ARTICLE 27 septembre 2018

Bénin : innover dans le tourisme ou comment un programme de la Banque mondiale soutient l’entrepreneuriat éco-responsable pour booster l’attractivité touristique

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"Authenticité. Originalité. Créativité. Nouveauté. » C'est ainsi que José Pliya, directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des patrimoines et le développement du tourisme, a défini l'innovation lors du Forum Innovation Made in Africa (FORIMA) en juin 2018.  Ce Forum a accueilli la finale du Challenge Fund, une initiative pour les entrepreneurs béninois désireux de développer un tourisme inclusif et durable.

Le Groupe de la Banque mondiale, l’Agence de développement de Sèmè City (ADSC) et l’ANPT ont lancé le Challenge Fund pour aider les futurs entrepreneurs du Bénin à concevoir et à prototyper leurs idées novatrices pour améliorer les produits et les destinations touristiques du Bénin. Les lauréats du concours recevront chacun une subvention de 150 000 dollars, ainsi qu’une place dans le programme d’incubation de Sèmè City.

Dans le cadre du programme d’incubation, Sèmè City a collaboré avec 30 demi-finalistes pour les encourager à relever les défis socio-économiques et à révéler le potentiel du secteur touristique au Bénin en le rendant plus durable et inclusif. Ces initiatives sont axées sur les principaux sites touristiques du pays, notamment la Réserve Naturelle de la Pendjari, la station balnéaire d’Avlékété et les musées d’Abomey, de Porto Novo et d’Allada.

Claude Borna, directeur de Sèmè City observe que « Le concept d’Innovation made in Africa nous implique tous. Aucun de nous ne propose la solution par lui-même. Nous encourageons nos incubés à prototyper leurs produits et services et à aller directement sur le marché - laissez votre ordinateur et sortez de votre plan d’affaires - testez le potentiel de vos idées et créez de la valeur dès maintenant. »

Le tourisme a un énorme potentiel pour stimuler la croissance au Bénin, sa proximité avec le Nigéria est un atout considérable puisque sa classe moyenne cherche de plus en plus à voyager. Ce potentiel est renforcé par la beauté de ses paysages et sa richesse culturelle : les safaris, le littoral, la tradition vaudoue et le tourisme mémoriel autour du commerce d’esclaves.


« Le tourisme est un écosystème complet. Nous ne parlons pas seulement des hôtels, des bars et des restaurants, mais des chaînes de valeur qui ont un potentiel majeur pour générer des emplois et des investissements  »
Magueye Dia
Spécialiste principal du développement du secteur privé

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« Le tourisme est un écosystème complet », a souligné Magueye Dia, spécialiste principal du développement du secteur privé à la Banque mondiale, lors d’une table ronde. « Nous ne parlons pas seulement des hôtels, des bars et des restaurants, mais des chaînes de valeur qui ont un potentiel majeur pour générer des emplois et des investissements ».

L’avantage comparatif du Bénin dans le secteur du tourisme pourrait non seulement créer des emplois dans un large éventail de métiers, mais aussi ouvrir de nouveaux marchés aux micros, petites et moyennes entreprises (MPME) ainsi qu’aux jeunes entrepreneurs.

Avec plus de 400 candidatures provenant du monde entier, seuls 9 projets ont atteint la finale du Challenge Fund. Les finalistes ont présenté leurs idées devant un panel d'experts et les 400 participants du FORIMA (public composé d'entrepreneurs, d’investisseurs locaux et internationaux, de responsables gouvernementaux et de donateurs).

Lors de la cérémonie d’ouverture du FORIMA, Katrina Sharkey, Directrice de la Banque mondiale pour le Bénin, a félicité l’initiative du Challenge Fund et du forum : « dans cette pièce, nous avons toute la jeunesse, le dynamisme, la créativité et l’intelligence nécessaires pour créer les outils générateurs d’innovation et de croissance au Bénin. » Elle a également fait l’éloge du « Challenge Fund » qui a aidé la Banque Mondiale à identifier des solutions innovantes et durable pour développer le pays, réduire la pauvreté et faire émerger une prospérité partagée.

M. Dia a particulièrement insisté sur le fait que « la Banque mondiale est prête à mettre à la disposition des entrepreneurs innovants les ressources nécessaires pour atteindre ses objectifs de développement au Bénin ».

Les quatre lauréats - Fruit Fiber Fabric, Woju Elite, La Distillerie Béninoise et Country Dismmersion - se sont distingués non seulement par leur impact social potentiel mais aussi par le caractère inclusif et la pérennité de leur business modèle.

Il s’agit d’une ligne de vêtements écologiques à base de fibres de fruits, une distillerie-musée pour découvrir le sodabi (vin de palme) et sa riche histoire, et une technologie qui permet des expériences virtuelles immersives au cœur des trésors naturels et culturels du Bénin.

Quant à Woju Elite, leur ambition est de créer un écomusée de Tata Somba, le premier de son genre en Afrique de l’Ouest. L’objectif est d’encourager l’écotourisme à Natitingou et de protéger les biens culturels du Bénin contre leur trafic illicite.  Quelques temps avant le FORIMA, le co-fondateur de Woju Elite, Yves Biaou déclarait « notre projet doit gagner car nous essayons de réhabiliter, de préserver, et d’améliorer une architecture traditionnelle, dont un type sur cinq a déjà disparu. Nous avons voulu participer au Challenge Fund dans l’espoir de préserver ce qu’il nous reste de notre patrimoine.

Trois autres finalistes (Wakatoon, Green Keeper Africa et Pendjari Ballon) ont été invités à participer à la finale de la prochaine Compétition de plan d’affaires (CPA) financée par la Banque mondiale (et qui sera mise en œuvre par l’Agence de développement de Sèmè City) dans l’optique de continuer à travailler avec ces startups. Au FORIMA, Akwegnon Kiki, fondateur de Pendjari Ballon, était ravi de la compétition. « Pour moi, cela a été une formidable opportunité de réseautage, de collaboration avec de nouvelles personnes, d’experts et de travailler sur ma startup. Je peux rester en contact avec ces personnes pour un soutien futur. »

Le Challenge Fund et le FORIMA ont été financés dans le cadre du Projet de compétitivité et du tourisme transfrontalier (PCTT) financé à hauteur de 50 millions dollars (US) par la Banque mondiale. L’objectif est de contribuer à accroître le tourisme transfrontalier et les investissements privés dans les destinations touristiques et la conservation du Bénin en créant des produits et services phares culturels et patrimoniaux. Le PCTT cible les communautés locales et les entrepreneurs qui travaillent dans les sites touristiques majeurs du pays, en les aidant à bénéficier d’infrastructures et de services améliorés, ainsi qu’à élargir leurs opportunités d’affaires.



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