Amérique latine et Caraïbes - Vue d'ensemble

Pour la cinquième année consécutive, la région de l’Amérique latine et des Caraïbes enregistre un recul de sa croissance par suite de conditions extérieures particulièrement défavorables pour les exportateurs de produits de base.

En conséquence, l’économie de la région a stagné en 2015 et devrait se contracter de 1 % en 2016. Le fléchissement enregistré dans des économies importantes telles que le Brésil ou le Venezuela pèse sur la croissance moyenne régionale. Certains pays et régions au Nord font cependant figure d’exception : le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes affichent de meilleurs résultats en raison de leurs liens économiques avec les États-Unis.

Les autorités publiques craignent que ces perspectives ne viennent compromettre les avancées sociales des dix dernières années et ne précipitent les États d’Amérique latine dans le « piège du revenu intermédiaire », une situation dans laquelle un pays voit se réduire ses opportunités de développement.

Ces pays peinent à trouver un juste milieu entre la diminution de leurs dépenses et la protection de l’activité économique et des progrès sociaux obtenus au prix d’efforts considérables.

Au cours des dix dernières années, la région a en effet connu une profonde transformation économique et sociale grâce à laquelle des millions de personnes ont pu sortir de la pauvreté et sont venus grossir les rangs de la classe moyenne. Ces avancées sont à mettre au crédit d’une solide croissance économique, due autant aux réformes adoptées au niveau national qu’à une conjoncture mondiale favorable. Des programmes sociaux complémentaires, rendus possibles par un élargissement de l’espace budgétaire, ont par ailleurs aidé les personnes pauvres et défavorisées.

Toutefois, selon certaines études récentes (a), le ralentissement économique que connaît actuellement la région est en train de compromettre ce développement.

À l’avenir, les pays exportateurs de produits de base bénéficieraient de réformes destinées à accroître l’épargne, à stimuler la productivité et à renforcer la croissance à long terme. Il conviendrait aussi d'accorder une plus grande place à l'amélioration des qualifications et à la réduction des obstacles à l'activité économique, notamment les carences des infrastructures et la rigidité des réglementations financières ou du travail.

Les effets positifs de ces réformes ne se feront toutefois pas sentir avant un certain temps ; aussi un rapport récent préconise-t-il l'adoption d'un programme de mesures conciliant la nécessité de stimuler l'activité économique à court terme et le besoin impératif de préserver la stabilité macroéconomique.

Les responsables de l'action publique devront, dans le cadre de ce programme, s'efforcer de procéder à des ajustements budgétaires progressifs et de protéger les pauvres en répartissant équitablement, entre tous les segments de la société, le fardeau imposé par les réductions des dépenses nécessaires. 

Dernière mise à jour: 13 avr. 2016

La profonde transformation sociale que l’Amérique latine a connu ces dix dernières années est menacée par un ralentissement économique qui s’avère bien plus durable que prévu.

Dans ce contexte particulier, le Groupe de la Banque mondiale aide ses clients par le biais d’une approche pluridimensionnelle dont l’enjeu est de relancer la croissance et de permettre aux pays concernés de préserver des progrès sociaux difficilement acquis. Il est essentiel d’accroître la productivité et d’investir dans le capital humain de la région – en particulier de ses habitants les plus vulnérables – ainsi que dans la rénovation d’infrastructures vieillissantes.

Les activités du Groupe dans la région ciblent les grands objectifs suivants :

Une prospérité partagée : Malgré les avancées sociales impressionnantes réalisées entre 2003 et 2012, la région de l’Amérique latine et des Caraïbes reste marquée par de profondes inégalités. Quelque 82 millions de personnes y vivent avec moins de 2,50 dollars par jour. De plus, si la classe moyenne (10 à 50 dollars par jour) représente près de 35 % de la population totale, 38,9 % de Latino-Américains qui viennent de sortir de la pauvreté (4 à 10 dollars par jour) risquent d’y retomber si leur pays subit un choc économique ou traverse une longue période de croissance atone. D’autant qu’un habitant sur cinq n’a pas profité du récent boom économique et reste prisonnier d’une pauvreté dite « chronique ». La priorité de la Banque mondiale est donc d’aider les pays de la région à créer des opportunités pour tous dans le but de remédier aux inégalités.

Des gains de productivité : Le coût élevé de la logistique, l’insuffisance de l’infrastructure et la piètre qualité de l’éducation sont autant de goulets d’étranglement pour l’économie de la région. Ainsi, la logistique revient de deux à quatre fois plus cher dans cette région que dans la zone OCDE ou dans les dragons asiatiques.

Une meilleure éducation : S’ils veulent devenir plus productifs, les pays de la région doivent améliorer leurs systèmes éducatifs et mettre les formations en adéquation avec les compétences demandées par le marché mondial. En effet, bien que l’Amérique latine soit parvenue à garantir un accès quasi-universel à l’éducation, la qualité n’est pas encore au rendez-vous. Comme le montre une récente étude de la Banque mondiale, du fait des carences des enseignants et de la gestion des établissements, les élèves latino-américains perdent chaque semaine l’équivalent d’une journée entière de classe.

Des pouvoirs publics efficaces : L’accès à des services publics de qualité reste problématique. La classe moyenne est de plus en plus mécontente de la qualité et du niveau des services publics, notamment sur le plan de l’éducation et de la sécurité. L’insécurité est devenue l’un des principaux obstacles au développement de nombreux pays de la région. Par des financements et des échanges de savoir de haut niveau, la Banque appuie la mise en œuvre d’une politique intégrée qui vise à enrayer la montée de la délinquance et de la violence.

