, contre une hausse de 70 % en Argentine (Buenos Aires) liée à des tensions sur l’offre provoquées par des récoltes décevantes et la faiblesse des stocks46. À l’inverse, Moldova (Chisinau, 26 %), le Tadjikistan (13 %, moyenne nationale) et la Russie (12 %, moyenne nationale) affichent tous une baisse des prix intérieurs du blé, grâce notamment à une offre plus abondante, liée à des exportations régionales adaptées et à la production intérieure47. De fortes augmentations du prix annuel du maïs ont été enregistrées en Somalie (Baidoa, 45 %), reflétant un réajustement de l’aide humanitaire48 ; en Ouganda (Kampala, 40 %) et en Zambie (33 %, moyenne nationale) sous l’effet de la suppression des subventions pour cette céréale et pour les carburants49 ; ainsi qu’en Tanzanie (Dar-es-Salaam, 32 %) et en Afrique du Sud (Randfontein, 23 %)50. Les prix du maïs ont reflué par rapport à l’an dernier au Mozambique (Chokwe, 49 %), la campagne secondaire ayant été florissante en 201351 ; en Haïti (Port-au-Prince, 40 %) ; à Moldova (Chisinau, 30 %) ; et au Honduras (San Pedro Sula, 25 %), du fait d’une offre généralement abondante. Le prix du riz a augmenté sur les marchés observés au Pérou (34 %) et en Bolivie (33 %), à cause respectivement de perspectives incertaines et d’une production locale en berne ; aux Philippines (27 %), sous l’effet d’une baisse des importations et des stocks et du renchérissement du pétrole et de l’électricité52 ; au Nicaragua (21 %, moyenne nationale) ; au Bangladesh (12 %), à cause des troubles politiques53 ; et au Pakistan (12 %), pénalisé par l’appréciation de la roupie. L’évolution a été inverse en Thaïlande (Bangkok, 28 %), au Costa Rica (22 %, moyenne nationale) ainsi qu’en Somalie et au Niger (environ 10 %)54.

Prix alimentaires et émeutes de la faim

La flambée des prix alimentaires de 2007 et de 2008 a provoqué de nombreux mouvements violents un peu partout dans le monde, annonciateurs d’autres épisodes de ce type depuis55. Les victimes de ces « émeutes de la faim » — comme on se plait à les qualifier de manière parfois inappropriée (voir encadré 1) — en Argentine, au Cameroun, en Haïti ou en Inde, pour ne prendre que quelques exemples, ont fait la une de l’actualité mondiale. Des échauffourées ont aussi éclaté face à des niveaux de prix trop faibles (ce fut le cas des caféiculteurs au Viet Nam ou des planteurs de coton au Burkina Faso)56.

Ces événements nous rappellent la corrélation étroite entre insécurité alimentaire et conflit. Ils nous amènent à envisager cette relation dans un sens différent de celui qui prévaut généralement. Les catastrophes humanitaires provoquées par des problèmes d’alimentation et les famines ont en effet souvent été associées — et continuent de l’être — aux guerres civiles ou interétatiques (comme ce fut le cas récemment en Somalie, frappée par la famine). Mais la réciproque est tout aussi évidente, comme le soulignait, avec un certain sens de la formule, Norman Borlaug, prix Nobel et père de la Révolution verte : « On ne peut pas construire la paix dans le monde sur des ventres vides et la misère humaine ». Ces relations connexes et réciproques entre guerre et nourriture ont également été mises en avant dans les travaux d’Amartya Sen, de Jean Drèze et de l’anthropologue Ellen Messner, à qui l’on doit l’expression de « guerre alimentaire »57.
Encadré 1. Émeutes de la faim : définition et suivi

