ARTICLE 04 mars 2019

C’est tout ce qui compte : Investir dans des villes vertes et décarbonées en Afrique

World Bank Group


Cet article fait partie d’une série que nous publions à l'occasion de la 3ème édition du One Planet Summit organisé à Nairobi (Kenya) le 14 mars 2019. Ce sommet rassemblera des dirigeants, des chefs d’entreprise, des représentants d’organisations internationales et d’organisations de la société civile du monde entier pour favoriser et accélérer les investissements en faveur du climat dans la lignée des objectifs de l’Accord de Paris. Ses trois thèmes prioritaires sont la promotion des énergies renouvelables, le renforcement de la résilience et de l’adaptation et la protection de la biodiversité en Afrique. Restez informés et suivez les débats en direct le 14 mars avec le hashtag #OnePlanetSummit.

Vue du ciel, Nairobi semble nichée au creux de deux grandes étendues de verdure. Le parc national du même nom, avec ses espèces sauvages iconiques, se déploie au sud, tandis que deux forêts tropicales s'étendent à l’ouest et au nord de la ville. Par temps clair, on peut voir le sommet enneigé du Kilimandjaro percer le ciel au sud et les cimes rocheuses du mont Kenya orner l’horizon au nord. Un paysage qui vaut à la capitale kényane le surnom de « cité verte sous le soleil ». Mais, le 14 mars, c’est sous les feux des projecteurs que brillera l’une des villes les plus dynamiques d’Afrique.

Première ville du continent à accueillir le One Planet Summit, Nairobi rassemblera des dirigeants du monde entier issus du secteur public, du secteur privé et de la société civile. Alors que cet événement mettra en lumière les avancées remarquables du Kenya et de sa capitale vers un développement durable, il permettra aussi d'apporter un « éclairage africain » sur la mission du One Planet Summit, à savoir accélérer la transition vers une économie mondiale sobre en carbone.

Une perspective urbaine

Les villes occupent une place essentielle dans les efforts que nous menons pour limiter le réchauffement planétaire. Tandis que le nombre de citadins ne cesse de grossir, leurs besoins en ressources augmentent aussi, de même que leur empreinte sur l'environnement. . Parce que les villes concentrent les populations, les activités économiques et les infrastructures, elles sont à la fois particulièrement vulnérables au changement climatique et bien placées pour le combattre.

Les villes d’Afrique subsaharienne abritent plus de 470 millions d’habitants, sachant que leur population devrait doubler au cours des 25 prochaines années. Les projections indiquent que la région concentrera 20 % de la population urbaine mondiale en 2050. Or, les dérèglements du climat contribuent fortement à ces phénomènes d’urbanisation.

Nairobi ne fait pas exception. Sa population a été multipliée par deux en trente ans, avec un rythme de croissance de 4,7 % actuellement, soit l’un des taux les plus élevés du continent. La capitale kényane contribue à près de 13 % du PIB du pays, mais, pour pouvoir maintenir ce niveau de performance, elle doit résoudre des problèmes majeurs comme le manque de logements à des prix accessibles et les pénuries d’eau. La ville a déjà accompli des progrès spectaculaires, puisqu’elle couvre notamment 70 % de ses besoins énergétiques avec des énergies renouvelables, mais elle pourrait attirer des investissements dans d’autres secteurs prometteurs.

Selon l’IFC, Nairobi recèle un potentiel d’investissement climatique de 8,5 milliards de dollars (a) jusqu’à 2030. Ces possibilités d’investissement concernent principalement les véhicules électriques (5 milliards de dollars), mais aussi les transports publics (1,6 milliard), les bâtiments écologiques (1,1 milliard), l’eau (360 millions), les énergies renouvelables (240 millions) et les déchets (140 millions). L'attractivité de Nairobi repose en partie sur l’existence de cadres d’action solides. La ville s’est en particulier dotée d’un plan directeur de développement urbain intégré, qui fixe les orientations d’un aménagement durable à l’horizon 2030 dans les secteurs du transport, de l’eau et de la gestion des eaux usées, de l'électricité, de la gestion des déchets municipaux et des télécommunications.

Une opportunité mondiale pour le secteur privé

À Nairobi comme ailleurs, les budgets publics sont bien insuffisants par rapport à l’ampleur des investissements nécessaires pour répondre à des engagements de lutte contre le changement climatique de plus en plus ambitieux. Pour y remédier, l’.

Mais comment concrétiser ces investissements ? C’est précisément l’un des enjeux qui sera traité à l’occasion de la troisième édition du One Planet Summit. En plus d’une session de haut niveau coprésidée par le président de la République française Emmanuel Macron et par son homologue kényan, Uhuru Kenyatta, et réunissant à leurs côtés des dirigeants du secteur public, des chefs d’entreprise et des représentants influents de la jeunesse et de la société civile, cette journée de mobilisation comprendra en effet des séances sectorielles qui permettront d’approfondir notamment la question de la mobilisation des financements privés.

Le secteur privé est déjà fortement présent à Nairobi, qui se situe au huitième rang des villes les plus attractives d’Afrique en ce qui concerne les investissements directs étrangers. À ce titre, la capitale du Kenya peut fournir d’importants enseignements à d’autres villes de la région et d’ailleurs. Le One Planet Summit constitue à cet égard un espace d'échanges optimal pour encourager activement de nouveaux partenaires à collaborer et lancer de nouvelles initiatives.

Les choix et les investissements d’infrastructure faits aujourd’hui dans les villes auront des conséquences de long terme qui détermineront la trajectoire de la croissance et du développement urbains pendant des décennies. Les leaders mondiaux qui ont rendez-vous au mois de mars à Nairobi continueront d’. Il leur incombe entre autres de veiller à ce que, pour les générations à venir, Nairobi reste la « cité verte sous le soleil ».



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