NOTE

Initiatives du Groupe de la Banque mondiale en faveur du Sahel et de la Région des Grands Lacs

23 octobre 2014

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L’Initiative pour le Sahel

Dans le cadre de  « l’Initiative en faveur du Sahel », le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé en novembre 2013 à apporter 1,5 milliard de dollars au développement de cette région. Au travers d’une étroite collaboration, les pays de la région seront ainsi mieux armés pour lutter ensemble contre l’instabilité politique, les risques d’insécurité, les incertitudes climatiques, et les crises alimentaires. Cette initiative créera aussi des opportunités économiques pour les populations locales et les communautés de la région et renforcera la résilience.

L’initiative pour le Sahel se concentre sur les cinq pays principaux de cette vaste région : le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger. L’objectif est d’aider ces pays à sortir « du piège de la fragilité » lié à plusieurs facteurs environnementaux et sociaux.

La pression sur les ressources foncières due à une démographie galopante, la dégradation de l’environnement et les aléas climatiques ont en effet conduit à plus d’instabilité et de fragilité dans cette région déjà soumise à des problèmes de désertification, de sècheresse et de crues subites. À ces problèmes écologiques s’ajoutent un manque d’infrastructures essentielles en électricité et surtout en eau, la famine et la malnutrition et l’absence d’opportunités économiques notamment pour les jeunes.

Voici les principaux évènements qui ont jalonné la visite conjointe des Nations Unies et du Groupe de la Banque mondiale au Sahel, du 4 au 7 novembre 2013 :

  • Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à investir 1,5 milliard de dollars au cours des deux prochaines années dans le développement des infrastructures de la région. Cette aide vient s’ajouter à d’importants projets existants ;
  • Le président du Groupe de la Banque mondiale s’est associé à Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies et au Président du Niger, Monsieur Mahamadou Issoufou, pour lancer un « appel à l’action » en faveur de l’autonomisation des femmes et de la transition démographique.

Le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale a déjà approuvé les financements suivants:

  • 228 millions de dollars pour le développement de la gestion des ressources en eau du bassin du fleuve Sénégal (novembre 2013) ; 
  • un fonds fiduciaire multi-bailleurs Sahel Adaptive Social Protection d’un montant de 75 millions de dollars et financé dans un premier temps par le Royaume-Uni. Ce fonds fiduciaire soutient une approche intégrée des filets de protection sociale pour mieux gérer les risques et s’adapter au changement climatique (décembre 2013) ;
  • 8 millions de dollars pour financer la création de centres universitaires d’excellence au Burkina Faso (avril 2014) ;
  • 55,2 millions supplémentaires au profit du Programme Kandaji de développement des ressources en eau dans le bassin du fleuve Niger. Le Niger pourra ainsi mieux combattre les sècheresses chroniques, les pénuries alimentaires et les coupures d’électricités qu’il subit continuellement. À terme, il  fournira de l’eau aux populations, de l’irrigation pour l’agriculture et de l’énergie renouvelable tout en créant des emplois (mai 2014) ;
  • le Projet Banda de production d’électricité à partir du gaz mis en œuvre en Mauritanie à compter de mai 2014, mais dont le Mali et le Sénégal bénéficieront également (l’IDA a fourni une garantie partielle des risques de 261 millions de dollars, associée à 585 millions d’investissements garantis par l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Ce projet produira à terme 300 mégawatts d’électricité à partir de l’exploitation de gisements marins de gaz naturel au large de la Mauritanie. Il fournira ainsi une électricité abordable, fiable et durable aux foyers, entreprises et exploitants miniers mauritaniens et permettra d’exporter une partie de cette production au Mali et au Sénégal.

Le dernier volet de ce programme sera mis en place au cours des deux prochaines années. Il soutiendra  des projets en faveur du pastoralisme, du développement des filets de protection sociale, de la gestion des risques, de la santé des femmes et de la transition démographique. Il appuiera également l’irrigation, la production d’énergie et le commerce, le développement d’un réseau à haut-débit dans la région, des transports et de la compétitivité commerciale.

Toutefois, la crise politique en République centrafricaine (RCA) ainsi que les exactions du groupe extrémiste Boko Haram au Nigéria et d’autres groupes rebelles risquent de s’étendre au Tchad et au Niger, deux pays au centre de l’Initiative pour le Sahel.

L’épidémie d’Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest présente un risque réel pour les pays du Sahel, le Mali possédant une frontière avec la Guinée, pays d’origine de l’épidémie.  Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé le 16 septembre 2014 une série d’interventions dans la région au titre d’un don d’urgence de 105 millions de dollars aux trois pays les plus touchés par cette crise sanitaire. 