La définition de l’expression « émeutes de la faim » ne fait pas consensus. On constate que des travaux récents consacrés à ce phénomène s’attachent en fait à des événements qui n’ont pas toujours de véritable rapport avec l’alimentation, utilisent des définitions trop restrictives (en tenant par exemple uniquement compte des événements ayant entraîné la mort d’individus) ou, au contraire, trop larges (en intégrant l’expression pacifique du mécontentement), ne s’intéressent qu’à une seule région ou ne couvrent qu’une période de temps trop restreinte. Compte tenu de ces analyses incomplètes, cette édition du Food Price Watch se penche sur les comportements violents, de masse et associés à des troubles graves en relation avec toutes les dimensions de la sécurité alimentaire. Le rapport définit à cet effet les émeutes de la faim comme des troubles violents entraînant une perte de contrôle, des dommages corporels ou des atteintes aux biens, essentiellement motivés par une pénurie alimentaire, des problèmes d’approvisionnement ou des prix trop élevés, dont les médias locaux et internationaux ont rendu compte et qui peuvent recouvrir d’autres motifs de mécontentement.

Cette définition — comme d’autres éventuelles — présente un certain nombre de difficultés : comment évaluer le degré de violence de certains événements et apprécier la pertinence des motivations « alimentaires » sous-tendant les manifestations ? Notre définition se concentre sur les atteintes physiques et les heurts avec les forces de police ayant fait des victimes (décès, blessures et/ou arrestations) et/ou les atteintes matérielles. Elle ne couvre que les situations où l’enjeu alimentaire a été le principal déterminant de l’émeute qui, sinon, n’aurait probablement pas eu lieu. À ce titre, la plupart des événements associés au Printemps arabe de 2011 ne sont pas assimilés à des émeutes de la faim, à l’exception des mouvements observés en Tunisie et en Algérie avant la révolution, où les populations protestaient contre l’inflation des prix alimentaires.

C’est en appliquant ces critères qu’une base de données a été constituée pour rendre compte des événements survenus entre 2007 et 2014 et relayés par les grands médias, les portails d’information des organisations humanitaires et les revues savantes. La recherche a été effectuée sur Internet en s’appuyant sur des outils tels que Factiva et Google et des portails spécialisés comme les réseaux IRIN. Ce balayage a permis d’identifier 51 émeutes de la faim dans 37 pays sur la période considérée. Les événements ont ensuite été classés en deux catégories : les émeutes de type 1, les plus fréquemment mentionnées et qui sont déclenchées sans ambiguïté possible par l’inflation des prix alimentaires et sont en général dirigées contre le gouvernement ou les pouvoirs publics en général ; et les émeutes de type 2, qui ne sont pas systématiquement dirigées contre le pouvoir en place et n’ont en général pas de solides fondements politiques. Ces événements visent des problèmes d’approvisionnement et éclatent généralement autour des camions de transport de vivres, des boutiques ou des camps de réfugiés ; ils sont typiquement motivés par de graves pénuries alimentaires.

Source : compilation de l’auteur.
Note : le tableau 3 présente les trois émeutes de la faim les plus violentes dans chacune de ces deux catégories. La figure 2 recense tous les pays ayant connu des émeutes de la faim entre 2007 et 2014 et propose des informations spécifiques pour deux pays supplémentaires, absents du tableau 3, le Honduras et le Soudan.

 

Les chocs sur les prix alimentaires peuvent être à l’origine d’un conflit ou contribuer à sa perpétuation et, d’une manière plus générale, favoriser l’instabilité politique. Grâce à des données d’expérience toujours plus nombreuses, nous savons que les cours internationaux des denrées alimentaires et leur retentissement sur les marchés locaux jouent un rôle de premier plan dans tous les types de conflit : interétatiques, civils, coups d’État ou violences communautaires58. Les chocs sur les prix alimentaires peuvent entraîner une instabilité sociale et politique spontanée et essentiellement urbaine, les citadins consommateurs constituant le gros de manifestants59. Toute variation brutale des prix peut nourrir ces troubles, qui se greffent sur des insatisfactions préexistantes (la pauvreté et d’autres formes d’inégalités par exemple) et mettent en évidence l’absence de filets de protection sociale adaptés et d’autres types de politiques compensatoires60. Ce fut le cas par exemple en Guinée et en Mauritanie en 2007 ou en Haïti en 200861.

