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AOÛT 2012

Tendances de l'évolution des prix alimentaires mondiaux

Après deux mois de baisse consécutifs, en mai et juin, l'indice mondial des prix alimentaires de la Banque mondiale a augmenté de 10 % en juillet (figure 1). Cet indice, qui jauge le prix en dollars de plusieurs produits alimentaires de base faisant l'objet d'échanges internationaux, met en évidence le fait que de fortes poussées des prix sont intervenues d'une manière générale durant ce mois, si ce n'est pour le riz dont les cours ont diminué de 4 %. Les hausses s'établissent à 25 % pour le maïs et le blé, 12 % pour le sucre et 5 % pour l'huile de soja (17 % pour les graines de soja) en juillet (tableau 1).

Figure 1. Indice des prix alimentaires mondiaux
  de la Banque mondiale


Source : Groupe d'étude des perspectives de développement (DECPG).
Note : L'indice des prix alimentaires mondiaux estime le prix à l'exportation de différents
produits alimentaires de base dans le monde, exprimé en dollars nominaux (2005=100).


Tableau 1. Évolution du prix de certains produits
  alimentaires essentiels

Produits de base avril 2012 -
juil. 2012
juin 2012 -
juil. 2012
fév. 2011 -
juil. 2012
juil. 2011 -
juil. 2012
Indices (%)
  Aliments 7 10 1 6
    Céréales 18 16 10 11
    Matières grasses 3 9 0 19
    Autres -1 5 -9 -7
  Engrais -7 -2 10 -11
Prix
  Maïs 22 25 14 11
  Riz (thaï, 5%) 5 -4 9 7
  Blé (dur rouge
  d'hiver américain)
30 25 -1 14
  Sucre (monde) 1 12 -22 -19
  Huile de soja -5 5 -9 -7
  Pétrole brut,
  cours moyen
-15 7 -1 -10
Source : Groupe d'étude des perspectives de développement (DECPG).

Du fait que les prix mondiaux s'étaient maintenus à des niveaux élevés depuis le début de l'année, comme indiqué dans notre édition d'avril de Food Price Watch (FPW), les récentes hausses ont eu pour effet de porter les prix du maïs et du soja sur les marchés internationaux à des niveaux records (figure 2). Leur progression a en fait dépassé les records précédents établis en juin 2008 et février 2011. Dans le cas du blé et du riz, les prix restent inférieurs à leurs pics historiques, mais à des niveaux comparables aux poussées de 2011.

Sur une base mensuelle, les prix ont connu une période volatile entre avril et juillet : après avoir augmenté en avril, ils ont reculé en mai et juin, pour se redresser fortement en juillet. Cette tendance fait pendant au comportement observé lors des 12 mois précédents, qui avait mis fin aux hausses soutenues de la période allant du milieu de 2010 à février 2011.

En moyenne, les prix alimentaires mondiaux ont augmenté de 7 % entre avril et juillet, sous l'effet principalement de la poussée des prix des céréales (18 %) et de hausses plus modérées pour les matières grasses. Pour les autres produits alimentaires, les prix ont légèrement diminué au cours de ce trimestre 1. Dans le cas du riz, le déclin soutenu des prix qui résultait du niveau élevé de l'offre 2 a récemment pris fin sous l'effet de pressions au niveau de la demande de grands pays importateurs 3.

En ce qui concerne les prix du pétrole brut et des engrais, dont l'évolution constitue un des principaux facteurs influant sur les variations des prix alimentaires, ils ont diminué respectivement de 15 et 7 % au cours des trois derniers mois. Ces diminutions tiennent à un fléchissement de la demande mondiale 4, mais ont été perturbées par une poussée de 7 % du cours du pétrole brut à mettre au compte d'une recrudescence des tensions avec la République islamique d'Iran, ainsi que d'un mouvement de grève en Norvège et des baisses de production qui en ont résulté. Le prix moyen du baril de pétrole brut est resté juste en dessous de la barre des 100 dollars en juillet, mais il s'est redressé en août et a franchi cette barre. Si ce mouvement de hausse se poursuit, cela aura des incidences supplémentaires sur les prix alimentaires.

La météo est le facteur essentiel à la base des flambées de prix soudaines du mois de juillet. Les conditions sans précédent qui prévalent cet été dans les Grandes plaines et la Corn Belt des États-Unis, en termes de température et de sécheresse 5, ont fortement porté atteinte aux récoltes d'été de maïs et de soja, deux produits pour lesquels ce pays est le plus gros exportateur mondial.

Dans le même temps où 32 États étaient déclarés zones sinistrés, le service de statistiques du Département de l'agriculture (USDA) a classé dans un état de « mauvais à très mauvais » 50 % des cultures de maïs et 37 % de celles de soja 6.

Quant aux prévisions de rendement pour le maïs américain, elles n'ont cessé de baisser depuis juin et s'établissaient à 123,4 boisseaux par acre à la mi-août. 7 Cela implique un ajustement de 25 % non compensé de l'estimation initiale établie pour l'année 8, ainsi que de légères réductions des prévisions de surfaces récoltées 9. D'après l'USDA, ce seront là les rendements les plus faibles enregistrés depuis la récolte 1995/96.

