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L’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie mobilisent la science et la technologie pour accroître leur productivité agricole

10 juillet 2014

LES POINTS MARQUANTS
  • Les performances du secteur agricole restent insuffisantes en Afrique subsaharienne
  • Quatre pays d’Afrique de l’Est (l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie) collaborent dans l’optique de mettre les avancées de la science au service des agriculteurs
  • Une nouvelle vidéo présente le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Est et son approche régionale destinée à accroître la quantité et la qualité des denrées produites

WASHINGTON, 8 juillet 2014 - La plupart des experts conviennent que, pour mettre fin à la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée en Afrique subsaharienne, il est impératif de dynamiser l’économie agricole du continent, qui représente généralement entre 30 et 40 % du produit intérieur brut et emploie entre 65 et 70 % de la population active.

Quatre pays d’Afrique de l’Est ont donc décidé de passer à l’action de manière concertée en mettant les avancées de la science au service de l’agriculture. Pour l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, les enjeux de cette nouvelle initiative sont multiples : il s’agit bien sûr de doper la production alimentaire et laitière mais aussi d’accroître le revenu des agriculteurs, de soutenir la scolarisation des enfants et de leur garantir une alimentation plus nutritive, tout en réduisant l’empreinte de l’agriculture sur l’environnement.

Les expériences décrites ci-dessous sont le fruit du travail mené dans le cadre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Est (EAAPP), financé par la Banque mondiale et des partenaires. L’EAAPP a pour objectif fondamental de dynamiser la productivité agricole et la croissance dans cette partie de l’Afrique, en s’attachant tout particulièrement à développer des denrées telles que le manioc, le riz et le blé, ainsi que les petites exploitations laitières. Ce projet est mis en œuvre par l’ASARECA, l’Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique orientale et centrale.

« La sécurité alimentaire et une meilleure nutrition sont essentielles pour renforcer le capital humain de l’Afrique », souligne Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique. « Les succès déjà obtenus montrent comment la science et la technologie donnent aux agriculteurs africains les moyens de remédier à la faible productivité dont pâtit cette région du monde, et les aident à cultiver des produits plus nutritifs ainsi qu’à promouvoir une croissance inclusive. »

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Il est avéré que l’agriculture est le moteur de transformations profondes. Close Quotes

Juergen Voegele
Directeur du nouveau pôle des Pratiques mondiales pour l’agriculture à la Banque mondiale

Quatre exemples de réussite

  • Tanzanie : revitaliser le réseau d’irrigation de Nyatwali – Le réaménagement et la rénovation d’un dispositif d’irrigation couvrant quelque 210 hectares permettent désormais au village de Nyatwali de cultiver du riz toute l’année. Grâce à l’aide de l’État qui a fourni des services de vulgarisation, de nouvelles semences et des conseils pour l’amélioration des techniques de plantation, Maria Nengwe et les autres riziculteurs de la région ont pu doubler, voire dans certains cas tripler, leur production. Conscients des bienfaits de l’action collective, les agriculteurs ont créé des coopératives et nombre des familles de pêcheurs se sont reconverties dans la culture du riz.
  • Ouganda : vaincre le virus de la striure brune – Le manioc est l’un des aliments de base en Afrique de l’Est, pour les riches comme pour les pauvres, pour la population jeune comme pour les personnes âgées. Quand ce tubercule essentiel a été menacé par un virus dévastateur connu sous le nom de striure brune, les méthodes de détection avancées mises au point par l’Institut national de recherche sur les ressources végétales (NaCRRI) ont permis d’obtenir des récoltes abondantes, qui ont évité une catastrophe et empêché les agriculteurs de sombrer plus encore dans la pauvreté. Le témoignage de Charles Kirya, un cultivateur de manioc en Ouganda, souligne l’importance et l’impact de ces travaux de recherche.
  • Éthiopie : éradiquer le fléau de la rouille jaune – En 2010, les producteurs de blé éthiopiens ont été confrontés à une crise provoquée par la propagation d’une épidémie de rouille jaune. Aujourd’hui, l’un d’eux, Amarech Abera, remercie les scientifiques et les sélectionneurs de l’Institut éthiopien de recherche agricole : leur recherche ciblée et leur volonté de trouver des solutions ont abouti au développement de nouvelles variétés de blé résistantes à cette maladie. Les rendements ont augmenté, les agriculteurs ont pu vendre leurs excédents et une minoterie a été construite pour satisfaire la demande croissante de farines de qualité.
  • Kenya : répondre à l’explosion de la demande de lait – En raison de la faiblesse de leur production, de l’incidence des maladies et de la mauvaise qualité du fourrage, des milliers de producteurs de lait ne sont pas en mesure de profiter d’un marché aux débouchés lucratifs. C’est notamment le cas de Nicholas Mbijiwe, au Kenya. L’introduction de nouvelles races saines et le recours à des techniques d’insémination avancées, conjugués à l’amélioration de la qualité du fourrage (résidus de culture riches en protéines), permettent d’améliorer la qualité et la productivité des élevages, grâce au soutien ciblé apporté par le ministère kenyan de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Pêche.

« Il est avéré que l’agriculture est le moteur de transformations profondes », affirme Juergen Voegele, directeur du nouveau pôle des Pratiques mondiales pour l’agriculture à la Banque mondiale. « Ces réussites témoignent du pouvoir et des bienfaits de la collaboration scientifique entre pays voisins, et prouvent que l’Afrique de l’Est est prête pour aller de l’avant afin d’assurer la sécurité alimentaire de sa population. »

Mettant en avant l’importance de l’agriculture, la Commission de l’Union africaine a fait de 2014 « l’année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire ». C’était le thème de son sommet qui s’est récemment tenu à Malabo, en Guinée équatoriale.