Certains estiment cependant que la pauvreté n’est pas un facteur déclenchant puisque, effectivement, certains mouvements n’ont pas rassemblé les couches les plus pauvres ou les plus affamées de la population ni touché les pays les moins bien lotis en la matière (citons les manifestations organisées par les associations de consommateurs au Sénégal et les syndicats au Burkina Faso en 2008)62. Quoi qu’il en soit, ces chocs restreignent les capacités d’un pays à produire, acheter et donner accès aux aliments et augmentent donc le risque d’insécurité alimentaire et, par conséquent, la probabilité d’une multiplication des manifestations et de l’escalade du conflit63.

Mais les prix alimentaires ne sont pas la seule cause ni le seul facteur déclenchant de manifestations violentes associées à la nourriture64. Des pressions d’ordre plus structurel (intra et interétatiques) autour des ressources (terre, eau, stocks de poissons, main-d’œuvre ou capital) peuvent elles aussi engendrer une instabilité politique et des troubles. Dans ce cas, la contestation, menée par des agriculteurs et autres journaliers, aura une portée plus sociale que les émeutes en milieu urbain provoquées par les prix65. Ce fut le cas par exemple du mouvement d’accaparement des terres à Madagascar en 2009, qui aurait contribué au coup d’État ayant entraîné le renversement du président Ravalomanana, ou des violentes manifestations aux Philippines en 2013 autour des aliments génétiquement modifiés66.

Tableau 3. Les trois émeutes de la faim les plus graves

Type 1 (émeutes essentiellement provoquées par l’inflation des prix alimentaires)
Pays Année Mois Degré d’intensité Citations Source(s)
Nombre de morts Nombre de blessés Nombre d’arrestations
Cameroun 2008 fév. 24-100 - 1671 « Les émeutes contre la vie chère — carburants et denrées alimentaires compris — auraient paralysé Yaoundé, la capitale du Cameroun » Schneider (2008)
Afrique du Sud 2012 août 37 80 6 « Des éléments indiquent que les violences en Afrique du Sud sont liées à la flambée des prix alimentaires » Lagi, Bertrand et Bar-Yam (2011)
Tunisie 2011 jan. 23 100+ - « Hier, les autorités tunisiennes et algériennes ont tenté d’endiguer les révoltes croissantes face à la flambée des prix alimentaires » The Times, 10 janvier 2011 ; Carmarthen Journal, 26 janvier 2011
Type 2 (émeutes essentiellement provoquées par les pénuries de produits vivriers)
Pays Année Mois Degré d’intensité Citations Source(s)
Nombre de morts Nombre de blessés Nombre d’arrestations
Argentine 2012 déc. 22 200+ - « Dans les quartiers de la province de Buenos Aires habités par les classes moyennes, des hordes d’adolescents ont saccagé les épiceries devant des forces de police dépassées et impuissantes » Daily Mail, 28 décembre 2012
Pakistan 2009 sept. Más de 20 30 - « 20 personnes sont mortes piétinées pendant une émeute de la faim » The Sun, 15 septembre 2009
Somalie 2011 août 10 - - « Au moins dix Somaliens, dont des réfugiés, auraient trouvé la mort dans une émeute de la faim qui a éclaté dans un camp près de Mogadiscio. Des tirs ont été entendus lorsque soldats et habitants ont pris d’assaut des camions d’aide alimentaire destinée aux régions touchées par la famine » Euronews, 5 août 2011
Sources : The Times, « Up to 20 Shot Dead by Police in Food Riots », 10 janvier 2011 ; Carmarthen Journal, « Riots in Tunisia Highlight Concern Over Food Security », 26 janvier 2011 ; Daily Mail, « President Resigns after riots Leave 22 Dead in Argentina », 28 décembre 2012 ; The Sun, « 20 Trampled to Death in Food Riot », 15 septembre 2009 ; Euronews, « At Least Ten Die in Somali Food Riot », 5 août 2011 ; M. Lagi, K.-Z. Bertrand et Y. Bar-Yam, « The Food Crisis and Political Instability in North Africa and the Middle East », New England Complex Systems Institute (2011) ; M. Schneider, We Are Hungry! A Summary Report of Food Riots, Government Responses, and States of Democracy in 2008 », Cornell University (2008).