Les chiffres prévisionnels de production pour 2012/13 ont quant à eux été ramenés à 274 millions de tonnes en août, ce qui est inférieur d'environ 13 % à la production estimée du pays pour 2011/12. La production mondiale de maïs se trouve ainsi ramenée de 876 millions de tonnes en 2011/12 à 849 millions de tonnes 10. On est moins sûr de l'effet que la sécheresse aura en définitive sur la production de soja, qui arrive à maturité plus tard que le maïs et pour laquelle les perspectives se sont peut-être améliorées en partie du fait des baisses de température et des légères pluies observées fin juillet et début août.

Figure 2. Prix nominaux des principaux aliments de base (USD/tonne, 2007-12)


Source : Groupe d'étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale. Note : Prix mensuels en dollars nominaux (USD/tonne).

La sécheresse qui sévit aux États-Unis n'est cependant pas le seul facteur climatique qui affecte la production. La Fédération de Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan connaissent en effet un été plus sec qu'à l'ordinaire, qui pourrait amputer leur production de blé de plus de 6 millions de tonnes, soit 10 % de leur production annuelle combinée. Et en Inde, une mousson moins forte que la normale (avec une hauteur de pluies inférieure de 20 % à la moyenne pour juillet) laisse présager une réduction de 2,5 % de la récolte pour cette année (mais celle-ci est néanmoins censée être la deuxième de tous les temps) 11 . Ce qui est plus préoccupant, c'est qu'on craint de plus en plus l'apparition du phénomène El Niño dans les deux mois qui viennent (perspective qualifiée de « probable » par le Climate Prediction Center américain 12). Cela pourrait avoir des effets dévastateurs sur les récoltes de blé en Australie, tout en favorisant celles de maïs et de soja en Amérique du Sud. Mais on ne peut toujours pas déterminer avec certitude quelle sera l'intensité du phénomène El Niño, ou sa durée.

Que les chocs climatiques aient des incidences croissantes sur les prix alimentaires mondiaux tient à une multiplicité de facteurs. L'emploi du maïs pour la production d'éthanol (estimé à 40 % de la production totale des États-Unis, un niveau qui n'est pas sujet à variations) et pour l'alimentation du bétail (ce qui constitue le plus gros coût de production pour les éleveurs) engendre une concurrence certaine au regard de ses utilisations pour les besoins alimentaires. Quant à la question de savoir l'effet qu'un arrêt du mandat éthanol aurait sur les cours du maïs aux niveaux de prix actuels des carburants, elle suscite des points de vue divergents et le débat ne cesse de s'amplifier. En détournant une part substantielle de la production des besoins de l'alimentation animale et humaine, ce mandat a d'évidentes implications sur les prix, mais certains analystes insistent sur le fait qu'aux niveaux de prix actuels des carburants, le mélange d'éthanol, qu'il soit ou non imposé, se justifie encore d'un point de vue économique 13. Ce débat est loin d'être clos, et rien ne permet à l'heure actuelle d'établir de manière concluante le rôle exact que jouent les biocarburants dans les flambées des prix. En tout état de cause, l'USDA prévoit une baisse effective de l'utilisation de maïs pour la production d'éthanol cette année aux États-Unis 14. L'utilisation croissante du blé comme produit de substitution du maïs pour l'alimentation animale contribue elle aussi à l'augmentation des prix du blé 15.

Dans la mesure où les stocks alimentaires mondiaux se maintiennent à un faible niveau — surtout pour ce qui est des stocks américains de maïs et de soja 16 —, et où ils sont censés 17 se réduire encore dans le cas du maïs (pour tomber à leur plus bas niveau depuis six ans) ainsi que du blé 18, les incertitudes sont amplifiées, ce qui contribue à maintenir une forte volatilité des prix. Et de multiples autres raisons d'incertitude sont fournies par la crise de la zone euro, les mesures d'austérité budgétaire, les retombées du Printemps arabe et le fait que les investisseurs sont en quête de meilleurs rendements ailleurs que sur les marchés des valeurs européens 19.

Il y a d'autres signes rassurants. Sur le marché du riz, l'abondance de l'offre résultant de récoltes exceptionnelles et le surcroît de concurrence auquel fait face la Thaïlande (principal exportateur mondial) ont entraîné dernièrement une baisse des cours. Et deux autres facteurs agissent dans le sens d'une modération des prix : le faible niveau de demande en provenance de la zone euro, et le léger ralentissement de la croissance qui s'est fait jour en Chine et dans les pays en développement d'une manière générale (les prévisions de croissance se situant à 5,3 % pour 2012, contre 6,1 % en 2011) 20. La baisse des prix des engrais occasionnée par des récoltes exceptionnelles est une tendance qui, si elle se maintient, peut réduire les pressions qui s'exercent sur les prix.

