Fiches de résultats 01 décembre 2017

Prix du carbone

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Une coalition internationale de leaders prend les devants pour promouvoir les politiques de tarification du carbone.

Défis et opportunités

Le réchauffement incontrôlé de la planète n’est pas seulement une catastrophe écologique : c’est également et foncièrement un défi économique et social. Donner une valeur ou un prix aux émissions de carbone permet de combattre à sa source le changement climatique. Cela incite les entreprises et les particuliers à modifier leurs modes d’investissement, de production et de consommation. En envoyant un signal prix clair et fort, la tarification du carbone créé les bonnes incitations pour la transition à grande échelle vers une économie décarbonée qui s’impose aujourd’hui.

La volonté d’agir en tarifiant la pollution carbonique gagne manifestement du terrain. Depuis 2012, le nombre d’instruments mis en place dans ce but, ou en préparation, a pratiquement doublé. Aujourd’hui, 42 pays et 25 collectivités territoriales donnent un prix au carbone. Ces initiatives de tarification du carbone (systèmes d’échange de quotas d’émission et taxes confondus) représentent en valeur 52 milliards de dollars, soit une hausse de 7 % entre 2016 et 2017.

Selon l’édition 2017 du rapport annuel de la Banque mondiale State and Trends of Carbon Pricing, les recettes tirées par les pouvoirs publics de la tarification du carbone sont en hausse de plus de 20 milliards de dollars pour la deuxième année consécutive et sont loin d’avoir atteint leur maximum.

Le Partenariat pour la préparation au marché du carbone (PMR) (a) a pour objectif d’aider les pays à élaborer et mettre en place des politiques plus efficaces de lutte contre le changement climatique, dont notamment des instruments de tarification du carbone. Ce forum mis en place par la Banque mondiale s’appuie sur l’expérience de ses partenaires pour faire circuler les informations et les meilleures pratiques. Il permet de partager des éléments complexes et extrêmement techniques sur la conception de dispositifs de tarification du carbone, qu’il s’agisse de définir des quotes-parts, d’élaborer des législations, de tenir un registre des émissions ou d’introduire des systèmes de suivi, notification et vérification (MRV).

Donner un prix au carbone est une étape importante, sachant que de nombreux acteurs du secteur privé sont convaincus que les gouvernements doivent s’engager dans cette voie pour endiguer le changement climatique. Un nombre grandissant de firmes se préparent d’ores et déjà à un monde où les émissions de carbone coûteront plus cher : en 2017, près de 1 400 entreprises (a) ont indiqué pratiquer en interne une tarification du carbone, dont plus de 100 figurent dans le classement Fortune Global 500 et représentent ensemble un chiffre d’affaires de 7 000 milliards de dollars.

Pourtant, 85 % des émissions échappent toujours à une politique de fixation d’un prix. Par ailleurs, la plupart des prix actuels sont nettement inférieurs aux fourchettes définies par la Commission de haut niveau sur les prix du carbone, coprésidée par Joseph Stiglitz et Nicholas Stern et soutenue par la Banque mondiale, pour atteindre les objectifs de température de l’accord de Paris, à savoir 40 à 80 dollars par tonne de CO2 d’ici 2020 et 50 à 100 dollars par tonne de CO2 à l’horizon 2030.

La tarification du carbone est une option politique simple, équitable et efficace pour lutter contre le changement climatique. Elle offre en outre d’autres avantages, comme la réduction de la pollution atmosphérique et des encombrements, et évite l’alourdissement du coût des mesures correctrices liées à la trajectoire de croissance carbonée dans laquelle le monde est actuellement engagé.

Pour les entreprises, la tarification du carbone est un moyen de gérer les risques, de planifier des investissements sobres en carbone et d’être à la pointe de l’innovation.

Mais une action plus ferme s’impose de toute évidence sur ce front : les initiatives actuelles ne couvrent que 15 % du total des émissions dans le monde lesquelles, dans 75 % des cas, coûtent moins de 10 dollars la tonne. Nous devons redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.

Transformation par l’action

Lancée officiellement pendant la COP21 à Paris, en décembre 2015, la Coalition des leaders de la tarification du carbone (CPLC) (a) réunit des dirigeants de pays et de collectivités territoriales ainsi que des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile pour parvenir à une tarification efficace du carbone qui ne bride pas la compétitivité, crée des emplois, favorise l’innovation et réduise significativement les émissions de carbone. Elle agit sur différents fronts :

  1. Constituer un répertoire des expériences internationales en matière de conception et de mise en place d’une politique de tarification — avec des initiatives telles que le Rapport de la Commission de haut niveau sur les prix du carbone, le portail web Carbon Pricing Dashboard (a) ou encore des webinaires (a) avec des chefs d’entreprise — et, parallèlement, opérer une synthèse des dernières analyses sur les enjeux clés.
  2. Réunir des acteurs du secteur public et privé à l’occasion de manifestations internationales.
  3. Collaborer avec différentes parties prenantes pour approfondir les actions menées dans des secteurs spécifiques, y compris dans la construction, les banques et le secteur maritime.

La CPLC, dont la création a été soutenue par le Groupe de la Banque mondiale, a pour objectif de développer des systèmes efficaces de tarification de la pollution carbonique et d’œuvrer à leur généralisation dans le monde tout en aidant les pays à préserver leur compétitivité, créer des emplois, susciter l’innovation et réduire significativement leurs niveaux d’émission.

En 2017, cette coalition réunit plus de 25 partenaires du secteur public (États et collectivités territoriales), plus de 150 partenaires du secteur privé opérant dans un large éventail de régions et de secteurs et plus de 50 partenaires stratégiques représentant des ONG, des organisations professionnelles et des universités.

Résultats attendus

Avec ses partenaires, la CPLC poursuit l’objectif de long terme d’étendre la tarification du carbone à l’ensemble de l’économie mondiale, en vue de couvrir 25 % des émissions d’ici 2020 (soit le double du niveau actuel) et d’atteindre 50 % dans les dix années suivantes.

Chiffres clés

  • 42 pays et 25 collectivités territoriales donnent un prix au carbone.
  • 700 milliards de dollars supplémentaires par an devront être mobilisés d’ici 2030 pour financer la transition vers des économies décarbonées.
  • La barre des 20 milliards de dollars de recettes tirées de la tarification du carbone a été franchie pour la deuxième année consécutive.
  • Près de 1 400 entreprises prennent en compte en interne le prix du carbone dans leurs décisions opérationnelles, dont plus de 100 figurent dans le classement Fortune Global 500 et affichent ensemble un chiffre d’affaires de 7 000 milliards de dollars.

 



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