Par conséquent, les conflits de ces dernières décennies qui ont mis en péril la sécurité alimentaire (en provoquant une baisse de la production agricole et des déplacements de population) méritent que l’on s’y intéresse de plus près. Une vision plus globale de la situation devrait également tenir compte du fait que l’insécurité alimentaire en général et les chocs sur les prix alimentaires en particulier, contribuent eux aussi à l’instabilité et aux conflits. Le suivi des prix alimentaires (tableau 3 et figure 2) est un moyen de contribuer à la sécurité alimentaire et au bien-être des populations mais aussi de désamorcer des risques d’instabilité politique grave et de conflit. Un suivi de qualité constitue donc une première étape indispensable pour décrypter les interactions entre insécurité alimentaire et conflits.

Figure 2. Le suivi des émeutes de la faim : le cas du Honduras et du Soudan (2007-2014)
a. Pourcentage de perte totale

Sources : Factiva (pour les recherches), journaux, publications spécialisées ; pour les sources propres au Honduras et au Soudan, se reporter à la carte.
Notes : cette carte matérialise les différents épisodes d’émeutes de la faim dans le monde depuis la crise alimentaire de 2007. Deux types d’émeutes sont présentés : celles de type 1, essentiellement motivées par l’inflation des prix alimentaires ; et celles de type 2, surtout provoquées par des pénuries graves. Cette carte, stylisée, n’est pas à l’échelle. Elle ne reflète en aucun cas une quelconque prise de position des agences de l’ONU quant au statut juridique des pays et des territoires, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Le nombre de morts, de blessés et d’arrestations lors de chaque événement, estimé d’après les différentes sources, n’est pas forcément exact.

