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La Banque mondiale salue le travail de la société civile et des médias africains, moteurs du changement sur le continent

11 avril 2014


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Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique, a rencontré des représentants de la société civile à Washington, DC, lors des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI.


LES POINTS MARQUANTS
  • Une table ronde a réuni quelque 50 responsables d’organisations de la société civile (OSC) en marge des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI.
  • Les OSC ont pu échanger leurs points de vue avec Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, qui a insisté sur l’importance de faire entendre la voix des catégories les plus vulnérables.
  • Plusieurs programmes de la Banque mondiale permettent aux OSC de prendre part à la conception, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des projets de développement dans leur pays afin d’obtenir de meilleurs résultats.

WASHINGTON, 11 avril 2014 - La Banque mondiale a salué le travail des organisations de la société civile (OSC) et des médias africains, principaux moteurs du changement sur un continent en plein essor.

« La société civile et la presse jouent un rôle essentiel dans la transformation qui s’opère en Afrique », a affirmé Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, à l’occasion d’une table ronde qui a réuni une cinquantaine de responsables d’OSC africaines et d’organisations américaines œuvrant en Afrique.

Cette rencontre s’est effectuée sous les auspices du Forum de la société civile, organisé en marge des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) qui se tiennent actuellement à Washington.

En s’appuyant sur son expérience au Sénégal, son pays natal, Makhtar Diop a observé combien le contexte avait changé depuis les années 1980, lorsque l’aide et les prêts au développement étaient assortis la plupart du temps de ces fameuses « conditionnalités » imposées par les institutions internationales. Il a salué le travail de sensibilisation accompli par les médias et les OSC sur ces questions, en ajoutant qu’il déconseillait vivement de revenir à ces pratiques.

« Les solutions qui conduiront à un développement durable doivent venir des pays eux-mêmes », a ajouté M. Diop. « La Banque mondiale n’est qu’un catalyseur. »

La table ronde, qui a essentiellement porté sur la participation des citoyens aux activités de la Banque mondiale en Afrique, a permis d’informer les OSC sur la manière dont elles peuvent nouer des partenariats avec la Banque mondiale au travers de divers programmes, dans l’optique d’obtenir de meilleurs résultats pour le développement de leur pays respectif.

Au cours d’un échange riche et animé, les responsables des OSC se sont exprimés sur l’objectif de la Banque mondiale de mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici à 2030, en soulignant que l’institution devrait davantage écouter les bénéficiaires des projets et des programmes qu’elle met en œuvre et méditer les enseignements tirés du passé.


« Les solutions qui conduiront à un développement durable doivent venir des pays eux-mêmes.  »
Makhtar Diop

Makhtar Diop

Vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique

Plusieurs participants ont accueilli favorablement la possibilité de jouer un rôle plus important dans la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets de développement de la Banque mondiale en Afrique.

« Nous n’avons pas encore tous les outils nécessaires, mais nous faisons tout notre possible pour accélérer le processus de développement en faisant en sorte que la voix de tous soit entendue », a indiqué M. Diop.

À cet égard, la Banque mondiale a lancé voilà deux ans une initiative de Partenariat mondial pour la responsabilité sociale (GPSA) afin de résoudre les problèmes chroniques de gouvernance et d’encourager transparence et responsabilisation dans les pays en développement. À ce jour, 13 États africains ont souscrit au GPSA, ce qui permet aux OSC de ces pays de concourir aux appels à propositions pour l’obtention de financements.

Celles-ci peuvent également travailler avec l’Institut de la Banque mondiale pour promouvoir l’accès à l’information pour tous et mieux informer les bénéficiaires, notamment dans le domaine des services publics et de la responsabilisation des pouvoirs publics.

Afin de suivre les progrès des projets de la Banque et de veiller à ce que les objectifs fixés soient tenus, les OSC peuvent, par ailleurs, collaborer avec le service de la Région Afrique chargé de la promotion de la gouvernance et de la lutte contre la corruption dans les opérations, sur le plan notamment de la surveillance des passations de marché.

Sur cette question, Beauty Narteh, coordinatrice du Réseau pour la surveillance des passations de marché en Afrique de l’Ouest (financé par le Fonds de la Banque mondiale pour le développement institutionnel), a suggéré que la Banque mondiale permette à des tiers de suivre tous les contrats liés à des projets financés par l’institution. Cela permettrait aux OSC d’exiger une plus grande responsabilisation des pouvoirs publics et des partenaires de développement.

Afin de renforcer la capacité des organisations locales en Afrique, la Banque mondiale pourrait par ailleurs mettre en place des plans de développement de la société civile, ont également suggéré les participants.

Enfin, les OSC ont souligné la difficulté de veiller à ce que le développement ne contrevienne pas aux droits de l’homme ; elles ont recommandé à la Banque mondiale de prendre en compte la question des droits de l’homme dans le débat sur le développement et d’incorporer cet aspect à son objectif d’élimination de la pauvreté.

M. Diop a pour sa part rappelé aux responsables des OSC africaines qu’il leur incombait de faire entendre la voix des plus défavorisés et des catégories les plus vulnérables, afin que le développement dans leur pays respectif soit aussi large que possible.

En conclusion de cet échange, M. Diop a réaffirmé son engagement en faveur de la société civile et du renforcement de son pouvoir d’action. Il s’est également engagé à transmettre les préoccupations et les attentes des OSC africaines à ses collègues de la Banque mondiale, ainsi qu’aux chefs d’État et hauts fonctionnaires africains, à l’occasion de ses déplacements sur le continent. Il a également indiqué vouloir s’entretenir plus régulièrement avec les OSC, en tête-à-tête ou par vidéoconférence.


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