Mais on ne peut pas dresser de conclusions définitives à ce stade. Les prévisions concernant la production de blé mondiale ont été revues à la baisse et s'établissent à présent en dessous des niveaux de 2011/12. L'appréciation du dollar américain est un élément qui peut jouer à l'encontre des prix intérieurs, notamment ceux des produits alimentaires. Le cours du pétrole brut reste susceptible de subir d'importantes fluctuations à court terme en cas de dégradation de la situation au Moyen-Orient. Les choix de politiques qui seront faits dans les grands pays exportateurs détermineront si une réaction de panique se fait ou non jour et se propage. Les stocks mondiaux restent faibles, et l'on s'attend à ce qu'ils diminuent encore cette année. La façon dont le climat va évoluer dans un avenir proche, surtout en ce qui concerne le phénomène El Niño, aura un effet sur la production mondiale, mais on ne peut pas vraiment dire dans quel sens.

Les marchés sont à l'évidence bien moins actifs qu'ils ne l'étaient encore il y a quelques mois. D'autres hausses de prix significatives analogues à celles observées en 2008 pourraient se produire sous l'effet de facteurs négatifs — tels que des réactions de panique au niveau des politiques adoptées par les pays exportateurs, un phénomène El Niño particulièrement marqué, des récoltes décevantes dans l'hémisphère sud, ou de fortes hausses des prix énergétiques.

À plus long terme, il faut s'attendre à ce que les prix restent à un niveau élevé et sujets à des fluctuations du fait d'incertitudes grandissantes au niveau de l'offre, d'une demande croissante due à l'augmentation de la population et d'une faible capacité de réaction du système alimentaire 21. Dans ces conditions, l'aptitude des pays à maintenir le niveau de croissance de leur agriculture (sur le plan alimentaire) dans un contexte climatique défavorable — par exemple, par un recours accru à des variétés résistantes aux intempéries — déterminera l'ampleur des dégâts que de futurs chocs analogues au choc actuel seront susceptibles de causer (en plus d'autres facteurs tels que l'ouverture des échanges ou l'existence de solides filets de protection sociale).

Tendances des prix intérieurs

Comment les hausses de prix alimentaires observées aux États-Unis influent-elles sur les prix alimentaires dans les autres pays du monde ? Bien qu'il soit établi qu'une part substantielle de la récolte de maïs aux États-Unis est irrémédiablement endommagée, les niveaux prévisionnels d'inflation alimentaire publiés par l'USDA pour 2012 restent inchangés par rapport à ceux établis avant la sécheresse (soit entre 2,5 et 3,5 %) 22, qui incluaient déjà une estimation revue à la hausse pour l'inflation des prix de la viande (dans une fourchette de 3,5 à 4,5 %) . Les États-Unis étant le plus gros exportateur mondial de maïs et de soja, le degré de répercussion de leurs hausses de prix sur les marchés intérieurs d'autres pays sera fonction de trois séries d'éléments : dans quelle mesure le pays en question est tributaire de ses importations ; la capacité qu'a le pays de se prémunir contre les chocs extérieurs ; et dans quelle mesure il laisse l'évolution des prix internationaux se répercuter sur son marché intérieur 23.

Dans l'ensemble, les pays du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne affichent les plus forts taux d'importations nettes de céréales en pourcentage de leur consommation, et c'est dans ces pays que l'alimentation représente la plus grosse part des dépenses totales des ménages — surtout au niveau des populations pauvres (figure 3). Ces régions sont par conséquent le plus vulnérables aux flambées des prix internationaux de l'ordre de celle causée par la sécheresse qui sévit aux États-Unis 24.

Pour leur part, les pays d'Amérique du Sud 25, d'Asie du Sud et, dans une moindre mesure, d'Europe de l'Est et d'Asie centrale sont des exportateurs potentiels qui sont susceptibles de tirer profit de la situation sur le plan financier, quoiqu'ils risquent dans le même temps d'être soumis à un surcroît de pressions sur les prix au niveau de leurs marchés intérieurs 26.

Mais l'impact que les hausses des prix aux États-Unis auront en définitive dans chaque pays sera aussi fonction de facteurs internes : par exemple, la situation des cultures locales, l'accessibilité portuaire et l'état des infrastructures ; les chocs d'ordre interne, tels que conflits et catastrophes naturelles ; la marge de manœuvre budgétaire disponible ; et les solutions de politique générale sur lesquelles le pays peut tabler pour se prémunir contre la volatilité des prix mondiaux (stocks de céréales, interventions commerciales, contrôle des prix, filets de protection et investissements en agriculture).