Notes

1. Ce bilan d’avril coïncide avec la sortie du rapport Food Price Watch de la Banque mondiale et des Perspectives de l’alimentation de la FAO (mai 2014), mais l’indice des prix des céréales de ces deux organisations affiche des tendances divergentes. Le tassement enregistré en avril s’explique par une légère amélioration des conditions météorologiques et par l’absence constatée d’incidences marquées de la situation en Ukraine sur ses exportations. Pourtant, l’indice FAO des prix des céréales pour le mois d’avril fait état d’une augmentation de 0,5 %, alors que celui de la Banque mondiale affiche un recul de 1,2 %. Cet écart tient à des différences de composition : l’indice de la FAO compile 10 cotations pour le blé et 16 cotations pour le riz, contre respectivement 1 et 4 pour la Banque. Celle-ci intègre par ailleurs une cotation pour l’orge et une cotation pour le sorgho. Étant donné que les prix du blé se sont redressés, que les prix du riz ne figurant pas dans l’indice la Banque mondiale ont suivi la même tendance, que l’orge a augmenté et que le prix du sorgho a reculé en avril, il est logique que l’indice de la FAO traduise un redressement plus net que celui de la Banque pour ce mois-ci.
2. En recul de respectivement 7 et 8 % (Banque mondiale, « World Bank Commodity Price Data [Pink Sheet] », 5 mai 2014).
3. USDA, World Agricultural Supply and Demand Estimates (WASDE), 528, avril 2014.
4. FAO, Suivi du marché du riz, avril 2014. L’Égypte ayant du mal à reprendre ses exportations, ce facteur entre également en ligne de compte (FAO, Perspectives de l’alimentation, mai 2014).
5. FAO, Situation alimentaire mondiale, 6 mars 2014. Ce rythme d’augmentations trimestrielles fait que les prix du sucre sont quasiment identiques à leur niveau de 2013, alors que les cours de l’huile de soja sont 9 % en deçà de leurs niveaux de 2013.
6. Jusqu’ici, la dépréciation monétaire, des précipitations inférieures à la moyenne depuis quelques mois et la conversion à des cultures plus rentables pourraient avoir eu plus d’impact sur le blé et le maïs que l’instabilité politique à proprement parler.
7.L’année 2014 renvoie à la campagne 2014/2015, l’année 2013 couvrant la campagne 2013/2014.
8. FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, n° 1, mars 2014. Ce fléchissement de la production en 2013 tient pour l’essentiel à une baisse des rendements au Canada et dans les pays de la mer Noire.
9. FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, mars 2014.
10. Les ratios stocks-consommation devraient se redresser, de 22,8 % en 2012/2013 à 25,4 % en 2013/2014, et les ratios stocks-utilisation totale des principaux pays exportateurs de 14,1 à 15,3 % sur la même période. Ces hausses ont singulièrement amélioré la situation par rapport à l’an dernier, où les stocks étaient exceptionnellement bas, sans permettre cependant de renouer avec les niveaux des années précédentes (FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, avril 2014).
11.FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, avril 2014 ; USDA, WASDE 528.
12.FAO, AMIS Market Monitor, avril 2014.
13. FAO. Nota informativa sobre la oferta y la demanda de Céréales, abril de 2014; USDA. WASDE 528.
14. Algérie, Chine, Égypte, Iran, Arabie saoudite et Turquie (FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, avril 2014) et Bangladesh et Afghanistan (Perspectives de récolte et situation alimentaire, mars 2014).
15. FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, mars 2014.
16. Coton et blé (FAO, AMIS Market Monitor, avril 2014).
17. L’USDA (WASDE 529) table cependant sur une augmentation des rendements susceptible de compenser la réduction des emblavures. Soulignons qu’il s’agit-là des premières prévisions de l’USDA pour 2014/2015.
18. FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, mars 2014.
19. FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, mars 2014. USDA, WASDE 528.
20. FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, mars 2014.
21.Le ratio stocks-consommation pour les céréales secondaires est sorti de son marasme historique de 2012/2013 (13,8 %), pour atteindre 17,0 % en 2013/2014 (les ratios stocks de clôture-utilisation totale des principaux exportateurs étant passés de 8,4 à 12,1 % ; FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, avril 2014). Dans le cas du maïs, les stocks mondiaux de clôture pour 2013/2014 ont renoué avec le record de 2000/2001 (170 millions de tonnes) (USDA, WASDE 529 et 393).