Le Groupe de la Banque mondiale se prépare également à mettre en place un projet qui permettra aux pays qui ne sont pas touchés par l’épidémie d’être prêts à y faire face.

L’Initiative pour les Grands Lacs

La croissance économique a été soutenue dans la région des Grands Lacs malgré des défis persistants. Le Rwanda et la République démocratique du Congo ont enregistré de nombreux progrès depuis la signature d’un accord de paix dans la région au début de l’année 2013.

Avec un taux moyen d’au moins 7% en RDC, en Tanzanie et en Zambie entre 2011 et 2013, la croissance économique de la région des Grands Lacs a dépassé le taux moyen de croissance de l’Afrique subsaharienne, selon les données économiques les plus récentes.

En mai 2013, au cours d’une mission conjointe avec les Nations Unies dans la région, le Groupe de la Banque mondiale (GBM) a annoncé une aide d’un milliard de dollars pour soutenir l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la région (ACPSC). Ce financement devrait permettre aux pays de la région d’offrir de meilleures prestations de santé et un meilleur système d’enseignement à leur population. Il s’agit également de stimuler le commerce transfrontalier et de financer des projets d’hydroélectricité.

Le GBM a déjà tenu une grande partie de ses engagements :

  • Son Conseil d’administrateurs a octroyé une enveloppe de 538 millions de dollars pour des programmes de développement énergétique, de lutte contre la violence sexuelle faites aux femmes, d’amélioration de leur santé. Ce projet entend aussi renforcer les capacités de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), et améliorer les réseaux de technologies de l’information et de la communication (TIC).
  • Un financement de 340 millions de dollars en faveur du Projet de centrale hydroélectrique sur les chutes de Rusumo a été approuvé le 6 août 2013 par le Conseil des administrateurs. Ce projet permettra d’augmenter les capacités énergétiques et d’assurer une distribution fiable d’électricité au Burundi, au Rwanda et à la Tanzanie, tout en limitant les coûts de génération et en promouvant une énergie renouvelable.  En créant des emplois, ce projet contribuera également au développement  économique de la région.
  • Le 26 juin 2014, le GBM a décidé d’apporter 106,9 millions de dollars au Burundi, au Rwanda et à la République démocratique du Congo au profit des femmes et jeunes filles  ayant subi des violences sexuelles. Ce projet leur fournira une prise en charge médicale et psychologique intégrée, une assistance juridique et les aidera à devenir économiquement indépendantes. 641000 femmes et jeunes filles (dont la moitié habitent en RDC) bénéficieront de ce projet. Ces trois pays se sont également engagés en amont de ce projet, à promouvoir l’égalité homme-femme, et à mettre en place une campagne de sensibilisation pour changer les comportements et prévenir la violence faite aux femmes.
  • Le Conseil des administrateurs du GBM a décidé le 16  juillet 2014 de financer à hauteur de 92,1 millions de dollars la mise en place d’un réseau de fibre optique pour assurer à la RDC un accès au haut débit. Ce projet permettra de raccorder la RDC aux pays voisins et aux câbles sous-marins. Il offrira un meilleur accès aux utilisateurs, des services plus fiables et à moindres coûts. Ce développement des infrastructures d’information et de communication permettra aussi de créer de meilleurs services au profit des populations.

La Banque mondiale s’apprête en outre à mettre en œuvre le second volet du plan régional d’investissement pour la région des Grands Lacs :

  •  Les études préparatoires au projet de barrage hydroélectrique sur la Ruzizi sont en cours. Les modalités de partage du financement entre secteur privé et prêts concessionnels octroyés par le secteur public sont en cours de négociation.
  • a Banque a entamé la mise en œuvre du Projet de facilitation des échanges commerciaux dans la région des Grands Lacs. Son objectif est de fournir une assistance technique et de renforcer les capacités locales afin de mettre en place des politiques communes pour favoriser les échanges de biens et services dans les zones frontalières en conflit.
  • Les missions de lancement des projets de pôle de croissance agricole dans la plaine de la Ruzizi, de routes entre Gulu et Kisangani,  et de cohésion sociale au sein des communautés frontalières, sont prévues en septembre et octobre 2014. Elles permettront d’identifier les activités de ces projets en accord avec les autorités, et de démarrer leur préparation.

Le Centre mondial sur les conflits, la sécurité et le développement (CMCSD), en partenariat avec le Bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies, a mis en place une antenne régionale pour fournir de l’assistance technique aux projets et activités dans la région des Grands Lacs, afin de mieux les adapter aux situations de conflit. Le Centre s’assure également que ces projets soient conformes aux objectifs de l’article 4 du cadre de paix de sécurité et de coopération (CPSC) en faveur de l’intégration économique  et de la coopération régionale.