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COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Baissons la chaleur vol. II : phénomènes climatiques extrêmes, impacts régionaux et plaidoyer en faveur de l’adaptation

19 juin 2013

 

« Les scientifiques nous disent qu’avec de 2 degrés de plus (un scénario qui risque de se concrétiser d’ici 20 à 30 ans), le monde connaîtra des pénuries alimentaires généralisées, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus intenses. À plus court terme, le changement climatique, un phénomène qui nous menace déjà, pourrait accroître encore la misère des pauvres des bidonvilles et ruiner la vie et les rêves de personnes et de familles qui n’ont guère de responsabilité dans le réchauffement planétaire. Des mesures s’imposent d’urgence non seulement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais également pour aider les pays à se préparer au changement et à l’extrême variabilité du climat. »

Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, juin 2013

Le contexte

Le rapport Baissons la chaleur : phénomènes climatiques extrêmes, impacts régionaux et plaidoyer en faveur de l’adaptation vient compléter les conclusions d’un précédent rapport de la Banque mondiale publiée l’année dernière. Ce premier volume avait alerté sur la menace, faute d’une action concertée, d’une élévation moyenne des températures de 4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle (par rapport aux niveaux de la période préindustrielle), et sur ses conséquences désastreuses. Le nouveau rapport analyse l’impact du réchauffement actuel et d’une hausse de 2 °C et 4 °C sur la production agricole, les ressources en eau, les écosystèmes côtiers et les villes dans trois régions du monde : l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est :

  • Le réchauffement planétaire actuel a des effets sur le climat et le développement qui sont déjà perceptibles. Avec des températures supérieures de 0,8 °C par rapport aux niveaux préindustriels, la décennie écoulée a connu des phénomènes climatiques extrêmes lourds de conséquences en termes de souffrances humaines et de dommages économiques. L’élévation du niveau des mers a été plus rapide que ne laissaient prévoir les projections antérieures, et une hausse pouvant atteindre 50 centimètres est peut-être déjà inéluctable à l’horizon des années 2050 du fait des émissions enregistrées jusqu’ici. Dans certains cas, l’impact pourrait se faire sentir bien plus tôt. Par exemple, la conjugaison d’une élévation de 15 centimètres et de cyclones plus intenses menace d’inonder une bonne partie de Bangkok à l’horizon des années 2030.
  • Un réchauffement de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels risque de se produire dans 20 à 30 ans. En Afrique subsaharienne, les pénuries alimentaires deviendront un phénomène plus courant. En Asie du Sud, les modifications du régime des pluies aboutiront à ce que certaines régions soient inondées alors que d’autres n’auront pas assez d’eau pour assurer la production d’électricité, l’activité agricole ou l’approvisionnement en eau potable. En Asie du Sud-Est, la détérioration voire la disparition de récifs de corail portera atteinte au tourisme et aux stocks halieutiques, tandis que les populations et les villes des zones côtières seront plus vulnérables à l’aggravation des tempêtes et des glissements de terrain.
  • Avec un réchauffement compris entre 2 et 4°C, les vagues de chaleur extrême, l’élévation du niveau de la mer, les tempêtes de plus grande intensité, les sécheresses et les inondations menaceront les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du monde. En Afrique subsaharienne, sous l’effet des périodes de sécheresse et de canicule, 40 % des terres actuellement consacrées à la production de maïs finiront par devenir impropres à ce type de culture à l’horizon 2030. La hausse des températures pourrait par ailleurs entraîner une perte majeure de savanes herbeuses, menaçant ainsi les moyens d’existence des populations pastorales. En Asie du Sud, les perturbations prévues du régime de mousson pourraient entraîner une crise régionale majeure. Des événements tels que les inondations catastrophiques qui ont frappé le Pakistan en 2010, touchant plus de 20 millions de personnes, pourraient devenir une réalité courante. En Asie du Sud-Est, les moyens d’existence des populations rurales risquent de subir des pressions de plus en plus fortes à mesure que le niveau de la mer s’élève, que les cyclones tropicaux gagnent en intensité et que des écosystèmes marins importants et les services qu’ils procurent disparaissent à l’approche du seuil de + 4 °C. Dans toutes les régions, le déplacement prévisible vers les centres urbains des collectivités dépouillées de leurs moyens d’existence risque d’augmenter sans cesse le nombre de personnes vivant dans des logements de fortune et exposées aux vagues de chaleur, aux inondations et aux maladies.

Que faisons-nous ?

Le Groupe de la Banque est convaincu de la nécessité d’une action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et aider les pays du monde entier à mieux se préparer et résister à des phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes, dont les conséquences s’annoncent dramatiques. Compte tenu notamment des conclusions des deux rapports Baissons la chaleur, le Groupe de la Banque mondiale intensifie ses travaux dans les domaines de l’atténuation des émissions, l’adaptation au changement climatique et la gestion du risque de catastrophe, tout en s’attachant de plus en plus à envisager l’ensemble de ses activités opérationnelles sous le prisme du changement climatique.

  • Aujourd’hui, la Banque aide 130 pays à prendre des mesures pour faire face au changement climatique. L’an dernier, les prêts pour l’adaptation ont été multipliés par deux. De plus en plus, la Banque épaule les interventions sur le terrain et finance les projets qui aident les populations pauvres à sortir de la pauvreté, augmentent leurs capacités de résistance et d’adaptation face au changement climatique et font diminuer les émissions. Par exemple, le plan d’aménagement contre les inondations de l’agglomération de Manille examine actuellement différents scénarios de changement climatique et propose toute une série de mesures d’adaptation afin de mettre la ville à l’abri des crues. Au Niger, la Banque accompagne les autorités dans le soutien apporté aux agriculteurs pour qu’ils puissent faire face à la sécheresse par le biais d’une meilleure irrigation.
  • La Banque a rapidement accru ses interventions dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. La part des énergies renouvelables dans les projets menés dans le secteur de l’énergie a doublé au cours des cinq dernières années.
  • Le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à soutenir et mobiliser tous les acteurs concernés afin d’apporter des solutions et d’entreprendre des actions vigoureuses qui changent véritablement la donne. Il s’agit de bâtir des villes propres et mieux adaptées au changement climatique, d’avancer sur la voie d’une agriculture climato-intelligente et d’innover en matière d’amélioration de l’efficacité énergique et des performances des énergies renouvelables. La Banque collabore aussi avec les pays à l’élimination progressive des subventions aux combustibles fossiles et à la mise en place de politiques qui conduiront, à terme, à une a stabilisation du prix du carbone.