22. Les ratios mondiaux stocks-consommation pour le riz sont passés de 35,7 % en 2012/2013 à 36 % en 2013/2014, avec un léger fléchissement des ratios stocks-utilisation totale des principaux exportateurs, de 28,1 à 27,8 % (FAO, Perspectives de l’alimentation, mai 2014).
23. FAO, Suivi du marché du riz, avril 2014 ; FAO, Perspectives de l’alimentation, mai 2014.
24. En partie pour contrecarrer ces pressions, les autorités vietnamiennes ont abaissé le prix minimum à l’exportation du riz de qualité inférieure (FAO, AMIS Market Monitor, avril 2014).
25. FAO, Perspectives de l’alimentation, mai 2014, p. 23.
26. Les deux décisions visaient à compenser une récolte décevante en Chine en 2013.
27. FAO, AMIS Market Monitor, avril 2014.
28. Selon la FAO (AMIS Market Monitor, mai 2014), l’agence américaine NOAA estime à 60 % les probabilités d’une manifestation du phénomène El Niño en 2014. La FAO signale aussi que l’intervention du phénomène El Niño à la fin de l’été et au début de l’automne dans l’hémisphère Nord aurait un impact minime sur les récoltes estivales de cette partie du monde mais des effets marqués sur la fin de la saison de la mousson en Inde.
29. FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 avril 2014. Cela étant, les circuits commerciaux ont été perturbés par le conflit au Tchad et dans le Nord du Nigeria. Par ailleurs, le Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET, Price Watch, 30 avril 2014) fait état d’une production inférieure à la moyenne en Mauritanie, dans l’Est du Niger et dans le Nord du Tchad.
30. Mais en Afrique du Sud, les tensions continues sur l’offre et la hausse de la demande d’exportations tirent les prix vers le haut, en dépit d’anticipations très favorables pour les récoltes (FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 9 mai 2014 ; FEWS NET, Price Watch, 30 avril 2014).
31. FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 avril 2014. À l’inverse des haricots, la production de riz en 2013 a été abondante et a pu satisfaire la demande. De sorte qu’au-delà des facteurs saisonniers, les prix du maïs restent inférieurs à leurs niveaux de 2013.
32. FAO. Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 avril 2014.
33. FAO. Suivi des prix alimentaires mondiaux, 9 mai 2014.
34. FAO. Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 avril 2014.
35. FAO, GIEWS Country Briefs, Ukraine, 26 mars 2014.
36.FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 avril 2014 et 9 mai 2014.
37. FAO, GIEWS Country Briefs, Argentine, 19 mai 2014.
38. Dans le cas du Tadjikistan, l’abaissement des droits de douane russes sur les exportations de pétrole a contribué à faire baisser le coût du transport et donc à tirer les prix alimentaires vers le bas (FEWS NET, Price Watch, 30 avril 2014).
39. FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 avril 2014 ; FEWS NET, Price Watch, 30 avril 2014.
40. FAO GIEWS Country Briefs, Somalie, 28 janvier 2014 ; FAO, FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, mars 2014
41. FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 9 mai 2014.
42. FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, mars 2014.
43.FEWS NET, Price Watch, mars 2014.
44. FAO, GIEWS Country Briefs, Myanmar, 14 mai 2014.
45. FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 9 mai 2014.
46. Par ailleurs, la baisse de production en 2013 explique le net renchérissement des prix au Bélarus (57 %, moyenne nationale) et en Éthiopie (35 %, Shashemene) alors qu’en Uruguay, la demande régionale d’exportations, soutenue, a contribué à la flambée des prix annuels (34 %, moyenne nationale) (FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, mars 2014 ; FAO, GIEWS Country Briefs, Éthiopie, 28 janvier 2014).
47. FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, mars 2014.
48. Une offre moins abondante et l’insécurité font partie des autres facteurs à incriminer.
49. FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 9 mai 2014.
50. En Afrique du Sud, le recul de la production en 2013 et le raffermissement de la demande d’exportations tirent les prix vers le haut.
51. FAO, GIEWS Country Briefs, Mozambique, 12 février 2014.
52. FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 9 mai 2014.
53. FAO, Suivi du marché du riz, avril 2014.