Les interactions entre ces différents facteurs, caractéristiques et choix de politiques varient d'un pays à l'autre. Par exemple, beaucoup de pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord connaissent une situation politique et budgétaire difficile qui limite leur aptitude à amortir l'impact des hausses de prix. Comme on l'a constaté dans le passé (FPW, novembre 2011), la conjugaison de ces facteurs s'est généralement traduite par une plus grande volatilité des prix intérieurs en Afrique subsaharienne qu'en Amérique latine, dans les pays enclavés que dans les pays ayant un débouché sur la mer, et dans ceux qui sont moins bien intégrés aux marchés internationaux 27

Dans l'ensemble, la répercussion des prix n'est ni uniforme, ni immédiate. Des éléments d'appréciation récents laissent penser que, en moyenne, trois quarts de l'évolution des prix des céréales faisant l'objet d'échanges internationaux se répercuteront sur les marchés intérieurs, et qu'il faudra environ six à sept mois pour que la moitié de la hausse de ces prix se répercute sur ces marchés 28. D'un point de vue régional, les pays d'Afrique et d'Asie sont ceux dans lesquels les prix alimentaires intérieurs risquent moins qu'ailleurs d'évoluer en parallèle (pour utiliser le jargon en vigueur, d'être « co-intégrés ») aux prix internationaux ; et dans ces pays, des facteurs locaux et régionaux risquent plus qu'ailleurs d'affecter dans une large mesure l'évolution immédiate des prix intérieurs 29.

 

Figure 3. Niveau de vulnérabilité des pays aux flambées des prix alimentaires mondiaux
Source : Banque mondiale (2011), Responding to Higher and More Volatile World Food Prices, document établi à l'intention du Comité du développement par le Département de l'agriculture et du développement rural de la Banque mondiale, à partir de données de FAOSTAT (en ce qui concerne la part des importations de céréales dans la consommation) et de l'USDA (pour ce qui est de la part des dépenses des ménages consacrée à l'alimentation).

De fortes hausses des prix ont continué d'être observées sur les marchés intérieurs, surtout en Afrique (tableau 2). En plus du fait que les pays du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne sont très tributaires des importations de produits alimentaires, les hausses de prix observées dans les pays du Sahel résultent des effets conjugués de mauvaises récoltes en 2011, de périodes de soudure qui se poursuivent ou de situations de conflit 30.

En Afrique de l'Est, plusieurs éléments ont contribué à la hausse des prix alimentaires : un manque de pluies durant la période de végétation, la poursuite de la période de soudure, le niveau élevé des coûts énergétiques et de transport, et une situation humanitaire difficile 31. Par ailleurs, des perspectives incertaines pour la saison des récoltes en Afrique centrale et les mauvaises récoltes qui caractérisent des parties de l'Afrique australe (dans certaines régions du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique) risquent d'entraîner une évolution des prix intérieurs différente des tendances saisonnières normales. Pour le reste, des baisses saisonnières normales sont observées en Amérique centrale, et des perspectives raisonnables pour les pays d'Asie centrale laissent présager des tendances saisonnières normales 32.

La période d'avril à juillet 2012 a été marquée par des hausses substantielles des prix du maïs, même avant la flambée des prix du maïs américain. C'est en Afrique subsaharienne que ces hausses ont été le plus marquées : elles ont notamment atteint 113 % sur certains marchés* au Mozambique, sous l'effet de mauvaises récoltes localisées, de cyclones à répétition et des tendances saisonnières normales 33, et 47 % au Malawi, ce qui reflète en partie une forte inflation. Au niveau des autres régions, la Russie a vu le prix de son maïs augmenter de 24 %, tandis que les pays d'Amérique latine ont connu une baisse généralisée (dont 24 % au Mexique).

Les hausses de prix du blé ont été moins marquées que pour le maïs : 27 % en Afrique du Sud, 15 % au Soudan et 14 % en Inde. L'Afrique a connu par ailleurs de fortes augmentations des prix du riz et du sorgho au cours du dernier trimestre : on peut signaler à cet égard des hausses du prix du sorgho de 29 % au Soudan et de 20 % au Niger. Pour ce qui est du prix du riz, il a notamment augmenté de 25 % en Inde et de 16 % au Cambodge. Mais on a également vu les prix du riz baisser dans d'autres pays des mêmes régions.

Sur une base annuelle, les cours nominaux des céréales restent supérieurs à leurs niveaux d'il y a un an. Les prix du maïs ont augmenté de 174 % au Malawi, et de 129 % au Mozambique, depuis juillet 2011. Dans les pays d'Amérique latine, le bilan est mitigé, avec des hausses de prix au Pérou (37 %) et en Haïti (17 %) 34, tandis que les prix ont baissé en Amérique centrale. Les prix du maïs ont également baissé de plus de 20 % en Ukraine et en Russie. En ce qui concerne le prix du blé, il a augmenté le plus fortement au Soudan (52 %), des hausses moins prononcées ayant été observées dans d'autres pays.

En revanche, les prix ont diminué en Amérique latine et en Asie centrale. Pour ce qui est du riz, en dépit d'une offre abondante, le niveau d'échanges internationaux est limité 35, ce qui explique que les prix soient supérieurs à ce qu'ils étaient il y a un an. En juillet 2012, ils étaient supérieurs de 90 % à leur niveau de juillet 2011 au Malawi (et de 50 % au Rwanda), tandis qu'ils étaient de 30 % plus élevés qu'il y a un an en Inde et au Pakistan. Sur le marché du sorgho, de fortes hausses des prix se sont produites au cours de l'année écoulée dans les pays du Sahel et d'Afrique de l'Est (jusqu'à 220 % au Soudan du Sud et 180 % au Soudan).

