Viet Nam : gestion du risque de catastrophe naturelle

Aider le Viet Nam à réduire sa vulnérabilité aux inondations et aux typhons, et accroître l’efficacité de l’action de relèvement post-catastrophe.

08 avril 2013

Des écoliers de la province d'An Giang (delta du Mekong, dans le sud du Viet Nam) de retour chez eux pendant les inondations de 2005. Voir le diaporama : Viet Nam : le bilan des catastrophes naturelles

Le Viet Nam a renforcé sa capacité de gestion intégrée du risque de catastrophe au niveau national et provincial. Le projet a permis d'améliorer les infrastructures de prévention des catastrophes, notamment les barrages, les ports et les ouvrages de maîtrise des crues. Trente municipalités ont introduit des plans pour la sécurité des communes prévoyant la mise en place d'infrastructures d'atténuation des effets des catastrophes, ainsi que la formation et la désignation de coordonateurs de la gestion des catastrophes. Ces plans qui concernent 210 000 villageois ont prouvé leur efficacité pendant les typhons et les inondations qui ont frappé le pays en 2009, 2010 et 2011.
MULTIMÉDIA
210 000

Villageois ont bénéficié de la mises en œuvre de plans pour la sécurité des communes qui ont prouvé leur efficacité lors d'inondations et de typhons.

CARTE DES PROJETS

Défi

Selon les estimations, les pertes économiques annuelles occasionnées par les aléas naturels entre 1989 et 2008 représenteraient en moyenne 1 à 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. En 2006 par exemple, le typhon Xangsane a provoqué des dégâts estimés à 1,2 milliard de dollars dans 15 provinces de la région centrale. Les infrastructures et les populations se concentrent de plus en plus dans des zones vulnérables, telles que les plaines inondables et les zones côtières, ce qui laisse à penser que les pertes dues aux catastrophes ne feront qu'augmenter à l'avenir. On estime ainsi que 70 % des Vietnamiens sont exposés aux risques liés aux aléas naturels, en particulier les communautés rurales dont les moyens de subsistance sont les plus menacés. Ce projet s'inscrit dans le droit-fil de la nouvelle stratégie nationale du gouvernement vietnamien de prévention des catastrophes naturelles, de riposte et d'atténuation, qui s'achèvera en 2020. Son objectif ultime est de minimiser les pertes en vies humaines et en biens et de protéger l'environnement, pour asseoir le développement durable du pays, ainsi que sa défense et sa sûreté.

Solution

Une démarche intégrée a été adoptée pour s'efforcer de résoudre les problèmes auxquels les communautés rurales sont confrontées du fait des aléas naturels : 

  • Premièrement, des formations ont été dispensées aux communautés pour leur apprendre à élaborer leurs propres stratégies de préparation et intégrer la gestion du risque de catastrophe dans les plans de développement socio-économique des municipalités.
  • Deuxièmement, l'adoption de normes d'ingénierie plus rigoureuses pour la construction des routes rurales et des ouvrages d'irrigation (qui ont un caractère de survie pour les communautés rurales) contribue à leur sécurité et à la préservation de leurs moyens de subsistance.
  • Troisièmement, un système de gestion de l'information sur les risques agricoles a été introduit pour protéger les moyens de subsistance des ménages pauvres en aidant les agriculteurs à améliorer leur productivité et à mieux se prémunir contre les sécheresses, les inondations, l'érosion et les canicules. Ce système fournit aussi des informations utiles sur la lutte contre les ravageurs, le traitement des maladies, la gestion des nutriments, la conservation de l'eau, les dates de plantation et les modes de culture.
  • Quatrièmement, la mise en oeuvre de mesures structurelles de réduction du risque sur les barrages, les réservoirs et les ponts d'évacuation contribue à minimiser les effets des catastrophes.