54. Au Costa Rica, les prix ont baissé grâce au redressement de la production de 2013 (FAO, GIEWS Country Briefs, Costa Rica, 14 mars 2014) alors qu’en Somalie, ce recul s’explique par des importations meilleur marché et une amélioration du fonctionnement du port (FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 9 mai 2014).
55. J. Cuesta et J. Barbet-Gros, « Food Riots-From Definition to Operationalization » (non publié), Banque mondiale (2014).
56. Greenfield, G. 2002. “Vietnam and the World Coffee Crisis: Local Coffee Riots in a Global Context", http://focusweb.org/publications/2002/ Vietnam-and-the-world-coffee-crisis.html; S. Mirza. “The Land Usage of Cotton in Burkina Faso and Its Impact on Food Security". Estudios de caso de ICE n°. 263, diciembre de 2011, http:// www1.american.edu/ted/ICE/burkina-food-riot.html.
57. J. Drèze et A.-K. Sen, Hunger and Public Action, Oxford University Press (1989) ; J. Drèze, « War and Famines », in The Companion to Development Studies, dir. pub. V. Desai et R.-B. Potter, Londres ; Arnold (2002) ; E. Messner, « Food Wars: Hunger May Be the Deadliest Weapon in Conflict Areas Around the World », http://www.brandeis. edu/magazine/2011/summer/featured-stories/foodwars.html (2013).
58. J.-D. Angrist et A.-D. Kulger, « Rural Windfall or a New Resource Curse? Coca, Income, and Civil Conflict in Colombia », Review of Economics and Statistics, 90 (2): 191–245 (2008) ; H. Brinkman et C. Hendrix, « Food Insecurity and Violent Conflict: Causes, Consequences, and Addressing Challenges », Occasional Paper No. 24, Programme alimentaire mondial (2011) ; M. Brückner et A. Ciccone, « International Commodity Prices, Growth and the Outbreak of Civil War in Sub-Saharan Africa », The Economic Journal, 120: 519– 34 (2010) ; R. Arezki et M. Brückner, « Food Prices, Conflict, and Democratic Change », Research Paper No. 2011-4, School of Economics, Université d’Adelaïde (2011) ; O. Dube et J. Vargas, « Commodity Price Shocks and Civil Conflict: Evidence from Colombia » (non publié), Harvard (2008) ; J. Berazneva et D. Lee, « Explaining the African Food Riots of 2007–2008: An Empirical Analysis », Food Policy, 39: 28–39 (2013, et les références citées). Berazneva et Lee (2013) analysent un échantillon de 14 pays africains entre fin 2007 et 2008 et constatent, concrètement, qu’un accès limité aux denrées alimentaires et une offre insuffisante sont associés à une probabilité supérieure de risques d’émeutes, en plus de facteurs comme l’urbanisation, le fait d’habiter sur le littoral, les régimes répressifs, un passé récent d’instabilité politique et le niveau de pauvreté.
59. C. Barret, dir. pub., Food Security and Sociopolitical Stability, Oxford University Press (2014).
60. Une vaste étude (menée entre 1980 et 2005 sur 146 pays) a constaté que la dénutrition ainsi que la malnutrition et la mortalité des enfants de moins de cinq ans étaient des facteurs contribuant singulièrement aux conflits armés, à côté de la pauvreté et d’une mauvaise santé (Pinstrup-Anderson et Shimokawa, 2008, « Do Poverty and Poor Health and Nutrition Increase the Risk of Armed Conflict Onset? », Food Policy, 33: 513–20).
61. Voir Berazneva et Lee (2013) pour des exemples renvoyant aux pays d’Afrique.
62. Ibid.
63. Voir Barret (2014).
64. Ibid.
65. Ibid.
66. L. Cotula, S. Vermeulen, R. Leonard et J. Keeley, Land Grab or Development Opportunities? Agricultural Investment and International Land Deals in Africa, IIED/FAO/FIDA, Londres/Rome (2009) ; P. Collier et S. Dercon, « African Agriculture in 50 Years: Smallholders in a Rapidly Changing World? », Document technique du Forum d’experts de haut niveau sur le thème « Comment nourrir le monde en 2050 », FAO, Rome, 12-13 octobre 2009 ; J. Mayuga, « Farmers Uproot Golden Rice in CamSur Experiment », http://www.businessmirror.com.ph/index.php/en/business/agricommodities/17657-farmers-uproot-golden-rice-in-camsurexperiment, 8 août 2013). Rappelons que de tels événements ne sont pas considérés comme des émeutes de la faim dans le classement du Food Price Watch, sachant que ces manifestations ne sont pas directement provoquées par un problème d’approvisionnement ou de prix. Elles sont davantage liées aux modes de production et de distribution des aliments. Et même se elles peuvent avoir, à terme, des effets indirects sur les pénuries et la cherté des produits alimentaires, elles ne sont pas la cause principale ni le facteur déclenchant des émeutes.