Une croissance inclusive et verte : La région de l’Amérique latine et des Caraïbes est la vitrine de certaines des pratiques écologiques les plus innovantes. Cette région, qui totalise 6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre provenant de l’énergie (13 % si l’on tient compte de la déforestation et de l’agriculture), dispose de la gamme d’énergies la moins polluante dans le monde en développement. Elle a également mis en place des mécanismes de rémunération destinés à protéger l’environnement. Mais le boom économique des dernières années se traduit aussi par de nouvelles pressions sur l’environnement, car plus de 80 % de la population de cette zone vit désormais en ville. Les activités de la Banque axées sur la croissance verte reconnaissent l’importance d’un développement durable de la région, ainsi que de la préservation des ressources naturelles pour les générations futures.

Dernière mise à jour: 13 avr. 2016

La Banque mondiale apporte son concours au développement de l’Amérique latine en adaptant ses différents services de financement, de conseil et de mobilisation aux besoins les plus divers de la région. Par ses financements, notamment des mécanismes novateurs tels que les Fonds d’investissement climatiques (CIF), ses travaux de recherche approfondis sur le développement, dont une récente étude consacrée à l’amélioration de la qualité de l’enseignement, son assistance technique et sa capacité à mobiliser, elle aide la région à remédier à ses problèmes de développement les plus urgents.

Ces financements étaient destinés à soutenir la création d'opportunités pour tous via des projets menés dans le secteur public et privé pour étendre les services publics, améliorer la productivité, la compétitivité et l'intégration régionales, créer des emplois de qualité et aider ceux qui en ont le plus besoin.

Voici quelques exemples notables de ces initiatives :

Argentine : Les provinces au nord du pays (Catamarca, Chaco, Corrientes, Formosa, Jujuy, Misiones, Salta, Tucumán et Santiago del Estero) comptent 7,5 millions d’habitants. La Banque mondiale a financé des projets d’infrastructure (routes et eau) à hauteur de 800 millions de dollars dans le cadre du Programme national de développement du Norte Grande.

Brésil : Dans l’État de Ceará, au nord-est du pays, des millions de pauvres bénéficient de programmes destinés à améliorer la formation professionnelle, l’aide aux familles et la qualité de l’eau. Le Programme pour les résultats destiné au renforcement de la prestation de services au Ceará conditionne le décaissement des fonds à la réalisation d’objectifs de développement prédéfinis. 

Caraïbes : Quatre ans après une première rencontre, plus de 2 500 représentants des pouvoirs publics, du secteur privé et de la société civile des pays des Caraïbes ont participé au Forum pour la croissance dans les Caraïbes. Par ailleurs, plus d’une centaine de réformes ont été adoptées pour développer les compétences des travailleurs, accroître la productivité et améliorer le climat des affaires.

El Salvador : Dans le cadre du Projet de soutien du revenu et pour l’employabilité (a) (PATI), quelque 41 000 personnes en situation de pauvreté ont bénéficié d’emplois temporaires au profit de la communauté et d’une formation. Ce programme a initialement été mis en place dans 25 villes, puis étendu à huit autres en 2015.

Équateur : Le projet Creciendo con nuestros guaguas (a) (« grandir avec nos enfants ») lutte contre la malnutrition chronique chez les enfants de moins de cinq ans grâce à la collaboration avec les parents et la communauté dans le but d’améliorer le régime alimentaire des plus jeunes.

Jamaïque : Un projet en faveur de l’emploi des jeunes dans les secteurs du numérique et de l’animation a déjà permis à 4 000 jeunes Jamaïcains de trouver du travail dans ces domaines. Le festival KingstOOn 2016 a également attiré des animateurs-graphistes venus du monde entier pour présenter les créations des Jamaïcains et pour permettre au pays de devenir un pôle du numérique.

Mexique : Un prêt récemment approuvé de 400 millions de dollars permettra au Mexique d’accorder des crédits à des fins productives dans les zones rurales. Ce projet financera près de 75 000 prêts destinés à des microentreprises et à des PME situées en milieu rural, ainsi qu’à de petits producteurs agricoles. Un peu plus de la moitié de ces prêts sera réservée à des projets menés par des femmes.

Paraguay : Le Projet de développement durable des zones rurales (a) doit contribuer à améliorer les conditions de vie des petits agriculteurs et des communautés autochtones. Il soutient les organisations communautaires et encourage l’autogouvernance dans l’optique d’une meilleure gestion des ressources naturelles et, partant, de meilleures conditions socioéconomiques pour la population.

Pérou : Un projet est en cours afin de remettre en état les réseaux de distribution d’eau et d’égout, au profit de plus de 239 000 habitants à faibles revenus du nord de Lima.

Nicaragua : Un programme de santé communautaire a permis à un plus grand nombre de femmes de bénéficier de soins après leur accouchement. C’est le cas pour presque la moitié des mères aujourd’hui, contre seulement un tiers en 2010. Ce projet est actuellement étendu et reçoit un financement additionnel afin d’être déployé dans 34 villes supplémentaires, ce qui portera à 100 le nombre de villes couvertes.

Uruguay : Le système national d’information sur l’agriculture est l’une des avancées les plus intéressantes dans ce pays. Il s’agit d’une plateforme en ligne de grande envergure que le ministère de l’Élevage, de l’Agriculture et de la Pêche met en place en vue de regrouper des informations qui serviront à intégrer et à générer diverses données sur un portail unique : prévisions météorologiques, alertes précoces, suivi de la végétation, des ressources hydriques et des sols, par exemple. Ces informations permettront d’élaborer des programmes destinés à simuler les effets de l’utilisation des nouvelles technologies.

Dernière mise à jour: 13 avr. 2016






GALERIE PHOTO
Plus de photos »