Tableau 2. Principales variations de prix nominaux sur les marchés intérieurs
 Variations trimestrielles : avril 2012 – juillet 2012
Blé % de variation Maïs % de variation
Afrique du Sud, Randfontein, blé, prix de gros (rand/tonne) 27 Mozambique, Milange, maïs (blanc), prix de détail (metical/kg) 113
Soudan, Khartoum, blé, prix de gros (livre soudanaise/local) 15 Malawi, Nsanje, maïs, prix de détail (kwacha/kg) 47
Inde, Mumbai, blé, prix de détail (roupie indienne/kg) 14 Kenya, Kisumu, maïs, prix de gros (USD/tonne) 26
Inde, Mumbai, blé, prix de détail (roupie indienne/kg) -1 Pérou, Lima, maïs (blanc), prix de détail (nouveau sol/kg) 25
Bangladesh, Dhaka, blé (farine), prix de détail (taka/kg) -5 Fédération de Russie, moyenne nationale, maïs (à l'offre, EXW, traité), prix de gros (rouble russe/tonne) 24
Bolivie, La Paz, blé (farine), prix de gros (boliviano/kg) -22 Mozambique, Montepuez, maïs (blanc), prix de détail (metical/kg)) -10
    Équateur,Quito, maïs (jaune), prix de gros (USD/kg) -17
    Mexique, Culiacán, maïs (blanc), prix de gros (peso mexicain/kg) -24
Riz % de variation Sorgho % de variation
Inde, Mumbai, riz, prix de gros (roupie indienne/kg) 25 Soudan, Dongola, sorgho (feterita), prix de gros (livre soudanaise/local) 29
Cambodge, Phnom Penh, riz (mélange), prix de gros (riel/kg) 16 Niger, Zinder, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) 20
Mali, Sikasso, riz (local), prix de gros (franc CFA/local) 11 Éthiopie, Addis-Abeba, sorgho (blanc), prix de gros (birr éthiopien/local) 17
République démocratique populaire lao, Vientiane, riz (gluant, 2e qualité), prix de détail (kip/kg) -10 Mali, Bamako, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) 14
Malawi, Mzuzu, riz, prix de détail (kwacha/kg) -28 Burkina Faso, Ouagadougou, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) -2
République-unie de Tanzanie, Dar-es-Salaam, riz, prix de gros (USD/tonne) -30 Togo, Cinkassé, sorgho, prix de détail (franc CFA/kg) -8
   
 Variations annuelles : juillet 2011 – juillet 2012
Blé % de variation Maïs % de variation
Soudan, Kadugli, blé, prix de gros (livre soudanaise/local) 52 Malawi, Liwonde, maïs, prix de détail (kwacha/kg) 174
Inde, Mumbai, blé, prix de détail (roupie indienne/kg) 16 Mozambique, Milange, maïs (blanc), prix de détail (metical/kg) 129
Afrique du Sud, Randfontein, blé, prix de gros (rand/tonne) 15 Afrique du Sud, Randfontein, maïs (jaune), prix de gros (rand/tonne) 41
Bangladesh, Dhaka, blé (farine), prix de détail (taka/kg) 14 Honduras, San Pedro Sula, maïs (blanc), prix de gros (USD/kg) -44
Éthiopie, Bale Robe, blé (blanc), prix de gros (birr éthiopien/local) -14 Mexique, Culiacán, maïs (blanc), prix de gros (peso mexicain/kg) -45
Bolivie, La Paz, blé (farine), prix de gros (boliviano/kg) -25 El Salvador, San Salvador, maïs (blanc), prix de gros (USD/kg) -46
Kirghizistan, Bishkek, blé (farine, catégorie 1), prix de détail (som/kg) -25 Nicaragua, moyenne nationale, maïs (blanc), prix de gros (cordoba oro/kg) -49
El Salvador, San Salvador, blé (farine), prix de détail (USD/kg) -30    
       
Rice % de variation Sorgho % de variation
Malawi, Mzuzu, riz, prix de détail (kwacha/kg) 90 Soudan, Kadugli, sorgho (feterita), prix de gros (livre soudanaise/local) 180
Rwanda, Kigali, riz, prix de gros (USD/tonne) 50 Mali, Ségou, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) 108
Inde, Mumbai, riz, prix de gros (roupie indienne/kg) 33 Burkina Faso, Ouagadougou, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) 64
Mozambique, Chokwe, riz, prix de détail (metical/kg) 31 Niger, Agadez, sorgho (local), prix de gros (franc CFA/local) 63
Haïti, Port-au-Prince, riz (local), prix de détail (gourde/local) -10 Éthiopie, Addis-Abeba, sorgho (blanc), prix de gros (birr éthiopien/local) 62
Pérou, moyenne nationale, riz (paddy), prix de gros (nouveau sol/kg) -10 Haïti, Port-au-Prince, sorgho, prix de détail (gourde/local) 29
République démocratique populaire lao, Vientiane, riz (gluant, 2e qualité), prix de détail (kip/kg) -10 Togo, Anie, sorgho, prix de détail (franc CFA/kg) 11
Bangladesh, Dhaka, riz (grossier), prix de gros (taka/kg) -22 El Salvador, San Salvador, sorgho (maicillo), prix de gros (USD/kg) -33
Mozambique, Montepuez, riz, prix de détail (metical/kg) -23
   
Source : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et Système mondial d'information et d'alerte rapide (GIEWS).