Résultats

  • À la suite du succès du projet pilote de gestion du risque de catastrophe en milieu communautaire, financé par la Banque mondiale et mis en oeuvre dans 12 provinces, le gouvernement vietnamien a mis au point un programme national sur le même thème, doté d'un budget de 450 millions de dollars et couvrant 6 000 municipalités de l'ensemble du pays.
  • Onze ouvrages majeurs de protection contre les inondations et d'atténuation des effets des tempêtes — ports protégés, digues fluviales, routes d'évacuation et stations de drainage par pompage — ont été construit et/ou remis en état dans la région centrale.
  • Les capacités de gestion du risque des catastrophes des institutions publiques ont été étudiées et développées. Cette capacité accrue a permis au gouvernement de revoir les fonctions, les responsabilités et les mécanismes de coordination du Comité central de lutte contre les inondations et les tempêtes et de ses bureaux dans 63 provinces, tous secteurs confondus.
  • Le projet a permis de réaliser d'importants travaux de modernisation sur 10 structures de protection contre les catastrophes et 320 autres installations fournissant des services publics, qui avaient été endommagées lors de précédentes catastrophes.
  • Plus de 210 000 villageois de 30 municipalités ont bénéficié de la mise en oeuvre de mesures structurelles, notamment des centres d'évacuation polyvalents et des canaux de drainage, ainsi que de mesures non structurelles, tels que la formulation de plans de renforcement de la sécurité dans les municipalités et l'organisation d'exercices d'évacuation. Des systèmes d'alerte précoce ont été fournis à toutes les municipalités couvertes par le projet, et une formation leur a été dispensée en vue de leur utilisation.

Des directives et des plans d'action nationaux sont en cours d'élaboration en vue de la construction de routes et d'ouvrages d'irrigation résistants aux catastrophes, selon des normes nouvelles. 

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

Le Projet pour la gestion du risque de catastrophe naturelle a été lancé en 2006 avec un crédit de 86 millions de dollars de l'Association internationale de développement (IDA). Le projet a également reçu un don de 8,5 millions de dollars des Pays-Bas, 1,46 million de dollars de la part du Fonds japonais de développement social, et 4,5 millions de dollars du Fonds japonais de développement des politiques et des ressources humaines. La Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) a accordé un don de 4,4 millions de dollars en vue de la réalisation d'études destinées à promouvoir l'innovation et à adapter les bonnes pratiques mondiales aux conditions prévalant au Viet Nam.

Partenaires

Les partenaires du projet sont notamment le Secrétariat de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (UNISDR), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Organisation météorologique mondiale (OMM), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Agence australienne de développement international (AusAID). La préparation et la mise en œuvre du projet se déroulent en concertation avec ces organisations qui ont constitué un groupe conjoint de coordination pour la gestion du risque de catastrophe.

Perspectives

En 2010, la Banque mondiale à apporter un complément de financement d'un montant de 75 millions de dollars pour développer les travaux de reconstruction rendus nécessaires par le passage du typhon Ketsana en 2008. En outre, elle a récemment approuvé un nouveau projet (Projet pour la gestion des aléas naturels au Viet Nam) doté de 150 millions de dollars. Ce nouveau projet viendra étayer les mesures globales qui ont été prises pour favoriser la gestion du risque de catastrophe naturelle.

Des modalités novatrices ont été intégrées dans le projet, ainsi que des outils de gestion de l'information qui visent à promouvoir la transparence, la responsabilité financière et la participation des citoyens. À titre d'exemple, un outil de suivi du projet par téléphonie mobile permet aux municipalités de notifier leurs progrès et de comparer entre elles les avancées de la mise en œuvre de leurs projets.

Bénéficiaires

« La sensibilisation et la participation des communautés sont essentielles pour affronter efficacement une catastrophe. Il est important de les autonomiser en leur fournissant les informations et les outils voulus pour améliorer leur préparation. »

— Nguyen Huu Phuc, directeur du Centre de gestion des catastrophes, Direction des ressources en eau, ministère de l'Agriculture et du Développement rural du Viet Nam)