 

Incidences socioéconomiques des sécheresses

Les sécheresses peuvent avoir de profondes répercussions sur le plan économique et nutritionnel et en matière de pauvreté. Ces impacts peuvent être transitoires ou permanents, ou se perpétuer entre générations. Des simulations effectuées sur la base de données historiques au Malawi 36 font ressortir des pertes moyennes de 4,9 % au niveau de la production de maïs de ce pays chaque année, et une perte pour son économie équivalant à 1 % du produit intérieur brut (PIB). De graves sécheresses de l'ordre de celles qui sont censées se répéter tous les 25 ans multiplieraient par dix ces effets 37. Selon les données recueillies, les épisodes de sécheresse les plus graves se traduisent par un accroissement du niveau de pauvreté de 17 points de pourcentage, ce dont pâtissent particulièrement les communautés rurales défavorisées constituées de petits exploitants. Une étude portant sur le Zimbabwe a révélé que les enfants exposés à la sécheresse de 1994-95 avaient obtenu de moins bons résultats scolaires que ceux qui n'y avaient pas été exposés, été de taille inférieure à l'âge adulte, été atteints de maladies chroniques à un âge précoce ainsi que de mortalité prématurée, et bénéficié de revenus moindres durant leur vie adulte. Les femmes adultes de taille inférieure présentaient pour leur part un taux supérieur de complications lors des accouchements, donnaient naissance à des enfants de poids plus faible et étaient exposées à des risques accrus de mortalité infantile 38.

En Indonésie, le fait de bénéficier d'une bonne pluviométrie à un jeune âge durant la période 1954-73 s'est avéré avoir d'importants effets positifs pour les femmes (mais pas les hommes) une fois arrivées à l'âge adulte, les données recueillies à leur niveau en 2000 indiquant qu'elles présentaient moins de cas de santé déficiente, étaient de plus grande taille et avaient plus d'années de scolarité 39. L'ampleur des impacts dépend pour une bonne part du volume de production agricole qui est perdu à cause de la sécheresse. En Inde, les pertes colossales (de l'ordre de 40 % de la production normale en dehors des périodes de sécheresse) subies dans trois États à climat semi-aride du fait de sécheresses intervenues entre 1970 et 2002 40 se sont traduites par une baisse de l'ordre de 60 à 80 % des revenus annuels normaux des ménages dans les communautés touchées, et par une augmentation de l'incidence de la pauvreté dans ces États de 19 points de pourcentage 41.

Les répercussions socioéconomiques des sécheresses peuvent être en partie atténuées par les décisions que prennent les ménages en milieu rural auparavant (choix de la date de plantation et des techniques de fertilisation), ainsi que durant les épisodes de sécheresse (recherche d'emplois non agricoles) et par la suite (liquidation des avoirs productifs et migration). Selon certaines estimations tirées de données portant sur la période de 1970 au début des années 2000 en Inde, en Thaïlande et en Chine, l'emploi de mécanismes d'adaptation pourrait permettre de pallier les pertes de revenus directement dues à la sécheresse dans des proportions allant de 25 à 60 % 42 . Les politiques suivies par les pouvoirs publics peuvent en outre jouer un rôle primordial pour ce qui est de remédier aux incidences des sécheresses et de les prévenir. Il a été démontré, par exemple, que les mesures destinées à faciliter l'introduction de variétés résistantes à la sécheresse génèrent d'importants avantages d'un point de vue économique. Dans les districts de l'Inde particulièrement exposés aux sécheresses, l'adoption de variétés de ce type a permis d'améliorer de 23 % les rendements moyens de la culture d'arachides et de réduire de 30 % la variabilité de ces rendements, comparé à la situation qui prévalait avec les variétés utilisées jusque là 43 . De fortes hausses de rendements (20 % ou plus) pour les cultures de riz, de blé et de maïs ont en outre été recensées dans divers pays d'Afrique orientale et australe et d'Amérique latine 44.

Notes

* les hausses de prix ont été relevé sur certains marchés indiqué dans le Tableau 2 et n'indiquent pas une inflation nationale.
1. "Other foods" quarterly trends reflect price declines for sugar and bananas and stable prices for beef between April and July 2012. (World Bank, Pink Sheet, DECPG, August 3, 2012).
2. Large supplies are expected from Thailand, Vietnam and India (FEWS NET, Price Watch, June 12, 2012
3. Demand pressures come from major importers such as Bangladesh, the Democratic People's Republic of Korea, Nepal, the Philippines and Nigeria (FAO, Cereal Supply and Demand Brief, July 5, 2012; and FEWS NET, Price Watch, June 12, 2012). At the same time, there have been domestic interventions in Thailand conducive to increasing stock piles. These interventions refer specifically to the extension of the rice mortgage scheme that ensures farmers a price well above the market. This results in increasing stock piles of rice in the hands of the government. The annual extension went into effect Aug. 1, 2012.
4. Slowdown in demand is associated with a weak economic outlook, the sovereign debt crisis, and a slowdown in economic growth in China and non-OECD (plus OECD) countries. (World Bank, Global Economic Prospects, June 2012, Commodity Annex; World Bank, Update on Commodity Markets, June 4, 2012)..
5. The occurrence and severity of the drought were unpredicted and prospects for the production of maize (both expected yields and harvested area) remained strong even until June.
6. USDA, Crop Progress, National Agricultural Statistics Service, Aug. 13, 2012
7. USDA, World Agricultural Supply and Demand Estimates, 2012 (WASDE 509), Aug. 10, 2012.
8. Ibid, p. 2
9. The USDA predicts a reduction in the expected harvested area of about 2% (WASDE 509, 2). However, some analysts may be expecting larger reductions in the vicinity of 10%, as reported by Reuters ("Drought Seen Slashing U.S. Corn Crop to 5-Year Low," Aug. 7, 2012.) http://in.reuters.com/article/2012/08/07/us-usa-agriculture-corn-idINBRE87603P20120807
10. These numbers factor in larger-than-anticipated beginning stocks of maize recently corrected in the U.S. and Brazil due to larger productions for 2011/12. Maize production elsewhere is mostly unchanged with increases in China, Argentina, Brazil and South Africa, offset by decreases in the European Union, Ukraine, India and Canada (USDA, WASDE, 508, 509).
11. USDA, WASDE 508, 3.
12. Climate Prediction Center, Climate Diagnostic Bulletin, July 2012. http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CDB/Forecast/forecast.shtml
13. S. Irvin and D. Good, "Ethanol—Does the RFS Matter?" Aug. 2, 2012, http://www.farmdocdaily.illinois.edu/2012/08/ethanoldoes_the_rfs_matter.html; B. Babcock, Preliminary Assessment of the Drought's Impacts on Crop Prices and Biofuel Production, CARD Policy Brief 12-PB, July 2012, http://www.card.iastate.edu/publications/dbs/pdffiles/12pb7.pdf
14. USDA's WASDE (509, 2) reports a reduction of 400 million bushels of maize, a whopping 300-million additional reduction from estimates reported in July's WASDE (508, 2).
15. USDA's WASDE (509, 19) estimates that 6 million tons of wheat are destined for domestic feed use in 2012/13, up from 4.4 millon tons in 2011/12 in the United States.
16. Stock for maize and soybeans in the U.S. are estimated in August to be 5% and 4%, respectively, for 2012/13, USDA, WASDE 509, 12, 15.
17. International Grains Council, 2012, Grain Market Report, Aug. 23, 2012.
18. In the case of wheat stocks, they may potentially turn or remain illiquid as large stocks sit in China and India, countries that may use them for their own consumption rather than for export trade.
19. Marc Sadler, Daily Market Report, World Bank, May 24, 2012.
20. World Bank, Global Economic Perspectives, June 12, 2012
21. Low responsiveness is particularly a problem in developing countries, which have less integrated input and output markets and are typically less able to protect themselves from volatility, which limits the responsiveness of food production to higher prices. (World Bank (2011) "Responding to Higher and More Volatile Food Prices." http://iatrc.software.umn.edu/activities/annualmeetings/themedays/pdfs2011/2011Dec-S14-Delgado_paper.pdf .)
22. However, today's increases in the U.S. may have more to do with last year's drought in Texas than wwith the drought of 2012, which may show its most severe effects in months to come. As young cattle are sacrificed today and supplies increase, prices may decline before they increase as inventories grow scarce. (USDA, Food Price Outlook, July 25, 2012.)
23. There are other important factors that will have an effect on domestic prices such as exchange rates and domestic crop conditions.
24. World Bank (2011), Responding to Higher and More Volatile World Food Prices, Development Committee Paper prepared by the Bank's Agriculture and Rural Development Department. Other regions typically have a more balanced structure of food importers and exporters, or may consume commodities less traded internationally, such as rice.
25. In contrast, Central America is a region highly dependent on net imports of cereals, with households spending a large proportion of their incomes on food.
26. M. Sadler and C. Delgado, "Brief on the Impact of the U.S. Drought on the World," World Bank, July 20, 2012.
27. This finding varies among commodities. In effect, domestic price volatility is higher among countries with an estimated low pass-through of global prices than countries with a high pass-through of global prizes for maize and wheat, while the opposite appears to be the case for rice (FPW, November 2011).
28. F. Greb, N. Jamora, C. Mengle, and others, "Price Transmission from International to Domestic Markets," World Bank, mimeo, 2012.
29. The cited study finds that domestic prices' cointegration with international prices is not always statistically significant. Conceptually, more integration with international markets may imply a higher transmission of global shocks into domestic markets, but also a higher smoothing of domestic shocks through global trade. Which effect dominates is uncertain.
30. World Bank, World and Sub-Saharan Africa—June 2012 Food Prices Update, AFTPM and AFTSN
31. FEWS NET, Price Watch, July 31, 2012; FEWS NET, "Food Security Worsens in Sudan/South Sudan; Erratic Start of Kiremt Rains in Ethiopia," East Africa Food Security Outlook Update, July 2012. http://www.fews.net/docs/Publications/East%20Africa_FSOU_07_2012.pdf
32. FEWS NET, Price Watch, July 31, 2012.
33. World Bank, "Africa Food Price Update," June 12, 2012.
34. Prices of maize also declined in Nicaragua (49%), El Salvador (46%), Mexico (45%), Honduras (44%), Guatemala (34%) and Bolivia (26%).
35. FAO, "FAO Lowers Global Rice Forecast for 2012 for 2012; But World Production Will Still Increase," Bangkok, Thailand, Aug. 6, 2012. http://www.fao.org/news/story/en/item/154122/icode
36. K. Pauw, J. Thurlow, and D. van Seventer, "Droughts and Floods in Malawi: Assessing the Economywide Effects," IFPRI Discussion Paper 962, April 2010
37. Results in Malawi differ by region, depending on the importance of agriculture and specific crop varieties' susceptibility to droughts. They also differ by economic sector (some sectors are insulated from droughts) and may benefit from cheaper wages, for example, while other nonfarm sectors may suffer from lost agricultural commodities.
38. Specifically, the anthropometrics of Zimbabwean children aged 12 to 24 months during the 1994-95 drought were found to have lowered annual growth rates by between 1.5 and 2 centimeters four years later (J. Hoddinott and B. Kinsey, "Child Growth in the Time of Drought," Oxford Bulletin of Economics and Statistics 63(3):409-36 [2001])
39. Girls "benefiting" from higher rainfall were 0.57 centimeters taller and completed 0.22 more grades of school that girls who did not benefit from higher rainfall. These effects more likely reflect a positive impact of rainfall in agricultural output, leading to better food availability and incomes, which ultimately affected the infant girls (S. Maccini and D. Yang, "Under the Weather: Health, Schooling and Economic Consequences of Early-Life Rainfall," American Economic Review 99 (3): 1006-26 [2009]. Another study finds preliminary evidence of similiar positive effects of rainfall shocks on weights at birth in Colombia. (J.P. Azevedo, C. Rodriguez Castelan and V. Sanfelice, "How Do Climate Change Impact Intergenerational Mobility? Identifying the Effects of Weather Shocks on Weight at Birth in Colombia," mimeograph, World Bank [2012]..
40. S. Pandey and H. Bhandari, "Drought, Coping Mechanisms and Poverty: Insight from Rainfed Rice Farming in Asia," IFAD Occasional Paper (2009). The three states covered by the study are Chattisgarh, Jharkhand and Orissa.
41 Another study reports losses of between 25% and 58% of household incomes and poverty effects of between 12% and 33% in eastern India (H. Bhandari, S. Pandey, R. Sharan, and others, "Economic Costs of Drought and Rice Farmers' Coping Mechanisms in Eastern India" in Economic Costs of Drought and Rice Farmers' Coping Mechanisms: A Cross-Country Comparative Analysis," ed. S. Pandey, H. Bhandari, and B. Hardy [Los Baños: International Rice Research Institute, 43-112, 2007]).
42. P. Birthal, S. Nigam, A. Narayanan and K. Kareem, "Potential Benefits from Adoption of Improved Drought-Tolerant Groundnut in India," Agricultural Economics Research Review 25 (1; January - July): 1-14 (2012).
43. Ibid.
44. CGIAR, "Climate, Agriculture and Food Security: A Strategy for Change," http://cgiar.bio-mirror.cn/pdf/CCAFS_Strategy_december2009.pdf (2009). Also, La Rovere and others quantify conservative economic gains of US $0.5 billion for 13 African countries from conservative gains in yields (up to 20%) and yield variability (reduction of 10%; R. La Rovere, G. Kostandini, A. Tahirou, and others, "Potential Impact of investments in Drought Tolerant Maize in Africa," Centro International de Mejoramiento del Maiz y del Trigo, Addis Ababa [2010]).

Les rapports Food Price Watch, préparés par le Groupe pour la réduction de la pauvreté et l'équité de la Banque mondiale, cherchent à attirer l'attention sur l'évolution des prix alimentaires intérieurs dans les pays à revenu faible et intermédiaire ainsi que sur leurs implications pour les politiques. Contact : José Cuesta (jcuesta@worldbank.org)